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Caroline Vigneaux, humoriste.

»Posted by on Avr 28, 2022 in Croisements/ Interviews | 0 comments

Caroline Vigneaux, humoriste.

Caroline Vigneaux, humoriste

 

 

« Pour défendre une cause, l’avocat met sa robe, la femme l’enlève ».

 

En Guadeloupe, j’étais à peine adulte lorsque j’avais lu cette phrase chez quelqu’un. J’ai oublié chez qui. Mon père nous faisait rencontrer tellement de monde. Et nous existions si peu. C’était lui qui parlait et qui nous menait là où bon lui semblait. C’était son territoire.

 

J’ai retenu la phrase. Notre mémoire est notre territoire. Et c’est à nous de le défendre, avec ou sans robe.

 

Pour parler de l’humoriste Caroline Vigneaux, il était facile pour moi de me rappeler de cette phrase.

 

Je n’ai jamais vu Caroline Vigneaux sur scène. J’ai à peine vu un ou deux de ses sketches. Mais je sais qu’elle a été avocate. En écrivant cet article, je me rappelle, qu’enfant, j’avais pu tenir à défendre quelqu’un d’autre. Et, qu’est-ce qu’un soignant, si ce n’est quelqu’un, qui, d’une façon ou d’une autre, à un moment ou à un autre, essaie, aussi, de défendre quelqu’un d’autre qu’elle-même ou que lui même ? Ou peut-être, aussi, de défendre une mémoire.

 

« Pour défendre une cause, l’avocat met sa robe, la femme l’enlève ». La phrase est assez misogyne. Et pas toujours vérifiable. Mais je la garde quand même.

 

Alors, j’ai écouté ce podcast, tout à l’heure :

 

Caroline Vigneaux : d’avocate à la scène de l’Olympia, dans l’émission Hors-piste, sur France Inter, où ce 24 avril 2022, Caroline Vigneaux est interviewée par Thomas Sotto.

 

Les humoristes, d’une façon générale, me font l’effet de personnes qui, souvent, en font -et soulèvent- des tonnes pour faire rire. C’est un travail ardu. Autant faire rire me plait, autant devoir constamment faire rire, devoir être souvent drôle, est pour moi l’équivalent d’un supplice. Sans oublier le fait de passer pour le petit rigolo de service. 

 

Provoquer le rire, dépendre du rire des autres, quel risque ! Mais quelles aventures personnelles ! J’admire chez les humoristes au moins cette capacité imaginative que l’on perd à mesure que l’on se “range” afin d’éviter d’être jugé. 

 

Dans ce podcast, Caroline Vigneaux parle de son premier bide sur scène devant….4000 personnes. Et d’une de ses premières télés où une personnalité médiatique l’a séchée en lui affirmant : « Vous êtes trop belle pour faire rire ! ». Des trois semaines, ensuite, durant lesquelles elle est restée chez elle « en position fœtale ».

 

J’aurais aimé avoir l’indulgence de ce producteur qui, ensuite, l’a prise dans ses bras pour mieux l’inciter à remonter sur scène.

 

Dans ce podcast, Caroline Vigneaux parle aussi de sa décision de quitter son emploi, très bien payé, d’avocate pour l’inconnu de la carrière d’humoriste. Son interview peut être prise comme une incitation au développement personnel.

 

Je me suis dit que ce serait bien, en passant, d’écrire un article-même court- sur Caroline Vigneaux. En attendant d’aller la voir, elle et d’autres sur scène. Un jour.

 

En plus, pour écrire cet article, j’ai écouté de la très bonne musique :

 

Le titre Hotter Than Hot de High Tone et Zenzile feat Rod Taylor. 

 

 

Franck Unimon, jeudi 28 avril 2022.

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Les élections présidentielles de 2022 : Les gens ne se supportent plus !

»Posted by on Avr 28, 2022 in Corona Circus, Le Blog du poisson rouge | 0 comments

Les élections présidentielles de 2022 : Les gens ne se supportent plus !

 

A Osny, dans le Val d’Oise, avril 2022, avant le premier tour des élections Présidentielles.

Les élections présidentielles de 2022 : «  les gens ne se supportent plus ! »

 

« Les gens ne se supportent plus ! ».

