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Bac Nord-un film de Cédric Jimenez

»Posted by on Sep 29, 2021 in Cinéma, Corona Circus | 0 comments

Bac Nord-un film de Cédric Jimenez

Bac Nord un film de Cédric Jimenez

 

 

Dans les bacs

 

Bac Nord, sorti cet été, marche plutôt bien. Ce film français où l’histoire se passe à Marseille, plutôt de nos jours, serait fasciste et raciste.

 

A Paris, où je suis allé le voir puisque je vis, suis né en région parisienne et y ai toujours vécu, je l’ai peut-être très très mal regardé. Car je vais essayer de démontrer le contraire.

 

Je vais essayer dans cet article de démontrer que Bac Nord, pour moi, ce mercredi 29 septembre 2021, est ni fasciste, ni raciste.

 

Je suis allé voir Bac Nord seulement vers la mi-septembre. Je ne pouvais pas aller le voir auparavant. Je n’avais pas de pass sanitaire. Et je n’étais pas pressé de me faire de nouveau pousser dans le nez une tige de dépistage en vue d’effectuer un test antigénique dont le résultat, se devait dans mon cas bien-sûr d’être négatif – puisqu’à ce jour je n’ai pas attrapé le Covid depuis le début officiel de la pandémie mi-mars 2020 en France- depuis moins de 72 heures. Finalement, avant ma première injection de Moderna contre le Covid, on m’a imposé un test antigénique préalable. Le test étant négatif, j’en ai profité pour aller au cinéma voir quelques films ( dont Dune-un film de Denis Villeneuve). A partir de ce 15 octobre 2021, les tests antigéniques deviendront payants. Mais à cette date, je devrais être vacciné contre le Covid comme cela nous a été….”demandé” ( imposé pour les soignants). Je fais cet aparté afin de marquer un peu l’époque où Bac Nord et d’autres longs métrages se sont faits connaître.

Les acteurs Karim Leklou et François Civil.

 

Dès sa sortie, Bac Nord faisait partie des films que j’avais envie d’aller voir. Pour le sujet de la Bac. Pour les acteurs, Karim Leklou et François Civil en tête. Des acteurs que j’ai vus et aimés voir dans plusieurs films, court métrage ou série (Marseille la nuit Le Monde est à toi ; Le Chant du Loup ; Dix Pour cent ; Made in France  ; Voir du pays).

 

L’acteur Gilles Lellouche.

 

Concernant l’acteur et réalisateur Gilles Lellouche, le plus expérimenté de ce trio d’acteurs comme dans le film Bac Nord du reste, mon avis est plus partagé. Je lui reconnais des intentions de jeu et beaucoup de travail pour ses rôles. Je lui reconnais une franchise et une sincérité (je double la mise) ainsi qu’un véritable capital sympathie lorsqu’il s’exprime lors des interviews.  Mais, en tant qu’acteur, je le trouve assez souvent voisin de la caricature.

 

Néanmoins, j’avais bien aimé son film en tant que réalisateur : Le Grand bain. Même si. Même si. J’en avais déjà assez qu’on surligne la présence de Philippe Katerine, un acteur et chanteur dont j’aime le jeu et la folie. Mais que l’on présente un peu trop désormais comme le tube de l’été. Un tube qui dure depuis quelques années maintenant. La sensibilité de Philippe Katerine. La personnalité borderline de Philippe Katerine. Je goûte bien sûr ces atouts de Katerine. C’est leur encensement répété qui m’ennuie. 

 

 

Bac Nord/ Les Misérables : Visions d’opposition ou visions complémentaires ?

 

Parlons maintenant un petit peu plus de Bac Nord après avoir jalousé le succès de Philippe Katerine.

La première question que je me suis posé lorsque j’ai commencé à voir des affiches du film a été :

Bac Nord est-il l’équivalent ou le complément du film Les misérables 2ème partie , prix de la mise en scène à Cannes en 2018 (ou 2019 ?) 

 

Avant d’aller trouver Bac Nord  dans une salle de cinéma,  au vu des tout petits échos qui me sont parvenus, j’ai eu l’impression que ces deux films s’adressaient à deux publics différents. Alors que l’on aurait pu penser que beaucoup les rapproche. Dans les deux films, les « héros » sont des policiers de la Bac. Et, ils forgent un trio. On pourrait se dire que les policiers de la Bac marchent toujours par trois. Depuis le début du procès des attentats du 13 novembre 2015, j’ai appris en lisant quelques articles que le commissaire de la Bac à être le premier à intervenir au Bataclan, de sa propre initiative, avait agi uniquement avec son « chauffeur ». Un chauffeur policier et armé également. Donc, ils étaient deux. Mais cette histoire de nombre de policiers au sein des unités de la Bac n’est pas prioritaire pour parler de Bac Nord. Sauf pour dire autrement que l’univers de la police fait partie des univers qui suscitent mon attention.

 

 

A ce jour, je n’ai pas rencontré ou pu discuter avec quelqu’un qui a vu les deux films : Les Misérables de Ladj Ly et Bac Nord de Cédric Jimenez. Qu’est-ce qui les oppose dans les grandes lignes ?

 

Pour moi, Les Misérables est un film bien plus renseigné socialement et plus subtil que Bac Nord. Et mieux filmé. C’est facile à dire après le prix de la mise en scène qu’a obtenu Les Misérables au festival de Cannes de 2019.

 

Dans Bac Nord, si l’on voit bien que les trois policiers donnent tout à leur métier – comme dans Les Misérables–  et qu’ils « l’aiment » et croient à leur utilité, on est aussi davantage avec des cow-boys. Dans ce que cela peut aussi avoir de plus grossier ; on est presque dans Starsky et Hutch. A la différence que, dans Bac Nord, le personnage de Huggy les bons tuyaux est interprété par une séduisante jeune beurette ou arabe qui aime beaucoup fumer son petit shit. Et qu’il y a dans le film le croquis d’une attirance du flic de la Bac (joué par François Civil qui s’y connaît aussi très bien en séduction : le revoir dans Dix pour cent ou dans Le Chant du Loup pour bien le comprendre) pour elle.

Une attirance faite de croissance érotique mais aussi de volonté de protection pour sa jeune indic. On n’avait pas cette attirance sexuelle entre David Starsky et Michael Hutch pour Huggy…

Hormis cela, dans Bac Nord, la jeune indic semble avoir très peu de perspectives comparativement à tous les risques qu’elle prend. Et, son shit, qu’elle obtient contre les informations qu’elle donne, en risquant sa vie mais aussi sa réputation, on a l’impression qu’elle passe son temps à le fumer en solo. Donc, c’est un peu difficile de comprendre comme elle peut être aussi souriante, séduisante et maline aussi pour, finalement, apparaître aussi seule et sans autre projet d’avenir que de rester dans les parages de celles et ceux qu’elle trahit. A fumer son shit. Mais, après tout, je n’y connais rien à la psychologie ou la temporalité des indics. Et très certainement qu’il existe toutes sortes de profils parmi les indics. Peut-être presqu’ autant de profils qu’il n’existe d’indics. Y compris les plus déroutants.

 

 

Stigmatiser Marseille ?

 

Pour moi, il n’y a pas de stigmatisation particulière à situer l’histoire à Marseille dans Bac Nord. D’abord, parce-que, même si cela m’a pris du temps, j’aime Marseille pour le peu que j’en connais. ( Marseille-Toulon-La Ciotat, octobre 2019 ) Ensuite, parce-que, par certains aspects il est des endroits populaires de Marseille qui me rappellent soit la ville où j’habite depuis quelques années, Argenteuil, soit Barbès ou même Nanterre où je suis né et ai grandi. Ensuite, ce qui peut se raconter de certains quartiers de Marseille peut tout aussi bien se transposer ailleurs. Si un titre comme Je danse le Mia du groupe I AM m’avait autant parlé, alors que le groupe de Rap I AM est de Marseille, c’est parce-que j’avais connu et voyais très bien de quoi cette chanson parlait alors que je vivais en région parisienne. Et le succès de ce titre était bien-sûr venu du fait que d’autres gens, dans d’autres cités et dans d’autres banlieues de France s’étaient reconnus dans ce que cette chanson racontait. Pour moi, cela peut être pareil avec le film Bac NordCela peut apparaître très rétrograde de citer un titre aussi ancien du groupe I AM mais le personnage de policier joué par Gilles Lellouche a certainement connu ce titre. 

 

Donc, pour moi, Bac Nord n’est pas un film de plus qui caricature la ville de Marseille. Ce n’est pas non plus un film qui porterait une opposition Nord/Sud. Le sud étant la ville de Marseille. Et, le nord étant Paris ou des villes au delà de Paris supposées être plus présentables et plus prestigieuses. Pour moi, Bac Nord ne regarde pas Marseille de haut. Mais je ne suis pas marseillais. Peut-être le prendrais-je autrement si j’étais marseillais.

Par contre, pour reparler de “l’opposition” Paris/Marseille ( une opposition que, pour ma part, je ne revendique pas), lorsqu’à la fin du film, les policiers réalisent un gros coup et qu’ils fêtent leur victoire, j’ai eu l’impression de voir, plutôt que des policiers, des joueurs de football qui étaient contents d’avoir gagné un match contre une grosse équipe. Que cette équipe soit le PSG ou une autre.

 

Garde-fou « ethnique »

 

Arrivons-en à ce qui serait raciste et fasciste dans le film. Ou dans ce qui a pu être considéré comme raciste et fasciste dans le film.

Dans Les Misérables, le trio de policiers compte un noir, le personnage de Gwada. Celui par lequel la bavure au flash-ball arrive suite à trop de montée de pression. Alors que Gwada, auparavant, on l’a vu, c’est plutôt un homme sympathique au sein du trio. Ce n’est pas le plus énervé. C’est plutôt un modérateur. Dans Les Misérables, que ce soit donc voulu par le réalisateur Ladj Ly, ou non, il existe un « garde-fou » ethnique au sein du trio de la Bac.

Il existe même une animosité « intéressante » entre le personnage de Gwada et celui du maire joué par Steve Tientcheu rencontré le mois dernier. ( Le cinema-A ciel ouvert avec Steve Tientcheu et Tarik Laghdiri). 

