Théâtre

Au Théâtre du Soleil ce samedi 16 avril 2022 : l’île d’Or

»Posted by on Juin 17, 2022 in Théâtre | 0 comments

Au Théâtre du Soleil ce samedi 16 avril 2022 : l’île d’Or

 

 

Au théâtre du Soleil, ce samedi 16 avril 2022 pour “L’île d’Or”. Photo ©️Franck.Unimon                  

 

Au théâtre du Soleil ce samedi 16 avril 2022 : L’île d’or

 

Le Théâtre du Soleil est une planète dont j’avais entendu parler il y a plus d’un quart de siècle.

Je l’avais approchée sans l’atteindre. Le parc floral, l’été, et ses concerts (je me rappelle d’un très bon concert de Chucho Valdès). La caserne militaire où, appelé, j’étais un peu passé avant d’être affecté à l’hôpital militaire Bégin. Le centre équestre de la cartoucherie de Vincennes.

 

Il fallait réserver rapidement. Les places partaient très vite. J’habitais dans une banlieue éloignée et opposée.

 

Des noms stratosphériques, des noms magiques, sont « accolés » au Théâtre du Soleil. Ariane Mnouchkine, Hélène Cixous, Philippe Caubère, Simon Abkarian et beaucoup d’autres.

Le passé, le présent et l’avenir y sont composés comme dans une musique de Sun Ra.

 

Il y a bientôt une dizaine d’années, j’avais lu L’Art du Présent, le livre d’entretiens d’Ariane Mnouchkine avec la journaliste Fabienne Pascaud.

 

 

Pour un spectateur, pour un comédien, pour un auteur, passer par le soleil de ce théâtre, c’est entrer dans un lieu qui a résisté et résister peut-être aussi un peu avec lui.

 

A la lave de l’amnésie, de la destruction, de la dépression et du fatalisme.

 

Pour cela, il faut traverser Paris, capitale et astre culturel, ou s’en extraire. Pour venir à Vincennes. En voiture, en navette, à pied depuis la gare du RER A, voire en bus ou à pied. Je ne l’ai pas vérifié mais peut-être que le théâtre du Soleil a tenu à s’implanter hors de Paris avec un esprit d’engagement qui similaire à celui du théâtre des Amandiers, à Nanterre, lors de sa création ou dans certains mouvements proches de l’antipsychiatrie. 

 

Au Théâtre du Soleil, ce samedi 16 avril 2022. Photo ©️Franck.Unimon

 

Pour cette première fois au Théâtre du Soleil, j’avais emmené ma fille avec moi. Depuis Argenteuil, nous avons pris nos vélos, le train puis le RER. Il faisait beau.

 

Devant le Théâtre du Soleil, à gauche, en blanc, Ariane Mnouchkine après la représentation ce samedi 16 avril 2022. Photo ©️Franck.Unimon

 

 

 

J’ai dû m’y prendre à trois fois pour cette première fois. D’abord, il a fallu remettre notre venue à une autre date. Trop de cas de Covid parmi les comédiens en janvier m’avait-on appris ? Est-ce que je voulais reporter notre venue ou être remboursé ? On reporte. Je suis né à Nanterre où, jusqu’à mon adolescence, j’ai grandi à quelques minutes à pied du théâtre des Amandiers devant lequel je suis passé d’innombrables fois en le regardant comme un endroit qui m’était complètement exogène. Même si, en classe de 3ème, avec notre prof de Français de 3ème, je suis entré une fois dans le théâtre des Amandiers pour aller voir Combat de Nègres et de chiens, j’ai raté toutes mes rencontres avec le théâtre des Amandiers. Quarante ans plus tard, je n’allais pas rater ma rencontre avec le Théâtre du Soleil.  

 

Au théâtre du Soleil, ce samedi 16 avril 2022. Photo ©️Franck.Unimon

 

La fois suivante, ma fille était invitée à l’anniversaire d’une ses copines. Nous n’allions pas la priver de cette fête pour cette « surprise ». Une « surprise » dont elle ne connaissait rien. Plus de trois heures. Un ou deux entractes. Un peu un pari. Il y a des surprises d’accès plus « facile».

J’ai fait confiance à l’endroit et au jeu. A la mise en scène. Au spectacle. A mon envie ou à ma “folie”. 

 

Sur place, nous avons trouvé dehors un public qui  m’a semblé être constitué d’habitués. Autant celui venu pique-niquer ou se distraire en famille que pour se restaurer ou pour assister à la représentation.

 

A l’intérieur, cela a été la surprise de voir les comédiennes et les comédiens se préparer.

Je ne peux pas parler de ce que j’ai vu sur scène. Mais je suis content d’être venu.

