Etre un mauvais exemple

» Posted by on Sep 12, 2021 in Argenteuil, Corona Circus | 0 comments

Etre un mauvais exemple
Samedi 11 septembre 2021, le matin, Paris.

Hôtel de Ville, Paris, depuis la rue de Rivoli, ce samedi 11 septembre 2021, vers 9 heures du matin. On peut apercevoir sur la gauche un vaccinodrome. Et, au fond, Notre Dame.

Etre un mauvais exemple

 

Ce samedi 11 septembre 2021, je suis un mauvais exemple. Je dois donc me préparer à vivre dans le mépris, la peur et la honte. Si j’étais clairvoyant, Je ferais tout afin me faire subventionner au plus vite par une marque de mouchoirs jetables. Mais aussi pour devenir VRP pour des anxiolytiques et des antidépresseurs. Pour fuir, raser les murs et me faire le plus discret possible. Tout cela est compatible. Dans ces domaines, je suis un homme d’avenir.

 

En dehors de ça, je passe mon temps à me terrer dans le passé. Je refuse la nouveauté et le changement. Je suis irrationnel, illogique, égoïste, irresponsable, immoral. Certaines personnes ont réussi et vont réussir précisément « grâce » à ces caractéristiques. Mais pas moi. Car, je suis has been. Je vois bien que tout le monde est passé à autre chose. Or, je persiste dans mon erreur. C’est plus fort que moi. C’est en cela que l’on reconnaît un mauvais exemple.

 

Je fais partie de cette minorité dont la seule véritable expertise, reconnue et encouragée, consiste, a toujours consisté, à obéir, à donner de sa personne et à subir. Par exemple, je peux me présenter dans un centre de transfusion sanguine afin d’aller donner mon sang librement. On acceptera de me le prendre sans difficultés. Je suis donc bien obligé d’admettre qu’il est encore des endroits où, malgré mes tares,  on accepte encore de me recevoir.

 

Faire partie d’une minorité peut être un avantage. Il existe des minorités expérimentées,  puissantes, organisées, protégées, déterminées et qui comptent. Ces minorités prennent des décisions pour le plus grand nombre et peuvent souvent s’exprimer et être écoutées. Que l’on soit d’accord avec elles ou non, elles préserveront leurs fonctions. Et, lorsque certaines ou certains de leurs membres se trompent ou commettent des infractions, on trouvera bien un arrangement.

 

La minorité dont je fais partie peut être négligée et balayée. C’est aussi en cela que je suis un mauvais exemple.  J’ai une attirance inextinguible pour la défaite. Durant quelques mois, j’ai fait partie de la minorité des « héros ».  Beaucoup de gens ont applaudi, celles et ceux, qui, comme moi, continuaient d’aller travailler, sans protection, tandis que la majorité restait à l’abri du « fléau ». Mais cela fait partie du passé. Alors que la légion d’honneur et le Panthéon n’attendaient plus que moi, j’ai tout gâché.

 

Etonnamment, depuis ce 12 juillet 2021, mon statut a basculé : de « héros », je suis devenu de manière de plus en plus avancée, un mauvais exemple. Mais qu’est-ce que je croyais ?! Que l’on pouvait rester un héros toute sa vie ?! Mon statut de “héros” ressemble aux sapins de Noël que l’on range après les fêtes ou que l’on retrouve sur les trottoirs, dans la rue, près des poubelles.

 

Néanmoins, je n’ai pas envie de ressembler à ces mendiants, qui, après avoir répété les mêmes phrases, dans chaque wagon, passent ensuite dans les rangs mécaniquement. Je fais encore partie des murs de l’illusion sociale. Mais je dois faire bref avant que n’arrive la prochaine station et les prochaines élections de pensée.

 

Ce samedi 11 septembre 2021, je ne suis toujours pas vacciné contre le Covid. Je n’ai donc pas de passe sanitaire. Une première fois, j’ai pris rendez-vous. C’était le 4 aout 2021. Je me suis finalement désisté. Là, j’ai à nouveau pris rendez-vous pour ce 13 septembre pour une première injection. Et, je me demande si je vais à nouveau me désister.

