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Croisements/ Interviews

Etre en décalage

Etre en décalage

Je préfère être un peu décalage plutôt que de faire partie de l’attelage.

Mais cela me donne par moments l’impression d’être anormal ou peut me mettre plutôt mal à l’aise.

C’est ce qui m’est arrivé  il y a 8 jours. Lorsqu’en me rendant à l’anniversaire des cinquante ans de mon ami September Boy et de sa femme, à Jouy Le Moutier, je me suis aperçu que la « fête » était pratiquement terminée.

A mon arrivée, vers 19h, je crois, il ne restait plus beaucoup d’invités. Je croyais qu’il fallait venir à partir de 12h. Cela signifiait qu’il fallait être là entre 12h et 14h.

Plusieurs semaines auparavant, déjà, j’avais mal retenu la date et sans une remarque de September Boy, je me serais présenté le dimanche au lieu du samedi.

Habituellement , je ne me trompe pas à ce point. Peut-être était-ce une fuite de ma part ? J’aime bien September Boy et sa femme. Mais la rencontre répétée de leurs amis et proches m’avait sans doute déjà « averti » que j’étais ou serais en décalage parmi eux. Malgré leurs sourires. Leur sympathie. Leur intelligence. Leurs CV. Leurs situations tant personnelles que professionnelles.

Lors des premières minutes à cet anniversaire, ce samedi, j’étais donc assez mal à l’aise. En m’appliquant, comme cela se fait généralement en société, à le masquer.

J’avais l’impression d’être une pièce rapportée. Puisque tout le monde était parti ou se côtoyait maintenant depuis des heures.

En plus de cela, j’étais le seul en short. Il faisait beau. Alors que tout le monde était habillé. En tout cas, personne ne portait de short hormis moi. Et les quelques personnes que je voyais étaient plutôt en couple ou en famille.

Je faisais vraiment touriste. On aurait pu penser que je n’en n’avais rien eu à faire de ces festivités annoncées depuis plusieurs mois.

J’avais pourtant effectué le trajet depuis mon domicile. Environ trente minutes en voiture. J’étais venu avec deux cadeaux. Du Japon. J’ai fait un second voyage au Japon en Juillet 2024 lors du Masters Tour organisé par Léo Tamaki.

Ce samedi, je sortais d’un stage d’une semaine à la salle de consommation à moindre risque de l’association Gaïa à côté de l’hôpital Lariboisière. Un stage dense, difficile et très instructif.

Au cours de ce stage plutôt court d’une quarantaine d’années (une quarantaine d’heures après la correction du lapsus), malgré les horaires plutôt confortables ( 9h/17h), je m’étais étonné de me sentir à ce point épuisé.

Ces jours de stage étaient initialement des jours de congés annuels, mes premiers jours de congés annuels depuis environ deux mois, auxquels j’avais renoncés:

Il existe seulement deux salles de consommation à moindre risque en France. Une à Strasbourg et celle-ci à Paris depuis 2016 dans le 10ème près de la Gare du Nord et de l’hôpital Lariboisière.

Cela m’avait pris du temps, presque deux mois, pour réussir à convenir avec l’infirmière coordinatrice de l’association Gaia, d’un rendez-vous. Et, lorsque je l’avais rencontrée et avais visité le service, je m’étais dit qu’il fallait réserver les dates de mon stage pratique au plus vite. Pour le diplôme universitaire pratique en addictologie pratique dont j’ai obtenu le financement après plusieurs années, je me dois de faire un stage pratique de quarante heures avant la fin du mois de septembre. Je dois aussi écrire un mémoire et nous avons une évaluation écrite prévue fin juin.

Quelques heures avant de venir à l’anniversaire de September Boy et sa femme, ce samedi matin, vers 8 heures, je m’étais aussi rendu à l’entraînement de mon club d’apnée.

Dans quelques jours, comme souvent chaque année, mon club d’apnée organise au mois de Mai un stage de plusieurs jours en Bretagne. Un stage à la fois de chasse sous-marine, de découverte mais aussi d’approfondissement des pratiques de l’apnée.

En raison de mes horaires de travail irréguliers, de certaines indisponibilités mais aussi d’une baisse de ma motivation, j’ai été moins assidu à l’entraînement à mon club d’apnée. Mais si je tiens à participer à ce stage d’apnée qui, généralement, me demande entre deux semaines et un mois de récupération physique par la suite, je sais qu’il me faut y aller avec un minimum d’entraînement mais aussi d’informations à propos de mon état de forme générale.

J’avais aussi pris le temps de faire une sieste ce samedi avant d’aller chez September Boy et sa femme.

Et, alors que je me trouvais chez eux depuis une bonne demie heure, voire une heure, et que je m’étais accoutumé au fait d’être arrivé largement après tout le monde, j’étais en train de discuter de ses Docs Martens avec un des invités lorsque, observant un peu plus attentivement un des rares invités encore présents, ma mémoire a commencé à opérer un montage de reconnaissance faciale.

Cet homme m’avait souri avec une certaine sympathie quand j’avais débarqué. J’avais entendu son prénom prononcé par September Boy lorsqu’il m’avait présenté à lui ainsi qu’à celui qui portait des Docs Martens. Tous deux portaient d’ailleurs le même prénom :

Laurent. Soit mon deuxième prénom.

J’avais pris cette information pour secondaire loin derrière celle de ce jardin de réjouissances désormais désert. Même si les tables étaient encore toujours présentes et recouvertes d’assiettes, de gobelets et de serviettes.

Comment passer pour quelqu’un complètement à côté de la plaque dans la vie sociale en quelques secondes ?

Je découvrais que je restais un acharné très compétent dans ce domaine.

Mais, maintenant, tout en conversant avec l’homme aux Docs Martens, et en discutant avec lui du groupe Pigalle, de feu François Hadji-Lazaro, du groupe The Cure, que, lui, avait eu la chance de voir en concert, j’ai commencé à échafauder un plan machiavélique concernant cet homme en face de moi qui était avec sa chérie :

Je commençais à me convaincre de plus en plus que je connaissais cet homme.

Sauf que, lorsque je l’avais connu, si c’était lui, il ne portait pas de lunettes de vue, il était plus mince et avait la peau blanche plus pâle.

Mais on se rappelle que je venais d’arriver dans cet anniversaire de manière décalée. En short jaune, avec plusieurs heures de retard et en solo. Si en plus de cela je commençais à m’imaginer que je reconnaissais des gens que je n’avais jamais rencontrés, la fin de ma journée pourrait devenir moralement très harassante.

J’ai choisi la prudence. J’ai décidé de mettre l’invité aux Doc Martens dans la « confidence » auparavant.

Je crois que je connais cet homme.

Le prénom. Le visage. La gentillesse. Certaines attitudes auxquelles je n’avais pas particulièrement prêté attention à « l’époque » et qui, là, collaient.

Le doute venait de l’endroit de la rencontre. Dans le Val D’Oise. J’avais connu mon ami September Boy lors de ses études d’infirmier à Pontoise, lors de son stage ( en 1999) dans le service d’hospitalisation psychiatrique adulte où je faisais partie des infirmiers titulaires.

Lui, je l’avais rencontré à Paris. Dans un univers qui n’avait rien à voir avec le milieu infirmier.

A côté de moi, Doc Martens, beau-frère de la femme de September Boy, m’a appris que l’inconnu n’était pas du tout du milieu hospitalier. Et qu’il travaillait à Paris. Je lui ai répondu que, au contraire, cela correspondait.

Moins de deux mètres nous séparaient. Nous étions à une bonne distance sociale lorsque je l’ai appelé par son prénom et lui ai demandé le plus simplement possible :

« Tu as fait du judo ? ».

Il m’a regardé en gardant le sourire. Silencieux d’abord pendant plusieurs secondes. Puis, il m’a répondu :

« Dis m’en plus… ».

Je lui ai alors parlé de Pascal Fleury.

Il s’est exclamé : « C’est mon Sensei… ».

Alors, j’ai rajouté :

« Le gymnase Michel Lecomte ? ». Ensuite, je lui ai rappelé d’autres noms et d’autres personnes comme si ma mémoire avoir retrouvé certains automatismes.

J’ai à chaque fois touché juste.

Il était content. Il a dit que cela lui rappelait sa jeunesse. A côté de lui, sa chérie lui a dit : « Tu vois ? c’est un signe. Ça veut dire qu’il faut que tu reprennes le Judo… ».

Nous avons lui et moi fini par établir que notre dernière rencontre datait très vraisemblablement de 1996, sur le tatami, au gymnase Michel Lecomte. Avant qu’il ne parte faire son service militaire. Dans les chasseurs alpins. Lui et moi avons dû commencer à nous croiser sur le tatami alors que je découvrais le Judo vers 1991 ou 1992. Lui, plus jeune que moi de plusieurs années, était déjà ceinture marron ou noire.

Il y a plus de trente ans, j’effectuais le trajet en RER depuis Cergy-Pontoise jusqu’à cette salle de judo. Une heure de trajet aller. Autant pour le retour. A chaque fois en passant par les couloirs de la station du RER A à Chatelet les Halles.

J’avais fait la connaissance de Pascal Fleury – grand frère de la championne olympique Cathy Fleury- à la Fac de Nanterre en faisant un DEUG d’Anglais après avoir obtenu mon diplôme d’Etat d’infirmier. Je souhaitais alors devenir journaliste. Et, comme j’avais, entretemps, eu le projet d’obtenir un Brevet d’Etat d’éducateur sportif (le BEESAPPT), il m’avait fallu acquérir une expérience dans un sport de combat. Cela aurait pu être la boxe anglaise ou française. Mais comme les horaires de pratique s’accordaient mal avec mes autre cours universitaires, j’étais allé aux cours de judo de Pascal qui y enseignait.

Je n’avais pas prévu de raconter ça en intitulant ce texte Etre en décalage. Alors que j’écoute l’album de Natacha Atlas, Foretold In The Language Of Dreams et que le titre Yeranos est en train de se terminer, initialement, j’avais prévu de m’occuper :

Des articles relatifs à ces deux hommes aperçus par terre, non loin de la Gare du Nord, ce jour où je me rendais à mon stage à la salle de consommation à moindre risque de l’association Gaïa.