 

Au Théâtre du Soleil, ce samedi 16 avril 2022. Avec Emmi. Photo ©️Franck.Unimon

 

 

Et si j’ai mis autant de temps pour montrer ces photos, c’est parce-que j’ai voulu bien les choisir. Je ne suis pas sûr, ce soir, d’y avoir réussi mais j’espère qu’elles parleront pour moi.

 

Au Théâtre du Soleil, ce samedi 16 avril 2022. Photo ©️Franck.Unimon

 

 

Au Théâtre du Soleil, ce samedi 16 avril 2022. Emmi découvre les comédiennes et les comédiens en pleine préparation. Photo ©️Franck.Unimon

 

 

Au Théâtre du Soleil, ce samedi 16 avril 2022. Photo ©️Franck.Unimon

 

 

Au Théâtre du Soleil, ce samedi 16 avril 2022. Photo©️Franck.Unimon

 

 

Au Théâtre du Soleil, ce samedi 16 avril 2022. Photo ©️Franck.Unimon

 

 

Au Théâtre du Soleil, ce Samedi 16 avril 2022. Photo ©️Franck.Unimon

 

 

Au Théâtre du Soleil, ce samedi 16 avril 2022. Photo ©️Franck.Unimon

 

 

 

Au Théâtre du Soleil, ce samedi 16 avril 2022. Photo©️Franck.Unimon

 

 

Au Théâtre du Soleil, ce samedi 16 avril 2022. Photo©️Franck.Unimon

 

 

Au Théâtre du Soleil, ce samedi 16 avril 2022. Photo ©️Franck.Unimon

 

 

Au Théâtre du Soleil, ce samedi 16 avril 2022. Photo ©️Franck.Unimon

 

 

Au Théâtre du Soleil, ce samedi 16 avril 2022. Photo©️Franck.Unimon

 

 

 

 

Au Théâtre du Soleil, ce samedi 16 avril 2022. Photo ©️Franck.Unimon

 

 

 

Au Théâtre du Soleil, ce samedi 16 avril 2022. Emmi avec Ariane Mnouchkine, après la représentation. Photo©️Franck.Unimon

 

Franck Unimon, ce vendredi 17 juin 2022.

 

 

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Garde à vue à Argenteuil

»Posted by on Nov 8, 2021 in Argenteuil, Théâtre | 0 comments

Garde à vue à Argenteuil

Argenteuil, dimanche 7 novembre 2021.

Garde à Vue à Argenteuil

 

 Une garde à vue dans un temple protestant. Cela s’est passé hier après-midi, dimanche, à Argenteuil.

Et, j’ai été consentant.

 

Le dimanche après-midi a longtemps pu être un enfermement chez soi. Mais on peut être enfermé de tellement de façons différentes. On sort à peine d’une cellule ou d’un ennui que l’on entre dans un autre ou dans une autre.

Argenteuil, dimanche 7 novembre 2021.

 

Hier après-midi, je suis allé voir l’adaptation théâtrale du film Garde à vue de Claude Miller. Parce-que je connais Daniel Muret, qui s’est occupé de la mise en scène, ainsi qu’Evelyne Fort. Ils représentent tous deux la compagnie Willy Danse Théâtre, à Argenteuil.  

 

J’avais fait leur connaissance après mon arrivée à Argenteuil, à la médiathèque, il y a plus de dix ans. Daniel y animait un atelier d’écriture auquel j’avais participé. Et Evelyne faisait partie des participants.

 

Il y a presque deux mois, j’avais croisé Daniel par hasard dans Argenteuil. Daniel est Argenteuillais depuis sans doute un demi siècle ou davantage. A Argenteuil, il y a encore des personnes qui y vivent depuis plusieurs générations.

Le jour de notre rencontre, Daniel m’avait dit qu’il en avait « assez » de toujours voir adapté des classiques et des auteurs déjà reconnus. Son propos m’avait plu.

 

Je n’ai pas- encore- vu le film de Claude Miller avec Michel Serrault. Si je « connais » bien sûr l’acteur Michel Serrault, je suis un peu jeune pour avoir vu ce film lorsqu’il était sorti au cinéma en 1981. Et, c’est seulement en écrivant cet article que je découvre que Lino Ventura (dont j’aime modérément le jeu mais que je sais considéré comme un grand acteur à la « Française » presqu’équivalent à un Jean Gabin que je préfèrerais) et Romy Schneider (une actrice, pour moi, au delà de beaucoup d’autres, un peu à l’image d’un Patrick Dewaere) figurent aussi dans le film de Miller. Et, je crois que c’était mieux pour moi, hier, de ne pas avoir vu le film au préalable.

 

Hier après-midi, je suis allé voir cette adaptation théâtrale sans comparaison en tête. Mais aussi pour rompre un peu avec cette coutume selon laquelle la culture se trouve principalement à Paris. Mais aussi parce-que j’en avais assez de cette ville.