 

Incapable

 

 

Répéter qu’il nous manque du recul pour ces vaccins anti-Covid (Pfizer, Moderna, Astrazeneca, Johnson&Johnson) proposés à partir de fin décembre 2020 puis, désormais, imposés, revient à tenir des discours comme ces mendiants ou ces dragueurs « bof » qui, dans les transports en commun, nous interpellent. Dès leurs premières intonations, on sait que l’on va connaitre un moment embarrassant. A la virgule près, on sait quelles sont leurs intentions et leurs demandes. On n’a pas envie d’entendre ça.  On n’y croit plus.  Certaines fois, on veut bien donner une petite pièce, un ticket restaurant ou un peu de nourriture. Mais ce serait plutôt pour qu’ensuite, ils nous laissent tranquilles.

 

Or, je ne suis pas encore un mendiant. Et, je crois, aussi, qu’il faut en dire plus. Donner de soi, à nouveau. Rester humain et personnaliser ce que l’on exprime. Même si cela sera peut être embarrassant tandis que je passerai ensuite dans les rangs. Avant de passer à un autre wagon.

 

Ce samedi 11 septembre 2021, je suis incapable de savoir quoi répondre à ma mère à propos de la vaccination anti-Covid. Moi, l’aîné, le fils à maman, l’enfant qui a longtemps tenu à protéger sa mère et qui continue dans une certaine mesure. Moi, le seul infirmier parmi ses enfants, je suis aussi le seul non vacciné contre le Covid. Tous mes vaccins sont suivis et à jour. Exception faite avec cette vaccination contre le Covid.

 

Il y a quelques mois, vers Mai ou Juin, avant que ne tombe cette obligation vaccinale contre le Covid pour les soignants, ma mère m’avait demandé conseil. J’entendais alors de très bons échos « du » Pfizer », le vaccin largement le plus utilisé désormais en France contre le Covid. Récemment, j’ai lu que 76 millions de doses du vaccin Pfizer, en France, avaient été administrées. Largement plus que pour les trois autres vaccins réunis (Astrazeneca, Moderna, Johnson & Johnson).  Pour continuer d’appeler ces vaccins par le nom des laboratoires qui les fabriquent. Un nom un peu plus facile à retenir que leur véritable nom scientifique.

 

Aussi, il  y a quelques mois, vers Mai ou Juin, j’avais répondu à ma mère :

« J’entends dire beaucoup de bien du Pfizer ».

 

Le Johnson & Johnson et son injection unique m’avait pourtant donné envie pendant un certain temps. Ce qui m’avait aussi plu avec lui, c’était qu’il arrivait après les trois autres (Pfizer, Astrazeneca, Moderna). Je le considérais donc comme porteur de plus de garanties en matière de recul et d’expérience.  Même son « nom », Johnson & Johnson, je trouvais que ça sonnait bien. Mais, très vite, le décollage du vaccin Johnson & Johnson s’était mal passé en raison d’effets secondaires redoutés. Et, après le vaccin Astrazeneca, il s’était rapidement retrouvé entaché avec la réputation d’être un vaccin à éviter. Ce qui faisait deux vaccins contre le Covid sur quatre à « éviter ».

 

 

Mais j’avais fait mon devoir. J’avais conseillé le Pfizer à ma mère dont j’ai eu des « bons retours » d’expérience autour de moi. Par « bons retours d’expérience », je pense évidemment au fait que toutes celles et tous ceux qui l’ont reçu, et avec lesquels j’en ai parlé, vont bien aujourd’hui. Ni décès. Ni maladie grave causée par la vaccination. Ni Covid.

 

Je croyais ma mère vaccinée depuis longtemps quand cette obligation vaccinale pour les soignants, mais aussi, indirectement, pour tous les Français, est arrivée le 12 juillet. Et puis, j’ai appris que ni elle ni mon père ne l’étaient. Vaccinés.

D’abord, parce qu’en raison de ses problèmes-traités et stabilisés- de santé, l’Astrazeneca lui avait été déconseillé par son médecin. Mes parents résident en Guadeloupe où ils sont retournés vivre pour leur retraite. Ensuite, parce-que ce jour où tous deux s’étaient rendus à l’aéroport pour se faire vacciner, ils avaient trouvé une sorte de barrage tenu par des opposants à la vaccination contre le Covid. Ecoutant leurs arguments, mon père avait alors signalé à ma mère :

« Leur vaccin n’est pas encore tout à fait au point. On va attendre encore un peu ». Et, mes parents avaient rebroussé chemin. Ça, c’était avant que les Antilles et l’île de la Réunion ne fassent la Une des journaux concernant l’essor de la pandémie. Et que l’on nous apprenne les chiffres d’une population sous-vaccinée contre le Covid, de l’ordre, à peu près de 25 à 30 pour cent. Contre près de 70% de personnes vaccinées contre le Covid dans l’Hexagone, aujourd’hui.

