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Cette nuit : enterrement du mois de mars 2020 en beauté

»Posted by on Mar 31, 2020 in Argenteuil, Corona Circus, Voyage | 0 comments

Cette nuit : enterrement du mois de mars 2020 en beauté

 

                                                  Cette nuit

Cette nuit, j’ai dû prendre ma voiture pour aller au travail. Je me suis un peu trop relâché hier soir quant aux horaires et j’ai raté le train. Le suivant arrivait une heure plus tard. Impossible de l’attendre pour être à l’heure au travail.

 

C’était une Première pour moi que de devoir prendre ma voiture pour aller au travail sur Paris.

Ce matin, je suis un peu fatigué. Mais ça n’est pas encore mon heure d’aller me coucher. 

En rentrant tout à l’heure, j’avais prévu de « publier » quelques photos de Tags ou de graffitis pris en photo ces dernières semaines et ces derniers mois jusqu’à ce matin en me rendant au travail ou en revenant. Et puis, finalement, pourquoi se limiter ? Cela fait des années que je n’aime pas le mois de mars. Je le trouve trop long. Je n’aime pas cette période. Je vais enterrer ce mois de mars-ci en beauté. Ce sera un peu mon ” We’re gonna chase those crazy baldhead out of town” ( Titre ” Crazy Baldhead” de Bob Marley). En créole guadeloupéen, on dirait :

” Nou Kay Krazé Sa !”. ” Fouté Sa An Bwa !”. 

 

Voici donc quelques photos prises entre le mois de Janvier de cette année et ce matin en allant au travail ou en en revenant ou ailleurs ( avant le 16 mars 2020) .

Ce ne sont pas des photos du périphérique. Ce sont des photos choisies en écoutant l’album Live de 1991 de Manu Dibango et le titre Crazy Baldhead de Bob Marley en studio ainsi qu’en concert.

Si certaines de ces photos reviennent plusieurs fois, c’est parce-que je n’ai pas voulu choisir entre l’une ou l’autre. On revient bien plusieurs fois aux endroits que l’on aime bien.

 

Merci aux artistes ! Merci aux personnes présentes.

Photos prises à Argenteuil, dans la région d’Angers et à Paris.

Franck Unimon, ce mardi 31 mars 2020.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au conservatoire d’Argenteuil.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette galette s’appelle la ” Peggy”.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le danseur Dany ( ou Dani).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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New-York 2011

»Posted by on Mar 12, 2020 in Voyage | 0 comments

New-York 2011

 

 

Le Président américain Donald Trump envisagerait de fermer les frontières des Etats-Unis pendant une trentaine de jours en vue de tenter d’attraper le Coronavirus Covid 19 par la chatte. J’ai un petit peu modifié ce qu’une collègue m’a appris ce matin. Mais l’idée de fermeture des frontières des Etats-Unis était bien là. S’il m’a été pour l’instant impossible de vérifier le caractère officiel de cette information, un rapide passage sur le net m’a rappelé que la fermeture des frontières, pour compenser peut-être une trop grande ouverture de la braguette et de la bouche, fait partie des leitmotiv du président américain. En France, récemment, l’épidémie du coronavirus Covid 19 et toute l’attention qu’elle captive a permis de faire passer la réforme des retraites en poussant avec le 49.3.

 

Aux Etats-Unis, peut-être que la peur du Coronavirus Covid 19 permet à Donald Trump de pratiquer au passage une certaine forme de protectionnisme économique envers la Chine et le reste du monde. Devant ce genre de pensée et le climat actuel envers le coronavirus Covid 19,  on se croirait un peu dans le film Les fils de l’homme (Children of men) d’Alfonson Cuaron, un film beaucoup trop ignoré que le réalisateur mexicain avait réalisé en 2006 plusieurs années avant Gravity ( 2013).  

 

Oui, préciser la nationalité d’Alfonson Cuaron a son importance au même titre que celle d’Alejandro Inarritu ( également mexicain) ou encore de Robert Rodriguez ( Américain d’origine mexicaine) qui a entre-autres réalisé récemment Alita : Battle Angel ( 2019) inspiré du manga Gunnm créé par le Japonais Yukito Kishiro au début des années 1990.

 

Cuaron, Inarritu et Rodriguez ont au moins en commun de partager des origines mexicaines mais aussi de prescrire un cinéma qui fait beaucoup de bien à l’Art ainsi qu’à l’économie américaine. Pourtant,  selon la logique d’un Donald Trump et d’autres décideurs et décideuses, ils auraient dû rester confinés dans « leur » pays ou y être renvoyés Coronavirus ou non, car le Mexique, c’est le pays de la Drogue et des cartels qui est frontalier avec les Etats-Unis. Et le Mexique est aussi l’un des pays de celles et ceux qui entrent clandestinement aux Etats-Unis afin d’essayer d’y trouver une meilleure vie. Le film Brooklyn Secret  qui sort ce 18 mars au cinéma parle aussi de ça.

 

C’est étonnant ( effrayant) comme une épidémie peut très vite permettre l’expansion de pensées et d’idées racistes. Ce qui se passe en ce moment vis-à-vis du Coronavirus Covid 19 et des “Chinois” comme de celles et ceux que l’on estime susceptibles d’être “sales”, “impurs” ou tout simplement porteurs du virus me rappelle ce qui se disait lors de l’épidémie du Sida dans les années 80 :

Les homosexuels, les Haïtiens, les prostituées et les toxicomanes étaient alors perçus comme responsables ( plutôt que victimes) de l’épidémie et aussi comme celles et ceux qui étaient ainsi “punis” pour leurs vices ou leurs péchés.  On peut croire ces idées limitées par des barrages. Mais non.

