self-défense/ Arts Martiaux

Par Self-défense et Arts Martiaux, je pense bien-sûr aux pratiques qui s’y rapportent : martiales, sports de combats, techniques de combat diverses. Mais, je pense aussi à toute action comme à toute pensée qui permet de vivre. Je pense à tout ce qui peut nous permettre de nous éloigner d’une anxiété permanente et possessive.

Dojo 5

»Posted by on Juil 19, 2021 in Corona Circus, self-défense/ Arts Martiaux | 2 comments

Dojo 5

Intérieur du salon de thé Tencha à Angers.

 

                                                       Dojo 5

Le Dojo 5 se trouve près d’une piscine de 33 mètres de longueur. Celle-ci est en rénovation, rue de Pontoise.

 

Pour beaucoup, la rue de Pontoise se trouve à Paris. Pour moi, Pontoise est soit une ville soit une couleur où j’ai vécu et travaillé.

 

Ce samedi 17 juillet, j’arrive au dojo 5 afin d’assister au stage d’Aïkido dispensé par Sensei Léo Tamaki. J’ai appris la tenue de ce stage à Paris, ce 17 et ce 18 juillet un peu par hasard il y a deux ou trois jours. A la fin de son interview de Franck Ropers dans le magazine Yashima de ce mois de juillet 2021, on tombe sur plusieurs dates de ses stages cet été en France.  

 

J’ai croisé une fois Léo Tamaki dans la rue. C’était par hasard il y a quelques mois près des Galeries Lafayette. Lors des préparatifs des fêtes de Noël de l’année dernière.  Après être allé rencontrer Sensei Jean-Pierre Vignau à son domicile. Autrement, Léo Tamaki et moi avons principalement communiqué par mails. C’était en vue d’une interview pour mon blog. Cet été, ce serait plus simple avec la pandémie du Covid.

 

J’arrive sans prévenir au dojo 5. J’ai bien envoyé un mail à Léo Tamaki il y a quelques jours. Il ne m’a pas répondu. Il doit être très occupé. Je ne sais pas comment il va réagir. Afin de m’aider à appréhender au mieux cette inconnue, je suis assez fraîchement imprégné par ma lecture de l’ouvrage Uchideschi ( dans les pas du Maitre) de Jacques Payet, Sensei d’Aïkido 8ème Dan.

 

Lors de mon trajet en train pour Paris St Lazare, afin de me rendre à ce stage, je n’ai pas pu m’empêcher de rire lorsque Jacques Payet (page 79) raconte la mésaventure de Yamada, l’un de ses partenaires lors de sa formation particulièrement difficile d’UCHIDESHI  dans les années 80 :

 

« Mais nous n’osions pas nous effondrer au risque d’affronter la fureur des instructeurs. C’est ce qui est arrivé à Yamada. Il n’était pas très fort physiquement et il avait du mal à rester si bas sur ses jambes pendant une si longue période. L’instructeur lui a crié dessus une fois, puis deux fois, puis a commencé à lui donner des coups de pied. Lorsqu’ils ont réalisé qu’il n’en pouvait plus, ils l’ont séparé du groupe et l’ont mis devant un miroir pour qu’il puisse voir son propre visage et savoir à quel point c’était humiliant d’être un lâcheur. Au bout d’un moment, il a rejoint la classe, mais seulement après avoir été sévèrement réprimandé devant ses pairs ».

 

Mais impossible pour moi de savoir si je rirai autant lorsque je ferai face à Léo Tamaki dans le dojo 5. Surtout que j’ai quelques minutes de retard. A St Lazare, en me dirigeant vers la ligne 14, j’ai reconnu une amie dont je n’avais pas eu de nouvelles depuis environ deux ans. Nous avons été contents de nous revoir.

 

Après avoir fait le code d’accès, la lourde porte s’ouvre. Une cour intérieure et, au bout, le dojo avec la silhouette de Léo Tamaki parmi ses élèves. Aucune possibilité de laisser mon vélo pliant. J’ai bien fait de le laisser chez moi.

 

Le cours a débuté. Je me rapproche. Je suis à un ou deux mètres de l’entrée du dojo que Léo Tamaki vient vers moi en souriant. Il semble bien se souvenir de moi. Ne paraît pas plus surpris que ça.