 

Une situation pas normale

 

Nous devions être en aout lorsque ma mère m’a à nouveau demandé conseil à propos de la vaccination anti-Covid. Elle ne savait plus quoi faire au vu de toutes les informations contradictoires. Au point de m’adresser elle-même le 4 aout, par exemple, une vidéo mettant en garde contre la vaccination. Etait-ce l’intervention en Créole du syndicaliste Elie Domota ? C’est possible.

Le 4 aout devait être la date de ma première injection, avec le Pfizer, dans ma ville, à une dizaine de minutes à pied de chez moi.

 

Mes réserves initiales et mes doutes- déjà bien constitués- envers la vaccination anti-Covid proposée, ajoutés à cette vidéo et certainement d’autres propos m’ont poussé à annuler ce rendez-vous du 4 aout.

 

J’ai fini par répondre à ma mère que je devrais savoir lui répondre. Mais que j’en étais incapable car la situation que nous vivons est « anormale ». Et, particulièrement, « notre » façon de répondre et de réagir par rapport à cette pandémie du Covid.

 

Réagir ou agir « normalement », c’est à la fois adopter une attitude raisonnable. Mais, aussi, celle appliquée ou suivie par la majorité. Cette association du raisonnable avec la majorité garantit en principe l’équilibre et la pérennité du plus grand nombre. Les mêmes règles et les mêmes lois, connues de tous, facilement identifiables, graduées selon l’âge et les capacités, acceptées et supportées par le plus grand nombre, donc par la majorité, permettent de vivre dans un certain confort et une certaine entente générale et durable. Soit ce qui définit une civilisation, une  société, une culture, une nation. L’envers du chaos, des guerres et des conflits.

 

Ce projet de civilisation, de société, de culture et de nation, je me suis généralement évertué à le rejoindre comme à m’y faire intégrer. Sauf que mes « retours » d’expérience depuis le début officiel de la pandémie en mars 2020 me font particulièrement douter, voire tituber à devoir ingurgiter certaines « nouvelles » lois.  

 

Mes « retours » d’expérience :

 

La principale continuité dans laquelle je me retrouve avec certitude depuis mars 2020, c’est de toujours faire partie des personnes dominées. Que ce soit au sein de certaines minorités ou au sein de la majorité.

 

En Mars 2020, je faisais partie des minorités qui continuaient de se rendre à leur travail.

Les éboueurs, les caissières et les caissiers, les commerçants “alimentaires”, les policières et les policiers, les pompiers, les livreurs, les personnels soignants, médicaux et de ménage hospitaliers, les ambulanciers.

 

Il est possible que j’aie oublié d’autres professions comptant parmi ces minorités. D’une part parce-que je fais en fonction de ce que mon expérience et mon entendement me permettent de comprendre de notre société. D’autre part, parce-que, depuis le début de la pandémie en mars 2020, ces minorités que je viens de citer et celles que j’ai oubliées de mentionner, sont rarement celles que l’on entend s’exprimer en permanence et que l’on prend le temps d’écouter à propos de cette pandémie. Alors qu’elles ont été en première ligne et se sont constituées, aussi, une certaine expérience sanitaire directe qui pourraient ou devraient servir à la majorité. Or, j’ai l’impression que seulement une partie de cette expérience pratique sert. Principalement, tout ce qui peut faire peur.

 

 

L’année dernière, je faisais partie des minorités héroïques, aujourd’hui, je fais partie des minorités non-vaccinées :

Les sceptiques, complotistes, irresponsables, égoïstes, immorales, irrationnelles, illogiques, inexcusables, les bientôt squelettiques….

Si je devais me fier à tout ce qui nous a été dit et répété depuis le début concernant la pandémie du Covid (officiellement en mars 2020 en France), aujourd’hui, le pays devrait être orphelin par milliers en éboueurs, caissières et caissiers, commerçants “alimentaires”, policières et policiers, pompiers, livreurs, personnels soignants, médicaux, de ménage, hospitaliers et aussi ambulanciers.

 

Parce-que ces minorités ont d’abord été exposées à la pandémie du Covid pendant plusieurs semaines mais aussi à une pénurie de masques, durant les six premières semaines à compter de mars 2020.  