 

A droite, l’actrice Adèle Exarchopoulos, policière également dans le film, qui joue la compagne de Karim Leklou. A gauche, François Civil et Karim Leklou ( debout). Au centre, l’acteur Gilles Lellouche.

 

Dans Bac Nord, pas d’homme ou de femme noire au sein du trio des policiers de la Bac ? Et alors ? Bien-sûr, j’aurais accepté une touche de diversité supplémentaire au sein de ce trio. J’aurais bien aimé voir ce que cela aurait pu donner comme adversité si le trio de policiers de Bac Nord avait été constitué de trois noirs ? D’un asiatique, d’une femme arabe, d’un noir ? De deux arabes et un noir ? Etc…

 

Mais, pour moi, cette absence de diversité ou d’originalité éthnique ne fait pas de Bac Nord un film raciste et fasciste. Même si, le trio des policiers de Bac Nord étant majoritairement blanc, exception faite de Karim Leklou mais dont la couleur de peau a néanmoins la particularité d’être plus claire que foncée. Mon propos, ici, est-il raciste ? On pourra le penser. On le pensera. Ce sera peut-être en partie vrai. Pourtant, ici, ma véritable intention est surtout de redire que, très souvent, trop souvent, le cinéma français préfère faire l’impasse sur la «  couleur ». Et, ce faisant, certaines nuances, dans les situations passent à la trappe. Ainsi qu’un certain réalisme. On a donc compris que, si pour moi, Bac Nord n’est pas un film raciste et fasciste, je préfère évidemment la distribution des rôles dans Les misérables.

 

Dans Bac Nord, l’opposition entre « caïds » des cités et la police ressemble donc, par défaut ou par maladresse, à une énième opposition entre les basanés d’un côté. Et les blancs de l’autre. Malgré la présence de Karim Leklou, ici minoritaire parmi les policiers, pour représenter la diversité.

Mais j’accepte ce parti pris ou cette « négligence ». Et puis, l’alternance à ce parti pris ou à cette “négligence”, peut aussi être de passer soi-même à l’écriture de scénario, à la réalisation ou au jeu d’acteur dans le but de montrer autre chose. 

 

La France, ce n’est pas du tout ça : c’est impossible.

 

Reste, sans doute, cette description de certaines cités, d’une, en particulier, ou de plusieurs dans le film ( j’ai oublié ) où les policiers ne peuvent plus entrer désormais. Ce qui fait enrager le « chef » de l’équipée de la Bac joué par Gilles Lellouche qui compte vingt ans d’expérience de terrain. Et qui est donc la mémoire vivante de ce terrain perdu par la police au profit de la délinquance.  Sous un angle écologique, on pourrait comparer cette perte de terrain par la police ou la République, à des lacs qui se sont non seulement asséchés mais aussi lourdement pollués au fil des années. Cette vision là est-elle raciste et fasciste ? La perte du terrain ou du territoire dans certaines cités par la police. Comme la métaphore des lacs asséchés et lourdement pollués avec le temps.

 

Pour certaines personnes, il est évident que  cette vision et cette métaphore est raciste et fasciste. Car, pour ces personnes, la France, ce n’est pas du tout ça. C’est impossible. Donc, montrer ça dans Bac Nord où, d’un côté, il y aurait les policiers droits qui se mouillent. Et de l’autre, des délinquants qui les toisent d’autant plus qu’ils se sentent intouchables et chez eux dans leur cité, ce serait fasciste et raciste. Surtout à voir que les délinquants en question sont « bien-sûr » noirs et arabes. Aucun blond ou rouquin aux yeux bleus ou verts parmi eux.

 

Bac Nord n’est pas un atoll de finesse

 

Pourquoi, alors, je l’accepte aussi « bien » ou aussi facilement d’un film comme Bac Nord ? Peut-être parce-que je ne sens pas d’intention raciste dans le film du réalisateur. J’ai peut-être tort. Le film Bac Nord n’est pas un atoll de finesse, c’est vrai. Toutefois, lorsque je le regarde, je ne généralise pas ce que montre Bac Nord. Pour moi, que ce soit à Marseille ou ailleurs, toutes les cités et toutes les banlieues ne ressemblent pas à ce que montre le film. Pour moi, tout Marseille ne se trouve pas dans Bac Nord.

 

 Mais on peut néanmoins montrer des noirs et des arabes qui sont du « mauvais » côté. Même s’il est vrai qu’il existe aussi des blancs et des asiatiques qui sont du « mauvais » côté et que l’on ne montre pas dans le film. Ou autrement. Plutôt dans le versant politique. Par le coup de « pute » que vont connaître « nos » cow-boys de la Bac plus tard.

 

Ensuite, si on arrive à plus ou moins passer le cap de l’éventuel délit de faciès des « mauvais » dans Bac Nord, il nous reste à faire face à certains de ces endroits où la police n’entre pas, n’entre plus, ou, de moins en moins. Et, là, j’ai l’impression que pour pouvoir admettre un peu ce point là, plutôt que d’imagination et d’intellectualisation, il est peut-être nécessaire de faire appel, un peu, à la « pratique » de certains souvenirs ou de certaines expériences directes ou indirectes.

 

 

La pratique de certains souvenirs

 

Je n’ai pas de pratique ou d’expérience dans le grand banditisme ou dans le trafic de stupéfiants ou autres. Mon casier judiciaire est vierge. Je n’ai ni le vice, ni l’instinct, ni l’intelligence, ni la nécessité ou la furie de celles et ceux qui peuvent participer à des braquages, à des trafics ou à certaines actions meurtrières et barbares. Il y a quelques années, une de mes collègues, une jeune femme séduisante, séductrice, familière avec les codes de certains quartiers du Val Fourré à Mantes la Jolie m’avait appris qu’avec mon « Français soutenu », dans certaines situations, j’aurais des problèmes. Je l’avais crue sur parole, moi, pourtant né en banlieue parisienne et qui avais grandi dans une cité HLM. Ensuite, elle m’avait raconté comment il lui était arrivé de tenir tête à certains hommes qui lui avaient mal parlé. Et de s’en sortir. Là, aussi, je l’avais crue sur parole. Je n’ai aucun doute quant au fait qu’une femme puisse ou sache, dans certaines circonstances, si elle connaît certains codes de langage et de comportement, mieux s’en sortir en cas d’embrouille qu’un homme poli et propre sur lui, combien même, voire, surtout s’il a une stature physique qui, a priori, devrait lui éviter les ennuis. Et ce Savoir-là n’est pas exposé dans les écoles ou dans les vitrines des magasins. Ni dans les musées. Pas même dans les médiathèques ou les salles de cinéma. Encore moins en suivant des cours par correspondance. C’est une histoire de pratique, de modèle mais aussi d’instinct, d’instant. Une seconde après, c’est trop tard. Une seconde avant, c’est trop tôt. Pour répondre. Ou pour donner le regard qu’il faut avec l’intonation convaincante ou déstabilisante qui va faire que l’on échappe au couteau, au coup de boule, au passage à niveau ou que l’on va être accepté ou toléré.

 

 

Ceci étant dit,  je me rappelle du « petit » Enzo, dans mon collège Evariste Galois, à Nanterre. Lorsque, devant tout le monde, dans la cour, des policiers étaient venus le chercher. Il s’était laissé faire en se tenant droit comme un « bonhomme » que cela n’effraie pas. Enzo devait avoir 15 ans voire moins. Je le « connaissais » de vue depuis quelques années. Il m’était arrivé de discuter avec lui. Je n’avais jamais eu de problème avec lui. Nos quelques échanges avaient été « sympas ». Il faisait partie, avec d’autres, que je connaissais également, de la cité de la rue Greuse. Une cité pas très éloignée de la mienne qui avait une assez mauvaise réputation. Qu’avait-il fait pour être cueilli au collège ? Aucune idée. C’est la dernière fois que je me souviens l’avoir vu. J’avais quel âge ? 14 ans ou moins.

 

Je me rappelle il y a plus de vingt ans avoir appris un jour qu’un de mes anciens collègues de travail avait un Beretta. Par qui l’avais-je appris ? Par sa copine d’alors, également une de mes collègues. C’était à Pontoise.

 

 

Je me souviens de ce copain, natif d’Argenteuil, souvent sur le qui-vive au point qu’il me fait penser à Joe Dalton, qui m’a dit un jour que se sachant très en colère contre je ne sais qui, il avait préféré, avant de faire une bêtise, scier et démolir les armes à feu qu’il possédait. Etonné, je lui avais alors demandé comment il avait fait pour obtenir ces armes ? Ce copain m’avait alors regardé comme si j’étais une andouille ou que je débarquais d’une autre planète. Et ce regard signifiait sans ambiguïté mais aussi sans explications qu’il n’y avait rien de plus  facile que de se procurer des armes à feu. C’était il y a environ cinq ans.

 

Je me rappelle du père, policier, d’une des camarades de classe de ma fille, à la maternelle. Cet homme aime son travail. Et, ayant également grandi à Nanterre comme moi, mais dans une autre cité, il m’avait affirmé que cela s’était « dégradé ». Cet homme discutait de temps à autre avec un autre papa, également policier devant l’école en attendant la sortie de son enfant. Ce policier, devant moi, avait un jour raconté, en souriant, ce rituel qui consistait,  lorsqu’il entrait dans une cité avec ses collègues, à longer le mur des immeubles. Afin de ne pas se recevoir un réfrigérateur. C’était, aussi, il y a environ cinq ans. Je ne sais pas de quelle cité il parlait ni dans quelle ville. Je n’avais pas pensé à demander. A ce jour, en entrant dans une cité, je n’ai pas longé le mur des immeubles pour éviter de me prendre un réfrigérateur ou autre objet sur la tête. Mais, avant cette anecdote, j’avais ouï dire que cela pouvait arriver. Mais pas là où j’habitais.

 

Je n’ai pas oublié non plus que le très bon kiné que nous avons un temps consulté pour notre fille nous a appris un jour que les va et vient de sa clientèle, de toutes origines tant sociales que culturelles et religieuses, dérangeait le trafic de certaines jeunes du coin. Et, ils le lui avaient fait savoir.