Il y a à peu près un mois maintenant, près du Val de Grâce, dans la rue,  j’avais aperçu un SDF qui avait sollicité une femme d’origine asiatique afin qu’elle lui donne une pièce. Celle-ci avait refusé. L’instant d’après, le même SDF insultait la même femme, l’intimant à rentrer chez elle avec son Coronavirus !

Hier soir, une de mes collègues a vu des passagers déserter la voiture du métro où elle se trouvait. Elle est ainsi restée seule…avec des passagers d’origine asiatique. La peur et l’angoisse font surgir des états de folie sociale qui devient une norme beaucoup plus puissante que les services de psychiatrie qui sont souvent jugés pour leurs travers plus que pour leurs  habilités. Peut-être parce-que la folie sociale est mobile, variable, et peut très facilement devenir indétectable après ses crimes et ses excès. Sauf si l’on décide d’une enquête  après coup et même de cette façon il n’est pas toujours certain d’en retrouver les principaux acteurs afin de les confronter à leurs agissements. Alors que la psychiatrie, elle, reste localisable et identifiable de par ses murs et son statut à peu près immuables ainsi que par ses intervenants, ses victimes et ses témoins.

 

Qu’il soit réélu ou que son mandat de président s’arrête bientôt, Donald Trump passera dans l’Histoire. Et, malgré ses erreurs, ses fautes et ses coups de folie, il finira vraisemblablement sa vie en restant libre et dans le confort comme celles et ceux qui lui ressemblent. Contrairement à la majorité des femmes et des hommes de cette terre, que ceux-ci soient chinois, mexicains, clandestins ou autres.

 

Je n’avais pas prévu une introduction aussi longue avant de  « raconter » ce séjour que ma compagne et moi avions effectué à New-York en 2011.

 

Je ne crois pas que ce soit toujours « mieux avant ». Par contre, je crois que ça peut faire du bien de revoir ce qui a pu être vécu et qu’on peut aussi le voir « mieux » qu’avant.

 

Je crois surtout que reparler de ce voyage d’après les notes que j’avais alors prises est une bonne façon de retourner dans ce pays que le président Donald Trump veut de plus en plus fermer dans un monde qui semble de plus en plus en train de se fermer :

Ce matin, en prenant cette photo à la gare de Paris St-Lazare, je voulais surtout capter cette discordance qui est déjà notre ordinaire- et notre imaginaire- où, d’un côté, une pub en hauteur représentant l’actrice Julia Roberts nous affirme en souriant que la vie est belle. Donc, que nous aussi, femmes et hommes inclus, nous devons nous élever, sourire et nous persuader que nos vies sont des triomphes parfumés. Tandis que d’un autre côté, un panneau, comme il y en a tant désormais, nous rappelle les consignes d’hygiène à suivre en raison de l’épidémie du Coronavirus Covid 19. Et comment nous devons régulièrement parfumer nos mains avec du savon ou une solution hydro-alcoolique que nous pouvons bien-sûr nous procurer ( acheter) en magasin ou dans des pharmacies. 

Et, ce n’est qu’en rentrant chez moi et en découvrant les photos sur mon écran d’ordinateur que je me suis aperçu que ce panneau nous incitait aussi à la prudence et nous rappelait que nous étions toujours sous le plan Vigipirate. Entre l’épidémie du Coronavirus Covid 19 et la peur du terrorisme, je me suis dit que nous étions de plus en plus cernés. Et que nous nous y sommes déjà accoutumés. Je me suis aussi dit que, pourtant, nous sommes sûrement aujourd’hui plus libres que demain. Mais, évidemment, ce qui peut faire la différence autant voire plus que les événements que nous vivons, c’est souvent notre regard et notre attitude vis-à-vis d’eux. 

Franck Unimon, ce jeudi 12 mars 2020.

 

 

 

Dimanche 8 octobre 2011, New-York.

 

 

Save you Money !

 

Nous sommes dans notre chambre d’hôtel lorsque les femmes de ménage arrivent.

Une Noire qui a à peu près 60 ans. Une Blanche originaire de Montenegro, qui a vécu en Italie, et qui vit maintenant à New-York depuis 16 ans. Elle et moi discutons alors qu’elle travaille seule dans notre chambre. Voici ce qu’elle me dit :

Le quartier où se trouve l’hôtel est un quartier de riches.  Plus on descend, plus c’est riche. Elle m’enjoint à aller à Harlem afin que je vois à quoi ressemble la vie de mes semblables. Elle m’assure que je n’y aurai aucun problème.

Elle ne me parle pas du Bronx, me recommande, si je prends le train, de taire le fait que je suis Français.

Macy’s ? Trop cher. Aller plutôt dans le centre commercial près de l’ancien emplacement des tours du World Trade Center.  En semaine. Central Park est accessible à pied depuis l’hôtel. « Save your money ! ».

 

Vers 17h30, nous sommes à la gare Grand Central. Est-ce là qu’a eu lieu une scène du film X-Men ?

La foule palpite dans la gare. Le flic que je viens d’interpeller me répond, goguenard, que le pont de Brooklyn a un début. De quel côté veux-je le traverser ?

