Pour les Poissons Rouges

La Gare du Nord

»Posted by on Sep 2, 2021 in Pour les Poissons Rouges | 0 comments

La Gare du Nord

                                                  La Gare du Nord

 

Elle est connue comme la plaque tournante de différents trafics. Un trafic, c’est l’endroit ou plusieurs mondes et diverses langues, croyances, histoires, pratiques et lois peuvent se rencontrer et se heurter beaucoup plus et bien plus rapidement qu’on ne le croit. Pour quelques secondes. Plusieurs heures, plusieurs mois, plusieurs années, pour toujours.

 

Malgré bien des efforts de rénovation, de ménage et de patrouilles policières, elle est sale et internationale. Elle est très pauvre et aussi très friquée. Elle sent l’urine et le stérile.  

 

Beaucoup est possible avec elle. Mais cela ne veut pas dire que cela sera facile pour autant. Car cela sera selon les conséquences de la correspondance que l’on y prendra. Certains aimeraient pouvoir l’étrangler. D’autres lui trouvent une toison particulière que les autres gares, plus hypocrites et plus soumises, n’ont pas.

 

Elle peut nous permettre de prendre le train pour l’étranger, pour la banlieue, d’aller jouir au loin. Dans toutes sortes de banlieues, des plus sensibles, des plus avantagées, des plus inaccessibles, aux plus mortes. Mais aussi de s’éloigner un peu plus du Paris chic.

 

Je n’aime pas particulièrement la gare du Nord mais elle me ramène en Ecosse, à Paris et à Marseille la même année. Certaines gares gardent ce pouvoir. Même si ensuite, la ligne s’enfuit ou disparaît, il nous reste l’attrait.

 

C’est au terminus d’une station de bus, à la Gare du Nord, que ce 1er septembre 2021, j’ai joint un ami qui habite maintenant à Bordeaux. A nos débuts, il vivait encore à Evreux. Et moi, à Cergy-Pontoise.

 

Nous nous sommes connus pendant notre service militaire dans un service de psychiatrie adulte où nous exercions notre fonction d’infirmier auprès d’appelés, de quelques civils et gradés.

Le syndrome anxio-dépressif et la tentative de suicide étaient une cause fréquente d’hospitalisation. Tel appelé parti au loin apprenait que sa copine le quittait. Tel autre, en vivant l’expérience de la séparation, de la vie militaire, entrait dans une des gares de la psychose. Un cuisinier se mettait à entendre des voix mais aussi à voir des choses. Sa hiérarchie militaire lui expliquait qu’avec un peu de volonté, il parviendrait à écumer tout ça. En changeant de mode de cuisson et de casserole. En trouvant d’autres ingrédients. Il faisait peut-être très bien la cuisine. Et, s’il partait, ses bons petits plats allaient manquer. Sauf que mon cher gradé, la psychose hallucinatoire obéit à d’autres commandements que ceux des plats en sauce et des voies ferrées militaires.

Un autre appelé était dans une torpeur, une dépression peut-être mélancolique, qui n’avait d’égal que la désolation dans laquelle se décomposait sa très jolie fiancée lors de ses visites. Avant son départ pour le service militaire, ils avaient prévu de se marier.

J’avais appris lors du transfert en province d’un grand patient ingénieur que le Largactil, c’était très bien car cela donnait de plus longues érections.

Je me rappelle aussi de ce patient schizophrène qui, de colère, avait balancé quelques objets saillants dans sa chambre. Son père nous avait dit : «  Il est sympa. Il faut juste lui parler ».

Il est vrai qu’une fois calmé, ce patient nous avait parlé de….Bourdieu et de son livre qui venait de sortir. La Misère du monde : La France parle. Un pavé que j’avais acheté et que je n’ai toujours pas pris le temps de lire près de trente ans plus tard.

 

Hier, mon ami de l’armée m’a dit avoir reçu des mauvaises nouvelles autour de lui récemment. On pourrait dire que ce sont des nouvelles du front. Parmi elles, un couple de ses amis, très en peine de réussir à enfanter, était enfin parvenu, grâce à une FIV, à procréer. Seulement, trois semaines avant l’accouchement, un examen venait de révéler que l’enfant à naître était porteur d’une atteinte cérébrale.