Aux concerts d’Oriane Lacaille et Christine Salem au Tamanoir à Gennevilliers.

Au concert de Femi Kuti au Musée du Quai Branly.

 

Hier soir, à l’église Ste Eustache, je suis allé assister au spectacle Luminescence. L’église Ste Eustache se trouve à quelques minutes à pied du Gymnase Michel Lecomte. Elle se trouve aussi encore plus près du complexe cinéma où je me suis « fait » tout un tas de films depuis les années 90.

Franck Unimon, ce dimanche 3 Mai 2026.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Addictions Le Blog du poisson rouge

Un père et une fille

Un père et une fille

Un père et une fille entrent près de moi dans le métro, à la station Gare de Lyon, ce samedi du mois de février.

Il est 12h40. C’est la période des vacances scolaires.

Le père a une trentaine d’années. La fille semble avoir quatre ou cinq ans. Le père porte des oreillettes. Il est captivé par son smartphone pendant deux à trois minutes. Il range son smartphone dans une des poches de son pantalon. Il donne la main à sa fille, à moitié assise sur le siège. Lui est debout à côté d’elle. Au bout de deux minutes environ, il arrête de donner sa main à sa fille. Il sort son smartphone de sa poche.

En face de moi, un autre père est assis avec sa fille à côté de lui. Sa fille semble avoir trois ou quatre ans. Cet autre père a un gros casque audio posé sur ses épaules.

Le métro de la ligne 14 repart. La première fille interpelle son père :

« Je veux la tablette ! »… « J’attends quoi ?! ».

A la station Bibliothèque François-Mitterrand, le second père, en prenant sa fille par la main dit au premier, sur son passage :

« Excusez-moi… ».

Le père au smartphone s’écarte. Le père au gros casque audio sur ses épaules descend sur le quai avec sa fille.

Le métro automatisé de la ligne 14 repart.

« Papa, t’es pas gentil ! » dit la fille au père au smartphone.

Je descends à la station Olympiades.

Le métro repart à toute vitesse. Depuis le quai de la ligne 14, j’aperçois la fille à travers la vitre. Elle est assise à genoux sur le siège face à la vitre du métro. Son père, debout près d’elle, regarde son smartphone.

 Franck Unimon, ce mercredi 11 Mars 2026.  

 

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Le Blog du poisson rouge

Un Monde d’empathie

La Tour 17 de la Cité Fernand Léger, à Nanterre, où j’ai habité avec ma famille jusqu’en 1985. Photo prise depuis l’école primaire et maternelle Robespierre où j’avais aussi été scolarisé jusqu’en 1978. Photo©Franck.Unimon ce 2 mars 2026.

Un Monde d’empathie

Un athlète noir d’origine africaine- vraisemblablement d’origine kenyane ou éthiopienne – a « explosé » ce week-end ou un autre jour un record d’endurance sur route. J’ai oublié son prénom et son nom. Ils ont finalement peu d’importance. Car ses performances, tout comme son visage et son nom sont une distraction parmi d’autres.

Le verbe « exploser », verbe du 1er groupe, a bien été employé dans le titre que j’ai lu ce matin sur un réseau social pour qualifier ce record de course d’endurance. Et ce verbe a tristement beaucoup plus d’importance que la performance réalisée, quelle qu’elle soit et par quiconque, que ce soit sur route ou ailleurs.

Il faut au moins ça, « une explosion », pour qu’une nouvelle ou une personne attire « normalement » un peu notre attention, nous pousse à regarder ou déclenche chez nous une réaction.

Que cet homme, cet athlète, profite au mieux de son succès. Après toutes ses années d’entraînement extrêmement difficiles. Avant ce qui lui reste d’années à vivre lorsqu’il ne pourra plus être ce champion qu’il est aujourd’hui. J’espère qu’il a ses papiers, qu’ils sont en règle et que son casier judiciaire est et restera vierge. Car, un de ces jours, il se pourrait qu’il soit raccompagné à la frontière ou renvoyé « chez lui » dans un vol charter.

La Cité Fernand Léger aperçue depuis le Parc André Malraux, à Nanterre, ce lundi 2 mars 2026. Photo©Franck.Unimon

Il ne faut pas qu’il prenne trop la confiance. Qu’il se mette bien ça dans la tête :

Il ne suffit pas d’être volontaire, honnête, travailleur et sincère. Il faut être exceptionnel et irréprochable. L’ attrait de son record, comme beaucoup d’autres records avant le sien, aura, lui, une durée beaucoup plus limitée que celle de son casier judiciaire.

De celle de la vie d’un papillon.

Son record deviendra rapidement une épave.  D’ailleurs, qui a entendu parler de son record ? Qui connait son nom, son visage,  son histoire ou ses parents ?

Bientôt, il sera seul sur le tapis roulant de sa mémoire. Laquelle, s’il n’a personne autour de lui, glissera peut-être autour de son cou plus longtemps que sa médaille, parmi celle de toutes ces personnes, décédées ou non, femmes, enfants ou hommes, montées sur le mauvais bateau et dont le souffle surexposé aux flots, aux mauvais emplois, aux conditions de vie, d’instruction, de soins et de logement les plus détériorées, aura fini par exploser sans trouver beaucoup d’écho nulle part.

Certaines mémoires sont plus étranglées et plus noyées que d’autres.

La Défense, depuis Nanterre, ce lundi 2 mars 2026. Photo©Franck.Unimon

Lorsque nous avons « réussi », nous nous devons de nous réjouir dès maintenant. Car demain, ce sera peut-être pire : nous recevrons peut-être de plus en plus d’injonctions alors que nous aurons moins de possibilités de nous réjouir.

Aujourd’hui, en région parisienne, nous avons encore de l’essence dans nos stations. De l’eau dans nos robinets. Des écoles. Des universités. Des enseignants. Des médiathèques.  Des librairies. Des installations sportives. Des cinémas. Des théâtres. Des lieux de culte diversifiés. Des piscines. Des salles de concert. Des monuments historiques.  Des musées. Des guides. Des cliniques et des hôpitaux.  Des soignants. Des provisions et davantage dans nos supermarchés et autres commerces. Des cimetières délimités. Nos commandes effectuées en ligne arrivent la plupart du temps jusqu’à notre domicile. Nos transports en commun fonctionnent et lorsqu’ils ne le font pas, une petite annonce, dans la plupart des cas, nous informe. Nos smartphones -et nos applications téléchargées- marchent et nous donnent accès à internet 24 heures sur 24. Nous avons des vélos mécaniques et électriques ainsi que des trottinettes. Des voitures. Ainsi que du papier toilette. L’ industrie de la voiture électrique est encouragée. Des milliards sont investis dans le développement de l’Intelligence Artificielle. C’est le présent et l’avenir. Le Nucléaire, aussi, pour continuer de produire l’électricité que nous utilisons tous les jours. Pour recharger entre-autres nos batteries et nos multiples appareils.

C’est presque magique. Cela semble aller de soi.

Nanterre, ce lundi 2 mars 2026. Près du Parc André Malraux. Photo©Franck.Unimon

Pourtant, les loyers sont de plus en plus chers.  Il faut attendre des années afin d’obtenir un logement social sauf peut-être dans les endroits isolés ou inversés.

Toutes les écoles et toutes les études ne se valent pas. Toutes les régions non plus. Les banques prêtent désormais de l’argent aux particuliers capables de réaliser un investissement immobilier pratiquement sans elles. Les glaciers continuent de fondre. Les villes grossissent et s’épaississent tel un sang de plus en plus proche du caillot. L’ Agriculture devient un désert. Les méduses, les nitrates, les pesticides, les vitrines, les sites, les écrans, les algorithmes, les satellites et les drones militaires deviennent des villes dans lesquelles nous vivons. Les guerres et les conflits se modélisent, se diversifient, « s’intégrisent », s’intériorisent et semblent s’éterniser. Des multinationales recrutent ou attirent les « cerveaux »- de tous les pays et de tout genre- les plus à même de continuer de leur assurer leur puissance et leurs bénéfices grâce à ces guerres et ces conflits ou malgré eux.

Les plus riches créent des nouvelles mappemondes séparées de celle que nous apercevons ou « connaissons » par des frontières fantômes.

Les multinationales et les plus riches n’aiment pas les courants d’air dans leur patrimoine.

Mais il faut continuer d’y croire. L’ Humanité a connu pire. Nous vivons quand même des bons moments. Nous sommes tous égaux et nous avons tous et toutes les mêmes chances. Il ne faut pas désespérer car ça nous épuiserait moralement et, en plus, cela donnerait un mauvais exemple et une mauvaise image de nous.

En outre, se montrer critique et passer son temps à ruminer, c’est un discours de vieux et de personne vaincue, soumise et surtout beaucoup trop poreuse devant les mauvaises nouvelles. Cela rend inapte à capter les bonnes occasions lorsqu’elles se présentent.

Même les rapaces doivent s’y reprendre plusieurs fois afin d’attraper leur « prise ». Ils n’en font pas tout une crise. Et la colère ne guide pas leurs attaques.  

De toute façon, ce que l’on veut, c’est des personnes porteuses de rêves et d’engagement comme d’autres sont porteuses de bidons d’eau lorsque l’on a très soif. Ce que l’on veut, c’est des personnes qui nous préservent des avaries et des failles comme de ces courants d’air et de ces peurs qui nous demeurent fidèles.

Ce que l’on veut, c’est des personnes, des œuvres ou des mémoires qui sont pour nous des réservoirs et des relais d’échappatoires. Ces personnes, ces œuvres ou ces mémoires nous donnent de l’espoir, des idées et de l’élan.

La gare de Nanterre Université et la Faculté de Nanterre, ce lundi 2 mars 2026. Photo©Franck.Unimon

Comme lorsque l’on est bien vivant. C’est-à-dire pétillant et charismatique. Et que, tous les jours, on court des semi-marathons. Parce-que, lorsque l’on est bien vivant(e), tous les jours, on est drôle, inspiré(e), entreprenant(e), entraînant(e), créatif/ve, intelligent(e), irrésistible, infatigable lorsque l’on effectue notre semi-marathon.