 

C’est cette phrase que j’ai retenue de cet homme croisé lors du premier tour de ces élections présidentielles de 2022. Parti voter le matin avant de partir travailler, je croyais arriver le premier au bureau de vote. Cet homme était déjà là. 

 

Ensemble, nous avons discuté un peu. Il m’a raconté. La vie à Argenteuil s’était dégradée. Il aurait aimé partir vivre dans le sud de la France mais c’était impossible. Du côté de St Raphaël, je crois. Le prix de l’immobilier et les problèmes de santé de sa femme s’opposaient à ces projets.

 

Retraité, il avait pourtant le pied ferme et avait deux ou trois voitures. Dont au moins une de sport.

 

 

Je l’ai écouté. Lorsqu’il a appris que j’allais travailler, et aussi parce-que j’ai plaisanté en lui disant que « j’espérais » être le premier à voter, cet homme m’a très obligeamment laissé passer le premier.

 

Les gens ne se supportent plus….

 

Emmanuel Macron a donc été réélu comme les sondages le pronostiquaient.

 

Emmanuel Macron, le « Kennedy » de France, pour son jeune âge et son aisance de CSP+ à s’exprimer devant les média. Emmanuel Macron qui présente bien. Emmanuel Macron qui a donc fait mieux que Nicolas Sarkozy et François Hollande, « seulement» élus, avant lui, une fois Président de la République.

 

Emmanuel Macron, le plus jeune Président de France, même pas quinquagénaire, qui aura fait presque aussi « bien », en termes de réélection, que François Mitterrand et Jacques Chirac.

A Paris, dans le 3 ème arrondissement, avril 2022, avant le second tour des élections Présidentielles 2022.

 

Emmanuel Macron, qui, deux fois de suite, aura été réélu face à Marine Le Pen, fille de son père, Jean-Marie Le Pen (ex-Président du Front National) et tante de Marion Maréchal-Le Pen, revenue de son « congé parental » pour s’allier à Eric Zemmour, le trouble fête mais aussi le puissant lubrifiant politique – et médiatique- de ces derniers mois en France contre lequel un peu tout le monde (politiques et journalistes) a voulu s’essayer. ( lire aussi Vivre au temps du Covid avec Eric Zemmour ). 

A Paris, près de la Madeleine, avril 2022, avant le premier tour des élections présidentielles 2022. En couverture de L’Incorrect, à droite, Eric Zemmour, à gauche, Marion Maréchal- Le Pen. Tout à gauche, une publicité pour la marque Chanel.

 

Eric Zemmour, aujourd’hui, et ses partisans, seraient déçus du fait de ces 7 % de vote obtenus. Eric Zemmour, aujourd’hui, tenterait de se refaire auprès de Marine Le Pen qu’il avait su plastiquer verbalement comme il sait plastiquer sur un plateau de télé.

Mais je trouve que c’est beaucoup, 7 pour « sang » pour un homme dont c’était la première participation à des élections Présidentielles. Pour un homme qui a fait beaucoup mieux que Valérie Pécresse dont le véritable slogan de campagne plutôt que « Le courage de faire » était peut-être… le courage de perdre.

Paris, avril 2022, Bd Raspail, avant le premier tour des élections présidentielles 2022.

 

Je ne me suis pas encore remis du fait qu’une femme politique expérimentée, et d’un très bon milieu socio-culturel, comme Valérie Pécresse, a pu racler autant d’absurdités lorsqu’elle s’est exprimée. Du genre :

« Du bon vin et un bon bœuf charolais, c’est ça la France que j’aime ».

 

Afin de draguer la supposée « France profonde » qui serait forcément xénophobe – et aussi très bête- et qui constituerait le corpus de l’électorat de Eric Zemmour et de Marine Le Pen.

 

Il m’a fallu du temps pour l’admettre avant qu’il ne soit élu Président en 2007, mais Nicolas Sarkozy a une habilité et une lucidité politique indiscutables. Et il a été évidemment bien avisé de se retenir de soutenir « Valérie ». On parle beaucoup de la campagne pathétique d’Anne Hidalgo, la candidate PS et maire de Paris, mais entre «Valérie » et « Anne », je ne sais laquelle est la meilleure athlète du pathétique :

 

“Ensemble, changeons d’avenir”. On dirait une réclame pour un régime alimentaire.

Avril 2022, à Paris, Bd Raspail, avant le premier tour des élections présidentielles 2022. Oui, qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ?!