Lorsque je lui demande si je peux assister au cours, il accepte aussitôt. Et m’invite à me mettre dans un coin sur le tatami.

 

Instinctivement, je m’installe en seiza. Prévenant, il m’informe que je peux me mettre à l’aise. Puis, il repart.

 

Il y a une vingtaine de stagiaires. Dont une majorité d’hommes. Deux ou trois pratiquants peut-être ont la cinquantaine. Autrement, la fourchette d’âge est entre 25-28 ans et 45 ans, je dirais. Il y a des pratiquants expérimentés. Et des débutants.

 

 Le stage a débuté ce matin mais je n’ai pas pu venir. Le travail s’effectue alors avec le bokken. Léo Tamaki passe régulièrement parmi les élèves. Corrige en montrant à nouveau. Fait parfois de l’humour. Laisse travailler quelques minutes. Puis interpelle le groupe et refait sa démonstration ou insiste sur telle particularité avant de demander :

« Recommencez s’il vous plait ».

 

Nous sommes très loin de l’ambiance japonaise décrite par Jacques Payet.

 

Léo Tamaki parle de « dissocier ». Et de « structure ». Ce sont des mots qui lui sont assez familiers, je crois. Un autre moment, il souligne : « Par défaut, considérez toujours que votre adversaire peut sortir une arme ». Il a à cœur de rendre la pratique aussi réaliste que possible, fait des parallèles avec d’autres pratiques martiales. Je regarde celles et ceux qui s’entraînent. Les déplacements. Je me dis que cela doit être difficile de rester concentré sur une si longue durée pour porter des atemis. Mais « j’aime » que la main remplace le sabre lors de certaines attaques.

 

Certaines techniques me semblent plutôt hors de ma portée. Je réfléchis à la solution à trouver face à un adversaire plus grand. Je me dis que cela doit être un bon apprentissage que de s’entrainer à voir un bokken s’abattre sur soi ou sur sa tête. Mais Léo Tamaki insiste :

« C’est lui que tu dois regarder. Pas le sabre ».

 

Lorsque j’ai pratiqué un peu le judo, je venais seulement pour « faire » et pour « jaillir ». Trop peu pour regarder. C’est une erreur que j’ai beaucoup répétée. Peut-être que quelques participants ont été intrigués par ma présence.

 

Les deux heures sont passées. A la fin du cours, j’attends que Léo Tamaki soit disponible pour lui parler un peu. Il me dit alors « Tu ». Même si je n’ai fait « que » regarder, je comprends qu’il m’a vu durant son cours. Et, il m’a vu sans détour. Mon ego et mes ruminations étaient au repos sur le tatami.

 

Je croyais que ce dojo était un dojo de circonstance pour le stage. Il m’a appris que le lieu où il enseignait auparavant a « fait faillite ». Une de ces nombreuses conséquences, pour l’instant invisibles,  dues à la pandémie du covid.

 

Il est convenu que je reviendrai fin aout pour l’interview. J’ai prévu de venir avec un caméraman et une photographe. Le premier m’a été recommandé par une amie, journaliste et productrice, spécialiste du cinéma africain. J’ai connu et joué avec la seconde lorsque j’avais repris des cours d’interprétation théâtrale au conservatoire d’Argenteuil.

 

En aout, si je peux, je participerai aussi à un cours ou deux d’Aïkido.

 

Je me sens bien en quittant le dojo 5.

 

 

Franck Unimon, ce lundi 19 juillet 2021.

 

 

 

 

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L’aspiration à l’excellence de Franck Ropers

»Posted by on Juil 18, 2021 in self-défense/ Arts Martiaux | 0 comments

L’aspiration à l’excellence de Franck Ropers

 

L’aspiration à l’excellence « de » Franck Ropers

 

 

Eclats

Il peut se passer des années, parfois plusieurs vies, avant que ne nous parviennent certains éclats.

Cet éclat peut être un souvenir, une blessure, une rencontre ou un objet que l’on avait rangé quelque part, délaissé, et puis que l’on « retrouve ».

 

Un objet, un souvenir, une blessure ou une rencontre où, pour nous, le temps s’est arrêté.