 

Parce qu’un certain nombre de professionnels faisant partie ces minorités ont contracté le Covid.

 

 

Dix huit mois plus tard, par exemple, la pénurie en personnel soignant dans les hôpitaux publics s’est aggravée à ce que j’ai pu lire dans la presse. Parce-que tous ces personnels soignants sont allés s’implanter dans des cimetières ? Je ne crois pas.

 

La charge anxiogène qui nous a été administrée depuis l’année dernière dans le traitement médiatique de la pandémie du Covid a été maximale. Même le site indépendant Prescrire l’a souligné dans un de ses articles. J’ai eu la surprise hier soir ou avant hier soir de découvrir un article sur ce thème alors que je cherchais à grappiller des informations sur les vaccins anti-Covid. Pour conserver ma décision de me faire vacciner.

Le site Prescrire, dans cet article, va jusqu’à préconiser de limiter à une heure par jour, je crois, le moment où l’on reçoit des informations relatives à la pandémie du Covid.

Le site Prescrire dit plutôt du bien des vaccins à ARN messager, Pfizer et Moderna, qu’il recommande en première intention avant les vaccins Astrazeneca et Johnson & Johnson. Le site nomme ces vaccins par leur appellation scientifique.

Si cette charge anxiogène qui nous a tabassé à propos de la pandémie du Covid, via les media, et aussi le gouvernement avec ses revirements successifs, a été “maximale”, j’ai commencé à m’apercevoir qu’elle a aussi été rapidement “oubliée” voire niée. La première personne à me rendre témoin de cela avait été une collègue infirmière- aujourd’hui à la retraite- en arrêt de travail dès le début du premier confinement. En revenant dans le service plusieurs semaines plus tard, cette collègue avait été étonnée lorsque je lui avais dit que nous nous étions fait “tabasser” psychologiquement par toute la charge anxiogène relative aux informations balancées à propos de la pandémie du Covid. Cette collègue- qui avait sûrement préféré se protéger en restant chez elle dès le début du premier confinement en mars 2020- avait réagi devant moi comme s’il n’y avait jamais eu la moindre inquiétude épandue en France à propos de la pandémie du Covid. Et que je lui racontais des histoires. 

Je croyais alors que cette amnésie ou ce déni était spécifique à cette collègue. Je crois aujourd’hui de plus en plus que cette amnésie et ce déni sont partagés par d’autres personnes depuis le début de la pandémie du Covid l’année dernière. Et, c’est facile à comprendre : cette amnésie et ce déni aident à se relever et à poursuivre. A continuer de vivre. A aller de l’avant. A ne pas regarder en arrière et y retrouver ce qui a pu effrayer ou faire souffrir. Ils sont ce que l’on appelle des mécanismes de défense psychique devant certaines situations stressantes et émotionnellement difficiles voire traumatisantes. Peu importe l’âge, le sexe, la constitution ou l’expérience que l’on a. Chaque personne a ses limites. 

Argenteuil, butte d’Orgemont, samedi 4 septembre 2021.

 

Des personnes sont mortes du Covid. Je ne conteste pas la pandémie non plus. Mais, dix huit mois plus tard, avec d’autres, je suis encore vivant. Je ne suis pas une exception. Et, au lieu d’en être content et de chercher à savoir ce qui a pu permettre ça, la tendance est plutôt de continuer à nous faire entrer dans la tête des pensées telles que :

 

« Vous avez eu beaucoup de chance jusqu’à maintenant ! » ; « ça ne va pas durer ! ». « Vaccinez-vous au plus vite ! C’est le mieux à faire ! ». « Regardez, dans les services de réanimation, désormais, on retrouve principalement des patients atteints du Covid non vaccinés ! Même BFM TV le dit ! ».

« Puisqu’on vous le répète ! ».

Une infectiologue, plutôt à l’aise dans les média, a avancé qu’avec le variant Delta, tout le monde allait se faire contaminer cette fois-ci par le Covid. 

 

Néanmoins, malgré toutes ces annonces répétées, les vaccinodromes à portée de main et de clic, les tentes de test PCR et antigénique bien visibles, je continue de slalomer entre le oui et le non pour me faire vacciner.

Ces derniers jours, je me suis demandé la raison pour laquelle je réagissais comme ça étant donné que tout est si « clair » pour la majorité.