 

Dans le métro vers Brooklyn, la foule est subitement dopée par la représentation numérique des Noirs. Une petite femme noire d’environ 1m50 , boulotte, à peine la trentaine, s’accroche avec un jeune blanc d’une vingtaine d’années du type étudiant. Celui-ci est avec deux copains.  Le compagnon (noir) de la jeune femme, visiblement, se lève très vite et commence à apostropher «l’étudiant ». Lequel se défend en disant :

« Ce n’est pas d’elle dont je parlais…. ». 

Cela nous donne un aperçu d’une certaine tension raciale ou de ce que l’hystérie peut provoquer :

Je me suis imaginé qu’avant cet incident, le couple noir s’était disputé d’où la distance entre la jeune femme noire et son compagnon. Avant « l’accrochage » avec le jeune étudiant blanc, La femme était debout, près de la porte d’entrée du métro, presqu’à gêner le passage. Tandis que L’homme (son compagnon) assis un ou deux mètres plus loin, était alors occupé à jouer sur son téléphone portable avec leur enfant assis à ses côtés.

 

 

 

Dimanche 9 octobre. 7h30, heure locale. Hôtel intercontinental, The Barclay. New-York.

 

Do you want cold water ?

 

On fait toute une histoire de New-York. Mais je ne sens nulle transformation. Je suis un touriste. Un consommateur.  Une carte bancaire. Des billets en banque.

Je suis celui, hier, qui a perdu 5 dollars en achetant deux billets de métro utilisables une seule fois alors que j’aurais déjà pu acheter une Metrocard Unlimited pour une semaine pour 29 dollars. Ce qui me permettrait de prendre bus et métros de façon illimitée….

C’est ce que nous a réexpliqué hier soir une agent du métro, derrière son guichet, alors que nous revenions de Brooklyn.

La femme, noire, la quarantaine, était sympathique.

A New-York, je suis aveugle et sourd. Comme d’habitude. Mais, ici, je m’en rends davantage compte. Je passe devant des bâtiments dont j’ignore la réelle fonction :

Tribunal ? Université ? Bibliothèque ? Vu que la plupart des bâtiments sont imposants, on a l’impression que tout bâtiment est important. Et vu qu’il y’a beaucoup de voitures de police, vides ou occupées par des policiers qui attendent, on a l’impression que beaucoup d’endroits sont prestigieux.

 

Hier soir, près de la gare de Brooklyn Bridge City Hall, en pleine nuit, c’est avec un peu d’inquiétude que je me suis décidé à pisser dans un coin. Après le passage d’un flic noir. A quelques mètres de deux mecs qui discutaient. Ma compagne s’est éloignée. Elle avait tenté de me dissuader, préoccupée à l’idée que je me retrouve en prison.

Moi, sûr de mon fait et vidant ma vessie, je repensais à cette phrase lue dans le métro à propos de tout paquet abandonné suspect :

« If you see something say something ». Allais-je être dénoncé ? Mais je n’en pouvais plus.

 

Ici, Ma compagne et moi sommes deux touristes dans une sorte de supermarché au toc un peu clinquant où d’autres touristes débarquent et claquent du fric. Où, hier, une employée derrière son guichet m’a répondu que l’accès à internet est effectivement gratuit. En Wifi avec son ordinateur personnel. Sinon, moyennant 8 dollars et quelques débits de notre carte bancaire, j’aurai droit…à 15 minutes d’internet.

Dans la même idée, dans cet hôtel, une omelette avec trois œufs (avec libre choix des condiments ?) coûte 22 dollars.

Pour moins de 20 dollars hier soir, à Chinatown, au 67 Bayard Street, au restaurant Xi’an Famous Foods, Ma compagne et moi avons eu un plat chacun :

 

Concubine’s chicken noodles ( 6 dollars).

Spicy cumin Lamb noodles ( 7 dollars) + 1 chrysanthème tea ( 1,50 dollar) + 1 sour tea (1,50 dollar).

 

 

Hier soir, en sortant du métro, le pont de Brooklyn était indiqué. Mais, aussi, dans une direction opposée :

 

Chinatown et Little Italy.

 

Nous avons suivi la procession le long du pont. Nous avons croisé la foule, plus importante, qui revenait du pont. Près du pont, une voiture de police. De part et d’autre du pont, une circulation routière, fluide, et assez rapide. Et nous sur le pont. Sur le pont, donc, du monde. Le coucher de soleil était passé. Quelques coureuses et coureurs. Plusieurs personnes à vélo se signalant aux piétons, lesquels ne tenaient pas toujours compte du sens aller et retour indiqué au sol.

Deux couples en séance de photo dans leur tenue de mariage. D’autres personnes

(familles, couples) se photographiant ou se faisant photographier. Des photographes, plein de photographes, avec des compacts, des reflex ou autres. Au loin, la Tour Eiffel ?

Non, la statue de la Liberté.

 

 

Un peu de marche dans Brooklyn. Plus calme. Près de Montaigue Street. Réapparition de jeunes couples noirs. Nous restons peu de temps. Nous voulons aller à Chinatown et à Little Italy. Métro où nous croisons cette employée noire qui m’explique que ces billets que nous avons achetés 2, 50 dollars l’unité sont bons pour la poubelle : car ils sont valables une seule fois et deux heures maximum après leur achat.

 

Arrêt à Brooklyn Bridge City Hall de nouveau. J’ai plusieurs fois entendu parler de l’aspect délabré du métro de New-York. Mais je suis plus marqué par le fait qu’il fasse chaud dans les couloirs et sur les quais des métros de New-York. Par contre, le métro est climatisé. Trop. Mais les New-Yorkais semblent s’en accommoder.