C’est bien connu. Tout le monde le sait. Tout le monde fait ça.

Car tous les jours, tout le monde explose des records ou a la possibilité de le faire.

Mon ironie, mon humour noir et mon autodérision mis à part dans cet article, exploser des records consistera pour certaines et certains à descendre les poubelles. Pour d’autres, à parvenir à se lever le matin, à regarder leur boite mail ou à envoyer un message. Pour d’autres encore, cela signifiera être des parents, des enfants, des partenaires, des collègues, des amis, des proches ou des voisins à peu près acceptables, à peu près supportables et à peu près constants. Y compris par moments dans la pénombre comme dans la mauvaise foi.

Il n’y a pas de petite victoire.

On est tous là pour pécho. Pas pour pleurer sur notre sort.

Pleurer n’est pas un métier. Même si pleurer est une réaction normale, humaine, raisonnable. Même si pleurer  peut être un ressort intermédiaire avant d’entreprendre le semi-marathon et le marathons de nos records quotidiens. Celui qui essoufle et saoule la mort et les décombres.

Pour ma fille Emmi et mon meilleur ami, Driss, rescapé des bidonvilles de Nanterre.

Franck Unimon, lundi 9 mars 2026.

 

 

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En Concert

Guappecarto en concert au Studio de l’Ermitage janvier 2026

Marco et Braga du groupe Guappecarto, Studio de l’Ermitage 30 janvier 2026. Photo©Franck.Unimon
Marco et Braga, du groupe Guappecarto, Studio de l’Emitage, 30 janvier 2026. Photo©Franck.Unimon

Guappecarto en concert au Studio de l’Ermitage janvier 2026

Hérissé de fatigue, commandé par les dés de la musique, je me suis hissé ce 30 Janvier 2026 jusqu’au Studio de l’Ermitage afin d’aller voir et écouter le groupe Guappecarto. C’était quelques jours après le décès de Sly Dunbar dont je n’ai pu parler. Et le même soir que le concert d’Ousmane Kouyaté à quelques centaines de mètres du métro Gambetta. Quelques jours plus tôt, sur un réseau supposé social, j’avais vu des images vidéos du rappeur Booba provoquant les artistes Disiz la Peste, Gazo et Aya Nakamura depuis une/sa piscine peut-être à Miami. Sans doute à des fins de promotion ou en vue d’obtenir de leur part une certaine collaboration.

Marco et Braga, du groupe Guappecarto, Studio de l’Ermitage 30 janvier 2026. Photo©Franck.Unimon
Marco, du groupe Guappecarto, Studio de l’Ermitage, 30 Janvier 2026. Photo©Franck.Unimon

Je n’avais aucune image des Guappecarto. Je n’avais jamais entendu la moindre note de ce groupe qui existe depuis le début des années 2000. Ses deux meneurs, Marco Sica/Mala et Pierluigi d’Amore/ Braga, amis d’enfance d’un village du côté de Naples, avaient pourtant leurs amateurs. Et dans la salle, l’ambiance était à la simplicité ainsi qu’aux retrouvailles. Les Guappecarto s’adressant à nouveau au public avec leur dernier album, D-Segni, hommage à leur seconde mère, Madeleine Fischer (décédée en 2020) d’après les écrits de celle-ci.

Seb Martel et Marco, concert de Guappecarto, Studio de l’Ermitage 30 janvier 2026. Photo©Franck.Unimon
Seb Martel et Marco, concert de Guappecarto, Studio de l’Ermitage 30 janvier 2026. Photo©Franck.Unimon

Entourés de Seb Martel et de Natale la Riccia, Marco et Braga nous ont attiré vers une mémoire constituée d’apaisement, de permanence, de tristesse et peut être de colère. Mais il s’agissait d’une colère lucide à propos de ce qu’elle ne pourrait ni permettre, ni retenir ou feindre.  

Car la musique des Guappecarto est faite de sincérité.

Braga, concert de Guappecarto, Studio de l’Ermitage 30 janvier 2026. Photo©Franck.Unimon

Après le concert, j’ai discuté avec une des spectatrices qui écoute le groupe depuis ses débuts. Celle-ci m’a appris que les Guappecarto, avec cet album, avait tranché avec leurs musiques précédentes. Marco et Braga en parlent dans l’interview que l’on pourra entendre à la fin de cet article. Une interview faite à même la « rue », en toute spontanéité, devant le Studio de l’Ermitage, lorsque j’ai d’abord retrouvé Marco en train de fumer et discuter après le concert.

Marco et Braga sont d’une spontanéité aussi amicale qu’ils sont à l’affût d’une certaine droiture morale chez leurs interlocuteurs. Alors que de plus en plus, certains dirigeants et entrepreneurs imposent l’Intelligence Artificielle comme La nouvelle norme censée révolutionner et optimiser- mais aussi devenir- nos foyers et nos existences, j’ai d’autant plus aimé l’aventure Punk des Guappecarto ainsi que ce moment passé avec eux.

Seb Martel, Marco, Braga, Natale la Riccia, le groupe Guappecarto en concert au Studio de l’Ermitage ce 30 janvier 2026. Photo©Franck.Unimon
Seb Martel, Marco, Braga et Natale la Riccia, le groupe Guappecarto, au Studio de l’Ermitage, ce 30 janvier 2026. Photo©Franck.Unimon

L’ Interview des Guappecarto est ici : 

 

Franck Unimon, ce dimanche 1er février 2026.

 

 

 

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Survie

Stéphane Bourgoin et l’inimaginable

Stéphane Bourgoin dans sa librairie le 3ème Oeil. Photo vraisemblablement prise le 28 octobre 2009. Photo©Franck.Unimon

Stéphane Bourgoin et l’inimaginable

Il convient plutôt d’avoir entendu parler de lui avant la pandémie du Covid et d’y avoir survécu mentalement et physiquement pour avoir l’idée ou l’ambition de savoir – à peu près- qui est Stéphane Bourgoin.

Et aussi de l’avoir cru.

Aujourd’hui, ce mercredi 21 janvier 2026, sa page wikipédia le présente comme « auteur français spécialisé dans le cinéma bis et les faits divers criminels ». Cependant durant à peu près une trentaine d’années, de 1990 à 2020, il fit autorité en France en matière de tueurs en série.

Stéphane Bourgoin fut d’ailleurs un formateur apprécié de la gendarmerie Nationale. Il anima des débats à la suite de projections de films. Il fut au centre d’événements consacrés aux tueurs en série auxquels des Magistrats et des Inspecteurs de Police participèrent. Où des livres et des bandes dessinées consacrées aux tueurs en série y furent vendus ou dédicacés.  Je me rappelle par exemple de cet événement organisé dans le 13ème arrondissement de Paris, près des anciens frigos de Paris devenus des résidences d’artistes, où fut entre-autre présent un inspecteur de Police qui avait croisé Richard Durn, un de mes anciens camarades du lycée de Nanterre, après sa tuerie à la mairie de Nanterre en 2002. ( voir l’article Au Lycée ).

Je me souviens de la projection du film L’etrangleur de Boston réalisé en 1968 par Richard Fleischer, non loin de l’université de Jussieu. Et de ce groupe de femmes, plutôt dans la trentaine, belles, qui, sitôt le film terminé s’était levé et avait subitement quitté la salle de cinéma avant que ne commence le débat animé par Stéphane Bourgoin. Je ne me rappelle pas du débat.

Je me rappelle aussi de cette sorte de colloque organisé dans une des salles du Sénat en présence de journalistes, de gendarmes, de proches de victimes mais aussi du juge Gilles Latapie qui avait jugé le tueur en série Michel Fourniret. Colloque auquel j’avais pu assister parce-que Stéphane Bourgoin, également présent, m’avait proposé de venir voire m’avait permis d’y accéder. J’y avais échangé quelques mots avec une jeune gendarme, à peine la trentaine, qui adressait à Stéphane Bourgoin une estime inébranlable.

Lorsqu’en 2009, je me rendis pour la première ou la seconde fois à ce qui était alors « sa » Librairie, la Librairie du 3èmeŒil, rue Montholon, dans le 9 ème arrondissement de Paris, c’était pour l’interviewer. Journaliste cinéma bénévole pour le mensuel papier Brazil, j’avais proposé à mon rédacteur en chef, Christophe Goffette, un dossier sur les tueurs en série.

Le projet  était que plusieurs de mes collègues journalistes cinéma et moi, nous écrivions une centaine d’articles sur des films « de » tueurs en série en y ajoutant mon interview de Stéphane Bourgoin.

Stéphane Bourgoin était alors- pour moi- une référence. Et il était Français, visible à Paris, ce qui était plus pratique pour le rencontrer que s’il avait vécu aux Etats-Unis ou au Botswana.

Il était celui qui, à la suite du meurtre de son ancienne fiancée aux Etats-Unis en était venu, à la fin des années 70, à « s’intéresser » aux tueurs en série. Bien avant que le sujet et des films tels que Le Silence des agneaux ou Seven ne deviennent des « succès » cinématographiques et économiques.

Son « trauma » originel, « le meurtre » donc de sa fiancée, couplé à son aptitude combattive voire héroïque à le surmonter en devenant un spécialiste des tueurs en série ainsi que son érudition, son accessibilité ou sa simplicité mais aussi son humour noir me l’avaient rendu plutôt « sympathique ». Tout en sollicitant en moi des mannes d’empathie qui ne demandaient sans doute qu’à s’exprimer. Devant moi, dans sa librairie, en 2009, j’ai vu Stéphane Bourgoin être ému, presque aux larmes, à me parler un peu de son ancienne fiancée américaine assassinée par un tueur en série une trentaine d’années plus tôt.