 

 

Les gens ne se supportent plus….

 

 

Le passage de Christiane Taubira dans la campagne présidentielle m’a fait l’effet d’une page de pub. Comment faire parler de soi alors que l’on a été Ministre de la Justice (poste dont on avait démissionné après d’autres ) du Président socialiste François Hollande sans prendre trop de risques ?

 

On se présente en rassembleuse puis on s’en va dès que l’on comprend que le miracle n’aura pas lieu mais aussi que l’on n’est pas si désirée que cela dans les lieux. Et on se fait passer pour une femme politique libre et indépendante. Pour rassembler ou démissionner.

 

Les termes « rassembler », « Union » sont beaucoup utilisés en politique. Dans le monde du travail, on remplace ces termes par « la mutualisation des moyens » et cela a souvent les mêmes effets : on se débarrasse de celles et ceux qui déplaisent et qui sont trop isolés ou trop vulnérables pour résister ou contre-attaquer.

Près de la gare d’Osny, avril 2022, avant le premier tour des élections présidentielles 2022.

 

Je m’explique le vote aussi « haut » de Mélenchon par le fait qu’il a capté le vote des musulmans de France irrités par les propos anti-voile ou d’autres termes désobligeants envers l’Islam associant Islam et islamisme. Je m’explique aussi son résultat par les suffrages qu’il a obtenus dans les « îles » et auprès de diverses minorités, culturelles, économiques et sociales.  Son punch, ses aptitudes oratoires mais aussi son bon sens du rythme démagogique l’ont rendu plus séduisant que les élites lustrées et abstraites du parti socialiste qui, lifting après lifting, liposuccion après liposuccion, ne ressemblent plus à rien. Même si certains « pharaons » du parti socialiste disposent d’une baraka de survivant hors du commun.

 

La dernière fois que j’avais aperçu Manuel Valls, il terminait son Footing. Je l’avais vu arrêté, transpirant, au bord de la route du côté du quai Anatole France, pas très loin du musée d’Orsay. Je l’avais reconnu en passant devant lui à vélo sur la piste cyclable. Je m’étais dit :

« C’est Manuel Valls ! ». Il était concentré. Sérieux. Le sérieux de l’homme qui croit à son retour et le prépare.

 

C’était plusieurs mois avant le début des élections présidentielles. Il essayait de «rebondir ». A cette époque, on ne le voulait pas dans le gouvernement Macron. Mais il a su manifestement rebondir au point de se rendre acceptable lors de cette campagne électorale.

 

Je suis sans doute dur avec Manuel Valls mais je crois que si Marine Le Pen avait été élue et lui avait proposé un Ministère, qu’il aurait été parfaitement capable de l’accepter et d’affirmer qu’il fait ça avant tout pour son amour de la France !

Il faudrait donc presque remercier Emmanuel Macron, en étant réélu, d’avoir sauvé Manuel Valls deux fois. Une fois pour lui avoir permis de revenir dans le cercle présidentiel. Une seconde fois pour l’avoir…sauvé des mélodies de sirène de Marine Le Pen.

 

 

J’ai pris le temps de regarder une heure, en replay, du débat télévisé de 2022 entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron. Dès le début, j’ai vu une femme politique battue et traumatisée. Par le précédent débat télévisé…de 2017. J’ai tendance à penser que depuis des années la famille Le Pen fait sa thérapie familiale aux frais du contribuable. Mais aussi qu’elle se livre à une sorte d’émission de télé-réalité politique qui avait devancé toutes les émissions de télé réalité que nous avons connues depuis.

Mais concernant Marine Le Pen face à Emmanuel Macron, lors de ce débat de 2022, j’ai envie de dire qu’un trauma, ça se soigne en allant voir un thérapeute. Afin de faire le deuil de certains ambitions ou prétentions ou aspirations.

 

Car si j’ai vu une femme politique battue dès les premières minutes de ce débat de l’entre deux tours des élections présidentielles de 2022, j’ai aussi vu un moineau face aux serres d’un rapace.