 

A la gare de Brooklyn Bridge, je demande notre chemin à une jeune. 18 ans maximum. Elle est avec deux de ses copines. Elle n’est pas trop sûre d’elle. Elle me recommande néanmoins un itinéraire. Peu après, j’interpelle un flic, la trentaine : il suffit de descendre tout droit à l’entendre.

 

Cent mètres plus loin, je redemande à un homme d’une cinquantaine d’années apparemment avec sa femme ou sa maitresse :

Descendre jusqu’à Canal Street puis tourner à droite.

A Canal Street, j’interroge un jeune chinois qui se promène avec deux copains. Il me répond :

« This is Chinatown ».

 

 

Bien qu’il parle Américain, il a un accent cantonais. Un restaurant ? Il m’indique un point visuel. C’est de cette façon qu’après être passés devant plusieurs restaurants asiatiques, nous nous arrêtons au Xi’ an Famous Foods tenu visiblement par un jeune homme d’environ 25 ans, très commerçant et très sûr de lui. Sûrement un bon parti.

Dans le restaurant, nous sommes d’abord les seules personnes de couleur noire. Clientèle assez jeune. 30 ans de moyenne d’âge. Un grand blanc (entre 1m90 et 2mètres) semble y avoir ses habitudes. Il mange une salade, une soupe puis passe une autre commande. Je l’imagine Australien. Devant lui, une feuille. Manifestement du travail. Chercheur ?

Les plats sont très bons. Très bonnes pâtes fraîches. Mais un peu trop épicées. Voire un peu trop salées. Mais c’est bon.

En quittant le restaurant, nous avisons un marchant ambulant de fruits : bananes, mangues…celui-ci parle à peine Anglais. Son accent est sur « coussin » cantonais. Mais il sait parler argent. Il est peu aimable. Celle qui le remplace aussi. Je crois qu’il part avec sa radio, laquelle diffuse un programme en Cantonais ou en Mandarin.

Je m’y perds un peu avec ces petites pièces de monnaie : quarter dollar, dime. Impossible de savoir si je me fais voler de 5 ou 10 centimes. Mais les prix sont abordables. Moins de 2 dollars un kilo de bananes. 1 dollar 25, la mangue.

Non loin de là, toujours dans Bayard Street, nous tombons sur le Colombus Park Pavillion. Des Asiatiques semblent y pratiquer des arts martiaux. Nous nous rapprochons et nous tombons sur des femmes et des hommes asiatiques attablés dans le parc :

Ils jouent aux cartes, au GO peut-être ou au Mah Jong. Il y’ a plus d’hommes que de femmes. Les femmes d’un côté. Les hommes de l’autre.

Celles et ceux qui jouent sont parfois entourés de spectateurs. Tout se passe, quand nous passons, en silence. A priori, personne ne nous remarque. Mais c’est sans doute trompeur.

A une table de jeu, deux jeunes dénotent. Ils ont à peine 30 ans, sont plutôt grands, entre 1m80 et 1m90, sont vêtus de manière assez disco, assez branchée voire transsexuelle : Leur chemise, leurs bottes, la couleur de leurs cheveux, les pommettes hautes. L’un des deux jeunes joue, l’autre regarde. Les autres joueurs et les autres spectateurs ont une bonne soixantaine d’années, portent des vestes et pantalons gris, plutôt fripés.

 

 

Nos combattants sont finalement des amateurs. Ils sont une dizaine. 5 ou 6 filles. 4 ou 5 hommes. Un homme, apparemment SDF ou égaré, les filme avec son téléphone portable. En se marrant. Est-il ivre ? Il fait quelques commentaires. La bonne cinquantaine, en costume lui aussi, sa présence semble peu déranger nos pratiquants d’arts martiaux.

Les filles sont des débutantes. Elles ont la vingtaine. Celui qui semble faire autorité leur enseigne des gestes. Les filles ne sont pas douées.

Deux binômes de garçons s’entraînent. Un des « profs » me remarque. La séance se poursuit. Celui-ci s’occupe d’un jeune qui doit avoir environ 25 ans. Le jeune, torse nu, a un tatouage dans le dos. Bas de survêtement noir, baskets noires (des Nike apparemment) il semble très disposé à donner des crochets dans les gants de celui qui l’entraîne. Mais il est moins concentré pour retenir les enchainements demandés. Celui qui l’entraîne, assez gros, apparaît particulièrement raide des hanches.

Le prof envisage de montrer un nouvel exercice à un des garçons. Il lance un coup de pied bas, se fait un claquage ou une crampe. Il active sa jambe, essaie de s’étirer. Cela ne passe pas. Cela lui fait tellement mal qu’il doit partir s’asseoir. J’entends une des filles lui demander :

 

« Do you want cold water ? ».

En tout et pour tout, nous avons dû rester environ dix minutes. A aucun moment, je n’ai eu l’impression que nous avons ou que nous aurions pu faire partie d’eux :

Depuis notre arrivée à New-York, j’ai déjà croisé des couples mixtes. Mais les communautés présentes à New-York semblent assez peu perméables entre elles.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Entre le Pont-Neuf et le Louvre.

»Posted by on Mar 10, 2020 in Voyage | 0 comments

Entre le Pont-Neuf et le Louvre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photos : Franck Unimon, ce lundi 9 mars 2020.  