 

A ce jour, je n’ai jamais rencontré Sensei Franck Ropers. Mais j’ai rencontré au moins une ou deux personnes qui l’ont rencontré. La dernière de ces personnes n’est autre que Sensei Léo Tamaki que j’ai revu hier après-midi, lors du stage d’Aïkido qu’il donnait au 26 rue de Pontoise, en plein Paris, au Dojo 5. Stage auquel j’ai pu assister et auquel je me suis rendu afin de me faire une idée de l’endroit où, fin août, avec son autorisation, je reviendrai pour l’interviewer. Et, peut-être aussi pour participer à un ou deux de ses cours lors du stage qu’il redonnera fin août au même endroit.

 

 

J’ai oublié, quand, pour la première fois, j’ai entendu parler de Franck Ropers. Sans doute par des vidéos de lui sur Youtube il y a quatre ou cinq ans. Pourtant, Franck Ropers est actif dans le domaine des arts martiaux et de la Self-Défense depuis une bonne trentaine d’années. Il s’est passé des années avant que son éclat…ne me parvienne. Sans doute parce qu’avant d’être réceptif à ses « états de service », j’étais plus axé sur d’autres disciplines et sur d’autres centres d’intérêt.

 

Pour cette interview de Franck Ropers par Léo Tamaki, dans le Yashima de ce mois de juillet 2021, j’ai été plus réceptif.

 

Lorsque je pense au Penchak Silat– Dont Ropers est le plus haut gradé en France, je crois- je ne peux m’empêcher de penser au film The Raid du réalisateur Gareth Evans. En particulier à The Raid 2 (2014) qui a pour l’instant ma préférence.

 

Même si le premier The Raid, réalisé en 2011, avait marqué les esprits.

 

En écoutant Franck Ropers dans des vidéos, j’avais été très vite marqué par sa très bonne aptitude et sa très grande aisance pour s’exprimer face à une caméra. Par sa grande maitrise corporelle bien-sûr.  Ainsi que par sa très bonne pédagogie. Car on peut être un très bon pratiquant, quel que soit notre domaine professionnel, et être mal à l’aise face à une caméra comme sur scène ou face à un public. Et, à travers mes propos, ici, c’est autant l’élève, que le spectateur ou l’intervenant et le comédien, qui s’exprime.

 

Les propos de Franck Ropers sont pointus, concrets et faciles à comprendre. Convaincants.

 

Quel que soit l’interlocuteur en face de lui, journaliste ou représentant d’une discipline martiale dite « efficace » ou « réaliste » type MMA, Franck Ropers m’a toujours semblé légitime dans ses propos et bien au fait de ce qui se passe dans la « vraie » vie. Et, par « vraie vie », ici, je pense bien-sûr au combat de rue dans des conditions réelles.

 

Même si Franck Ropers « présente bien », il n’est pas un animateur de télévision qui, parce qu’il porte un costume, du maquillage et une oreillette devant plusieurs caméras à des heures de grande écoute et qu’il perçoit un très haut salaire, finit par se croire plus beau, plus intelligent et plus fort qu’il ne l’est véritablement.

 

Non. A ce que je vois, quotidiennement, Franck Ropers continue de rester dans la juste note de sa grille d’accords. Et cette grille tient dans son corps et dans ce qu’il a compris et comprend, avec lucidité, des sports de combat mais aussi du monde, ou des mondes, dans lesquels nous vivons. Et, si cela était faux,  et n’était qu’une mise en scène ?

 

Il suffit de disposer d’un tout petit peu d’expérience de sport de combat ou d’art martial pour comprendre que Franck Ropers dispose d’un niveau de pratique – et d’une détermination- qui ne repose pas sur une simple effervescence cosmétique, sur de l’illusion ou de la prestidigitation.

 

 

Conquis avant même le combat ou la rencontre ?

 

On pourrait se dire que je suis conquis avant même- je ne l’ai jamais rencontré- d’avoir rencontré Franck Ropers. Et que c’est de cette manière que l’on perd, d’avance, un combat.

 

D’abord, j’ai bien d’autres aspirations dans la vie que de devoir me bagarrer constamment avec tout le monde afin de prouver ou de me prouver quoique ce soit.