 

Je n’ai pas oublié non plus que la mère d’une des bonnes copines de ma fille m’a dit un jour que sur le trajet de l’école, pas très loin, se trouvait un point de rencontre officieux pour trafic de stupéfiants. Dès lors, certains jeunes que j’aperçois régulièrement, en groupe, s’ils ne sont pas menaçants pour les enfants et les parents dont je fais partie,  et ne font que discuter entre eux, m’apparaissent aussi, comme étant là soit pour protéger un territoire. Soit pour « guetter ». Bien-sûr, nous ne sommes pas dans Bac Nord où, là, le sujet est poussé à son extrême. Mais je crois qu’il peut être concevable que dans certains endroits, désertés par les institutions publiques, ou soit pace-que certains modèles de vie aient été choisis ou privilégiés, par mimétisme ou par conviction, qu’il se soit développé des situations équivalentes à celles que l’on voit dans le film.

 

Je me rappelle aussi qu’une Argenteuillaise m’avait appris que le premier jour du Ramadan, un conflit avait eu lieu dans un quartier de notre ville et que cela s’était terminé par un mort par balles. Ces “anecdotes”, je les considère comme des évidences. Elles horrifieront peut-être certaines personnes. Elles en feront sourire d’autres qui vous diront : “Et, encore, ça, ce n’est pas grand chose….”. Et, là, aussi, je croirai ces dernières personnes sur parole sans pour autant raser les murs. Sauf que en certains endroits, à certaines heures, si je suis informé par quiconque du “coin” qu’il faut être prudent ou éviter de passer à tel endroit, je préfèrerai me montrer prudent ou éviterai de passer à tel endroit. Pour moi, ce n’est pas être raciste et fasciste de penser comme ça. Comme, pour moi, ce n’est pas être soumis et crétin, lors d’un contrôle de police, de rester aussi calme et poli que possible. C’est plutôt s’adapter à mon environnement et/ou à mon interlocuteur. 

 

Lorsqu’un reporter tel que Philippe Pujol, Marseillais, Prix Albert Londres pour un de ses ouvrages, écrit La fabrique du monstre : 10 ans d’immersion dans les quartiers nord de Marseille, la zone la plus pauvre d’Europe en 2018, s’il pointe, évidemment, les responsabilités politiques et sociales, mais aussi intellectuelles, pour expliquer et critiquer le délabrement prononcé de certains quartiers de Marseille, il n’en décrit pas moins certains endroits où l’accès n’est autorisé qu’à des personnes sélectionnées. Des personnes du quartier. Des personnes de confiance. Profil- des personnes de confiance- qui est loin de correspondre à des policiers de la Bac.

Dans cet ouvrage, Philippe Pujol indique bien que dans ces quartiers nords de Marseille, il reste des personnes étrangères au banditisme comme aux trafics.

 

De même que lors des attentats du 13 novembre 2015, c’est une juge belge qui a expliqué il y a quelques jours au tribunal que si plusieurs des terroristes islamistes se connaissaient depuis longtemps et avaient vécu à Moolenbeek, que, par ailleurs, c’était dans certains quartiers, minoritaires, de Moolenbeck que s’était développé l’activité terroriste islamiste de ces dernières années. Mais, qu’autrement, Moolenbeek était aussi une commune très agréable où la plupart des habitants n’avaient rien à voir avec le terrorisme et l’islamisme.

 

 

Un métier de conviction :

Ce qui passe peut-être mal avec le film Bac Nord, c’est qu’il magnifie des policiers. Et que beaucoup de monde entretient une certaine ambivalence faite à la fois de méfiance/crainte/haine/ admiration envers la police et celles et ceux qui la représente. Ambivalence qui avait été décrite dans les média où, lors de la période des attentats islamistes, les policiers étaient devenus très populaires. Pour, ensuite, à nouveau, être perçus de travers. 

Je ne discute pas les raisons, justifiées ou injustifiées, de cette ambivalence. Cette ambivalence envers la police peut, finalement, être la jumelle de ce racisme envers certaines catégories de personnes :

 

On peut avoir des raisons personnelles et concrètes qui expliquent que l’on en veut à telle catégorie de personnes. Parce qu’elles nous ont fait du mal, à nous ou à des proches. Mais on peut aussi très bien en vouloir à certaines catégories de personnes et de professions sans avoir eu de mauvaise expérience réelle avec elles. On ne fait alors que « répéter » ce qui se dit dans notre environnement et dans notre entourage depuis des années ou des générations. Sans prendre la peine de peser le pour et le contre. Puisque l’on fait corps avec celles et ceux qui font partie de notre environnement et de notre entourage. Et que l’on s’en remet à eux tous les jours. Se faire sa propre expérience demande une certaine capacité d’initiative. Mais aussi de pouvoir accepter de faire et vivre d’abord seul (e ) certaines expériences contradictoires. Certaines personnes n’ont ni cette volonté ni ce courage. 

 

Malgré cette ambivalence envers la police ou malgré l’aversion assumée que certaines personnes peuvent avoir envers elle, en regardant Bac Nord, je me suis demandé comment font ces femmes et ces hommes policiers pour avoir envie de faire ce métier. Ou, plutôt, pour continuer d’avoir envie de le faire. Que ces femmes et ces hommes travaillent pour la Bac ou non. Car le film rappelle bien aussi qu’être policière ou policier, c’est exercer un métier de conviction :

 

Il faut être convaincu de l’utilité de ce que l’on fait. Et de ce que l’on est. Ce qui peut être déjà très difficile au vu des risques mais aussi, surtout peut-être, des désillusions que font vivre- de façon répétée- ce métier. Et, en plus, il faut pouvoir apporter des preuves indiscutables que le travail effectué a été bien effectué. Et, tout cela, sans s’enrayer soi-même. Sans se vomir soi-même.

C’est montré dans le film : A part le personnage joué par Karim Leklou qui a pour lui la très large compensation d’avoir une femme aussi attractive, honorable et honorante que l’actrice Adèle Exarchopoulos, les deux autres policiers joués par Gilles Lellouche et François Civil n’ont pas de vie personnelle valide ou valable. Donc, leur métier leur fait payer un très lourd tribut. Et, dans ces conditions, je m’étonne que des femmes et des hommes tiennent encore à vouloir devenir policières et policiers. Tout en essayant, aussi, de concilier une vie de couple et de famille.

Or, pourtant, il y en a. Bien-sûr, je pourrais faire la même remarque pour des personnels soignants. Mais le métier de policier, de par ses armes, et la manière dont il confronte directement des femmes et des hommes à d’autres femmes et hommes me semble porteur de bien des échecs qu’aucun uniforme,  grade ou ultimatum ne peut contrer.

 

L’acteur Gilles Lellouche de face. De dos, l’acteur François Civil.

 

Casseur de rêve exotique :

 

 

Pour ces quelques raisons, pour moi, Bac Nord n’est pas un film fasciste et raciste. Mais on peut lui reprocher, oui, d’être assez caricatural sur certains aspects.

Néanmoins peut-être que ce qui lui est fondamentalement reproché, c’est de casser le rêve exotique marseillais avec l’accent, la mer, la sensualité et le soleil. Pour, au contraire, envoyer dans les yeux du spectateur du sable et bien des écueils. Comme si, au plein milieu d’une comédie qui se déroule bien, on se mettait d’un seul coup à reparler de la pandémie du Covid ou du réchauffement climatique. Comme si, à parler de la Guadeloupe, au lieu de parler de plages, cocotier, zouk, ti-punch, sexe et Francky Vincent, on en arrivait à reparler de l’esclavage, du Covid, de l’obésité, du Sida, de chômage, de maltraitances conjugales, de chlordécone, d’alcoolisme et de diabète. Ça casse un peu l’ambiance.

 

 

Franck Unimon, ce mercredi 29 septembre 2021.

 

 

 

 

 

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New York 2011 : “You’re Welcome !”

»Posted by on Sep 27, 2021 in Voyage | 0 comments

New York 2011 : “You’re Welcome !”

 

New-York 2011 : «  You’re Welcome ! ».

( cet article est la suite de New-York 2011- 2ème partie )

 

Ma compagne m’a proposé d’aller au cinéma dans Time Square. Je ne peux qu’accepter. Nous reprenons le bus. Et sa climatisation. Nous longeons la partie ouest de Central Park.

 

Nous passons devant le musée américain d’histoire naturelle. J’ai entendu dire beaucoup de bien de ce musée qui a manifestement été très fréquenté ce dimanche. Je vois principalement des blancs. La statue devant le musée me dérange :

Un blanc à cheval. A sa gauche, à pied, un noir. A sa droite, je ne vois pas qui marche à ses côtés. Un Indien ?

 

Nous descendons à la 59ème rue. Là, une dame avec un accent d’Europe de l’est me répond que Time Square est à environ dix rues ( «  Ten blocks ! » de là en prenant Broadway.

 

En prime abord, je trouve Broadway plaisant. Bien plus que Madison Square Garden.

Et puis, nous entrons dans un pavé touristique. Et puis, toute cette foule. Tous ces écrans. Toutes ces lumières. Il est un peu moins de dix neuf heures.

 

Nous croisons une foule qui se fait des gestes/signes sur un écran géant. A d’autres endroits, nous entrons dans un magasin Quicksilver «  Hi Guys ! » ouvert jusqu’à minuit.

Ailleurs, il semble qu’il y’ait des parcs d’attraction, des salles de spectacles courues. Mais je n’y comprends rien. Je vois de la promo pour Mme Tussaud. Samuel Jackson à l’affiche. Un restaurant ou une salle de concert B.B King/ Lucille.

Apparemment, devant une salle, une actrice se fait interviewer. Des passants la photographient. La vingtaine, blonde, mince, en robe et souriante, elle semble contente de ce qui lui arrive. Je me dis qu’elle doit avoir un rôle dans une pièce à succès.

Il nous faut néanmoins demander à deux reprises où se trouvent les cinémas. Car, ici, ils ne sont pas majoritaires. Je redoute de tomber sur un UGC. Sur une réplique exacte d’un UGC parisien.  Finalement, non.

J’aurais aimé voir le film avec Gérard Butler mais il passe trop tard : une heure trente plus tard.

Nous optons pour le film Abduction dont j’ai oublié le titre en Français avec Taylor Lautner en héros. Taylor Lautner, découvert/révélé grâce à Twilight  dont j’ai déjà vu à peu près en entier le premier épisode, je crois.