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Aux alentours du Louvre

»Posted by on Mar 7, 2020 in Voyage | 0 comments

Aux alentours du Louvre

 

 

 

Ce matin, au lieu de prendre le métro, j’ai eu envie de prendre le bus. Il faisait froid et beau. Peu de monde dans les rues. En nous approchant du Louvre, j’ai aperçu ce soleil. J’ai très vite appuyé sur le bouton pour arrêter le bus. Le coronavirus Covid-19, le 49.3 employé la semaine dernière pour imposer la réforme des retraites, la dernière cérémonie des Césars. Les inquiétudes comme les désagréments  futurs et proches ont disparu alors que j’ai commencé à appuyer sur le bouton de cet appareil photo. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Franck Unimon/ Balistique du quotidien, samedi 7 mars 2020. 

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Massage assis

»Posted by on Nov 3, 2019 in Voyage | 0 comments

Massage assis

 

 

                                                              Massage Assis

« A un moment, il faut rendre leur corps aux gens » m’avait dit ma tutrice en formation massage. C’était il y a trois ou quatre ans. Je me trouvais alors chez elle et sa compagne près de la gare de l’Est. Je venais de lui faire un massage sur table.

 

«  Le corps, c’est l’inconscient » m’avait dit un collègue pédopsychiatre et lacanien que je n’ai jamais massé et que j’ai du mal à imaginer recevant un massage. Ce collègue brillant et attachant fait selon moi partie de toutes ces personnes atteintes profondément par ce que j’appelle la névrose de «  la pensée souveraine ».  Mais il est possible que je me plante complètement :

Dans certaines conditions -qu’elles choisissent- beaucoup de personnes peuvent  nous étonner par leur ouverture d’esprit.

 

«  Le massage peut permettre certaines dérives sectaires » m’avait à peu près dit une amie kiné avec laquelle nous avions, un moment, envisagé de réaliser des massages à quatre mains sur table.

 

«  Le massage, c’est un bon moyen de drague ? » m’avait demandé lors d’un événement techno, avec un air « complice », un jeune commercial sûrement déjà particulièrement doué pour séduire.

 

«  J’ai déjà fait (reçu) plein de massages » m’avait dit mon « cobaye » : un robuste moniteur de plongée et d’apnée, motard par ailleurs. Il se trouvait alors sur la table de massage et j’étais en train de lui masser le dos dans ce centre de plongée et d’apnée que je démarchais afin d’y proposer mes services.

 

Un de mes amis d’enfance avait, soudainement, entrepris de satisfaire un besoin urgent alors que je le massais sur table : consulter ses sms.

 

Mon petit frère (déjà adulte) était resté endormi cinq bonnes minutes sur la table après que j’aie eu fini de le masser la première fois.

 

Lors d’un échange de pratiques de massages, il m’est arrivé de me faire masser par un homme qui, en cours de route, avait eu envie d’un autre genre d’échanges. Nous étions chez lui et j’étais sur la table tandis que le programme radiophonique de France Culture diffusait son contenu. Cette erreur d’aiguillage, régulée à un moment donné, a aussi fait partie de ma formation. Et de celle de ma compagne. Comme elle me l’a ensuite dit lorsque je lui ai raconté :

« Tu as de la chance d’avoir une femme comme moi ».

 

Après le judo, après quelques expériences de comédien au théâtre et au cinéma dans des courts-métrages, après l’écriture, après la plongée, après le journalisme (bénévole) cinéma, après des années d’exercice en psychiatrie et en pédopsychiatrie, je m’étais décidé à suivre l’exemple d’autres collègues de mon service afin de me former au massage bien-être. Avant « ça », plus jeune, je voulais être kiné pour travailler dans le sport. Je voulais être journaliste. Faire de la philo et de la psycho.

Je m’étais finalement arrêté à la formation d’infirmier. C’est encore ce métier qui, aujourd’hui, économiquement, administrativement et socialement me fait « vivre » et, aussi, « m’estampille » et « m’étiquette ».

 

Le métier d’infirmier qui suscite tant de « correctes » et de sincères admirations est aussi un métier de femmes- et d’executant(es)- dans une société et un monde masculin où les dirigeants sont principalement certains hommes. Un certain type, un certain genre d’hommes.

 

Le métier d’infirmier ne m’a jamais suffi. Même si une partie de ses valeurs me suivent souvent dans ce que je fais ailleurs, mon identité est à cheval sur plusieurs cultures. Et je bascule régulièrement de l’une à autre. Aujourd’hui, je « suis » infirmier en pédopsychiatrie mais m’incarcérer dans cette gestuelle, cette pensée et ce vocabulaire, c’est me réduire en cendres. Je suis vivant et mobile. Ma poitrine se soulève, s’abaisse et je respire. Dans mes pensées, je chasse autant que possible les cendres et la déprime qui peuvent m’encombrer. Je les perçois lorsque elles commencent à devenir trop présentes, les perce. Et j’évacue.

 

 

Je n’étais pas particulièrement déprimé lorsque j’ai décidé, au début de cette semaine, de répondre à cet appel du 1er novembre.

 

 

Quelques fois, comme d’autres « anciens » stagiaires, je reçois de certains de mes anciens formateurs en massage « bien-être » des messages. Il peut s’agir, comme pour ce 1er novembre, d’être volontaire pour réviser et de permettre à la formatrice d’avoir un nombre pair de participants.

 

Aujourd’hui, j’ai renoncé à me reconvertir dans le massage bien-être. Une de mes anciennes partenaires de jeu au théâtre ( pour la pièce La Comédie des erreurs de Shakespeare que nous avions jouée avec d’autres au théâtre du Nord-Ouest)  avait raison :

Faire du massage bien-être est la continuité du métier d’infirmier or ce que je voudrais développer en priorité, c’est plutôt ma personnalité culturelle et artistique. Mais le massage, comme d’autres actes (respirer, écrire, lire, pratiquer l’apnée, la photo) fait aujourd’hui partie de moi. Proche de l’Art martial et de la méditation, le massage est un arc et aussi le miroir de ce que nous sommes. Entre la flèche et nous, ce qui changera la donne, plus que d’établir des records ou de vouloir devenir le meilleur masseur « du monde », c’est et ce sera l’intention.