 

Révolutionnaire et anarchiste ?

 

« Je ne te savais pas aussi révolutionnaire » a rigolé au téléphone un de mes cousins il y a quelques jours. Je venais de le surprendre en lui apprenant que je n’étais pas vacciné contre le Covid. Mon cousin ne me l’a pas dit, mais il a sûrement aussi pensé : “Sacré Franck ! C’est vraiment un original !”.

 

Un de mes amis, infirmier à la retraite depuis un an, m’a traité « d’anarchiste » avec le sourire alors que je déjeunais avec lui et sa compagne, également à la retraite. Tous les deux vaccinés, ils m’ont reçu à leur table comme si ma non-vaccination était davantage une particularité qui pouvait me causer des ennuis économiques que constituer un risque pour leur santé.

 

Sauf que je ne suis ni « révolutionnaire », ni « anarchiste ». Par contre certaines situations vécues depuis l’année dernière m’incitent beaucoup à croire ou à comprendre que la réponse officielle et légiférée à la pandémie donne beaucoup plus la priorité à l’économie qu’à la santé. Pour résumer :

 

Tout ce qui rapporte beaucoup de fric ou peut en ramener très vite est d’abord privilégié. C’était déjà comme ça avant la pandémie du Covid. Cela s’est accentué depuis la pandémie.

La Gazette du Val d’Oise, mercredi 8 septembre 2021.

 

Ce samedi 11 septembre 2021, je peux à nouveau retourner librement, et sans passe sanitaire, dans un centre commercial près de chez moi. ( Test PCR). 

Par contre, je ne peux toujours pas retourner librement dans la petite médiathèque de ma ville. Il me faut encore fournir un passe sanitaire ou un Test antigénique ou PCR de moins de 72 heures.

 

Devant la médiathèque de ma ville, ce samedi 11 septembre 2021. Sur la barrière, on peut apercevoir les consignes concernant les conditions d’accès. Passe sanitaire, test PCR et antigénique de moins de 72 heures…. Bien-sûr, le port du masque y est obligatoire.

 

 

 

On pourrait me répondre qu’il y a un public mineur, enfant ou adolescent, qu’il convient de préserver de la pandémie du Covid dans la médiathèque ?

Mais ce public mineur, enfant et adolescent, peut très bien se retrouver dans le centre commercial à nouveau « disponible » sans passe sanitaire près de chez moi. Et, dans ce centre commercial, bien plus fréquenté que la médiathèque, le port du masque suffit et est obligatoire. Comme dans la médiathèque.

L’une des entrées du centre commercial Côté Seine, ce samedi 11 septembre 2021. Il y a encore quelques jours, il fallait présenter son passe sanitaire ou le résultat d’un test PCR ou antigénique de moins de 72 heures pour y entrer.

 

Un centre commercial, ça rapporte du fric. Une médiathèque, non. C’est être « révolutionnaire » et « anarchiste » d’écrire ça ?!

Aujourd’hui, toujours, dans la ville où j’habite, à Argenteuil, c’était la journée des associations. Il fait beau et chaud depuis plusieurs jours. On se croirait en été. Sauf lorsqu’il pleut brutalement. Mais, aujourd’hui, il a fait beau. Les stands des associations, cette année, ont tous été mis dehors. Dont, une partie près des berges de Seine. Une très bonne et très audacieuse initiative et aussi un très vieux projet de la mairie d’Argenteuil. Récupérer les berges de Seine pour les piétons. Il est certain que la mairie saura tirer avantage de la réussite de cette manifestation pour son bilan. Mais pour accéder à cette journée des associations qui s’est donc déroulée essentiellement à l’extérieur, la présentation d’un passe sanitaire était obligatoire.

Entrée de la journée ou forum des associations à Argenteuil, ce samedi 11 septembre 2021.

 

Bien-sûr, on me rappellera que tout événement public, à l’extérieur, à partir d’une certaine envergure et affluence, nécessite désormais la présentation d’un passe sanitaire. Mais à quoi servent donc les masques anti-Covid ? Et le fait d’être à l’extérieur ? Et dans le centre commercial, alors ? Il passera moins de personnes, enfermées dans le centre commercial, qu’à ce forum des associations en effet très suivi comme chaque année ?