 

L’affiche et l’annonce du film en France m’ont fait penser à du Jason Bourne. Autant, j’ai aimé la trilogie de Jason Bourne, autant je suis perplexe devant l’affiche. Mais les critiques, en France, ont été, je crois, plutôt bonnes.

 

La caissière, Priscilla, est plutôt jeune et jolie. Mais elle est là pour faire du chiffre et aligne ses phrases mécaniquement. Lorsque je lui demande s’il existe une feuille avec les résumés des films, il lui faut quelques secondes pour comprendre. Enfin, elle comprend et je récupère une feuille. Je ne comprends rien à ses indications pour trouver la salle mais je suis serein. Rétrospectivement, elle m’avait sûrement dit « Level five ! » soit tout en haut.

Nous prenons les escalators.

 

La salle est assez petite. Cent places ? Plus ?

Les fauteuils s’abaissent lorsque l’on s’assied. Ils me donnent une impression de mollesse qui me déplait. Bien-sûr, il y’a du pop corn dans la salle mais pas plus que dans certains films grand public dans une salle UGC à Paris. Quelques téléphones portables allumés. Par contre, mieux vaut entendre les réclames publicitaires car leur volume sonore est particulièrement élevé.

 

Le film : Taylor Lautner est sur le capot d’une voiture conduite à vive allure sur la route par un de ses meilleurs amis. Un blanc. Un noir. Malgré la vitesse et les virages, Taylor Lautner n’a pas peur. Le trio arrive à une party. Le noir est un faussaire de génie : il fabrique des faux papiers d’identité qu’il vend à prix d’or. « No Stress ».

Taylor croise une jeune fille qu’il biche. Elle, aussi, le biche. Mais elle l’évite et elle a un copain. Lequel bouscule Taylor Lautner. Surproduction de testostérone. La fille intervient. Pas de bagarre. Taylor et ses copains s’amusent. Il prend une cuite, se réveille le lendemain, torse nu, dans le jardin qui a servi à la fête. Celle qui a organisé la fête a une heure pour tout ranger avant que ses parents n’arrivent.

Dans ce film, outre Lautner, il y’a Alfred Molina, Maria Bello, Sigourney Weaver.

Il y’a des traits d’humour que je n’ai pas compris. Mais je crois avoir compris l’intrigue et le but de ce film :

Après le succès de Twilight, pousser la carrière de Taylor Lautner. Lequel a d’évidentes aptitudes plastiques et acrobatiques. Sorti de ça, à part du pop corn, il n’y’a rien dans ce film. Un film de spectacle pour celles et ceux qui veulent du spectacle. Un spectacle de division d’honneur ou de troisième division.

Après ça, trente minute de marche jusqu’à l’hôtel. Nous étions claqués. Je me suis dit que ce dimanche, nous en avions trop fait.

J’étais claqué, j’avais la nausée et un peu mal à la tête. Nous nous sommes couchés sans dîner à 23 heures. Sur la messagerie du téléphone de notre chambre, un message de la réception pour nous proposer une soirée à 23 heures….

 

Aujourd’hui, ce lundi 10 octobre, il nous fallait frapper un grand coup !

Notre City Pass acheté sur internet avant notre arrivée à New-York nous donne droit à six sorties culturelles (musées, croisière, point de vue panoramique). Puisque nous repartons samedi et que nous envisageons de prendre notre temps pour ces sorties, il devenait nécessaire d’en faire deux si possible aujourd’hui. Sans nous fatiguer. Car ma compagne a eu les mêmes impressions que moi par rapport à notre journée d’hier. Et, je me demande comment font celles et ceux qui restent entre trois et cinq jours à New-York avec le décalage horaire. A part en courant en permanence ou en se concentrant sur deux ou trois activités, je ne vois pas….

 

 

Nous avons cette fois pris notre petit-déjeuner vers midi. Le temps de finir mon compte-rendu dans ce cahier, de m’étirer et de me doucher…mais ma compagne ne m’a pas semblé très pressée non plus.

Nous sommes allés à Prêt à Manger dans la 3ème avenue. Lieu de restauration fermé le week-end qui nous avait fait bonne impression à notre arrivée à New-York. Nous avons d’abord cru que ce serait très cher. Alors, nous commandons  prudemment.

Je prends un Bagel. Ma compagne dit d’abord : « ça va être cher ! ».

Nous partons. Je goûte le Bagel. Il est très bon. Ma compagne le goûte puis me dit :

« C’est comme tu veux ! ». Nous y retournons :

Un Mocha et deux Bagels pour elle. Un large hot chocolate, un Muffin aux baies et à l’orange et un verre d’eau pour moi. Conclusion : 13 dollars. Succès commercial. C’est fait maison. C’est bon et c’est copieux. Martine a du mal à finir son Mocha. Ce que j’ai pris me suffit.

Nous partons pour le MOMA avec le deuxième Bagel de ma compagne.

Une partie du tableau ” Christina’s World” réalisé en 1948 par Andrew Wyeth.

 

Le MOMA est à une dizaine de minutes à pied de l’hôtel. Demain, il sera fermé. Mais avant ça, je cherche un lavomatic dans le quartier. Mais à qui demander ?

Je remarque un noir qui parle dans son téléphone portable en poussant un diable vide. Il a une bonne quarantaine d’années. Peut-être plus. A l’entendre, je crois reconnaître un Haïtien. Je l’interpelle devant le magasin Duane.

Oui, il parle Français. Mais il me répond d’abord en Anglais. Puis, il se met au Français. Il habite Brooklyn. Il n’est pas du quartier mais il veut bien se renseigner. Il pousse son diable dans le Duane comme en terrain familier, salue un des jeunes caissiers (la vingtaine) qui semble s’être accommodé du personnage qu’il perçoit sans doute comme un farfelu. Non, il ne sait pas où il y’a un lavomatic dans le quartier.

Notre homme interpelle un autre noir, une cliente. Personne ne sait.

Il part chercher le manager. Revient peu après : le manager ne sait pas. Et dire qu’à Brooklyn, où il habite, il y’a tant de lavomatic !

Il se propose presque de nous y accompagner. Je décline. Il me propose de l’appeler si j’ai besoin d’un service. Je décline tout autant poliment. A Church Avenue, à Brooklyn, il y’a plein de lavomatic m’assure-t’il. Il me répond qu’il faut amener sa lessive. Il est bien Haïtien et s’appelle Zelo.

 

 

Puis, le MOMA.

 

Il y’a du monde. La jeune femme du vestiaire a commencé à perdre patience.  Oui, le vestiaire est gratuit. Mais au moment de prendre mon sac : ai-je du matériel électronique dedans ? Oui.

Dans ce cas, il me faut le prendre avec moi. Bon.

Ai-je des objets de valeur dans mon sac ? Oui. Il me faut les prendre avec moi.

Puis, elle m’explique que l’usage des appareils photos et caméra est autorisé au MOMA. Que je peux emmener mon sac avec moi.

Il me faut un moment pour comprendre : j’étais content de pouvoir m’alléger pour profiter au mieux de cette exposition. Alors, en souriant, je la fais répéter. Je la vois qui commence à perdre patience. Je décide de prendre mon sac.

 

 

Pendant les dix premières minutes, dans la partie Art contemporain, je me sens idiot. Ce que je suis sans doute de plus en plus. Ensuite, je bute sur les constants chefs d’œuvre de peintres comme Picasso etc…Jeff de Kooning…

Je ne vois rien. Une femme assez bruyante, et accompagnée de ses deux garçons, interpelle un gardien. Noir. Ils étaient principalement noirs. J’ai vu un seul gardien sud-américain.

La femme demande au gardien ce qu’il voit dans la toile qu’elle regarde. Celui-ci lui répond qu’il faut utiliser son imagination. La femme affirme devant le gardien débonnaire qu’elle l’utilise, son imagination !

 

Et puis, des tableaux m’ont plu. Comme Napoléon into Wilderness de Max Ernst. Ou un portrait de Modigliani.

 

Dans une salle, alors que j’entre, le gardien, un noir d’environ 1m90 pour 120 kilos mime le geste de m’adresser un ballon de football  américain. Au départ, je ne réagis pas.

Il répète son geste. Je fais mine d’attraper le ballon. Il fait semblant d’avoir le ballon contre lui. Cela lui suffit. Je poursuis ma visite.

Lorsque je ressors de la salle, il recommence. Toujours à distance. Environ cinq à dix mètres nous séparent. Tout se passe en silence.

 

 

Nous terminons notre visite un peu avant 17 heures. Vers 16h30. Puis, direction la Circle Line pour une croisière autour de Manhattan. Nous faisons en fait un demi tour. Le bateau est plein.

Nous avons droit à un commentateur pendant une bonne partie de la traversée. J’ai compris des bouts de ses commentaires. J’ai pris des photos, quelques vidéos. C’est le résultat de ces images qui me dira si cela m’a plu. Car être sur un bateau aussi plein m’a déplu.

 

 

Pour dîner ce soir, nous faisons une halte auprès d’un marchand ambulant :

Pour du riz et du falafel. Pour du riz et du gyro, mélange de poulet et d’agneau. Dix dollars.

L’homme me demande d’où nous venons. Je lui réponds. Je lui demande d’où il vient :

« Afghanistan ».

 

 

Ce soir, deux événements :

 

J’ai mis un pied dans le magasin de comics repéré près de l’hôtel. Dix minutes avant sa fermeture à 21h ?

Ma compagne m’a appris que sur la carte, à New-York, les rues sont horizontales et les avenues, verticales jusqu’à Chelsea et Gramercy. Ensuite, la carte se complique.

Elle se débrouille très bien avec la carte. Elle me guide. Je suis plus porté sur la mémoire visuelle (laquelle n’est pas encore totalement opérationnelle ici) et le fait d’entrer en relation avec les gens. 

 

Nous avons complété notre diner « afghan » avec quelques morceaux de fruits achetés au Long Gourmet : là où nous avions pris notre petit déjeuner hier.

 

Plusieurs fois, aujourd’hui, alors que je cherchais notre itinéraire, très vite un New-Yorkais m’a demandé où nous voulions aller.