Stéphane Bourgoin apparaissait aussi un peu ou beaucoup comme une espèce de guide solide et rassurant devant ces expériences définitives et effroyables ou le sol mais aussi le socle de certaines de nos certitudes et croyances morales et humaines se retirent. Face à cette apothéose des horreurs dont les êtres humains sont capables et qu’il leur est impossible d’attribuer à des forces extérieures, immigrées, surnaturelles ou divines, Stéphane Bourgoin offrait une présence persistante, une vie, une résistance modèle et apparemment inusable. Il apportait également des réponses que l’on ne trouvait pas dans les livres. Car il avait du vécu. Il était la vigie qui n’avait pas peur d’observer toutes ces morts dont on préférait se détourner.

En plus d’être un des pionniers à propos des tueurs en série, il avait aussi pour lui d’être plutôt bon pédagogue ou vulgarisateur. Il était aussi très autodidacte. Il était donc celui qui avait pu «réussir » en dehors des processus scolaires et universitaires.

Et cela était admirable.

Ajoutons à cela que la possibilité de l’aborder revenait, aussi, à accéder à une certaine forme d’auto-gratification narcissique et sociale. Puisque rencontrer Stéphane Bourgoin équivalait à rencontrer à la fois une personne assez médiatisée mais aussi une sommité dans son domaine. Un homme qui avait vendu un certain nombre d’exemplaires de ses livres sur les tueurs en série et qui avait son émission télévisée…

 En 2009, le jour de cette interview en deux parties que l’on pourra trouver à la fin de cet article, j’étais donc journaliste cinéma bénévole pour le mensuel papier Brazil. J’aspirais à me reconvertir comme journaliste professionnel. Je souhaitais encore -aussi- devenir acteur professionnel de cinéma en passant plutôt par des expériences théâtrales professionnelles.

Cependant, socialement, économiquement et intellectuellement, je vivais grâce à mon métier d’infirmier en psychiatrie et en pédopsychiatrie depuis un peu plus d’une quinzaine d’années.

Nous pouvons affirmer que j’étais encore dans une certaine quête de moi-même alors que j’allais, en la personne de Stéphane Bourgoin, rencontrer un homme certes un peu plus âgé que moi, mais qui, surtout, lui, était établi dans ce qu’il faisait au point d’être reconnu économiquement, médiatiquement et socialement pour cela. Et cela, depuis plusieurs années.

D’autre part, j’étais amateur de polars. Et, j’avais alors débuté- ou arrêté- de suivre au bout d’une année- une « formation » en criminologie dans un institut, l’IHECRIM, dont le fondateur et dirigeant était Laurent Montet. Laurent Montet, que Stéphane Bourgoin me décrivit – avec l’assurance de celui qui avait pour lui la légitimité de sa pratique – comme une sorte d’affabulateur dangereux et incompétent….

Ce qui fut d’ailleurs confirmé environ dix ans plus tard, soit en 2019, quand Laurent Montet fut condamné pour escroquerie avec interdiction d’enseigner. Néanmoins, durant cette « formation », d’une année suivie à l’IHECRIM,  des professionnels, des psychologues, des policiers ou autres, étaient venus faire cours. Patrick Dils y était venu témoigner. Ainsi qu’un des proches des disparus de Mourmelon. Et parmi les nombreux étudiants que nous avions été (plusieurs centaines) avaient figuré un certain nombre de policières et policiers, d’étudiants en Droit et en psychologie ainsi que quelques personnes aspirant à devenir profileuses ou profileurs. Jusqu’à une lycéenne dont le but était de pouvoir « rencontrer » un jour Michel Fourniret….

Cela pour commencer à dire que la criminologie (qui ne se résume pas uniquement aux tueurs en série) attire différents profils de personnes, légitimes et moins légitimes, scrupuleuses et moins scrupuleuses, averties et moins averties, et qu’il est nécessaire d’apprendre à faire le tri avant de s’y engager.

Et, je l’ai un peu mieux compris durant la pandémie du Covid. Lorsque j’appris, par hasard, que certains des bobards de Stéphane Bourgoin avaient été débusqués :

Celui-ci avait été convaincu de mensonge – comme un sportif de haut niveau peut être convaincu de dopage- par un collectif se prénommant 4ème Œil Corporation.

Ensuite, des média plus traditionnels mais aussi plus officiels avaient véritablement fait leur travail et confirmé les conclusions apportées par 4ème Œil Corporation.

La première réaction de Stéphane Bourgoin ? Nier et menacer de représailles judiciaires. Puis, il avait dû se résigner à reconnaître ce qui lui était reproché :

Il n’avait jamais été Footballeur de haut niveau. Sa « fiancée » américaine assassinée n’avait jamais existé. Il n’avait pas rencontré 70 tueurs en série ( ou davantage) comme il l’avait affirmé mais beaucoup moins. Il s’était attribué les compétences d’experts officiels….il n’avait jamais été formé par le FBI….

Aujourd’hui, cette petite liste de mensonges entre amis de Stéphane Bourgoin me fait rire. Mais je peux rire parce-que, malgré mon admiration devant Stéphane Bourgoin, celui-ci n’a jamais été pour moi une figure parentale. Je ne l’ai jamais perçu non plus comme « un frère » ou un « ami » avec lequel j’ai pu avoir le sentiment de partager une peine commune.

Et si j’avais continué, après nos rencontres, à aller de temps à autre sur son site comme à revenir sur des sujets relatifs aux tueurs en série, ce fut par intermittence. Voire, j’avais sensiblement décroché là où, lui, restait fondu dans les rails. Ainsi, peu après la parution du livre Utoya de Laurent Obertone, paru en 2013 aux éditions Ring, Stéphane Bourgoin, plutôt enthousiaste, m’avait demandé- sans doute lors de cet événement organisé près des anciens frigos de Paris dans le 13èmearrondissement de Paris- si je l’avais lu !

J’avais alors noté le visible décalage entre lui qui semblait carburer constamment à ce genre de régime là où je procédais beaucoup plus par intermittence. A ce jour, du reste,  je n’ai toujours pas lu l’ouvrage de Laurent Obertone même si je me suis un peu informé sur Anders Breivik et suis allé voir le film réalisé en 2018 par Erik Poppe. voir ( Utoya, 22 juillet ) .

Stéphane Bourgoin avait/a d’indiscutables connaissances à propos des tueurs en série.

Mais apprendre ses mensonges m’interpella beaucoup. Et ce fut une nouvelle leçon, déstabilisante, que je reçus « de » ou via Stéphane Bourgoin.

L’ une des premières leçons marquantes que j’avais reçue de Stéphane Bourgoin avait été que j’étais un grand benêt à propos des tueurs en série. Moi, qui me croyais « préparé » et au fait de la psychologie des tueurs en série « grâce » à mes quelques années d’expérience en psychiatrie et en pédopsychiatrie. « Grâce » à mon intérêt et à mes quelques lectures sur le sujet.

Je n’y connaissais rien.

C’est Stéphane Bourgoin qui m’a appris que les tueurs en série étaient rarement psychotiques.

Je n’avais jamais rencontré de tueurs en série dans les services où j’avais travaillé. Et ces tueurs en série hommes – ou ces femmes- se distinguaient des quelques patients ou patientes qui auraient pu un petit peu leur ressembler.

« Face » aux tueurs en série, j’étais une de ces innombrables personnes qui, après s’être familiarisée un peu dans un domaine, principalement de manière théorique ou en tant que spectatrices ou observatrices, s’imagine suffisamment compétente. Un peu comme si après être allé assister quelques dimanches à des courses de chevaux à l’hippodrome de Longchamp, je m’étais persuadé d’être capable non seulement de distinguer parmi tous les autres Le cheval capable de gagner le Grand Prix mais aussi d’en être le meilleur jockey possible.

A lire certains commentaires sur internet, j’ai aussi vu qu’un certain nombre de personnes qui se croyaient amies avec Stéphane Bourgoin ou qui faisaient partie de ses admiratrices ou admirateurs ont été beaucoup déçues ou très en colère.

Je les comprenais.

Pendant des années, Stéphane Bourgoin leur avait servi un personnage. Je n’ai fait partie d’aucun groupe en particulier attaché aux œuvres et aux déplacements de Stéphane Bourgoin mais il semble que certaines personnes aient été des habituées. Et que certaines des actualités de Stéphane Bourgoin rythmaient en quelque sorte leurs vies.

J’ai bien sûr aussi pensé à ces personnes qui l’avaient « connu » au travers de cette association de victimes de proches de tueurs en série. Et à la blessure traumatique ou personnelle que cette trahison avait pu constituer pour elles.

Pour ma part, je n’ai pas ressenti de colère. Et je ne me suis pas davantage refugié ou protégé par le sarcasme à l’encontre de Stéphane Bourgoin. A la place,  dans ce que j’ai pu lire comme commentaire désapprobateur – bien-sûr, je n’ai pas lu tous les commentaires relatifs à Stéphane Bourgoin après sa « chute »- je me suis « étonné » qu’il semble exister si peu d’examen de conscience parmi celles et ceux qui s’étaient faits « avoir ».

Tant mieux pour celles et ceux qui, comme j’ai pu le lire, affirmaient s’être toujours méfiés de Stéphane Bourgoin. Mais ce qui m’a marqué c’est d’avoir « vu » ou « lu » si peu de personnes s’interrogeant quant au fait qu’elles avaient pu se faire berner. Alors qu’avant Stéphane Bourgoin, il y a déjà eu bien d’autres mystificateurs et mystificatrices beaucoup plus célèbres :

Bernie Madoff, Christophe Rocancourt, Elizabeth Holmes, Grégory Zaoui….

On peut aussi plus simplement penser à ces personnes qui se sont inventées des proches victimes lors des attentats terroristes de 2015….

On peut également penser à n’importe quel dealer, proxénète ou simplement à un agent commercial qui embobine celle ou celui à qui il/elle veut vendre du « rêve ».

On peut penser à certains gourous.

On peut évidemment opter pour juger moralement Stéphane Bourgoin et se contenter de ce jugement.

Mais si cet article n’a aucune intention d’innocenter Stéphane Bourgoin., il n’a pas plus l’intention de le condamner davantage. Parce qu’il a suffisamment été démontré qu’il avait menti. Parce-qu’il n’est plus aujourd’hui dans la lumière comme auparavant.

Mais aussi parce-que je crois qu’il est possible d’apprendre quelque chose de certaines des supercheries de Stéphane Bourgoin.