 

Pour la deuxième fois, depuis l’instauration de ces nouvelles lois en faveur du passe sanitaire, j’ai fraudé. La première fois, c’était pour m’asseoir sur un banc, dehors, à quelques mètres de l’entrée d’un lieu de restauration. Afin de manger un sandwich, à l’écart, avec une amie vaccinée contre le Covid. Là, j’ai fraudé par opportunisme. Je n’étais pas venu pour frauder. J’avais même oublié que c’était la journée des associations à Argenteuil. Et, j’ai fraudé pour quelle raison ?! Pour me rendre à une journée des associations dans ma ville. J’ai fraudé avec un masque. Nous sommes dehors. J’ai croisé différentes personnes sans masque lors du forum. Normal, nous sommes dehors. Et puis, la plupart de ces personnes sont supposées être vaccinées. Ce n’est pas grave. Même si l’on sait aussi que, même vacciné, on peut être porteur du virus et contagieux.

Journée ou forum des associations à Argenteuil, ce samedi 11 septembre 2021.

 

 

Chaque samedi, depuis au moins le mois d’aout, des personnes opposées au passe sanitaire et anti-vaccins manifestent dans Paris et en France. Il y ‘en aurait de moins en moins. Moins de deux cent mille, officiellement. Par contre, ces personnes seraient de plus en plus « radicalisées ». Je vais prendre mon exemple : j’ai fraudé deux fois depuis l’instauration du passe sanitaire. Je suis donc en phase de « radicalisation » ?

Pour m’être assis sur un banc pour manger un sandwich et pour pouvoir me rendre à une journée des associations à l’extérieur en portant un masque ?!

 

Je ne rapporte pas d’argent. J’en perds plutôt. Je fais partie de la minorité qui n’est pas  du tout un exemple à suivre. Au contraire d’une certaine minorité qui a su investir ou faire fructifier une entreprise porteuse en cette période de pandémie :

 Vaccins, masques anti-covid, gel hydro-alcoolique, sites de vente sur internet, autres….

 

J’allais oublier de dire qu’hier, le vendredi 10 septembre, c’était la journée du suicide. Une journée où l’on sensibilise les gens au suicide. Aux signes avant coureurs. Comment aider. J’ai appris hier soir que  c’était la « journée du suicide ». En France, chaque année, il y aurait 9000 suicides par an. L’un des chiffres les plus élevés d’Europe. Mon attitude envers la vaccination anti-Covid a quelque chose de suicidaire. Si je m’en tiens, à la fois aux risques d’attraper le Covid mais aussi aux sanctions économiques qui vont bientôt me tomber dessus, il y a quelque chose de suicidaire dans ma posture. Je me dois de l’admettre ou de l’envisager. Même si je fais de mon mieux pour prévenir le suicide chez les autres.

 

Cependant, un commerçant, apprenant mes doutes, m’a surpris. Je le croyais entièrement convaincu. Il m’a révélé son scepticisme envers la vaccination anti-Covid en « raison du manque de recul » des vaccins actuels. Heureusement, sa direction a su le soutenir :

 

« C’est soit tu te vaccines, soit tu fermes ta boutique ! ».  Ce qui fait penser à une nouvelle version de «  Soit tu te vaccines, tu fermes ta gueule et tu restes ouvert. Soit tu l’ouvres et tu fermes ta boutique pour toujours ! ».

 

Mais à propos des arguments que l’on pourrait servir aux personnes qui doutent de ces vaccins, je crois aussi entendre celui-ci :

 

« Prends le vaccin, et jette-toi dans le vide ! Tu ne crains rien. On ne peut pas trop te dire où tu vas atterrir. Qui vivra, verra. Tu verras bien ! ».

 

Tu verras bien

 

Ce que je « vois », c’est que j’ai eu l’audace ou la naïveté de croire que je pourrais me passer de ce vaccin anti-Covid. Ou que je pourrais prendre mon temps avant de me décider pour un vaccin dans lequel j’aurais eu le temps de croire. Dans lequel j’aurais pu prendre le temps de mettre ma confiance.

 

Pour ces raisons, lorsqu’il y avait eu tous ces éclats à propos du professeur Raoult il y a quelques mois, j’avais écouté tout ça de très très loin. Je n’avais aucun avis sur l’Hydro…. Je me sentais très bien dans mon ignorance sur ces sujets avec mes masques anti-Covid, mon lavage de mains et mes gestes barrières.

 

Aujourd’hui encore, j’ai du mal à retenir les noms des médicaments évoqués lors du « débat » Raoult. Même si je me rappelle plus facilement de l’Ivermectine. Parce-que je me suis retrouvé devant deux ou trois fois dans la pharmacie de mon service.