Depuis le début de notre séjour, chaque personne que nous avons pu solliciter a fait de son mieux pour nous renseigner, allant jusqu’à nous dire après nos remerciements :

 

« You’re welcome ! ».

 

 

Franck Unimon ( photos prises au MOMA en octobre 2011 exceptées les deux premières photos prises en extérieur).

 

 

 

 

 

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Vivre au temps du Covid avec Eric Zemmour

»Posted by on Sep 26, 2021 in Corona Circus | 0 comments

Vivre au temps du Covid avec Eric Zemmour

Paris, 6 ème arrondissement, ce 23 septembre 2021. Près de l’église St Sulpice.

 

Vivre au temps du Covid avec Eric Zemmour

 

Si je me souviens bien, c’est au début de La Vie devant soi, de Romain Gary, que le jeune Momo demande :

« C’est possible de vivre sans amour ? ».  Le vieil Arabe à qui il échoit de répondre, après une sorte de lutte intérieure, cède. Et lui « donne » la vérité. « Oui, c’est possible…. ». Alors, Romain Gary nous décrit un vieil homme qui tire la tronche. Et c’est moche à suivre. Car si le jeune Momo a encore « toute la vie » devant lui, en posant cette question à cet homme, celui-ci, en répondant, a été contraint de voir en face que l’intégralité de sa vie- et de son œuvre- avait été ratée.

 

C’est en lisant, ado, ou jeune adulte, ce livre de Gary que j’avais appris que l’on pouvait lire sans amour. Pardon : que l’on pouvait vivre sans amour. Vingt ou trente ans après avoir lu deux ou trois œuvres de Romain Gary, je sais qu’elles font partie de ces lectures qui m’ont fait et me font vivre.  Aujourd’hui encore, chaque fois que je « croise » le nom de Gary, directement ou indirectement au travers de Jean Seberg, pour moi, le temps s’arrête quelques instants.

 

Nous connaissons des auteurs, des penseurs, des personnalités, des oeuvres ou des artistes, connus ou inconnus, controversés ou encensés, qui nous animent de cette façon. Qui nous rendent vivants.

 

Je suis évidemment bien incapable de savoir ce qu’il restera de ce que nous vivons et de ce que je vis, aujourd’hui. Néanmoins, ce dimanche 26 septembre 2021, je me dis que si nous pouvons vivre sans amour, alors, nous pouvons sûrement également vivre sans Eric Zemmour.

 

Or, depuis quelques semaines, peut-être depuis plusieurs mois, « beaucoup » de monde veut « son » Zemmour. Bientôt, il sortira peut-être un ours en peluche Zemmour. Un pendentif Zemmour. Un album de Rap Zemmour. Une limonade Zemmour. Un peignoir et un slip de bain Zemmour. Une voiture électrique Zemmour.

Zemmour  et « ses » 6 ou 7 pour cents d’intention de vote s’il se présente aux élections présidentielles de 2022. Zemmour à la télé en plein débat avec l’animateur, producteur, écrivain, artiste Laurent Ruquier, son ex-employeur, et la journaliste Léa Salamé. Léa Salamé qui est un peu le pendant d’Anne Sinclair dans les années 80-90 avant « l’échec » DSK.

Zemmour immergé dans l’eau salée dans un collé-serré avec celle qui serait sa proche conseillère. Zemmour et sa crème fouettée. Zemmour à Koh-Lantah. Zemmour à The Voice. Zemmour dans Le Bonheur est dans le pré. Zemmour à Fort Boyard. Zemmour dans le prochain James Bond (c’est lui qui va remplacer Daniel Craig). Zemmour dans le prochain Matrix (tout venait de lui).

Zemmour défendu par son « ami » journaliste Pascal Praud, un homme qui regrette les  années 70-80, mais seulement de la France. Les années des “vraies valeurs”. Pas celles des années 70-80 du groupe Joy Division ou de Bob Marley et les Wailers.

Zemmour dans son débat télévisé avec Mélenchon, meneur du parti La France Insoumise. Zemmour qui, lors de son débat avec Laurent Ruquier affirme :

« 70 pour cent des Français pensent comme moi ! ». 70% !

 

On verra dans vingt ou trente ans – si nous sommes encore là, si nous n’avons pas été remplacés– ce qu’auront donné, ce que seront devenus « ces » 70% qui penseraient comme lui. Au point que Zemmour estime avoir « annexé » les pensées de pratiquement les trois quarts des Français. Parce-que, penser en permanence « comme » quelqu’un d’autre, c’est une épreuve. Et puis, lui qui voit la France comme un pays envahi par les étrangers délinquants, déviants, mal nommés et menaçants, il devrait penser à faire profil bas.

Si les « vrais » Français sont devenus minoritaires dans ce pays.

 

Mais si les pensées de Zemmour clivent, réconfortent ou agressent, je le vois aussi beaucoup comme un commerçant. Mr Zemmour est le commerçant de ses propres pensées. Lesquelles sont ces produits qu’il a réussi à placer sur les étalages médiatiques. Car il a su et pu trouver dans ce “petit” monde médiatique des personnes qui l’ont trouvé suffisamment sympathique et utile pour l’aider à s’installer. L’encourager. Se fortifier. Lui, qui, au départ, était un « migrant » médiatique parmi d’autres et qui a ainsi pu obtenir son visa provisoire. Puis son titre de résident permanent ou sa nationalité quasiment indestructible qui lui permet désormais de circuler plutôt facilement dans les allées des chaines de télévision.  Car Zemmour n’est pas né sur un plateau de télé. Assez peu de monde naît dans un service de maternité qui appartiendrait à une chaine de télévision. Autrement, cela fait longtemps que nous aurions eus des clichés de la naissance du petit Zemmour à la maternité.

 

Ce petit monde médiatique, que nous sommes une majorité de spectateurs – et d’exclus- à regarder a ses particularités. Comme, d’abord, de pouvoir doter d’une importance disproportionnée certains événements et certaines personnes. Mais, aussi, d’ôter la mémoire. Et, ce qui va avec, de nous montrer quelques habitués, une très petite minorité des Français, dopés à l’exposition médiatique. Je n’ai pas pu m’empêcher de penser, je ne peux pas m’empêcher de penser, que si autant de monde veut « son » petit Zemmour, c’est parce qu’il est le « très bon coup médiatique » du moment.

« Seuls Sarkozy et Macron, actuellement,  peuvent faire autant que lui en termes d’audimat ».

Zemmour aurait tort de se priver d’un tel succès. Cela doit beaucoup lui plaire et le faire marrer de se voir autant désiré. Ou craint. Il a sans doute beaucoup de revanches à prendre, lui, qui a probablement longtemps vécu sans amour. Car lorsque l’on manque d’amour, le temps est souvent trop long. Je le sais par expérience. Non par jalousie ou mesquinerie envers Zemmour

 

Je sais aussi que Zemmour n’a rien à voir avec Romain Gary (qu’il a sûrement lu et apprécié). Ou avec Baudelaire.

 Zemmour n’a rapporté aucune médaille olympique des Jeux Olympiques de Tokyo qui se sont terminés il y a plusieurs semaines. Zemmour n’a sauvé personne du Covid en travaillant dans un hôpital ou une clinique depuis le mois de Mars de 202O. Zemmour n’est pas intervenu lors des attentats terroristes du 13 novembre 2015. Mais qu’est-ce que c’est bon de se prendre son shoot d’exposition médiatique comme on pourrait se prendre un verre de Perrier menthe tout en se montrant sur un plateau de télé avec Eric Zemmour ! Et en assurant, bien-sûr, que c’est pour la bonne cause. Pour le droit à la liberté d’expression. Et, aussi, pour percevoir un très bon salaire.

Il est surprenant de revoir comme la liberté d’expression, avec la garantie de recevoir un très haut salaire, reste le droit plutôt exclusif de quelques unes et quelques uns en France comme ailleurs.

 

Nous sommes toujours en pleine pandémie du Covid. Même si, depuis début septembre à peu près, avec la rentrée, j’ai bien senti qu’il y a une volonté – et un besoin– assez unanime de « l’oublier ».  Si bien que, très facilement, aujourd’hui, en France, pour ne parler que de « ça », des soignantes et soignants – héros l’année dernière- se font désormais suspendre, sans salaire. Est-ce que l’on écoute et réécoute ce que ces personnes ont à dire ? Non. On les a assez entendues comme ça. Quand ? Combien de fois ? Dans quelles conditions ? Avec quelles intentions ?

Pour les écouter véritablement ? Ou pour meubler et faire la Une ?

Leur suspension, leur arrêt de travail ou leur départ des hôpitaux et lieux de soins où on les contraint à cette vaccination (malgré le port du masque) va continuer d’accroître dans certaines régions au moins une pénurie infirmière existante depuis des années. Donc « quelques » déséquilibres supplémentaires pour répondre aux besoins sanitaires divers de la population vont survenir. Mais ça n’est pas “préoccupant”. Mon article Crédibilité , écrit le 5 novembre 2019, fait actuellement partie de mes articles les plus lus. Sans doute par des soignantes et des soignants. Peut-être que cet article les touche parce-qu’écrit avant la pandémie du Covid, il racontait et raconte ce que connaissent un certain nombre de soignants depuis plusieurs années. 

Pour l’instant, la pandémie diminue, il y aurait peu de personnes vaccinées contre le Covid à être hospitalisées. L’espoir d’en finir avec la pandémie du Covid revient et coïncide avec le taux officiel de vaccination de la population qui approche maintenant les plus de 70 % . Mais, pour moi, le grand test de la réussite de la vaccination générale va arriver à partir de cet automne. Ou dès que les températures vont véritablement fléchir à la fin de l’année ou au début de l’année prochaine.

 

En Israël, pays qui sert jusqu’à maintenant de « modèle » à la France pour son programme sanitaire contre la pandémie du Covid, une troisième dose de vaccin anti-Covid (vaccin qu’en France refusent de se faire injecter les soignants suspendus/ raison pour laquelle depuis ce 15 septembre 2021, ils peuvent être suspendus en recevant un recommandé avec accusé de réception) a été décidée pour la population à partir de 30 ans : 

 

En raison de la baisse d’efficacité du vaccin Pfizer face au variant Delta du Covid. Le « Pfizer » est Le vaccin anti-Covid largement le plus utilisé en France.  Avec le « Moderna », le « Pfizer » a été conçu avec la technique ARN messager. Ces deux vaccins, le Pfizer et le Moderna sont présentés comme les plus avancés. Les plus performants actuellement contre le Covid.  Hors contamination par le Covid, ils nécessitent deux injections à trois semaines d’intervalle. Et, il faut compter 7 jours après la deuxième vaccination pour pouvoir considérer être vacciné contre le Covid. Pour une durée d’efficacité maximale d’environ six mois après la deuxième injection.