 

Par moments, j’en ai assez d’Argenteuil, cette ville paradoxale, bétonnée, dont sont parties plusieurs personnes que j’y avais rencontrées. Ou que j’aimais bien.  Une ville très étendue, « La troisième du Val d’Oise », faite d’une multitude de quartiers.

 

Argenteuil, pour moi, est une ville de deuils. C’est aussi une ville qui vit sans qu’on la regarde mais à laquelle beaucoup sont attachés. Au point que, parfois, je me demande, à voir leur enthousiasme, ce qu’ils lui trouvent.

Pourtant, cette ville, je la défends aussi tandis que d’autres lui décernent tous les torts et tous les travers. La saleté, les incivilités, la délinquance, les impôts locaux élevés, les écoles publiques dont le niveau a chuté à partir du collège.

Au travail, j’ai pour habitude de dire que, pour moi, les gens sont plus importants que les murs ou le décor. Mais il y a des limites. Et, à Argenteuil, par moments, je me demande où est la différence entre les limbes et les limites. Et, tout ça, à quelques kilomètres de Paris, la « ville lumière ».

 

Argenteuil serait donc révoquée. Argenteuil compterait donc parmi les villes qui donnent difficilement le change. Et, je me suis rappelé qu’une partenaire de théâtre au conservatoire- d’Argenteuil- m’avait appris qu’un acteur ( «  qui peut tout jouer ») s’était abstenu de dire lors d’une de ses tournées qu’il jouerait aussi à Argenteuil. C’était peut-être un oubli après tout. Pourquoi toujours imputer aux gens des mauvaises intentions de vote ? C’est bien un truc de perdant, ça, penser que si on nous oublie, c’est parce-que l’on nous snobe.

 

A Argenteuil, j’ai vu passer sur scène Kassav’, Kéry James, Arno, Marc Ribot, Magma, Danyel Waro, Denis Lavant, Disiz La Peste et j’en aurais vu et entendu bien d’autres si je m’étais rendu disponible. Alors, je pouvais me rendre disponible pour la pièce Garde à vue.

A Argenteuil, Au théâtre de l’Abri, ce dimanche 7 novembre 2021.

Hier après-midi, le public m’a semblé principalement familial et amical. Et pourquoi pas ?

 

Argenteuil, au théâtre de l’Abri, dimanche 7 novembre 2021.

 

Si, quelques fois, la langue d’un ou deux comédiens a fourché, pendant plus d’une heure, j’ai oublié où j’étais. Les « gens », encore. Les gens sur scène mais aussi les décors avaient fait le nécessaire. Ils m’ont fait entrer dans une parenthèse qui s’est déroulée à l’époque où Valéry Giscard D’Estaing était Président de la République et encore vivant. Et  François Mitterrand et Jacques Chirac – qui allaient être les Présidents suivants- aussi. Dans une ville de province qui aurait pu être un des quartiers de la ville d’Argenteuil où à peu près tout le monde se connaît. Sauf que la mer aurait remplacé la Seine, et que le phare aurait pris la place de la salle des fêtes Jean Vilar, de la Cave Dimière ou du centre culturel le Figuier Blanc.

 

A l’époque où Valéry Giscard d’Estaing était Président de la République (on voit sa photo de Président sur scène) Argenteuil était ouvertement, encore, une ville communiste. Mais dans Garde à vue, on comprend que l’on est dans une ville de droite :

Un notaire, sujet de la grande bourgeoisie, est le suspect numéro un dans le meurtre de deux jeunes filles qui ont aussi été violées. Et deux policiers s’acharnent à le voir coupable. Il est en fait plus suspect d’être riche que meurtrier et, jamais, sans doute, ces deux policiers n’ont eu la possibilité d’approcher aussi longtemps et d’aussi près un homme riche. Alors, ils comptent bien en profiter. Quitte à le dépecer s’il le faut. D’autant que celui-ci a des secrets et des mensonges, comme tout un chacun, ce qui décuple la détermination des deux représentants de police qui ne supportent pas ce riche qui leur résiste.

A Argenteuil, au Théâtre de l’Abri, ce dimanche 7 novembre 2021.

 

Les comédiens m’ont plu. Je me suis aussi un peu demandé ce que j’aurais donné dans l’un des rôles. J’ai particulièrement aimé ces sous-entendus dans les propos. Mais aussi l’entrée de la femme (jouée par Marie Grandin) du suspect, grande bourgeoise d’entre tous mais aussi grande jalouse, jusqu’à la pathologie. Garde à vue, pour moi, est autant une œuvre sur une certaine haine sociale que sur l’inadaptation conjugale et relationnelle. Dans un cas comme dans l’autre, les êtres ne peuvent pas s’ajuster ou s’insérer puisque des illusions leur servent de repères et de refuges.

Argenteuil, au théâtre de l’Abri, ce dimanche 7 novembre 2021. A droite, Daniel Muret.

 

Franck Unimon, lundi 8 novembre 2021.

 

 

 

 

 

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