 

Aujourd’hui, ce 2 septembre 2021, c’est le jour officiel de la rentrée scolaire, du moins, en région parisienne. Chaque rentrée est une plaque tournante. Beaucoup est possible. Mais cela ne veut pas dire que cela sera facile pour autant.

 

 

Franck Unimon, ce jeudi 2 septembre 2021.

 

 

 

 

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Célébrités

»Posted by on Juin 6, 2021 in Pour les Poissons Rouges | 0 comments

Célébrités

 

                                                     Célébrités

Un jour, toutes ces personnes que j’ai aimées écouter,  regarder, ainsi que leurs œuvres. Qui m’ont guidé, protégé et aidé à me décider. Que j’ai souvent- ou toujours- placées au dessus de moi, de mes idées. Grâce auxquelles j’ai fait mes choix, me suis fâché, ai évolué.

 

Toutes ces personnes que je n’ai jamais rencontrées. Avec lesquelles je n’ai pas vécu. Auxquelles je ne me suis pas confronté. Toutes ces statues.

 

Toutes ces personnes, religieuses, politiques, artistes, intellectuelles, riches, charismatiques et belles, un jour, je m’apercevrai qu’elles n’ont pas existé. Et que, depuis le début, c’est moi et le plus grand nombre qui les avons fait vivre, rendus vibrants et exceptionnels. Elles, elles se sont présentées ou avait déjà été mises là par d’autres, avant nous, qui les avaient fait vivre, entretenues, et nous avaient ensuite passé le relais.

 

Sans toutes celles et tous ceux qui nous ont précédés et qui les ont fait vivre, il ne serait resté que des ruines ou quelques échos migratoires plus ou moins persistants.

 

C’est par ce genre de mystère que nous pouvons aussi réaliser certaines inventions. L’observation et l’imitation ne sont pas les seuls moyens dont nous disposons pour inventer. La projection, le fait de se protéger en l’autre, de confondre « Je » avec « toi » ou « Je » avec « nous », est un de nos plus grands pouvoirs.

 

Il nous distingue, pour l’instant, de beaucoup d’espèces. Grâce à lui nous pouvons nous diriger. Nous propulser dans l’espace et aussi ailleurs. Car il peut, aussi, nous rendre, très fous :

 

C’est à dire, connus du plus grand nombre.

 

Franck Unimon, dimanche 6 juin 2021. 

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Avant de rentrer

»Posted by on Avr 30, 2021 in Argenteuil, Pour les Poissons Rouges | 0 comments

Avant de rentrer

 

                                                        Avant de rentrer

 

Avant de rentrer, j’ai passé quelques minutes dans la rue à remuer le ciel.

 

Je trouve que depuis le mois de mars, il y a, de nouveau, comme l’année dernière, une très belle luminosité dehors. Et, tout à l’heure près du boulevard où se trouve notre immeuble, en regardant vers la gare, le ciel était beau. Chargé de nuages et d’histoires. Clairsemé de liserés de lumière. Avec le soleil, qui, caché par les nuages, devenait lune.

Et les gens passaient à pied sans regarder pour aller à la gare. Les voitures tournaient. Les bus passaient. Pendant que d’autres personnes, debout, faisaient la queue devant le laboratoire d’analyses médicales.

 

Je me suis dit que c’était parce-que, nous, les êtres humains, nous sommes devenus incapables de faire attention à ce qui se passe dans le ciel, mais aussi de l’admirer, que nous sommes devenus malades. Que nous avons besoin de faire des analyses. Que nous avons besoin de toutes sortes de drogues. Que nous avons besoins de consoles de jeux.

 

J’ai profité de ces quelques minutes, dehors, à prendre des photos et à essayer de saisir le soleil. Même si, en soi, cette partie de la ville n’est pas jolie.

 

Car je me suis dit que tant que j’étais capable d’être content de moments pareils, que tout allait bien. Que je me portais encore suffisamment bien. Même si, je suis aussi régulièrement et souvent toutes ces personnes qui, en bien des circonstances, partent faire des analyses médicales. Prennent des drogues. Tournent dans leur voiture. Prennent le bus.

 

Sans regarder.