Les deux autres vaccins disponibles, l’ Astrazeneca et le  Johnson & Johnson ont eu des ratés en termes d’effets secondaires. Des effets secondaires « dérangeants », « gravissimes ». Je crois que l’Astrazeneca a été le premier vaccin anti-Covid proposé en France au début de l’année 2021. Peut-être fin 2020.

Le Johnson & Johnson a été, à ce jour, le dernier vaccin anti-Covid proposé en avril ou Mai 2021. Ce dernier a pour particularité de nécessiter une seule injection. Injection après laquelle il faut compter 28 jours pour pouvoir considérer être correctement vacciné contre le Covid.

Le Johnson & Johnson a, aussi, très vite, comme l’Astrazeneca, présenté des effets secondaires « dérangeants » et « gravissimes ». Néanmoins, à la faveur de la règle bénéfices/risques, le Johnson & Johnson et l’Astrazeneca peuvent encore être proposés à la vaccination :

il est estimé qu’il y a plus intérêt, pour se préserver des graves conséquences médicales du Covid, de se faire vacciner que ce soit par l’Astrazeneca, le Johnson & Johnson, le Pfizer ou le Moderna. Selon les situations personnelles et médicales de chacun (comorbidités, âge….) un avis médical permet de choisir le vaccin qui correspond le mieux. Je ne suis pas médecin. Je résume dans cet article ce que j’ai compris et ce que j’ai lu.

 

Depuis quelques jours, les personnes qui se sont faites vacciner avec le Johnson & Johnson sont incitées à recevoir une injection du Pfizer ou du Moderna ( les deux vaccins anti-Covid à ARN messager) afin de « booster » leurs défenses immunitaires.

 

Deux vaccins anti-Covid sur quatre ont présenté des risques sanitaires ou des « faiblesses » en termes de réponse immunitaire. Nous manquons encore de recul par rapport à ces quatre vaccins anti-Covid qui s’inoculent ( j’ai reçu une première injection de Moderna mi-septembre, il y a deux semaines). Des laboratoires, des entreprises et des actionnaires engrangent des marges de profit historiques « grâce » à la pandémie du Covid. Mais les soignants qui refusent de se faire injecter ces vaccins anti-Covid sont aujourd’hui perçus comme indésirables, irrationnels, dégradables et irresponsables ou responsables potentiels et principaux de la persistance ou de développement de clusters de la pandémie du Covid.

A côté de ça, depuis deux semaines, il est de nouveau possible de retourner dans certains centres commerciaux en portant uniquement un masque anti-Covid. Car le taux d’incidence de la pandémie a diminué. Et puis, imposer trop de conditions pour accéder aux centres commerciaux a pu faire perdre à ceux-ci 20 à 30 % de leur chiffre d’affaires. Auparavant, il fallait fournir un pass sanitaire ( j’écris souvent “passe” au lieu de “pass”) qui atteste de notre vaccination anti-Covid complète et achevée au moyen d’un QR Code. Ou du résultat négatif de moins de 72 heures à un test antigénique ou PCR. Ou d’un résultat positif à l’infection du Covid depuis un certain nombre de jours. 

 

 Des forages pétroliers se multiplient dans l’Antarctique au détriment du réchauffement climatique. Le procès des attentats terroristes du 13 novembre 2015 se poursuit. En France et ailleurs, il est d’autres informations plutôt sensibles. Mais, depuis quelques semaines, on nous parle et reparle de Zemmour.

 

Zemmour va-t’il se lancer dans les élections présidentielles ? Le « pauvre » Zemmour s’est fait insulter par une humoriste qui l’a grimé en « zob » et en Hitler. C’est inadmissible ! Et, en plus, ce n’est pas drôle a affirmé un journaliste qui l’aime beaucoup – qui n’est pas drôle- et pour lequel la “popularité” de Zemmour est bien utile. Ainsi que pour la chaine de télévision pour laquelle il travaille.

 

Une scène du film “Bac Nord”, où deux des policiers de la Bac interprétés par François Civil et Karim Leklou se font passer pour des consommateurs de shit afin de “s’infiltrer” dans une cité tenue/grillagée par des trafiquants. Le film est sorti cet été. Le film semble plutôt apprécié par les policiers. Récemment, dans Paris, en allant prendre le métro, j’ai pu entendre un policier dire à ses collègues en regardant une affiche du film “Il parait que c’est un bon film”. Je rappelle aussi le livre “La peur a changé du camp” de Frédéric Ploquin dont j’ai parlé dans un de mes articles.

 

 

Le film Bac Nord de Cédric Jimenez donnerait une vision « zemmouriste » de la France. Si dans le film  Les misérables 2ème partie de Ladj Ly, en banlieue parisienne, les policiers de la Bac entrent dans les cités et abusent de leur pouvoir, dans Bac Nord, à Marseille, les policiers de la Bac ne peuvent plus entrer dans certains quartiers.

 

L’acteur Roschdy Zem dans le rôle principal de “Go Fast”.

En 2007 au moins, un film comme Go Fast d’Olivier Van Hoofstadt montrait déja une cité où les policiers n’étaient plus “chez eux”. Mais en 2007, c’était l’ère Sarkozy auquel Zemmour me fait aussi penser. 

 

 

Mais dire que cela est devenu un fait dans certains quartiers de France (pas uniquement à Marseille) n’est pas « zemmouriste ». Ce qui est « zemmouriste », c’est d’occulter que ces quartiers se sont transformés et radicalisés de cette manière à la suite de décisions politiques et économiques prises et répétées ces vingt et trente dernières années. Et de pouvoir affirmer ensuite à la télé à une heure de grande audience :

 

«  70 pour cent des Français pensent comme moi ! ».

 

Ce qui est « zemmouriste », c’est de croire et de penser que les conditions de travail dans des institutions publiques comme l’école, les hôpitaux mais aussi dans la police se sont dégradées toutes seules. Ou principalement par la faute de celles et ceux qui y travaillent.

Et ce qui est peut-être anti-zemmouriste et anti-RN, c’est de comprendre que ces décisions politiques et économiques « pérennes » depuis vingt à trente ans finissent par amener des personnels soignants ou enseignants à voter pour le RN ou pour Zemmour. Mais aussi à produire des Eric Zemmour.

 

Autrement, oui, j’avais vu le film Dune-un film de Denis Villeneuve . Je l’aime toujours. Même si je suis d’accord avec la critique lue ailleurs selon laquelle « une fois de plus », ce sont des gentils blancs qui viennent sauver les Indigènes. Il est vrai que Javier Bardem – un acteur que j’aime beaucoup – en «Touareg » fait un peu penser à ces blancs qui jouaient les Indiens ( en se grimant) dans les westerns. Et, tout compte fait, je lui trouve aussi un petit air de Zemmour.

 

Et puis, je m’inquiète subitement – alors que je ne devrais pas vu que lui ne s’est jamais inquiété pour moi- de Jean-Louis Borloo. Lui, si doué pour resplendir sur les trampolines médiatiques beaucoup plus longtemps que Simone Biles. Une telle discrétion de sa part m’étonne. C’est suspect. Je suis sûr que Zemmour y est pour quelque chose.

Paris, ce 23 septembre 2021.

 

Franck Unimon, ce dimanche 26 septembre 2021.

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New-York 2011- 2ème partie

»Posted by on Sep 24, 2021 in Voyage | 0 comments

New-York 2011- 2ème partie

 

New-York. Lundi 10/10/11 7h05

( cet article est la suite de New-York 2011 que j’avais publié le 12 mars 2020. Ce 24 septembre 2021, je me suis senti inspiré pour poursuivre. J’ai peut-être estimé que j’avais suffisamment pris le temps de la réflexion).

Hi Guys !

 

Hier, dimanche 9 octobre, après la tenue de ce journal, nous sommes allés prendre un petit-déjeuner près de l’hôtel. Mais avant de parler d’hier :

 

Tout à l’heure, en me levant, je me suis dit que si je devais vivre ou si je venais à vivre à New-York, j’habiterais Harlem. Ou Brooklyn.

 

Harlem pour ses loyers que je devine à peu près abordables : cité HLM ou équivalent. Pour ses anciennes zones pavillonnaires. Pour le calme que nous y avons trouvé hier ; la taille de ses habitations sensiblement moins haute que là où se trouve notre hôtel ; pour sa population : des Noirs (Américains ou Africains) des Hispanophones. Il semble qu’il y’ait une sorte d’entente tacite, au départ, entre personnes de même couleur ici.

 

Brooklyn : parce-que peut-être que le côté populaire d’Harlem me rebuterait. Peut-être qu’Harlem n’est pas si calme que ça. Parce-que Brooklyn me semble plus proche de la vie qu’Harlem. De la vie culturelle, économique. Mais Brooklyn est sûrement très chère.

 

Si je reviens un jour à New-York, j’essaierai d’habiter à Brooklyn si, économiquement, c’est plus avantageux qu’à l’Intercontinental Barclay. Mais, par ailleurs, notre hôtel est vraiment bien situé géographiquement :

A quelques minutes de Grand Central. A environ 30 minutes à pied de Broadway et de Times Square….

Par contre, pour le prix des commerces, il faut être affuté. Apercevoir une chocolaterie Godiva à quelques minutes de notre hôtel, dans Lexington Avenue, le soir de notre arrivée, aurait dû m’en informer ; la veille de notre départ pour New-York, nous sommes allés faire du change, rue Rouget de Lisle, dans le premier arrondissement, près des Tuileries, au métro Concorde. Soit la négation d’un quartier populaire. C’est dans la rue du Faubourg St-Honoré que nous étions tombés sur Godiva en cherchant un distributeur de billets. Godiva est une chocolaterie chic dans un quartier où je me promène peu. Ce n’est pas mes origines. Les cinémas les plus proches sont sur les Champs Elysées. Ou à Opéra. Ce ne sont pas les cinémas que je fréquente le plus. Exceptions faites des projections de films réservées à la presse cinéma dont plusieurs salles se trouvent sur les Champs ou aux abords des Champs Elysées.