Cet article a donc principalement pour but, pour moi, et celles et ceux qui le souhaitent, d’essayer de déceler a posteriori ce qui, non seulement, m’a conduit à boire comme du petit lait ce qu’avait pu me dire Stéphane Bourgoin lorsqu’il mentait devant moi ou d’autres – car il a aussi dit des vérités- mais ce qui aurait pu, peut-être, me/nous rendre un peu suspicieux à son égard.

Cette démarche est personnelle, subjective, et théorique. Car, dans la vraie vie, le « charme » des mystificatrices et des mystificateurs agit lors de certaines périodes de notre vie et sans doute selon le contexte où l’endroit où nous les rencontrons. Et il n’existe pas de caméra, d’arbitres, de juges de ligne, ou de possibilité de ralenti, comme lors des matches de Foot ou de Tennis, pour revoir une séquence de la partie afin de voir s’il y a eu faute en vue de donner une pénalité ou d’exclure celle ou celui qui a enfreint les règles.

Il faut déjà avoir en soi une inclinaison, une vulnérabilité, une proximité ou une disponibilité toute personnelle pour un « sujet » pour prêter attention à ce qui se rapporte à sa « thématique » qu’il s’agisse des tueurs en série ou d’une nouvelle poussette révolutionnaire pour bébés qui vient de sortir et que l’on souhaite acquérir.

La première fois :

Les premières fois nous influencent beaucoup. Qu’elles soient désagréables ou entrainantes.

Je n’en n’ai plus la certitude mais avant de venir interviewer Stéphane Bourgoin, il me semble que je m’étais présenté une première fois dans sa librairie. Vraisemblablement après l’avoir eu au téléphone.

Alors que j’étais encore à quelques centaines de mètres de sa librairie, ce jour-là, j’avais aperçu l’acteur Simon Abkarian. Celui-ci, seul, debout,  attendait à une station de bus.

La scène était assez insolite et drôle. Il était là, devant moi et non sur un grand écran de cinéma, avec l’air d’attendre depuis un moment.

J’étais allé lui dire quelques mots comme l’on va porter des fleurs. Des mots d’admiration. Il était plutôt prêt à discuter mais je n’avais pas plus de propos en stock. 

J’avais ensuite trouvé Stéphane Bourgoin seul dans sa librairie, fournie de livres. J’avais été très agréablement surpris par sa disponibilité et sa simplicité. Son amabilité. Sa « franchise » ou ce que j’avais pris comme tel. Et lorsque je m’étais étonné devant lui de son accessibilité, il m’avait répondu, très détendu, qu’il était assez courant dans le monde anglo-saxon d’agir de cette façon.

Je n’ai jamais rien acheté, je crois, dans la librairie de Stéphane Bourgoin. Je ne me suis jamais fait dédicacer quoique ce soit par lui non plus. Par contre, je suis revenu le voir une ou deux fois, peut-être trois dans sa librairie qui, certaines fois, pouvait être fermée en raison de ses déplacements professionnels.

Les éventuelles réserves :

Une seule fois, j’ai entendu un de mes collègues journalistes du mensuel Brazil émettre des réserves concernant l’histoire de la fiancée américaine assassinée de Stéphane Bourgoin.

Cet ancien collègue, Alex Masson, souvent – très bien- renseigné, très critique, très cultivé, avait fait sa remarque sans s’attarder. Et, moi, qui étais tout content d’avoir pu rencontrer et de pouvoir revoir Le grand Stéphane Bourgoin, spécialiste des tueurs en série, j’avais préféré ne rien faire de cette remarque. Pourtant, si je m’en rappelle encore aujourd’hui, cela signifie bien qu’elle m’avait un peu tiré l’oreille mais pas suffisamment. Parce-que pour moi, il avait été inconcevable de voir Stéphane Bourgoin autrement que comme celui dont la fiancée avait été assassinée par un tueur en série : Je m’étais fait à cette histoire. Elle me convenait et j’en avais fait « mon » histoire. J’avais bien saisi le bâton de relais que m’avait passé l’athlète du mensonge. Voire, ce bâton de relais, ce mensonge que je prenais pour une vérité donc, apportait sans doute, tant que je le tenais, du moins le croyais-je et l’espérais-je, une certaine importance à ma propre existence.

Cela ne transparait pas dans cette interview audio en deux parties que j’avais faite de Stéphane Bourgoin dans sa librairie fin 2009 et que l’on trouvera à la fin de cet article, mais lorsque j’avais évoqué la profileuse Sud Africaine Micki Pistorius dont il nous parle dans son livre Profileuse, j’avais aperçu une lueur d’agressivité dans les yeux de Stéphane Bourgoin. Cela avait duré quelques secondes. Deux, trois. Ce fut suffisamment long pour trancher avec l’intensité de son regard jusqu’alors.

Vu qu’il venait de me dire que Micki Pistorius, désormais, se consacrait exclusivement à la criminalité en « col blanc » et non plus aux tueurs en série, j’en avais alors déduit qu’il reprochait à celle-ci d’avoir abandonné la chasse aux tueurs en série. Comme s’il avait considéré- sans le dire explicitement- qu’elle avait baissé dans son estime en quelque sorte….

J’ai appris par la suite sans doute grâce  au travail de  4ème œil Corporation qu’il avait surtout beaucoup pompé sur les enquêtes de Micki Pistorius pour ses écrits. Et cette lueur « d’agressivité » que j’avais aperçue était peut-être une forme d’avidité ou de jalousie. Car Micki Pistorius était une véritable inspectrice émérite reconnue.

Mais bien-sûr, il m’était alors impossible de pouvoir déduire tout ça d’une simple lueur dans le regard qui plus est chez un homme que je connaissais uniquement au travers de son image publique. Et que j’admirais.

 Un autre aspect m’avait intrigué chez Stéphane Bourgoin :

Lorsque je lui avais demandé s’il avait déjà consulté un thérapeute, celui-ci, imperturbable, m’avait déclaré qu’il n’en n’avait jamais rencontré. Là aussi, je me suis fait berner par cette illusion d’invulnérabilité qui semblait émaner de lui. Moi-même, à cette époque, il est possible que je n’avais alors jamais consulté de thérapeute (ce qui a changé depuis). Et chaque personne ayant ses limites, je m’étais alors imaginé que celles de Stéphane Bourgoin lui permettaient de se dispenser de voir un thérapeute malgré l’univers mortifère quotidien qui était le sien. Il est des personnes qui ne supportent pas la vue du sang ou certains symptômes hallucinatoires et délirants par exemple alors que, régulièrement, des soignants sont au contact du sang, des selles, de maladies ou de certains troubles psychotiques sans que cela leur occasionne obligatoirement des cauchemars.

J’ai donc cru ou ne demandais qu’à croire que Stéphane Bourgoin avait la capacité d’endosser comme de « digérer » ce qu’il passait son temps à ingurgiter et à regarder à propos des tueurs en série. Aujourd’hui, je « « sais » bien sûr que tout cela était non seulement une devanture mais aussi uniquement une question de temps avant que son « travail » ne le détruise en partie.

Sa page Wikipédia, toujours, m’a informé aujourd’hui que le père de Stéphane Bourgoin avait une double vie que celui-ci n’a découvert qu’après ses vingt ans. La page Wikipédia précise qu’après cette découverte, Stéphane Bourgoin a commencé à s’inventer une autre vie.

 Je « savais » aussi que Stéphane Bourgoin avait été un élève « médiocre ». J’avais plutôt oublié que son père mais aussi son grand-père avaient été Polytechniciens. Je « savais » qu’avant de faire le nécessaire pour devenir un « spécialiste » des tueurs en série, que Stéphane Bourgoin avait essayé de faire carrière dans le cinéma aux Etats-Unis. Soit une façon de réussir sa vie et de s’illustrer si cela avait marché. Mais ça n’a pas marché.

Avec le temps, la présentation physique de Stéphane Bourgoin s’est dégradée. Je repense à ces images vidéos où on le peut le voir, répondant à une interview avec une très mauvaise dentition. On peut être simple et peu coquet sans pour autant se négliger à ce point d’autant que Stéphane Bourgoin, en principe, n’était pas dans le besoin financièrement.

Pour moi, rétrospectivement, ce manque de soin de Stéphane Bourgoin pour son image, signifie qu’il a très vraisemblablement été méprisé, voire maltraité, au moins par son père.

A mon avis, consulter un ou une thérapeute serait revenu pour Stéphane Bourgoin, s’il s’était vraiment engagé dans sa thérapie, à non seulement devoir voir en face toute cette maltraitance et ce mépris au moins paternel mais aussi la mésestime voire le dégoût qu’il avait de lui-même. Et puis, il aurait moins pu s’autoriser à « enjoliver » sa vie d’expert spécialiste en tueurs en série comme il l’a fait : Il aurait fait une dépression ou, voire, aurait peut-être fait une tentative de suicide réussie ou non.

Mais ça, c’est aussi très facile à écrire et à supposer a posteriori.

Une autre particularité relationnelle m’a plusieurs fois étonné :

 J’ai décrit Stéphane Bourgoin comme plutôt sympathique, accessible, simple….

Pourtant, malgré cette forme d’admiration que j’avais pour lui, malgré certains intérêts qui pouvaient ressembler à des « points communs » avec lui, malgré l’humour dont il pouvait être capable, j’ai pu m’étonner, après l’avoir rencontré plusieurs fois, de continuer de me sentir extérieur à lui.

Si certaines personnes, parmi ses admiratrices et admirateurs, ont eu le sentiment ou l’illusion de devenir ses amis, je n’ai jamais ressenti ça. Sans me méfier pour autant de lui, il subsistait entre nous une certaine réserve qu’il m’était impossible de m’expliquer.

Sur internet, j’ai pu lire que certaines personnes le soupçonnaient d’être également un tueur en série. Je n’y ai jamais vraiment cru. Ce que je crois par contre, c’est qu’il a eu, véritablement, assez peu d’amis, même avant d’être « démasqué ». Et ce qui est, «troublant » lorsqu’il s’exprime dans l’interview à propos de ces tueurs en série qui mentent lorsqu’ils sont interviewés ou lorsqu’il les critique parce-que ceux-ci manquent d’empathie pour leurs victimes, c’est de savoir aujourd’hui qu’il a lui-même eu les mêmes comportements durant des années.