 

Quant au professeur Raoult, alors que son pic de popularité et de médiatisation est aujourd’hui moindre qu’il y a quelques mois, chaque fois que je l’écoute dans une vidéo, j’ai du mal à comprendre ce qu’il explique. Il est sûrement très intelligent et bien plus compétent que moi, de toutes façons, concernant la pandémie du Covid. Mais je trouve qu’il manque souvent des réponses simples et courtes aux questions qu’on lui pose.

Si la prudence est de mise pour parler de science, de constatations et de résultats, j’ai l’impression qu’il « rajoute » beaucoup de prudence par dessus la prudence pour répondre à certaines questions. Peut-être parce qu’il a subi beaucoup d’attaques et de pressions dont je n’ai pas idée. Ces polémiques qui piquent rapidement et abondamment rendent aussi « anormale » l’expérience de cette pandémie.

 

Cependant, si j’ai pu croire que je pourrais soit me passer d’une vaccination anti-Covid, soit prendre mon temps avant de me décider, c’est parce-que, à ce jour, comme d’autres personnes faisant partie des minorités directement exposées, je n’ai pas attrapé le Covid. A une « époque », l’année dernière, où durant plusieurs mois, il n’existait pas de vaccin anti-Covid. Je crois donc beaucoup aux bienfaits des gestes barrières tels que le port du masque, le lavage des mains avant tout, le fait d’aérer autant que possible. Puis, vient la distanciation sociale. Je devrais placer la distanciation sociale dans le trio de tête immédiat des gestes barrières. La distanciation sociale est un geste barrière qui compte. Sauf que la distanciation sociale, nous savons très bien depuis des mois qu’il est des circonstances où il n’y en n’a pas :

 

Dans les transports en commun et dans les gares aux heures de pointe. Il faudrait donc arrêter les transports en commun et fermer toutes les gares ? Ce serait immobiliser l’économie. Laisser s’accumuler des tensions sociales qui finiraient par s’étendre dans toute la société jusqu’à l’éclatement. Mieux vaut donc permettre la circulation des gens tout en les contrôlant de plus en plus, progressivement, de façon à leur laisser le temps de s’y habituer. Et de croire que c’est leur choix.

 

 L’autre particularité de la distanciation sociale, c’est qu’elle isole. Et s’oppose aussi, d’une certaine façon, à une certaine solidarité. Puisque l’on se voit moins, que l’on se rassemble moins et que l’on échange donc moins nos informations et nos expériences. Au contraire des minorités dirigeantes, qui, elles, continuent de se refiler les bons tuyaux et les bons filons.

 

La vaccination anti-Covid, en France, est devenu un sujet aussi sensible que la religion, la sexualité, l’appartenance politique ou le salaire que l’on gagne.

 

J’ai envoyé un nouveau mail, le second,  à la mairie de ma ville. Comment justifier que l’on puisse désormais, à nouveau, librement accéder à un centre commercial. En portant un masque anti-Covid. Et qu’il faille toujours, ce samedi 11 septembre, fournir un passe sanitaire ou un test PCR ou antigénique de moins de 72 heures pour entrer dans une médiathèque ? Tout en portant un masque anti-Covid.

 

Que le maire applique la loi, c’est un fait. Mais au travers de cette expérience, je comprends qu’un maire se doit aussi de savoir interroger la loi. Et, pas seulement agir pour bien se faire voir de celles et ceux qui sont au dessus de lui. Car si l’on suit ce raisonnement qui consiste à strictement appliquer la loi sans l’interroger, dans d’autres circonstances, on pourrait aussi laisser des gens mourir au prétexte qu’ils ne relèvent pas de notre juridiction ou de notre champ de compétences. Ou parce-que la loi n’a rien prévu dans ce genre de cas de figure. Une loi n’empêche pas encore d’observer et de penser. Mais ça va peut-être bientôt arriver.

 

Me voici donc définitivement, ou à peu près, paranoïaque. Ou, plus simplement, je n’ai toujours rien compris aux mesures et aux décisions simples et bienveillantes prises pour nous face à cette pandémie du Covid. Je suis un mauvais exemple. Il est évident que je fais preuve de mauvaise volonté.

 

Franck Unimon, ce samedi 11 septembre 2021.

 

 

 

 

 

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