 

J’ai appris cette semaine- dans un livre que j’ai retrouvé chez moi- que « feu » Bruce Lee, lors du tournage du film Opération Dragon, avait donné une bonne partie de son temps- et de son influx- à répondre à des défis que lui lançaient des figurants.

 

Au point d’être en permanence sous tension. Entre le tournage du film, ces défis permanents et – pour ce que j’avais lu ailleurs- les menaces de certaines triades chinoises qui le voyaient désormais comme une poule aux œufs d’ors alors qu’il était devenu une vedette internationale.

 

Si bien que Bruce Lee trouvait du réconfort, entre-autres, dans des space cakes composés de Marijuana. La consommation répétée et conséquente de ces space cakes aurait provoqué sa mort prématurée. Plus récemment, Michaël Jackson et d’autres vedettes ou personnalités, ont bien été retrouvées mortes après l’abus courant de certaines substances stupéfiantes ou médicamenteuses.

 

Enfer ou aliénation :

 

Ensuite, devenir une star et une référence martiale et passer son temps à répondre à des défis, des ultimatums et des exigences, pour devoir prouver que l’on est bien toujours le « meilleur », dans « le coup » ou le plus « fort », cela ressemble pour moi à l’enfer ou, au minimum, à de l’aliénation.

 

Devenir aussi fort pour être prisonnier ?  Je n’envie pas du tout ce genre de vie et d’apothéose. Même si, un demi-siècle plus tard, Bruce Lee reste une référence pour beaucoup de monde, combattants, spectateurs ou admirateurs.

 

Il est d’autres combattants, et d’autres célébrités, aujourd’hui, qui sont également plus enfermés que libres grâce à leur « réussite ». Prenons Conor McGregor, vedette de MMA. Même si McGregor « aime » le spectacle, comme Mohamed Ali avant lui, peut-il ou a-t’il la possibilité d’être autrement que le McGregor qui « provoque » en plus d’être un très bon combattant ?

 

Celles et ceux qui courent sans relâche après le buzz prennent aussi le risque d’être rattrapés par cet effet qui consiste à être ensuite poursuivi sans relâche par le même genre de tourments sans fin : Etre bon ou le meilleur. Ou rien.

 

Pour ces quelques raisons, aussi, je ne chercherai pas à mettre en doute ou à « challenger » les compétences de Franck Ropers ou d’autres dans les Arts martiaux ou dans tout autre domaine. Je préfère plutôt essayer de m’en approcher et de m’en inspirer dans des proportions, je l’espère, préventives et thérapeutiques. Vers mon bien-être. Mais, pour cela, encore faut-il savoir ce qu’est le bien-être.

 

Franck Ropers et « le bien-être » :

Franck Ropers sait-il c’est qu’est le bien-être ? Il s’y emploie en tout cas. Et, pour moi, c’est une (très) bonne nouvelle qu’une personnalité comme lui (un million d’abonnés  sur yourtube) se préoccupe de son propre bien-être. Ce qu’un Bruce Lee avait sûrement perdu de vue avant sa mort.

 

Voici quelques extraits de son interview réalisée par Sensei Léo Tamaki pour le Yashima de ce mois de juillet.

 

« Nous créons nos propres limites. Nous avons tous un passé et, parfois, ce vécu mal compris ou interprété nous bloque dans nos aspirations ».

 

« (…) Il y a aussi le rapport à l’échec. Si on entreprend quoi que ce soit, l’échec est inévitable à un moment ou à un autre et il ne faut pas le redouter (….) ».

 

« Pour moi, l’essence des arts martiaux est le développement personnel et on y apprend à s’engager, savoir changer de direction, développer et entretenir son physique (……) j’ai suivi diverses formations et je suis notamment devenu sophrologue et hypnothérapeute. Comprendre son fonctionnement et comment le modifier de façon positive peut se faire seul, avec un psy, un coach ou un sensei. Les chemins ont leurs particularités mais l’objectif de bien-être et d’évolution est identique ». ( Extraits de l’interview L’aspiration à l’excellence de Franck Ropers par Léo Tamaki dans le Yashima de ce mois de juillet 2021. Interview d’une dizaine de pages).

 

Franck Unimon, ce dimanche 18 juillet 2021.