Bilan narcissique :

De la même manière qu’il existe un bilan carbone des activités humaines, on peut estimer qu’il en existe aussi un bilan narcissique.

Ma vanité, ajoutée à ma crédulité et à une certaine forme de vulnérabilité m’ont amené à me rapprocher d’une personnalité comme Stéphane Bourgoin.

En réécoutant cette interview en deux parties que j’ai faite de lui dans sa librairie fin 2009, je remarque qu’il se livre peu finalement. Ses réponses sont rôdées ou prudentes. A plusieurs reprises, ses projets épousent des sujets pour lesquels je viens d’exprimer un intérêt. Le seul moment où je le trouve véritablement spontané, c’est vers la fin de l’interview – qui dure un peu plus d’une heure- lorsqu’il donne son avis sur les jeux vidéos. Si, à l’époque, j’avais trouvé très sensés ses arguments et ses inquiétudes vis-à-vis des jeux vidéos, aujourd’hui, en le réécoutant, je m’aperçois qu’il était aussi rétrograde. Car résumer les jeux vidéos comme il le fait- même si ceux-ci peuvent avoir pour certaines personnalités des effets délétères-  est le propre d’un homme – déjà-dépassé par son époque :

Bien que je m’y connaisse encore très peu en jeux vidéos, le peu d’intérêt catégorique déclaré par Stéphane Bourgoin pour eux est le propre d’un homme qui les rejette en bloc d’une manière très conservatrice. Et, finalement, passer son temps à parler de celles et ceux qui donnent la mort, de manière répétée, c’est, peut-être, demeurer un passager et un observateur privilégié d’un passé, d’une peur ou d’une souffrance bloquée plutôt que de l’avenir.

En percevant aujourd’hui Stéphane Bourgoin comme un homme conservateur, je m’avise que même sans ses mensonges, il aurait fini par être dépassé et écarté. Ne serait-ce que pour des raisons d’image et d’esthétique :

Les tueurs en série continueront de fasciner et d’inquiéter. Mais la forme compte. Le site de Stéphane Bourgoin, assez « rudimentaire », aurait eu besoin d’un véritable rafraichissement. Cela, il y serait parvenu en se faisant aider par des personnes compétentes et plus jeunes que lui. Lors de cet événement dédié aux tueurs en série près des anciens frigos de Paris dans le 13ème arrondissement de Paris, je me rappelle que de jeunes femmes proches de la trentaine, assez mignonnes, l’assistaient. Je crois me souvenir que l’une d’entre elles était étudiante en psychologie ou peut-être psychologue diplômée.

Mais il reste que lorsqu’il apparaissait à l’écran pour ses émissions, Stéphane Bourgoin n’était pas ciné-génique. On le suivait parce qu’il faisait référence et aussi parce qu’il était sans doute la seule alternative à Christophe Hondelatte, lequel a neuf ans de moins que Bourgoin né en 1953. Or, l’âge aussi est un redoutable tueur en série lorsque l’on passe à la télé.

Autocritique :

Admirer Stéphane Bourgoin, le savoir socialement-publiquement- reconnu et pourvu d’une autorité en termes de très hautes compétences dans son domaine, m’a prédisposé à certaines faiblesses et limites.

Au début de l’interview, je donne la date et le mois mais je manque de rigueur en omettant de mentionner l’année. En réécoutant cette interview, je déduis que nous sommes alors en 2009 d’après une remarque de Stéphane Bourgoin qui précise que cela fait trente ans exactement qu’il s’intéresse aux tueurs en série depuis 1979.

En réécoutant cette interview, je me « reproche » de ne pas avoir interrogé Stéphane Bourgoin sur son Etat civil. Je me suis adressé à lui comme s’il était né adulte. Ce qui était sans doute son objectif. Occulter tout ce qui avait trait à son enfance.

Je me « reproche » aussi de ne pas l’avoir interrogé sur sa conception de l’éducation. Alors que je savais qu’il avait un fils. Cela m’aurait peut-être permis de l’interroger sur son rapport personnel à la violence. Idéalement, j’aurais aimé avoir pensé à l’interroger sur son histoire avec la violence. Car nous avons tous notre histoire personnelle, notre héritage, avec la violence. Mais, sans doute me suis-je autocensuré devant l’annonce du « meurtre » de sa fiancée américaine. Et qu’il m’a été impossible de lui parler de son histoire avec la violence alors que je le voyais comme un homme toujours en deuil.

Je me « reproche » d’être passé trop vite sur Micki Pistorius.

Par moments, on m’entend assez peu dans l’interview. Mais ce qui est remarquable, c’est que Stéphane Bourgoin, lui, parle suffisamment fort. Comme on le comprendra en l’entendant, cette interview était en partie préparée mais aussi assez improvisée par moments. Et, je crois que Stéphane Bourgoin, parfois, a dû se demander ce que je lui voulais.

Dans l’ensemble, néanmoins, je suis assez satisfait de cette interview. Et si je publie cet article, seulement aujourd’hui, avec une photo et cette interview de Stéphane Bourgoin, c’est parce-que je n’avais pas été assez inspiré pour le faire jusqu’alors. Débuté le mercredi 21 janvier 2026, je termine cet article ce vendredi 23 janvier 2026 vers 0h30. Même si cet article n’a peut-être pas de véritable fin comme dans bien des séries.

PS : Le dossier Tueurs en série n’a jamais été publié par Brazil car le journal a arrêté d’être publié avant sa rédaction. Et ce n’était pas du fait de Stéphane Bourgoin.

L’interview en deux parties de Stéphane Bourgoin ce 28 octobre 2009 est ici :

 

1ère partie.

 

2ème partie.

Franck Unimon, ce vendredi 23 janvier 2026.

 

 

 

 

 

 

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Intelligence artificielle

L’ IA aux commandes et la Ministre de la Culture Rachida Dati

L’ IA aux commandes et la Ministre de la Culture Rachida Dati. 

Récemment, la Ministre de la Culture Rachida Dati s’est ridiculisée en rendant un hommage à Calbo, un Rappeur mort dernièrement, un des fondateurs du groupe de Rap Ärsenik :

« L’ hommage » de la Ministre Culture, encore favorite pour devenir la future Maire de Paris, était rempli (e ) d’erreurs et parlait d’un titre de Rap qui n’a jamais existé dans la production artistique de ce groupe qui est une référence du Rap français pour celles et ceux qui le connaissent.  

C’est ma sœur qui m’a fait parvenir le lien vers cet article mentionnant ce raté de la Ministre de la Culture.

Ce qui est très naturel chez Rachida Dati, et d’autres de ses consoeurs et confrères politiques, c’est d’être opportuniste.

Malgré sa douleur que je devine aussi « sincère » qu’extrême, je n’ai donc pas été étonné qu’elle ait essayé de se montrer si « proche » du Rap par le biais de cet hommage. Le Rap étant, depuis des années maintenant, le genre musical le plus écouté en France toutes générations confondues,  et étant à l’origine le mode d’expression des jeunes plutôt exclus de la banlieue, il  y ‘avait de grandes chances pour elle de faire un petit hit médiatique. 

Mais ce « raté » montre bien comment une personne aussi intelligente que Rachida Dati a pu se fourvoyer de manière évidente en bâclant cet hommage vraisemblablement grâce à l’IA.

Car, oui, même si je pense que, comme le personnage de Tatie Danielle d’Etienne Chatilliez, que Dati est méchante, je pense aussi qu’elle est agressivement très intelligente. Ce qui ne la dispense pas de faire certaines erreurs comme lors de cet hommage.

Mais sûrement considérera-t’elle que l’erreur est d’abord humaine. Et que celles ou ceux qui lui ont rédigé cet hommage « grâce » à l’IA sont les premiers responsables. Car Rachida Dati a autour d’elle et près d’elle suffisamment d’assistants disponibles, éjectables et rémunérés dont le travail consiste aussi à être les premiers responsables de ses erreurs.  

Conclusion :

Il faut continuer de réfléchir malgré la croissance de l’IA. Un des articles que j’ai lus récemment ( qui date de…2018, je crois….) explique d’ailleurs qu’il faut voir l’IA comme un assistant. Notre assistant.

En continuant d’écrire, je persiste, finalement, à m’entraîner à penser par moi-même. Même si ce que je pense est perfectible, défectueux, a des ratés, cela préserve certaines de mes singularités. Même si je devrai et dois, déjà, me faire à l’IA et composer avec elle.

Je crois encore que, en tant qu’être humain, je continuerai d’avoir plus de profondeur que l’IA, plus de nuances, plus de variété et plus d’attraits qu’elle.

Finalement, cela me fait un peu penser à l’époque où les Cds se sont imposés au détriment du vinyle. Aujourd’hui, je découvre la plus grande partie voire la totalité de nouveaux albums sur Cd tels les derniers albums de Rosalia ( Lux) et de Theodora ( Mega BBL). Des albums que la Ministre de la Culture, Rachida Dati, écoute très vraisemblablement en boucle.

Cependant, je comprends celles et ceux qui s’en remettent désormais aux platines Vinyles et qui louent le côté imparfait du son du vinyle. Avec l’IA, ce sera et c’est peut-être un peu pareil. C’est la différence entre l’application stricte de la technique statistique et l’aléatoire des êtres subjectifs et conscients que nous sommes. Entre certains calculs politiques et économiques et ceux plus spontanés, naïfs et intuitifs de quelques autres. 

Cet article, comme tous les précédents sur ce blog, a jusqu’alors été écrit sans IA, sans tenir compte d’aucune technique statistique, ainsi que sans calcul politique et économique. Mais peut-être qu’un jour, cela changera. 

Qui a la plus grande capacité de s’adapter au changement ? L’ IA ou l’être humain ? 

Franck Unimon, ce vendredi 9 janvier 2026. 