 

Si je venais vivre à New-York, qu’y ferais-je ? Certainement pas infirmier ou dans le milieu de la santé !

Pour beaucoup, les Etats-Unis symbolisent la possibilité d’une nouvelle chance, d’une autre vie. Alors, quoi faire dans cette ville où, manifestement, il convient d’être bavard, actif, toujours souriant et expressif : «  Hi guys ! » nous ont déjà répété plusieurs fois des employées à notre entrée dans certains magasins. Le mot « Guy » m’intrigue. Ma compagne est une fille. Malheureusement, je n’irai pas interroger ces employées à ce propos.

 

Parler ici n’est pas vraiment mon ressort. Autant lire et écouter en Anglais, oui. Parler, pas vraiment. Du moins, pas pour l’instant. Je parle Anglais car Ma compagne le fait très peu. Je suis aussi son escorte linguistique. Et pour des raisons pratiques : trouver notre chemin.

Mais, autrement, je crois avoir quitté cette excitation juvénile, niaise et immature qui, il y’a vingt ans, en Ecosse, me rendait plus bavard, plus expressif et plus souriant.

Aujourd’hui, je ne parlerais pas de déprime (beaucoup, en outre, m’envieraient cette déprime) mais d’un certain scepticisme vis-à-vis d’un certain cirque social.  Hier, je me suis surpris à regretter, un peu, la discrétion voire la retenue japonaise. OU asiatique. Mais je ne sais sans doute pas de quoi je parle et ma compagne me dirait sans doute que je suis trop exigeant avec moi-même.

 

 

Je me sens tenu d’écrire tout de suite que cela me va d’être l’escorte linguistique de ma compagne, ici : il y’a plus désobligeant et elle est de bonne compagnie. Pas de chichis où de scènes à 2 balles.  De la simplicité, de la gentillesse et de l’efficacité.

 

Agacé

 

Je suis assez agacé par le fait que notre séjour consiste pour beaucoup à aller découvrir ces endroits de New-York dont nous avons beaucoup ( au point de ne plus nous en rendre compte) entendu parler ou que nous avons beaucoup vus au cinéma ou à la télé. C’est à cela que je me rends compte que New-York est bien la ville, une ville, qui fait partie de la Première Puissance mondiale. Or, lorsque je regarde bon nombre de ses habitants, je vois des êtres faits comme tout le monde avec les mêmes erreurs, travers ou tics qu’ailleurs.

 

Je suis assez agacé par ce circuit touristique mais c’est sans doute un préliminaire nécessaire. Il aide à comprendre une partie de l’histoire de cette ville, de ces gens. Et puis, cela me fait voir autre chose, ou presque, de ce que je connais et vois d’habitude.

Presque : car les mêmes besoins sont ici présents comme ailleurs.

 

Chester Himes

 

 

Hier matin, notre petit-déjeuner a été une réussite économique. 23 dollars et quelques    (parce-que nous avons pris pour environ 10 dollars de fruits, c’est cher : pastèque, melons, mangue).

La veille, nous avions payé un peu plus de 40 dollars.

Je n’ai pas retenu le nom de l’endroit de notre petit-déjeuner d’hier matin, très proche de notre hôtel. A l’angle en descendant. Il s’agit visiblement d’un commerce.

« We never close » m’avait répondu malicieusement la dame de la caisse, d’origine chinoise. Pourtant, le soir de notre arrivée, les lumières étaient plutôt éteintes et un homme faisait le ménage.

Derrière les fourneaux, des Mexicains ou des Sud-Américains. A la caisse, des femmes chinoises. Au milieu, des produits alimentaires. Il est possible, ici, de manger tous ses repas. Et, il semble que cela soit très fréquenté.

 

Après ça, le bus jusqu’à Harlem. Nous le prenons dans la 3ème Avenue, non loin du magasin Capacci Group où j’ai acheté mes cadenas qui, maintenant, m’obéissent. Le magasin est ouvert ce dimanche comme la plupart des commerces.

Je demande au chauffeur, un Noir d’une cinquantaine d’années, barbe grise et sel de 2-3 jours, où s’arrêter pour Harlem :

« It depends on where you’re going » me répond-t’il. Mince !

« Up to Central Park » je réponds. Il me dit qu’il m’arrêtera à une station. Je le remercie.

La climatisation me heurte. Je ferme mon blouson. La 3ème Avenue défile plus de trente minutes durant. Le chauffeur annonce la plupart des arrêts par noms de rue. Il est l’autorité du bus.

Une seule femme (d’une bonne cinquantaine d’années) raconte sa vie grâce à son téléphone portable.

Nous apercevons beaucoup de commerces dont une Bakery qui donne envie avec ses pâtisseries maison. J’aperçois aussi une maison à Bagels. Je n’en n’ai toujours pas mangé. Les quartiers sont assez chics ou bobos. Puis, vient Harlem. Et, c’est moins beau. D’abord, une bonne partie des passagers avec nous au départ a disparu. La femme blanche au téléphone portable n’est plus là.

Un Noir massif d’une cinquantaine d’années, assez grand, aux pieds larges chaussant à peu près du 48, et sentant l’urine, monte avec une poussette. C’est laborieux. Derrière lui, une jeune femme noire, grosse, la vingtaine, avec un joli visage, mesurant 1m60 ou moins, porte un enfant qui doit avoir un an au maximum.

L’homme et la femme s’assoient côte à côte. Debout, à l’arrêt de bus, un homme d’environ 1m70, la cinquantaine, la peau noisette, maigre, est vêtu d’un costume beige. Ses yeux sont assez exorbités. Il porte une bosse sur la partie gauche de son front. Une bosse qui semble faire partie de son anatomie. Il regarde derrière le bus semblant en attendre un autre. C’est un personnage d’un livre de Chester Himes.

 

Le bus repart. Un peu plus tôt était montée une jeune femme noire, en tenue de travail. Une combinaison bleue (tunique et pantalon). Elle venait sûrement de l’hôpital devant lequel nous nous étions arrêtés.

 

Le couple à l’enfant discutait tranquillement, se souriant. La poussette, elle, n’arrêtant pas de se déplacer : les freins ne marchaient pas ou ne marchaient plus. Plusieurs fois, celle-ci s’est déplacée sans que l’homme s’en aperçoive. J’ai ainsi pu la remettre une ou deux fois sans qu’il le voie. La première fois, il s’était excusé. Finalement, l’homme a posé son gros pied pour coincer la poussette.

 

 

A un arrêt est monté un mastodonte noir (à la Schwarzenegger  quand il était jeune). Il tenait dans la main un sorbet qu’il lapait avec plaisir.

 

 

Nous sommes descendus peu après. Le Harlem que j’ai vu m’a évoqué la Porte de Clignancourt, ses commerces bon marché, St Ouen, avec un playground. Mais une Porte de Clignancourt en plus large bien-sûr et où l’on parle Espagnol.

En marchant vers le nord de Central Park, nous croisons quelques Africaines et Africains francophones.

 

Le nord de Central Park

 

 

Cela surprend de tomber sur le nord de Central Park en émergeant d’Harlem et de ses logements calmes mais plutôt moches. De plus, il fait beau. Comme hier.

 

 

A Central Park, l’atmosphère est très détendue. Quelques personnes sur des bancs. Lecture, détente, coiffure. Mais la plupart se promènent. Quelques noirs mais surtout des blancs. Ou des touristes comme nous. Enfin, c’est ce que je vois d’emblée.  Le parc est beaucoup trop grand pour que je sois catégorique.

Des gens se promènent en famille.  Quelques personnes trottinent. Comme ce noir d’environ 1m90 pour plus de cent kilos, la cinquantaine, short, casquette, baladeur fiché dans la brassière de son bras gauche. Il se prend la laisse d’un petit chien tenu par un môme. Le noir saute un moment à cloche-pied, le temps d’être dégagé, sous les «  My God ! I’Am sorry ! » de la maman du petit. Puis, l’homme repart vers son footing en transpirant. Il est midi et demi passé.

 

 

Nous entrons dans un jardin où les cyclistes sont invités à mettre pied à terre. Malheureusement, j’ai oublié son nom. C’est un jardin assez grand pourvu de toilettes gratuites et plutôt propres. On peut facilement tourner en rond dans ce jardin. Mais c’est calme, agréable. On y croise deux surveillantes. Deux noires. Deux étudiants, une fille, un garçon, avec leur Mac sous les colonnes. Un couple. Un endroit tranquille.

 

En sortant de ce jardin, nous nous rapprochons du réservoir Jackie Onassis (Quel hommage ! ) et de la file active des sportifs de Central Park. Enfin, sportifs….tous ne le sont pas. Même si le plus grand nombre en a la tenue et l’équipement. Et, ils sont nombreux à défiler régulièrement, principalement à pied ou à vélo. Beaucoup moins, j’en suis surpris, en rollers et avec des rollers « ordinaires » à quatre roues avec frein à l’arrière. A l’exception d’un rouleur, noir, en combinaison de compétition avec quatre roues d’environ 100 mm de diamètre.

Je vois beaucoup de sportifs du dimanche. Ou des sportifs qui commencent un entraînement.

Nous remontons (descendons) la file active à contre-courant. Parmi les promeneurs, quelques voix françaises.

Nous longeons principalement la piste sportive jusqu’au sud où nous sortons. Après une pause, assis sur un banc, à regarder les sportifs.

 

Nous tombons sur le défilé du char de la Colombie. Devant nous, quelques Colombiens émus agitent leur drapeau. La jeune femme qui représente la Colombie semble aussi contente et émue.

Nous n’attendons pas le passage des autres chars et ne demandons pas de quoi il s’agit. Nous traversons l’avenue dès que cela est possible avec quelques autres. Nous prenons un bus dans l’avenue Madison direction Harlem. Le seul avantage que je trouve à ce que je vois de Madison Avenue est de nous indiquer un des musées où nous irons peut-être : le musée d’art contemporain. Pour le reste, cette avenue me déplait. Sa froideur. Son luxe. Ce fric. Ces vitrines. Et puis, la climatisation du bus me rackette.