 

 

 

 

 

 

 

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Sex & Fury un film de Norifumi Suzuki

»Posted by on Juil 17, 2021 in Cinéma, self-défense/ Arts Martiaux | 0 comments

Sex & Fury un film de Norifumi Suzuki

 

L’actrice Reiko IKI

Sex & Fury un film de Norifumi Suzuki

 

 

Direction l’ère Meiji :

 

Un an après Nous ne vieillirons pas ensemble du réalisateur français Maurice Pialat, le réalisateur japonais Norifumi Suzuki sortait Sex & Fury (1973). La même année, toujours en 1973,  Bruce Lee, d’origine chinoise, première superstar asiatique internationale, décédait lors du tournage du film Le jeu de la mort.  

 

Trois ans plus tard sortira L’Empire des sens de Nagisa Oshima, autre œuvre cinématographique japonaise.

 

 

Quel est le rapport entre Sex & Fury, qui fait partie de la catégorie Pinku Eiga et Yakusa Eiga, où l’histoire se passe à l’ère Meiji, ces autres œuvres et ces artistes ? Car Sex & Fury n’est pas un remake du Nous ne vieillirons pas ensemble de Pialat. Encore moins du film Le Jeu de la mort.  Et, on imagine peu Marlène Jobert et  Jean Yanne, les deux acteurs principaux de ce film de Pialat, ou même Bruce Lee- qui est absent de la filmographie de Pialat- évoluer dans  l’époque relatée dans Sex & Fury :

 

En 1868, au Japon, à l’ère Meiji.   

 

Les titres de ces films les rapprochent, bien-sûr.

L’actrice Reiko IKI dans le rôle d’Ocho.

 

Celles et ceux qui affronteront Ocho, interprétée par l’actrice Reiko Ike, dans Sex & Fury ne vieilliront pas avec elle même si sa vision dégaine leur désir.

 

Ad Libido :

 

Selon le niveau où se situe la libido et le sadisme du spectateur ou de la spectatrice – le film est réservé aux plus de 16 ans–  Sex & Fury peut être vu comme un de ces films « druides »  qui savent modifier la constitution et la perception des corps et faciliter les fluides ainsi que toute étude les concernant :

 

Même si les scènes de combats et certaines séquences de jeu sont assez enfantines, la photographie, elle, n’a pas pris une ride. Entre le visage et le corps de Ocho/ l’actrice Reiko Ite et celui de Christina/ l’actrice Christina Lindberg, on a de quoi fuir l’ennui.

 

Si Reiko Ite est la femme parfaite très au fait de la bassesse et de la violence des hommes, Christina Lindberg, sait très bien ajouter l’innocence à la froideur.

L’actrice Christina Lindberg dans le rôle de Christina.

 

Cependant, il existe d’autres plaisirs cinéphiliques dans la découverte de ce film.

 

Tarantino :

 

Sur la jaquette du dvd, il est spécifié que Tarantino s’est – aussi- inspiré de ce film pour réaliser ses deux Kill Bill (2003 et 2004).  Et, cela saute aux yeux tant pour les membres que pour les combats -au sabre- d’Ocho/ Reiko Ite que pour la présence de Christina/l’actrice Christina Lindberg. Laquelle interprétera- en 1974- le rôle de Frigga/Madeleine dans le film Thriller (ou Crime à froid) de Bo Arne Vibenius. Film qui a aussi influencé Tarantino pour le rôle de Elle Driver joué par l’actrice Darryl Hannah dans Kill Bill.

 

La plupart des hommes de Sex & Fury sont cupides, pervers et, bien-sûr, lubriques. Les hommes honnêtes et idéalistes sont isolés ou minoritaires. Trahis et assassinés. Suzuki nous dépeint donc un Japon corrompu à l’intérieur alors qu’il s’agit d’un Japon de la majestuosité et de l’honneur à l’extérieur :

 

Ce Japon a défait la Chine et la Russie militairement et se modernise à toute vitesse.