 

 

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Les animaux

Les Aigles des remparts

Spectacle les Aigles des remparts, Provins, octobre 2023. Photo©Franck.Unimon

Les Aigles des remparts (octobre 2023)

Pendant des années, j’avais entendu parler de la cité médiévale de Provins. Sans y aller. Jusqu’à me convaincre que les festivités qui s’y déroulaient devaient être toc. Et puis, il y avait beaucoup de monde sur place selon certaines rumeurs.

Spectacle  » Les Aigles des remparts » à Provins, octobre 2023. Photo©Franck.Unimon

La véritable raison de mes réticences, c’était le côté assez peu pratique du trajet en provenance d’Argenteuil et, auparavant, de Cergy Pontoise. Prendre sa voiture. Trouver où se garer. Le chemin du retour. Les inévitables embouteillages. Tout ça pour de l’artifice.

Spectacle  » Les Aigles des remparts » à Provins, octobre 2023. Photo©Franck.Unimon

Mais en octobre 2023, je fus moins sensible à la doctrine de mes obstacles. Et si, après une discussion avec ma compagne, je renonçais finalement à y emmener notre fille (le lendemain matin, il y’aurait l’école, elle avait plutôt besoin de se reposer, il fallait compter un peu plus d’une heure de route en voiture) je m’y rendis avec une copine et ses deux enfants. Celle avec laquelle un peu moins de deux ans plus tard, j’irais voir La Chair est triste hélas ! de Ovidie mise en scène par elle-même au théâtre de l’Atelier. ( voir Ovidie au théâtre : la chair est triste hélas ).

Spectacle  » Les Aigles des remparts » à Provins, octobre 2023. Photo©Franck.Unimon
Spectacle  » Les Aigles des remparts » à Provins, octobre 2023. Photo©Franck.Unimon

Cette copine habitait désormais assez près de Provins. Nous nous étions rencontrés dans un stage pour comédiens plus de dix années auparavant. Depuis, elle était aussi devenue metteure en scène de spectacles pour enfants.

Spectacle  » Les Aigles des remparts » à Provins, octobre 2023. Photo©Franck.Unimon

Je n’ai pas d’explication quant à ce qui m’a poussé à partir assister à ce « spectacle » à Provins. Mais en revoyant ces photos aujourd’hui, plus de deux ans plus tard, je m’avise qu’à l’ère moderne de la pesée publique de nos visages comme de nos pensées, des réseaux sociaux et de la perte permanente de nos informations personnelles, que l’on peut développer un attrait pour toute société un peu animale, dont la liberté, les codes, les secrets et la magie semblent avoir échappé au garrot des pharmacies, des administrations ou des supermarchés des distractions qui ne cessent de se démultiplier.

Spectacle  » Les Aigles des remparts » à Provins, octobre 2023. Photo©Franck.Unimon

C’est bien sûr un point de vue très idéalisé. Car si les véritables remparts existent, les vies sans impasses et sans détournements sont rares.

Spectacle  » Les Aigles des remparts » à Provins, octobre 2023. Photo©Franck.Unimon

 

Spectacle  » Les Aigles des remparts » à Provins, octobre 2023. Photo©Franck.Unimon

Mais en regardant ces photos, je ne vois ni impasse et ni détournement. Je vois ce qui peut nous rapprocher des aigles à force de tenir à nos codes, à nos secrets, à la magie ainsi qu’à une certaine liberté.  

Spectacle  » Les Aigles des remparts » à Provins, octobre 2023. Photo©Franck.Unimon

Franck Unimon, ce lundi 15 décembre 2025.

 

 

 

 

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En Concert

Marie Jouhaud Trio au Sunside

Marie Jouhaud au Sunside avec le Marie Jouhaud Trio, ce vendredi 12 décembre 2025. Photo©Franck.Unimon

Marie Jouhaud Trio au Sunside

Il existe depuis 1982 au 60 rue des Lombards dans le quartier des Halles. On peut y venir en famille tant pour manger que pour y écouter de la musique sur scène. Des concerts tous les soirs.  Des concerts pour les enfants les dimanches après-midis.

Il ne paie pas de mine dans ce quartier suractivé de Paris, à quelques minutes de la sortie de la gare souterraine embranchée aux multiples prises de lignes de métros et de RER :

A quelques croches du quartier des Marais, du musée Beaubourg. Pas très loin du musée du Louvre, de la cathédrale Notre Dame, du quartier St Michel et de tant d’autres notes qui soutiennent Paris selon là où notre regard nous donne rendez-vous.

Avec son « frère » le Sunset, Il fait partie des briques du Jazz. C’est un des endroits fériés de Paris. Et ce vendredi soir, après bien des années passées à circuler dans ce quartier, j’y vais seulement pour la première fois. En écoutant le titre Humain du groupe de Rap PNL que je découvre avec leur album Dans la Légende sorti en 2016.

Lundi soir, j’étais au concert de SEAMUS & CAOIMHE, groupe de musique irlandaise ( voir SEAMUS & CAOIMHE, Espace Carpeaux, Courbevoie, 8 décembre 2025 ), et maintenant, ce sera le Marie Jouhaud Trio au Sunside.

Marie Jouhaud au Sunside, ce vendredi 12 décembre 2025. Photo©Franck.Unimon
Ella Rouy, voix et violoncelle, au Sunside avec le Marie Jouhaud Trio ce vendredi 12 décembre 2025. Photo©Franck.Unimon

Marie Jouhaud, pianiste, autrice et chanteuse, va sortir un nouvel album, Lune sous la peau. Et ce sera avec Ella Rouy (violoncelle, voix)

Abraham Mansfarrroll ( percussions, voix) avec le Marie Jouhaud Trio au Sunside ce vendredi 12 décembre 2025. Photo©Franck.Unimon

et Abraham Mansfarroll (percussion, voix).

La salle est petite. Des chaises en bois- placement libre- sont proches de la scène. On se frôle. On passe à côté de Marie Jouhaud en retournant s’asseoir avant le concert. Auparavant, on a aussi croisé Ella Rouy sans savoir que c’était elle.

Ella Rouy avec le Marie Jouhaud Trio au Sunside ce vendredi 12 décembre 2025. Photo©Franck.Unimon

Il y a du public. Deux hommes asiatiques près du mur à quelques rangées de chaises de la scène. Deux ou trois enfants avec leurs parents. Un homme juste à ma gauche, à environ un mètre du piano. Assez austère, l’homme, la soixantaine d’années, se réverbère dans le piano. Il tient très sérieusement son livre ouvert. Il le refermera très vite avec l’arrivée du Marie Jouhaud Trio. Et il se dandinera ensuite lors du concert. Parce-que Marie Jouhaud prend tout de suite le public par la main en montant sur scène.

Marie Jouhaud avec le Marie Jouhaud Trio au Sunside ce vendredi 12 décembre 2025. Photo©Franck.Unimon

Sourire, décontraction, bonne humeur. Musique.

C’est doux. C’est sincère. Ça donne de l’écorce. Ça détend. Ça fait refluer de la poésie. Ça hypnotise aussi. On est très loin des histoires de dealer et de prison de PNL. Ça n’existe pas. Ça n’a jamais existé. La rue, son monde et ses divers modes d’emploi en dehors du Sunside et du Sunset ont disparu.

Abraham Mansfarroll avec le Marie Jouhaud Trio au Sunside ce vendredi 12 décembre 2025. Photo©Franck.Unimon

La musique a pris. On y croit sans être proie. Et lorsque cela se termine au bout d’une heure, on accepte de rendre ce temps qui nous a été donné.

Marie Jouhaud, Abraham Mansfarroll et Ella Rouy au Sunside ce vendredi 12 décembre 2025. Photo©Franck.Unimon

Pour ma part, avec mon amie, nous avons un peu prolongé le temps avec Marie Jouhaud lors de cette interview pratiquée en marchant jusqu’à ce restaurant ou elle allait ensuite continuer sa soirée.

Marie Jouhaud au Sunside, ce vendredi 12 décembre 2024. Photo©Franck.Unimon

L’ interview de Marie Jouhaud après le concert est ici :

 

Franck Unimon, ce lundi 15 décembre 2025.

Catégories
Les animaux Les Terres de Nataé

Les Terres de Nataé

 

Aux Terres de Nataé, juillet 2025. Photo©Franck.Unimon

Les Terres de Nataé

Je vois les zoos et les parcs animaliers comme des grands bocaux où l’on y enferme des animaux pour le plaisir récréatif des êtres humains. Peut-être aussi que leurs similitudes avec nos villes me dérangent-elles.

Aux Terres de Nataé, juillet 2025. Photo©Franck.Unimon

Mais cet été 2025, j’étais en vacances en Bretagne avec ma fille. Notre résidence- locative- se trouvait à Quéven près des Terres de Nataé. Quelques minutes en voiture.

Je savais que cette visite plairait à ma fille. Elle me l’avait demandé. J’avais refusé.

Après nos visites guidées à Lorient ( article Lorient visite guidée juillet 2025-première partie ), de la  Cité de la voile Eric Tabarly (article La Cité de la voile Éric Tabarly-Lorient visite guidée juillet 2025-deuxième partie ), des Bunkers et du sous-marin Le Flore, je visais désormais l’Océanopolis de Brest.

Finalement trop « loin », trop tard. Il aurait fallu y aller dès le début de nos vacances.

Aux Terres de Nataé, juillet 2025. Photo©Franck.Unimon

Difficile de repartir de Quéven sans joindre les Terres de Nataé à proximité. Puisque les quelques avis récoltés étaient (très) favorables. Ce parc animalier était censé :

Recueillir des animaux maltraités ou dont les cirques ne veulent plus.

Protéger les animaux.

Eduquer les visiteurs.

Aux Terres de Nataé, juillet 2025. Photo©Franck.Unimon

Nous sommes donc partis pour les Terres de Nataé.  A notre arrivée vers midi, le parking pourtant étendu était plein. Nous avons trouvé où garer la voiture un peu plus loin.  

Aux Terres de Nataé, juillet 2025. Photo©Franck.Unimon

Une fois dans le parc, j’ai suivi ma fille.  Parfois au-delà de mes bornes physiques.