 

Le moineau ou la souris, Marine Le Pen, avait beau sourire pour donner le change et lâcher quelques coups de bec ou de griffe ( «Si je suis une climato-sceptique, vous, vous êtes un climato-hypocrite… ») hérités de papa Jean-Marie, le rapace Emmanuel Macron, n’a pas eu à s’inquiéter d’une quelconque mort subite. J’ai même eu l’impression qu’Emmanuel Macron était amusé autant qu’abasourdi, que lui, le si brillant Emmanuel Macron, se retrouve « seulement » face à une adversaire de cette taille.

 

Emmanuel Macron a-t’il été « bon » dans ce débat ? Lorsqu’on le voit et qu’on l’écoute, durant cette première heure, il sait être convaincant et est bien plus crédible que Marine Le Pen.

 

Beaucoup trop facilement.

 

Marine Le Pen est tellement mauvaise que même lorsqu’on l’a envie d’être d’accord avec elle (comme lorsqu’elle parle par exemple des infirmières « licenciées » pour cause de non vaccination contre le Covid), elle passe à côté et, en face, Emmanuel Macron, réussit à esquiver, à se faire passer pour un grand architecte social. Et à marquer le point.

 

On dirait Djokovic ou Nadal jouant au tennis face à Borg, aujourd’hui. Ce n’est plus la même façon de jouer, ce n’est plus la même surface, ce n’est plus le même matériel, ce n’est plus la même préparation physique et plusieurs filets d’années  les séparent. Pourtant, à peine dix années d’existence séparent Marine Le Pen d’Emmanuel Macron. Et, question formation politique, Marine Le Pen a plutôt été “entourée” bien plus tôt qu’Emmanuel Macron

 

En regardant ce débat, j’ai aussi eu l’impression de voir une déléguée syndicale, Marine Le Pen, face à un grand Patron, Emmanuel Macron. On a beau vouloir faire descendre ce jeune grand patron tête à claques de son piédestal et lui remettre les pieds sur terre, la « déléguée syndicale » qu’est alors Marine Le Pen s’y prend si mal qu’elle n’a aucun poids mais aussi aucun mérite :

Son succès électoral aussi important qu’inquiétant dans “les îles” ( environ quarante ans plus tôt, une population guadeloupéenne remontée avait empêché Jean-Marie Le Pen de débarquer à Pointe à Pitre) , dès le premier tour, tient à mon avis autant au mauvais vécu de l’obligation vaccinale contre le Covid et du passe sanitaire qu’à un rejet anti-Macron viscéral. Et social. 

Dans ce nouveau débat, pourtant, une nouvelle fois, cette absence de mérite de Marine Le Pen se ressent, alors qu’elle est parvenue, grâce au vote de millions de Français,  sans trop forcer, à obtenir un tête à tête privilégié avec le grand Patron qu’est devenu Emmanuel Macron.

 

J’aurais évidemment préféré un face à face entre Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon. Ou, au pire, avec Valérie Pécresse. Emmanuel Macron aurait sans doute été réélu malgré tout mais, pour une fois, il aurait reçu des vrais coups.  Et aurait pris bien plus au sérieux les arguments de son opposante ou de son opposant.

 

Paris, avril 2022.

 

 

Mais, pour cela, il aurait fallu que les femmes et les hommes politiques français s’améliorent et arrêtent de se comporter en rentiers ou d’improviser.

 

Pour moi, une Marine Le Pen peut se permettre, sans beaucoup forcer, d’être pour la seconde fois de suite au deuxième tour des élections présidentielles parce-que les femmes et les hommes politiques de France sont mauvais. Pour moi, un Eric Zemmour peut se faufiler comme il l’a fait et obtenir « seulement » 7 pour 100 de votes dès sa première candidature parce-que les femmes et les hommes politiques de France sont mauvais. Pour moi, un Emmanuel Macron a pu se faire élire en 2017, certes, parce qu’il a eu des appuis conséquents, parce qu’il a eu du flair, de l’audace mais aussi parce qu’en face, les candidats étaient déjà mauvais ou court-circuités.

 

La même Marine Le Pen qui fustige le « système » et les élites politiques françaises, jouit, comme son père, à la fois des failles du système politique français, du mauvais niveau des femmes et des hommes politiques de France qui se trouvent au premier plan, mais aussi des privilèges financiers (et autres) du « système ». Et c’est pareil pour Eric Zemmour.