 

Trois portraits de femmes :

 

Ocho/ l’actrice Reiko IKI

 

Dans ce Japon où les femmes sont opprimées, trois portraits de femme dominent dans ce film féministe. Celui d’Ocho ( l’actrice Reiko Iki), intrépide, dure au mâle, orpheline qui a grandi dans la rue après avoir assisté à l’assassinat de son père. Et qui doit son salut au fait d’avoir été recueillie par une femme qui lui a appris à voler et sans doute à se prostituer.

 

Celui de Christina (l’actrice Christina Lindberg) « l’occidentale » britannique, la jeune femme talentueuse, devenue espionne pour son pays, alors plus grande puissance coloniale, par amour pour revoir…. un Japonais.

 

Le dernier portrait de femme « dominant » est celui de Yaeji/l’actrice Yoko Mihara, qui campe la femme d’un haut dignitaire japonais. Yaeji est toute respectable jusqu’à ce que l’on comprenne qu’elle perd toute conduite devant le sexe. Et que «  sa peau dévore les hommes ».

 

Protéger ou couper :

 

Ocho/l’actrice Reiko IKI

 

Ces trois femmes sont trois tentatives  de coexistence avec les hommes de ce Japon. Pour Ocho, le résultat de cette coexistence se décompose de la manière suivante :

 

Elle protège ou elle coupe.

 

Soit elle a un homme à venger (son père) ; soit elle est porteuse des dernières volontés d’un homme ; soit elle sauve un homme (« l’anarchiste » Shunosuke interprété par l’acteur Masataka Naruse)  poursuivi par la police ;  soit elle tue des hommes aussi brutaux que des animaux derrière leurs airs raffinés. Car certains de ces nouveaux aristocrates qui ont réussi sont d’anciens yakusas qui ont réalisé des crimes et sont prêts à tout pour parvenir à leurs fins. Tortures, viols, meurtres, trafic de drogue….

En tuant ces hommes, on pourrait dire qu’Ocho les libère car ils n’ont pas évolué. Ils sont enfermés dans des instincts et des comportements dont ils sont devenus inséparables. Elle, a évolué. Au point qu’elle tient le sabre, arme souvent masculine, mieux que les hommes. Dans Sex & Furyune femme telle qu’Ocho est le véritable honneur du Japon. Cet honneur vit dans la rue et est orphelin. 

Cependant, au contraire de Christina et de Yaeji, aucun désir et aucun amour ne retient Ocho à un homme en particulier. Et, il semble que cela contribue non seulement à en faire une femme libre mais aussi à lui sauver la vie en tant qu’individu. Ce qui, bien-sûr, était un sacré affront adressé au Japon des années 70 (et d’aujourd’hui ?) où le groupe prévaut sur l’individu. Et où la femme se doit d’être mariée à un homme et de baisser les yeux.

 

Ocho/ L’actrice Reino IKI

 

 

Ocho fait tout le contraire. C’est ce qui lui permet, plusieurs années plus tard, de faire toute la lumière sur le meurtre de son père. Et, nous, si nous arrivons à lever les yeux,  cela nous permet de regarder ce film autrement après les événements relatifs au harcèlement des femmes ou à des mouvements tels que #balancetonporc.

 

Franck Unimon, ce samedi 17 juillet 2021.

 

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Que Dalle un livre sur l’actrice et comédienne Béatrice Dalle

»Posted by on Juil 2, 2021 in Béatrice Dalle, Cinéma, Puissants Fonds/ Livres, self-défense/ Arts Martiaux | 0 comments

Que Dalle un livre sur l’actrice et comédienne Béatrice Dalle

 

                Que Dalle un livre sur l’actrice et comédienne Béatrice Dalle

 

                         Ecrit par Pascal Louvrier et Béatrice Dalle

 

 

Hésiter entre la lecture de UCHIDESHI Dans Les Pas du Maitre (Apprendre ce qui ne peut être enseigné)  de Maitre Jacques Payet, 8 ème Dan, Shihan, au sein de l’organisation Aikido Yoshinkan. Et la lecture du livre sur l’actrice et comédienne Béatrice Dalle.

 

Opter pour ce dernier. Et se sentir d’abord éclaboussé par de la poussière de honte. Une fois de plus, avoir cédé aux séductions de la forme. Au lieu de déterrer de soi ces peurs qui nous martèlent les vertèbres.