 

 

Franck Unimon, ce vendredi 30 avril 2021.

 

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Le défaut à la bouche

»Posted by on Mar 5, 2021 in Pour les coquines et les coquins, Pour les Poissons Rouges | 0 comments

Le défaut à la bouche

 

                                                 Le défaut à la bouche

 

Nous mourrons demain, c’est certain. Et, comme rien ne se meurt dans le bon pain, aujourd’hui, je suis parti assez loin piocher dans deux nouvelles boulangeries.

 

C’est mon beau-frère qui, un jour, a mis le doigt sur ma folie prélevée dans le pain. 

 

Pour du bon pain, moi qui en ai pourtant mangé de l’industriel pendant des années, je ferais des kilomètres. C’est comme avec le thé que j’avais pu boire longtemps au moyen de  sachets achetés en supermarché, aromatisés et très sucrés. Comme ces musiques aussi piquantes que ces moustiques que j’avais pu écouter en boucle. Ou tels ces films mal doublés en version française et ces émissions de mauvaise qualité qui avaient pu me fixer pendant des heures, m’insufflant leur testostérone histrionique, me laissant bouche bée,  la pensée desséchée et avec pour seule activité potentielle celle du chromosome préparant son naufrage.

 

Enfermé, mon monde s’ouvre par paliers.

 

Je trouve dans le pain, qu’il soit au levain ou non, une nouvelle forme de vie qui m’éloigne du gravier. Tout peut être prétexte pour en découvrir un nouveau et me faire l’atelier de sa découverte. Ce matin, après deux nuits de travail, c’était pour donner suite à un rendez-vous qu’on m’avait fixé à Nation.

 

Après ça, je suis parti à la recherche des deux inconnues. L’une, rue de la Chine, l’autre, avenue Gambetta. Le défaut à la bouche, viens,  que je te touche.

 

 

 

Il était plus de midi lorsque je me suis rapproché de la première, la boulangerie Pan Vivo. Trois auxiliaires fliquettes m’avaient devancé. Il ne restait plus beaucoup de pain. Une belle rangée, sur l’étage supérieur d’un chariot, était devancée du panneau «  réservé ». J’ai appris qu’il se préparait la fournée du lendemain.

 

Une des fliquettes a sursauté. Elle ne s’attendait pas à me trouver derrière elle. Elle ne m’avait pas entendu venir. Cela faisait une bonne minute que j’étais là. Qu’est-ce que cela aurait été si nous nous étions trouvés, seuls, elle et moi, dans une  partielle obscurité ?

 

Pour continuer de dédramatiser, je lui ai demandé quelle était la station de métro la plus proche. En regardant sur son smartphone, elle et ses collègues m’ont répondu qu’elles n’étaient pas du coin. Qu’elles étaient du 12 ème arrondissement. Elle est partie comme ça, captivée par son smartphone. Je croyais qu’elle se renseignait pour mon métro. Elle m’a quitté comme une miche.

 

Elle devait lire un sms ou avait peut-être reçu un Like sur un site de rencontres.

Régime pain sec.

 

Pour me consoler, j’ai pris une bonne livrée de pain de la veille vendue avec une réduction de 30 pour cent. Il y en avait pour deux kilos d’armature.

 

 

Le jeune vendeur à l’accent italien m’a dit que, de toute façon, enroulé dans des sacs en coton, il pouvait se garder cinq jours.

 

A l’autre boulangerie, La Gambette à pain, il y avait plus de choix. Mais il y avait aussi la queue. J’ai attendu mon tour dehors avant de pouvoir entrer. Il faisait froid aujourd’hui.

 

 

Une fois à l’intérieur, j’ai fait un festival. Je n’étais pas du coin. Je venais pour la première fois. Je venais de loin. Je n’allais pas me contenter d’une demie baguette de pain ou d’un croissant au beurre et repartir.

 

J’ai dû faire comprendre à l’employée que, non, je n’avais pas fini. J’avais encore d’autres articles à prendre.

 

 

Au final, je suis reparti avec deux sacs de pain et de viennoiserie.

 

 

 

 

 

Etoiles et toiles.

 

En descendant les marches. Tout en bas, le sandwich Kebab, dernier exemplaire, qui a été mon copieux déjeuner. Après ça, on reste sage et boire un verre d’eau suffit.