 

 

Si François Mitterrand a, de son vivant, fait en sorte de désunir la descendance politique socialiste qui aurait pu ou dû, avantageusement, rassembler un peu- ou mieux- la société française, je me demande quelle femme ou homme politique, Jacques Chirac mais aussi Nicolas Sarkozy, ensuite, ont empêché d’éclore. Alors que cette femme ou cet homme politique aurait pu faire vraiment du bien à la politique sociale française.

 

Paris, avril 2022.

 

Franck Unimon, ce jeudi 28 avril 2022.

 

 

 

 

 

 

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Face A La Mer- un film de Ely Dagher au cinéma le 13 avril 2022

»Posted by on Avr 1, 2022 in Cinéma | 0 comments

Face A La Mer- un film de Ely Dagher au cinéma le 13 avril 2022

    Face A La Mer- un film de Ely Dagher au cinéma le 13 avril 2022

 

 

« Rien n’est trop difficile pour la jeunesse ». Jana, la vingtaine libanaise, le sait.

Pourtant partie à l’étranger faire des études dans une école d’art « huppée », la voilà qui revient au pays alors que tout se passait bien, « là-bas ». En France.

 

Si les premières vues aériennes du Liban ( à Beyrouth) m’étonnent un peu, j’ai aimé la façon dont notre regard découvre Jana (l’actrice Manal Issa qui la porte très bien) la première fois. Jana sort de l’aéroport, seule, un peu telle une égarée, un simple petit sac à dos à la main. Après que l’on ait vu un homme enlacer des proches lors de retrouvailles puis les emmener dans sa Mercedes blanche.

 

On pourrait penser qu’il est arrivé « quelque chose » à Jana. C’est d’ailleurs ce que pensent ses proches (ses parents, son oncle maternel, son ex petit ami, Adam) qui, à la fois contents de la revoir, essaient de cerner la raison pour laquelle elle est revenue.

 

Je ne connais pas le Liban. Et encore moins Beyrouth. Mais j’ai connu, un peu, une Libanaise d’origine syrienne. Et, je suis allé passer quelques jours en Israël il y a quelques années. Israël, le pays « ennemi », n’est pas mentionné dans le film. Même si, furtivement, la guerre et d’autres catastrophes ( un tsunami) figurent dans le casting probable du Liban décrit comme un pays fermé malgré son accès direct à la mer qu’il transforme en poubelle.

 

Devant Face à la mer,  je n’ai pas pu m’empêcher de penser que la vitalité de certaines villes d’Israël ( Tel Aviv…)  aujourd’hui est peut-être celle qu’a connue le Liban et qu’il ne parvient pas à retrouver. Les habitants du Liban se souviennent encore de cette vitalité. Sauf, qu’entretemps, ils sont devenus les pilotes vivants d’une Nation désormais sans destination. 

 

En passant Jana, l’héroïne de Face à la mer, au travers du tamis de ses parents, d’un oncle maternel et de son ex-petit ami, le réalisateur Ely Dagher nous montre au moins trois couches de la société libanaise. Dans chacune de ces couches, on trouve un attachement  forcené au Liban même si celui-ci continue de disparaître. Une activité et une certaine vie sociale sont entretenues mais elles font partie du décor.

Jana ( l’actrice Manal Issa) et sa mère Mona ( l’actrice Yara Abou Haidar).

 

Jana est celle qui avait quitté ce décor. Des parents inquiets pour elle. Un père ( l’acteur Rabih El Zaher) sans travail et qui se demande si le travail existe encore au Liban. Une mère (l’actrice Yara Abou Haidar) féministe, traditionnaliste et dépendante. Un frère à Dubaï qui semble heureux de son sort et que Jana ne cherche pas à contacter. Un oncle maternel ( l’acteur Fadi Abi Samra) assez inquisiteur qui reproche à Jana  d’avoir eu des rêves. Ou d’avoir échoué à les réaliser surtout d’un point de vue financier. Un ( ex) petit ami ( l’acteur Roger Azar) qui fait comme si la vie continuait.

 

Dans Face à la mer, le Liban est un pays où le pire devait être temporaire mais persiste. Donc, tout le monde fait malgré tout. Car il n’y a rien d’autre que l’on puisse faire. Jana est celle qui est lassée de ça. Mais elle essaie de s’étourdir et d’y croire encore une fois.

Jana ( l’actrice Manal Issa) et son petit ami, Adam ( l’acteur Roger Azar)

 

Franck Unimon, ce vendredi 1er avril 2022.

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