 

Récemment, à une formation sur le thème de Spiritualité et addictions, j’ai demandé à un intervenant quels étaient les gardes fous contre une emprise sectaire ou jihadiste. Il m’a répondu :

 

Liberté, gratuité et charité.

 

On peut évidemment devenir un professionnel (en massage bien-être ou dans une autre spécialité) et se faire légitimement rémunérer à hauteur de notre engagement. Et s’épanouir. Mais les rapports que l’on adopte et que l’on adoptera avec la liberté, la gratuité et la charité conditionnent et conditionneront beaucoup nos intentions ainsi que, souvent, ce que l’on vivra véritablement.

 

Ce 1er novembre, jour férié, je suis peut-être venu dans cet état d’esprit :

 

Je n’ai pas gagné d’argent. J’ai été massé et j’ai massé. J’ai écouté, parlé et interrogé. Puis, à la fin de la journée, je suis parti faire ma nuit de travail à l’hôpital en ayant eu le sentiment d’avoir passé une très bonne journée. D’avoir été au rendez-vous avec moi-même.

 

 Ma journée avait d’abord bien commencé- et tôt- avec ma fille. Je m’étais bien entendu avec elle afin qu’elle laisse sa mère se reposer. J’étais parti de la maison plutôt content de moi. Au lieu de m’être à nouveau fâché :

 

J’allais passer ce jour férié avec d’autres personnes, la plupart inconnues, mais auparavant, je lui avais transmis quelque chose de la vie et du monde dans l’entente, l’apaisement et une compréhension, je l’espère, réciproques. C’est ce qui, je crois, est à l’oeuvre dans tout « bon » massage comme dans toutes ces relations avec les autres ainsi qu’avec nous-mêmes que nous recherchons et essayons quelques fois- ou souvent- de vivre.

 

 

Franck Unimon, ce dimanche 3 novembre 2019.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Marseille-Toulon-La Ciotat, octobre 2019

»Posted by on Oct 29, 2019 in Voyage | 0 comments

Marseille-Toulon-La Ciotat, octobre 2019

 

 

Marseille.

 

 

Nous étions à Marseille la semaine dernière. Nous sommes passés quelques heures à Toulon et avons aussi pris un peu la lumière à La Ciotat. Au moment d’écrire cet article, je me dis que rien ne m’oblige à parler de cette expérience lunaire qu’est un voyage de manière scrupuleusement chronologique. Lorsque j’ouvre mon robinet en ce moment j’entends ça :

 

 

 

Cette sculpture, nous l’avons déja vue. Je suis retourné la voir, cette fois, pour connaître le nom de son auteur. Car, sans le nom de son auteur, cette oeuvre est un peu une sépulture. Pour l’artiste et pour ce qu’il a voulu dire :

 

 

Maintenant, nous “savons”. 

 

 

 

Dans mon précédent article sur Marseille(  Marseille, octobre 2019)  , j’écrivais qu’il m’avait fallu du temps pour aimer cette ville. Cette fois-ci, Marseille s’est très vite défendue à sa manière. De sa bouche, les premiers jours, sont d’abord sortis du froid, de la pluie ( des averses jusqu’à faire déborder provisoirement le Vieux-Port) et des jours gris. C’était la première fois que je voyais Marseille comme ça. 

 

Je n’ai pas pas de photo d’inondation. Nous rentrions à Marseille par le train  en provenance de Toulon lorsque l’averse est tombée. Elle nous a douché avec passion à notre sortie de la gare. 

 

Dans Toulon.

 

Nous sommes allés à Toulon parce-que s’y trouve un magasin de vêtements techniques supposés résistants et pratiques ( aussi bien faits pour le voyage que pour la ville) qui y a ouvert en 2014. Et il n y a qu’à Toulon, pour l’instant, que la marque dispose d’un magasin physique. Autrement, il faut commander sur internet. Or, j’ai préféré me rendre sur place afin d’essayer les vêtements et de me faire mon idée concernant les articles et les tailles. Lors des quelques heures passées à Toulon, je me suis dit que cette ville a des atouts pour être plus attractive qu’elle ne l’est. Mais des -très- mauvais choix au moins architecturaux ont été réalisés pour cette ville située en bord de mer. On résume souvent Toulon à une ville raciste et d’extrême droite mais j’ai l’impression qu’elle est un peu plus nuancée que ça. 

 

Dans la rue D’Alger, à Toulon.

 

 

Et,  évidemment, ce “bateau” ( photo précédente) est selon moi, au contraire, lui, une très belle réalisation. Même si je ne sais pas comment on vit dans ces immeubles. Concernant les vêtements, pour l’instant, je suis plutôt content.Ils sèchent vite en cas de lavage et sont agréables à porter même par temps plutôt chaud.

Il est une autre marque ( crééé en 2008) de vêtements très techniques et tout autant présentables en ville que j’ai découverte récemment. Non seulement, elle est plus onéreuse. Mais en plus, cette fois-ci, le seul magasin physique se trouve à Brooklyn. On peut commander par internet mais ça m’ennuie pour des raisons pratiques évidentes ( essayage, coût…). Je regrette, en 2011, alors que nous étions à New-York, de ne pas avoir alors connu cette marque. Je connais bien “quelqu’un” pour qui la ville de Brooklyn a un sens et une importance très particuliers. Mais demander ce genre de service m’embarrasse un peu. 