 

 

Puis, je me suis rabattu sur la station de métro Gambetta. Je me suis même permis de faire un passage dans un magasin de dvds et de blu-ray où j’étais passé il y a quelques années.

 

 

Mais je n’y ai pas trouvé le film que je cherchais. Le blu-ray du film MUD de Jeff Nichols.

 

Cette photo est ratée. On ne voit rien.

 

J’étais bien chargé dans le métro, avec mes deux sacs de pain, ma boite de pâtisseries. Mais j’étais assis. Le trajet a été assez rapide.

 

 

A la station Quatre-Septembre, à trois ou quatre stations de la gare St Lazare,  extinction des feux et petite voix :

 

« En raison de la présence d’une personne sur la voie ferrée, le trafic est momentanément interrompu sur la ligne 3 du métro….. ». Je me suis à nouveau fait confirmer que depuis bientôt deux mois, les incidents de toutes sortes se cumulent dans les transports en commun. J’ai vraiment bien fait d’opter pour un vélo pliant quand je me rends au travail. Mais j’en parlerai mieux dans ma rubrique Vélo Taffe.

 

Dans le métro, station Quatre-Septembre, s’ensuivent quelques minutes d’attente et de réflexion et la fin du suspense :

 

« Le trafic reprendra à 15h15 ». Il était 14h50. Je n’avais pas déjeuné ni fait ma sieste.

 

Sortir de la station, marcher jusqu’à une station de bus. Le prendre jusqu’à la gare St Lazare. Rien ne m’a détourné de l’arôme du bon pain. Car c’est une valeur refuge.

 

Nous sommes arrivés sains et saufs à domicile.

 

 

Franck Unimon, ce vendredi 5 mars 2021.

 

 

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Ton appel

»Posted by on Fév 26, 2021 in Pour les Poissons Rouges | 0 comments

Ton appel

 

 

                                                                  Ton appel

Je sais que tu n’appelleras pas. Il me reste suffisamment de lucidité. Mais je continuerai de m’en tenir au même emploi du temps. A attendre cet appel. Trois fois par semaine, à la même heure, je me posterai près de chez toi. Grâce au résultat d’une filature de précaution, je sais où. Je ferai très attention.  Si cela s’apprenait, ce serait le désastre.

 

Tout a commencé lorsque nous nous sommes rencontrés. C’était peut-être il y a des années maintenant. Au travail ou ailleurs. Cela n’a aucune d’importance. Il ne s’est rien passé ou dit de particulier.  Tu m’as sûrement oublié depuis comme d’autres avant toi car je fais partie du décor. J’ai simplement été sensible à ton aura. Mais impossible de l’expliquer. A toi comme à qui que ce soit. Je n’ai pas envie de déranger. Cela ne sert à rien d’essayer d’expliquer. Il faut séduire, c’est tout. Or, moi, je ne séduis pas.

 

D’autres ont déjà été enfermés pour des situations similaires à la mienne. Lorsqu’ils ont joué leur va-tout et se sont jetés à l’eau. Ils croyaient qu’on les écouterait, qu’on les accepterait.  Cela a été catastrophique ou ridicule. Ils se sont fait humilier.

 

Je n’ai pas cette naïveté. Moi, je me tais. Je ne me répands pas sur l’espace public. J’en fais une affaire privée. Personne ne peut me reprocher quoique ce soit tant que je reste à ma place. C’est ce que je fais. Je le fais très bien et tous les jours.  Depuis le temps, j’ai acquis une certaine expérience dans ce domaine. Tous les jours, je me polis et me rends irréprochable. Il n’y a que durant cette heure « avec » toi, où, enfin, je suis autrement.