 

Harlem

 

 

De retour à Harlem pour trouver un restaurant, je nous égare. Jusqu’à ce qu’une dame noisette d’une soixantaine d’années du genre bigote nous réponde avec un accent espagnol et nous aiguille.

 

Je suis étonné par l’espace de Harlem : assez larges trottoirs. Assez larges rues.  Calmes. Peu de voitures. Il est vrai que les logements, en moyenne, y sont plus petits que là où se trouve notre hôtel.

Nous apercevons l’avenue Martin Luther King. Puis, nous approchons de notre but. Le Melbi’s  cité dans le Lonely Planet semble ouvert. Il y’a des personnes attablées à l’intérieur. Un homme noir assis devant avec une femme noire avec laquelle il discute, me prévient que ça ouvrira à 17h. Il est 15h ou 15h30. Je leur demande s’ils connaissent un bon endroit où manger près d’ici. Nous avons le choix. Ils nous indiquent trois ou quatre endroits.

 

Nous entrons dans le Zoma (« essence of Abyssinia, Ethiopian cuisine New York ») toujours dans le boulevard Frederik Douglass ( 8 th Avenue ).

L’intérieur est moderne et assez spacieux tout en bénéficiant d’ornementations du pays. Depuis quelques années, j’ai un faible pour l’Ethiopie, pays d’Afrique qui n’a pas connu l’esclavage. Haïlé Sélassié. L’Amarhique. La collection de musique Ethiopiques.  La chanteuse Tseyhatu Beràki.

 

La jeune femme qui nous reçoit a le charme de là-bas. Ce regard, ce visage.  Ce sourire poli, ces cheveux.

Je la crois née là-bas mais elle s’exprime avec un accent new-yorkais plutôt prononcé.

Dans le restaurant, un couple hétéro blanc, deux femmes noires. Une, plus jeune que l’autre, porte une robe rouge.

 

Nous prenons un plat conçu pour deux. 31 dollars, taxe incluse.

Je lui demande comment s’appelle cette chanteuse que nous entendons. Kuku Sebsibe. Elle n’a pas le cd me répond-t’elle en souriant mais elle peut m’écrire son nom.

Elle est jeune ? Pas vraiment. Elle doit avoir la cinquantaine.

Comment faire pour aller à l’église abyssinienne ? Je n’y suis jamais allée.

Elle m’explique comment m’y rendre. Il faut prendre le métro etc….

Par contre, la salle de concerts Apollo est assez proche ! Je prends une carte du restaurant. Nous partons donc pour Apollo et je veux croire que son sourire, quand elle nous a salué, n’avait rien à voir avec l’impératif «  Hi guys ! » qu’on entend régulièrement dans les magasins.

 

 

Aller à la salle de concert Apollo nous permet de rester un peu plus longtemps dans Harlem.

Dans Nicholas Avenue, en pleine rue, nous avons vu un jeune homme noir d’environ un mètre quatre vingt s’amuser à lancer un ballon de football américain que trois jeunes garçons d’une dizaine d’années s’empressaient d’aller récupérer. 

 

Sur le chemin d’Apollo

 

 

Sur le chemin d’Apollo, une mosquée qui semble tenue par des Africains d’Afrique noire. Une avenue ou un boulevard Malcolm X. Il me semble même avoir vu quelque part l’enseigne d’une communauté Malcolm Shabbazzou quelque chose comme ça.

 

Je constate aussi des restes d’un certain militantisme «  I’Am black and Proud ! » :

 

C’est une vendeuse d’un âge respectable (la quarantaine) vêtue à l’Africaine sur le modèle de la chanteuse Erykha Badu.

Des livres qui ont à voir avec un certain militantisme.

Jusqu’à la vente de comics avec des super héros noirs. Les quelques super héros noirs de comics tels que Black Panther, ce qui, en Anglais, ici, à Harlem, prend un autre sens auquel je n’avais jamais pensé en lisant « La Panthère noire » en Français. Et, bien-sûr, Luke Cage qui a inspiré à l’acteur Nicolas Coppola son nom d’acteur : Nicolas Cage.

 

Inutile d’entrer dans l’Apollo juste pour visiter. Surtout lorsque je vois un guide en sortir avec quelques touristes et leur sortir qu’il a été très content de les rencontrer et de serrer la main à tous : des blancs, des hommes et quelques femmes.

Cela me rappelle la même mascarade touristique que dans ce documentaire où l’on voyait un jeune couple français visiter en Jamaïque le musée consacré à Bob Marley.

 

Give me a break !

 

 

Bien qu’historique, l’Apollo me fait l’effet d’un lieu ordinaire pour celles et ceux qui vivent ou travaillent ( il y’a plein de commerces) aux alentours.

Dans un magasin de chaussures, non loin de là, un jeune noir d’une quinzaine d’années essaie des bottes en caoutchouc tout en téléphonant. Il est assis sur un siège.

Un des employés, noir, la bonne quarantaine, l’aide à retirer la botte qui lui reste. Le jeune homme poursuit sa conversation téléphonique.

Il semble que l’employé s’enhardisse à lui demander s’il prend les bottes. Le jeune homme, tout en continuant sa conversation téléphonique, répond, en riant un peu, à l’employé :

« Give me a break ! ». L’employé se redresse docilement.

Franck Unimon (à suivre).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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En Route pour le milliard-un film documentaire de Dieudo Hamadi

»Posted by on Sep 21, 2021 in Cinéma | 0 comments

En Route pour le milliard-un film documentaire de Dieudo Hamadi

 

En route pour le milliard un film documentaire de Dieudo Hamadi

 

 

Le plus souvent, dans son lit ou sur le billard, on arrête de compter bien avant d’atteindre le milliard. 6600 bombes sont tombées du 5 au 10 juin 2000 lors de la « guerre des six jours ».

 

Certaines régions sont parfois connues pour les sourires et les espoirs qu’elles exportent. Kisangani l’a sûrement été pour ce conflit qui a opposé le Rwanda à l’Ouganda en République démocratique du Congo pour les diamants.

 

Il est déjà très difficile d’être maitre de soi-même en temps ordinaire. Alors, par temps de guerre, parmi des bombes impossibles à dompter et à dénombrer….

 

Plusieurs années ont été nécessaires à des survivants de Kisangani pour se remettre suffisamment avant de décider d’entreprendre certaines démarches. A la fin du conflit, l’Etat s’était engagé à leur verser un milliard en compensation. Près de vingt ans plus tard, les survivants n’ont perçu que leurs traumatismes, leur honte sociale et leur colère.

 

Dieudo Hamadi les suit jusqu’à Kinshasa où se trouvent les grands décideurs pour leur rappeler certains engagements. Kisangani-Kinshasa, cela fait plus de 1200 kilomètres à vol d’oiseau. Mais si ces femmes et ces hommes avaient été des oiseaux, ils auraient eu la légèreté de s’envoler avant que la lourdeur des bombes- et des viols ?- ne les plombe. Ces grands voyageurs sont cul de jatte, porteur et porteuses de prothèses en plastique, se déplacent avec des béquilles. L’Homme a marché sur lune. Eux ont marché sur des restes humains et sont de ces restes qui partent en chemin. Ils n’ont ni fusée, ni sponsor, ni avocat, ni association, ni chaine de télé. « Mais sans sacrifice, on n’obtiendra jamais rien ».

 

 

Ils ont eu une vie auparavant. Le « Président » du groupe était peut-être instituteur, banquier. Il sait s’exprimer, a encore une carrure imposante. Maintenant, pour se laver, il doit s’allonger dans la boue tant, sans ses béquilles, il ne tient pas debout. Chez lui, on aperçoit un poster de Michaël Jackson, l’Américain tout en jambes.

 

Pour aller à Kinshasa, ces femmes et ces hommes prennent le fleuve par le bateau. Prisonniers de leurs blessures, de la promiscuité, de la pluie qui pile les bâches, le temps leur rend la vie encore plus dure. On se dispute sur la façon de bien cuisiner du riz.  

 

Puis, ils accostent et sont reçus par une jeune députée qui, un temps, les soutient. Jusqu’à ce qu’elle ne puisse plus le faire car elle doit s’occuper de sa campagne. Les voici  obligés d’improviser. Il y a des désaccords sur la façon de s’y prendre. Certains sont plus découragés que d’autres. Dieudo Hamadi reste avec les survivants de l’espoir. Celles et ceux qui continuent d’y croire.

 

 

Arrive dans En Route pour le milliard ce défilé ensorcelant et très violent :

 

Les victimes tiennent leur poste à la sortie du parlement. Malgré le rejet brutal et méprisant des vigiles armés qui, du fait de la présence de la caméra, réfrènent leur violence pour celles et ceux qu’ils voient comme des énièmes va-nu-pieds qui pourraient leur faire perdre leur position et leur temps. Et, là, sortent des sommités politiques du pays ; des hommes, quelques femmes, bien sapés, un bijou de pointe à la main ( un téléphone portable) tout acquis à leur immunité envers les revers de la vie. Ils s’étonnent. Et de la présence d’une caméra comme de celle de ces personnes estropiées  qui leur parlent. Dans un langage et une image difforme dont ils se détournent en quelques secondes, pesant, pour certaines et certains de ces sommités, le pour et le contre, concernant la meilleure attitude à adopter et à montrer.

 

Les élections présidentielles surviennent. Le nouveau Président élu déjoue les pronostics et rend optimiste. Cependant, dans la rue, devant le bâtiment présidentiel, les survivants de Kisangani n’existent plus. L’argent et la considération qu’ils attendent sont sans doute là quelque part. Sur cette route qu’ils ont prise un jour pour le brouillard.

 

Les Jeux para-Olympiques de Tokyo, et les autres Jeux Olympiques, cela reste beau. Et, puis, il reste tous les autres “athlètes” de la guerre, bien plus nombreux, mutilés ou non, tels que l’on peut en voir dans ce documentaire qui bénéficiera de bien moins d’audience, de publicité et de parts de marché.

 

En Route pour le milliard sortira en salles le mercredi 29 septembre 2021.

 

 

 

Franck Unimon, ce mardi 21 septembre 2021.

 

 

 

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