 

 

 

 

Sur l’île de Frioul.

 

Je portais les vêtements achetés à Toulon sur moi ( un tee-shirt et un pantalon) pour la première fois, à Frioul. Et, le soleil était revenu sur Marseille et les environs. En partant de chez nos amis en fin de matinée, nous sommes arrivés sur le Vieux-Port pour embarquer environ cinq à dix minutes avant le départ du bateau. Parmi les personnes qui faisaient la queue pour embarquer, j’ai reconnu La Virée à Paname avec leurs deux enfants. La dernière fois que j’avais rencontré C et H, réalisatrice et réalisateur de La Virée à Paname, c’était, je crois, au festival du court-métrage de Clermont Ferrand il y a peut-être quatre ou cinq ans. Comme nous, ils habitent dans l’île de France, et, comme nous, ils étaient venus passer quelques jours à Marseille. Comme nous aussi, ils étaient dans le TGV que nous avions pris depuis Gare de Lyon le lundi. L’après-midi passée avec eux fut très agréable. C’est la seconde fois qu’à Marseille, je rencontre quelqu’un que je connais personnellement de la région parisienne. La première fois, c’était G que j’avais croisé à la terrasse d’un restaurant sur le Vieux-Port. Il était là pour un tournage de Plus belle la vie. Et, d’ailleurs, je l’avais présenté aux amis marseillais qui nous ont hébergé la semaine dernière. 

 

Sur l’île de Frioul.

 

Entre Marseille et les îles Frioul.

 

De retour à Marseille. Sur notre gauche, le Mucem.

 

 

Marseille, vers les docks.

 

 

 

En revenant à Marseille, j’ai aussi revu d’autres amis installés depuis plusieurs années à Auriol. La dernière fois que j’étais allé chez eux, je me souviens que leurs deux fils étaient au plus loin à l’école primaire. Aujourd’hui, l’un des deux effectue ses études à Luminy.

J’ai aussi revu une ancienne collègue rencontrée à Montesson il y a plus de 15 ans maintenant. Elle habite désormais à Ensues la Redonne.

 

Gare d’Ensues La Redonne.

Il y avait un petit côté gare de western désolée en arrivant. Mais nous sommes en provence.

 

Le trajet depuis Marseille St Charles pour Ensues La Redonne m’a fait passer par l’Estaque. Je n’étais jamais passé par l’Estaque. La vue depuis le train a été très agréable. Nous étions plusieurs passagers, à activer pathétiquement nos appareils photos pour prendre des clichés de la vue à travers la vitre. Mais il me reste un petit fond de dignité et je garderai ces photos pour moi. 

Après avoir discuté de Marseille, de Lyon et d’autres sujets avec elle et son mari, C m’a emmené à Carry le Rouet qu’elle m’a fait découvrir ( merci encore!). 

 

A Carry Le Rouet avec C.

 

 

 

 

 

 

 

Carry Le Rouet.

 

Il nous restait encore quelques jours et Pépita, mon amie qui a quitté Paris il y a une vingtaine d’années pour revenir vivre à Marseille, était désormais de repos à la fin de la semaine. Alors que j’étais parti pour Ensues la Redonne, Pépita a emmené ma compagne et notre fille en vadrouille. Je les ai retrouvées en fin d’après-midi. Ce qui m’a permis de prendre le bus et de revoir la corniche que j’avais découverte pour la première fois avec S. il y a plus de vingt ans.

Le long de la corniche. Au bout à gauche, le cercle des nageurs de Marseille par où est passée et où se trouve une partie de l’élite de la natation française ( Alain Bernard, Camille Lacourt….). Il est possible d’y avoir accès en tant que pratiquant “lambda”, moyennant si j’ai bien retenu, deux cooptations, 1700 euros d’adhésion la première année + 1700 euros.

 

Pépita m’a donné rendez-vous près de la statue de David. Cela me parlait. Il y a plusieurs années, j’avais passé quelques nuits dans l’auberge de jeunesse qui se trouve un peu plus loin vers les calanques. A cette époque, Pépita vivait encore à Paris.

 

En attendant de retrouver Pépita, ma compagne et notre fille, j’ai regardé “David”. Il m’a fait penser à quelqu’un qui s’était statufié à force d’être laissé en plan et d’attendre que quelqu’un accepte de l’emmener quelque part. Ne te laisse pas faire, David ! La première station de bus n’est pas loin. 

Après nous être retrouvés, nous sommes allés nous asseoir au bord de la mer.

 

 

David était encore au même endroit la dernière fois que je l’ai regardé. Mais il a peut-être le pouvoir de revêtir plusieurs formes.

 

Marseille.

 

David, le bénévole, ramassait maintenant les détritus laissés sur la plage. Une femme est venue l’aider. Notre fille aussi. Je l’ai laissée faire un petit peu puis je l’ai appelée et lui ai expliqué que c’était bien. Mais qu’il fallait qu’elle arrête car elle ramassait tout avec ses mains alors que David, lui, portait des gants et avait une pince. Je me suis abstenu de dire à notre fille que j’estimais, aussi, que c’était aux adultes qu’il revenait d’abord de prendre ce genre d’initiative et de responsabilité avant de s’en décharger sur des enfants. Ensuite, j’ai expliqué à David la raison pour laquelle j’avais appelé notre fille. Ce qu’il a très bien compris. 