Aux Terres de Nataé, Juillet 2025. Photo©Franck.Unimon

 

Six bonnes heures à pied dans les Terres de Nataé tant elle s’en tenait à son programme. Je ne m’attendais pas à un tel traitement de sa part. J’ai néanmoins pris des photos. Quelques mois sont passés depuis.

Aux Terres de Nataé, juillet 2025. Photo©Franck.Unimon
Aux Terres de Nataé, Juillet 2025. Photo©Franck.Unimon
Aux Terres de Nataé, Juillet 2025. Photo©Franck.Unimon
Aux Terres de Nataé, juillet 2025. Photo©Franck.Unimon
Aux Terres de Nataé, Juillet 2025. Photo©Franck.Unimon
Aux Terres de Nataé, Juillet 2025. Photo©Franck.Unimon
Aux Terres de Nataé, Juillet 2025. Photo©Franck.Unimon

 

Aux Terres de Nataé, Juillet 2025. Photo©Franck.Unimon
Aux Terres de Nataé, Juillet 2025. Photo©Franck.Unimon
Aux Terres de Nataé, Juillet 2025. Photo©Franck.Unimon
Aux Terres de Nataé, Juillet 2025. Photo©Franck.Unimon

Franck Unimon, ce  vendredi 12 décembre 2025.

Catégories
En Concert

SEAMUS & CAOIMHE, Espace Carpeaux, Courbevoie, 8 décembre 2025

 

 

SEAMUS & CAOIMHE à l’Espace Carpeaux, Courbevoie, ce lundi 8 décembre 2025. Photo©Franck.Unimon

SEAMUS & CAOIMHE à l’Espace Carpeaux, Courbevoie, ce 8 décembre 2025

Récemment, au mariage d’une amie dans le centre de Paris, près du buffet, j’ai discuté un peu avec deux musiciens, lesquels, comme moi, étaient deux amis de la mariée.

Une femme. Un homme.

Lui, pianiste de formation, s’est un moment blâmé car compositeur de musique électronique il estimait faire de la musique de broutille. Je me reproche par moments de ne pas être musicien. Mais en entendant ça, avec une autorité certaine, moi qui ne sais rien faire avec un instrument de musique et qui suis incapable de chanter, je lui ai aussitôt affirmé :

«La bonne musique, c’est de la bonne musique ! ».

SEAMUS, ce lundi 8 décembre 2025. Photo©Franck.Unimon

Puis, inflexible, j’ai avancé mes arguments. On aurait pu croire que j’attendais ce sujet depuis un moment ou que je le ruminais dans mon coin tous les jours.

Peut-être parce qu’elle m’a cru désespéré, peut-être pour me consoler, l’autre musicienne présente, de formation classique, a rapidement approuvé mes arguments.

Et le « forcené », quant à lui, a accepté facilement de se rendre en souriant sans qu’il ne soit nécessaire finalement de solliciter le Raid ou la BRI.

Je n’écoute pas de musique irlandaise. Mes passeports auditifs originaires des Antilles m’ont permis d’entrer sur le territoire de la musique antillaise, du Zouk, du Gro-Ka, du Konpa, du Reggae, du Dub, de la Salsa, des musiques « afro-caribéennes » et d’autres musiques noires syncopées venues des Etats-Unis.

Je n’aurais donc pas « dû » me trouver à ce concert de SEAMUS & CAOIMHE ce lundi 8 décembre 2025 à l’Espace Carpeaux à Courbevoie.

SEAMUS & CAOIMHE ce lundi 8 décembre 2025. Photo©Franck.Unimon

Si l’on m’avait demandé un peu plus tôt de citer le nom de chanteurs et de musiciens irlandais, spontanément, j’aurais nommé le groupe U2 et Sinéad O’Connor.

Et les Cranberries. Parce-que je triche en écrivant cet article en m’en rappelant maintenant.

J’ai vu  « feu » Sinéad O’Connor une fois à l’Olympia. Mais c’était après son album de reprises Reggae : Throw down your arms. Sur scène, avec elle, si je ne me suis pas trompé, il y avait Sly Dunbar et « feu » Robbie Shakespeare.

Je ne suis jamais allé en Irlande.

Mais je suis allé deux ou trois fois en Ecosse il y a plusieurs années y compris pour un mariage du côté d’Edimbourg.

Lorsque Jacques-Antoine « de » Naïade Productions m’a parlé de ce concert de SEAMUS & CAOIMHE, je n’avais jamais entendu parler d’eux. C’était après le concert d’Eben il y a quelques jours au Petit Bain, dans le 13èmearrondissement de Paris. ( voir l’article Eben en concert à Paris au Petit Bain ce 25 novembre 2025 ).

Vu que j’étais disponible, j’ai accepté de venir en emmenant un copain Irlandais de Dublin. Un copain rencontré via un copain japonais rencontré l’année dernière dans sa boutique d’artiste à Himeji.

Le copain Irlandais non plus n’avait jamais entendu parler de SEAMUS & CAOIMHE.

CAOIHME, ce lundi 8 décembre 2025. Photo©Franck.Unimon

Durant notre trajet en train depuis la gare St Lazare, le copain Irlandais s’est amusé en apprenant que je me rendais à ce concert sans avoir entendu une seule note de leur musique ni vu la moindre vidéo. Lui, de son côté, avait entretemps fait ses recherches et écouté quelques airs :

Les concerts de SEAMUS & CAOIMHE, frère et sœur, chanteurs et multi-instrumentistes, étaient très appréciés. Ils chantaient dans une langue, le Gaélique, qui était très peu connue par la majorité des Irlandais. Lui-même ne la comprenait pas.

Nous sommes descendus à la gare de Courbevoie. Nous avons marché une dizaine de minutes. En nous rapprochant, j’ai aperçu une grande affiche montrant Marcus Miller. Il était venu faire un concert le mois précédent dans la grande salle. Je l’avais déjà vu deux fois en concert ailleurs.

A l’Espace Carpeaux, nous nous sommes assis à la dernière table vide. Toutes les autres tables près de la scène étaient occupées. Il restait encore des places dans le fond.

SEAMUS, ce lundi 8 décembre 2025. Photo©Franck.Unimon

Lorsque le concert a commencé, la salle était pleine. Quelques personnes étaient debout derrière nous. Nous sommes à l’époque où des artistes comme Rosalia et Aya Nakamura attirent des foules venues les voir sur des grandes scènes alors que ne figure pratiquement aucun musicien avec elles. En face de nous, ce lundi soir, SEAMUS & CAOIMHE, leurs instruments, leurs voix, leur humour et leur « pédagogie » dans une petite salle inspirée d’un club de Jazz.  

SEAMUS, ce lundi 8 décembre 2025. Photo©Franck.Unimon

J’ai beaucoup aimé la prestation de Rosalia lorsque je l’avais vue il y a maintenant deux ans dans un festival. Mais l’expérience était différente. Calibrée pour un show avec une grande maitrise des chorégraphies, de la mise en scène et de l’image en temps réel comme pour les réseaux sociaux.

CAOIMHE, ce lundi 8 décembre 2025. Photo©Franck.Unimon

Avec SEAMUS & CAOIMHE, la vie n’a pas besoin de tout ça. On fait simple puisque, de toute façon, la musique fait partie depuis toujours, bien avant notre naissance, depuis plusieurs générations, de nos bagages et d’heures passées à chanter et jouer en famille dans la région du Connemara. J’aurais aimé être présent à l’une de leurs soirées, là-bas, dans le Connemara. J’aurais aimé que ma fille soit présente à ce concert ce lundi soir.

SEAMUS, ce lundi 8 décembre 2025. Photo©Franck.Unimon

C’est étonnant comme deux artistes peuvent, dès leur premier titre, nous faire oublier que nous sommes dans une ville bétonnée de la banlieue parisienne. Mais c’est facile à comprendre. Chez SEAMUS & CAOIMHE, la musique n’est pas un meuble IKEA. Et c’est du solide.

CAOIMHE, ce lundi 8 décembre 2025. Photo©Franck.Unimon

Irrésistibles dès leur premier chant.  Délivrant en Anglais des explications à propos de leurs chansons, ils ont aussi été proches. Si je le peux, y compris financièrement,  je retournerai voir Rosalia en concert. Mais là où il avait fallu garder la tête levée et accepter d’être compressé au sein de la foule avec l’impossibilité de s’approcher en raison des barrières de securité et des fans téléportés/postés depuis plusieurs heures, ici, il y avait assez de place pour le regard horizontal du public.

CAOIMHE, ce lundi 8 décembre 2025. Photo©Franck.Unimon

Face à SEAMUS & CAOIMHE, la salle a été captivée. La bonne musique, c’est de la bonne musique ! Quelques personnes adeptes de la musique irlandaise ou y ayant peut-être séjourné tapaient quelques fois du pied en cadence comme SEAMUS & CAOIMHE le faisaient eux-mêmes.

 

Après le concert, j’ai pu interviewer SEAMUS.

SEAMUS, ce lundi 8 décembre 2025. Photo©Franck.Unimon

L’interview est au « bout » de cet article. Concentré sur l’interview alors que le copain irlandais me servait d’assistant et nous filmait, je me reproche d’avoir confirmé laconiquement à SEAMUS que le concert m’avait plu lorsqu’il me l’a demandé. Heureusement, cela ne semble pas l’avoir trop affecté.

Le lendemain, SEAMUS & CAOIMHE sont partis pour Brest. Ils avaient d’autres dates de concert ailleurs.

Avec SEAMUS et CAOIHME après leur concert ce lundi 8 décembre 2025. Photo : Fergus ( le copain Irlandais).

Leur album devrait sortir en 2026. Il est aussi prévu qu’ils reviennent au printemps 2026 pour jouer au centre culturel Irlandais près du Panthéon.

J’ai l’intention de retourner les voir. Cette fois-ci, ce sera un peu plus en « connaisseur ».

Avec SEAMUS & CAOIMHE après leur concert ce lundi 8 décembre 2025. Photo : Fergus ( le copain Irlandais)

L’ interview de SEAMUS est ici :

 

Franck Unimon, ce jeudi 11 décembre 2025.