 

Qu’est-ce je te trouve exactement ? Difficile à définir. Difficile à retenir. Je te trouve tout. C’est comme un rêve déclaré qui ne peut se soustraire à mes pensées. Cette heure avec toi, j’en fais mon affaire. Rien ne doit dépasser. Personne ne doit interférer. Pas même mes propres peurs. Alors, je prépare toujours tout à l’avance. Je m’entraine mentalement à revenir secrètement. Pour l’instant, tu ne vois rien, tu ne sens rien. Enfin, je ne crois pas et c’est aussi bien. C’est très bien comme ça, cette sorte d’entente sans conflit. On peut croire que l’absence de conflit est synonyme d’ennui. Pas pour moi. Je préfère rester dans mon coin telle une béquille posée contre un mur. Ou céder chaque fois que l’on veut que je me batte ou que l’on me contredit. Je n’ai rien à perdre et rien à prouver non plus. Je veux juste être tranquille avec toi de temps en temps. Et, pour ça, je veux pouvoir ne laisser aucune trace.  Après ça, le reste suivra puisque tout est réglé. Et qu’il suffit de s’en tenir à une routine consentie de part et d’autres. Avoir très peu d’ambition m’aide beaucoup. Cela m’évite bien des désillusions. Je ne suis pas comme toutes ces personnes qui attendent beaucoup chaque fois qu’elles entreprennent une action. Je me concentre seulement sur cette heure avec toi sur laquelle je veille comme s’il s’agissait d’une fleur qui pousse dans un pot. Je prends soin de la qualité de la terre, de l’eau que j’y mets. Mais aussi de la façon dont je la verse. Il faut être doux et parler délicatement. Sans brusquer. C’est un bercement de tout mon poids au dessus de toi. Pour l’instant, tu ne sens rien mais ça viendra. Tu verras.

 

Franck Unimon, ce mercredi 20 janvier 2021.

 

 

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Le mec foireux

»Posted by on Fév 26, 2021 in Pour les Poissons Rouges | 0 comments

Le mec foireux

 

                                                Le mec foireux

Corps uniformes. Horaires chloroformes.

 

 

Pour réussir un projet, il faudra d’abord apprendre à se séparer du mec foireux, conduit incessant de problèmes dans lequel on finit par tomber sans pouvoir remonter. Ou  difficilement. Et seulement par les égouts.

 

Alors que vous ferez connaissance en toute décontraction, le mec foireux ne vous dira jamais, la voix suave et entêtante :

 

«  Je suis un mec ou une fille foireuse ».  D’abord parce qu’il estime avoir une vie normale. Ensuite, parce-que, comme tout le monde, il a besoin de compagnie.

 

Le mec foireux est intelligent et grand travailleur : il travaille à votre perte.

 

Souvent sympathique, vous vous attacherez facilement à lui quelle que soit sa composition :

 

Laine, cachemire, coton, papier toilette,  bois, soie, aqueux, huileux, gazeux, laiteux, synthétique ou plastique. Parce-que le mec foireux a beaucoup de charisme.

 

Si votre projet se résume à partir faire des courses sur le marché près de chez nous, vous pourrez emmener le mec foireux avec nous. Il surviendra bien une tonne d’incidents entre le moment où vous sortirez et rentrerez chez vous. Mais il y a de fortes chances pour que cela soit drôle. Et puis, le mec foireux a de la conversation. On s’ennuie rarement avec lui.

 

Lorsque des projets avancés se présenteront, le plus difficile sera de savoir s’éloigner de lui discrètement sans le vexer. Après tout ce temps passé ensemble.

 

Le mec foireux est très susceptible et a beaucoup de mémoire. La vengeance d’un mec foireux a tous les attributs de la sanction interplanétaire et héréditaire. D’ailleurs, le mec foireux est né à la suite d’une histoire qu’il trimballe vraisemblablement depuis plusieurs mythologies. Ou après d’officieuses et illégales manipulations génétiques- qui ont foiré- dont les auteurs n’ont jamais été identifiés avec certitude :

 

Divinités ? Grammairiens ? Mathématiciens ? Philosophes ? Médecins ? Artistes ? Escargots ? Spermatozoïdes ?

 

 

Le mec foireux peut être votre meilleur ami, votre conjoint ou votre conjointe. Un cousin ou une cousine. Mais il peut aussi être un très bon collègue, votre médecin votre patron….et, avant tout, vous-même. Parce-que là où le mec foireux excellera, ce sera en pédagogie pour bien vous faire comprendre que si tout a foiré et ne pouvait que foirer depuis le début, c’est à cause de vous.

 

 

 

Franck Unimon, ce dimanche 21 février 2021.

 

 

 

 

 

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