Marseille, hôpital de la Timone.

 

En rentrant peut-être, ou en repartant le lendemain, nous sommes passés devant l’hôpital de la Timone. L’hôpital n’est pas un lieu de vacances et nous sommes simplement passés devant. Mais ça faisait des années que j’entendais parler de cet hôpital et, là, il était près de nous.

 

Au “dessus” de Cassis.

 

 

Nous aurions pu nous rendre à Cassis. Mais je n’avais pas envie de m’y rendre même si Pépita nous a dit que c’était très joli. Et, aussi très touristique. Or, nous étions un samedi.

Au “dessus” du vide. A notre arrivée, deux alpinistes venaient de terminer leur ascension. Ils m’ont répondu que cela s’était très bien passé et qu’il faisait “limite” trop chaud.

 

 

Couple assis au dessus de Cassis.

 

 

Je préférais aller à La Ciotat.

La Ciotat.

 

 

Chaque fois que j’étais venu à Marseille, je n’avais jamais eu l’envie d’y aller. Mais cette fois, j’avais particulièrement envie. Peut-être parce-que je l’avais aperçue lors de notre trajet en train pour Toulon. Egalement pour le son du nom de cette ville. L’idée que la ville ait perdu de son faste économique m’attirait d’autant plus. Ainsi que le fait que le compagnon de Pépita, Marseillais, et Pépita nous disent soit méconnaître cette ville ou y être allée il y a plusieurs années. 

 

 

En arrivant à la Ciotat, Pépita m’a rappelé qu’elle était aussi la ville des Frères Lumière, ceux qui avaient inventé le cinéma. ça m’a d’autant plus donné envie d’être là et d’aller voir ce qui restait de cette Histoire.

 

 

 

 

Le cinéma Lumière, la photo des frères Lumières, le décorum, pour nous, c’était bon ! C’était là que ça s’était passé. Voir le dernier Terminator à l’affiche du cinéma des Frères Lumière était un détail très amusant.

 

Heureusement, Pépita a eu le réflexe d’entrer dans le cinéma et de demander aux employés présents s’il était possible de le visiter. Ils ( une femme et un homme) nous ont rapidement détrompé : auparavant, cent ans plus tôt, cet endroit était une halle. Le véritable cinéma où les frères Lumière avaient marqué l’Histoire du cinéma se trouvait ailleurs dans la ville.

 

La Ciotat.

 

Pépita s’est rendue à l’office du tourisme pour s’informer. Puis, en passant, nous avons acheté du vrai savon de Marseille de la marque Sérail. Ensuite, nous sommes repartis chercher le “vrai” cinéma des frères Lumière.

 

La Ciotat.

 

 

Ma compagne venait de me dire : ” ça fait drôle de voir encore les traces de vie dans ces appartements” et de s’éloigner. Je commençais à prendre des photos de cet endroit lorsqu’une femme s’est arrêtée sur un petit vélo, type vélo pliable. Elle m’a demandé avec sympathie si j’étais de la Ciotat. Je lui ai répondu non mais qu’est-ce que j’en savais, finalement, au vu de mon intérêt soudain pour La Ciotat. En sortant un petit appareil photo, la dame, d’une soixantaine d’années, m’a expliqué que c’était une partie de l’Histoire de la ville qui partait. Et tout ça, pour construire ” un hôtel 36 étoiles !”. Elle m’a raconté qu’enfant, il y a 40 ans ( ou plus), elle s’était rendue dans ce théâtre. Et, aussi qu’il y a encore peu, cette caserne de pompiers était active. Elle envisageait d’envoyer ensuite ses photos à des amis et de leur dire :

“Voilà, ce que c’est devenu !”. 

La dame était engageante et j’aurais pu rester discuter un peu plus avec elle. J’ai néanmoins pris congé. Notre fille est venue me chercher en courant. Ma propension à prendre des photos faisait que j’étais régulièrement distancé et elle s’inquiétait que je me perde. 

 

C’est là où ça s’est passé avec les frères Lumière.

 

Voici le véritable endroit où les frères Lumière ont fait parler d’eux. L’endroit est assez décevant extérieurement et nous nous sommes demandés si l’on nous cachait quelque chose. Mais un des employés nous a confirmé que c’était bien-là. Chaque mercredi et chaque samedi, à 15h, ( il était alors plutôt 17h), a lieu une visite guidée et les piliers d’origine ont été conservés. L’employé a ajouté que l’on “sent” , à l’intérieur du cinéma, que le lieu a une histoire. Nous aurions pu entrer en allant à la séance de 20h mais il nous fallait rentrer.

A défaut de séance cinéma et de visite, nous avons un peu profité de la terrasse extérieure qui donne vue sur la mer, de l’autre côté de la rue. J’ai aussi regardé la programmation que l’employé m’a confirmé être du cinéma d’auteur en version originale.

 

La Ciotat.

Oui, ça donnait envie de revenir à La Ciotat. Pépita, elle-même, a été agréablement surprise par cette visite de la ville.

 

Avant de rentrer, nous sommes allés nous tremper les pieds dans l’eau. A l’entrée d’un club de plongée, dans le centre-ville, j’avais lu que la température était à vingt degrés. Nous avons fait l’erreur étonnante en venant à Marseille de laisser nos maillots de bain chez nous. Mais en définitive, ce séjour nous a bien plu alors nous reviendrons. D’autant que ma compagne a préféré Marseille à Lille ( Lille J + 4). Notre fille, elle, a aimé les deux villes. 

 

 

Franck Unimon.

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