 

Nos peurs sont des productions incessantes. Les combattants sont celles et ceux qui, jour après jour, les voient s’amonceler sur leur compteur. Et qui ont appris et apprennent de leurs peurs. Et qui répètent des gestes, parfois des incantations, ou des Savoirs, en vue de leur répondre.

 

Ce sont des voix qui leur parlent, à toute heure,  à eux seuls, et que personne d’autre n’entend, d’abord. Du moins ont-ils souvent cette impression.

 

Pas de combattant sans peur.

 

Mais comparer une actrice ou un acteur, Dalle ou autre, à un combattant tel que Maitre Jacques Payet, c’est aussi tenter de vouloir parer un miroir des mêmes mérites et des mêmes héritages que le diamant.

 

La différence entre les deux reste quand même que, une fois « choisi », l’un (l’actrice ou l’acteur) est si puissamment éclairé, entouré, stylisé, entraîné, conseillé qu’il est presque condamné à réussir.

Je repense à l’actrice Adèle Exarchopoulos tellement mise en valeur par Kechiche dans La Vie d’Adèle ( 2013)  que je m’étais dit :

 

 « Si après ça, elle ne réussit pas une belle carrière au cinéma, elle ne pourra pas dire qu’elle n’a pas été aidée ».

 

 

La combattante ou le combattant, longtemps, est bien moins entouré que l’actrice ou l’acteur. C’est peut-être, aussi, ce qui le pousse à surgir. Car, soit il restera victime, oublié, dominé ou enfermé. Soit il vivra. En se mettant à vivre, la combattante ou le combattant commence à éblouir celles et ceux qui l’entourent.  Parce que vivre, c’est notre histoire à tous. Sauf que pour beaucoup, vivre reste une intention ou une tentation. Alors que pour la combattante ou le combattant, vivre est une action.

 

L’actrice et l’acteur se mettent à vivre lorsque l’on dit : « Action ! ». La combattante et le combattant vivent parce qu’ils agissent. En dehors du combat. Au cours du combat. Mais, aussi, après le combat.

 

Le combat, c’est le temps absolu. L’extrême. Aucun faux semblant possible.

 

Il y a maintenant un jeu de mot très facile à faire : le contraire du combat, plus que la défaite, c’est le coma. Etre dans le coma, c’est bien-sûr être allongé dans un lit d’hôpital dans un service de réanimation. Peut-être en mourir. Peut-être en sortir. Peut-être en revenir diminué, paralysé ou transformé.

 

Mais le coma, c’est aussi laisser quelqu’un d’autre ou une substance agir ou faire des rêves à notre place. Puis exécuter au détail près. Comme des rails nous menant vers une destination préétablie par quelqu’un d’autre que nous et à laquelle nous accepterions de nous rendre sans conditions.  

 

 

A ce stade de cet article, par lequel je me suis laissé « détourner », il faudrait maintenant  vraiment parler du livre.

Normalement, ce que j’ai écrit m’a déjà disculpé concernant le fait d’avoir « préféré » d’abord lire cet ouvrage sur Béatrice Dalle. Mais la normalité peut aussi être une folie souvent acceptée par le plus grand nombre. Alors, je vais prendre mes précautions et m’en tenir à ce que j’avais prévu de mettre en préambule.

 

La lecture de la « biographie » de l’acteur Saïd TAGHMAOUI, SAÏD TAGHMAOUI De La Haine A Hollywood dont j’ai rendu compte il y a quelques jours m’a influencé. Saïd Taghmaoui/ De la Haine A Hollywood

 

Dans son livre, TAGHMAOUI ne dit pas un mot sur Béatrice Dalle et Joey Starr. Pourtant, il est impossible qu’ils ne se soient croisés.

 

Ils ont à peu près le même âge. Sont entrés dans le grand bal de la scène médiatique à peu près au même moment même si Dalle fait un peu figure « d’aînée » avec 37°2  de Beineix, sorti en 1986.

Ils ont eu des amis et des intérêts communs : Au moins Le Rap, Les Tags, les graffitis, la banlieue parisienne défavorisée ( Taghmaoui, Morville) Benoit Magimel, les frères Cassel ( Vincent et/ou Rockin’ Squat).

 

Si leur adresse et leur réussite artistique (TAGHMAOUI, DALLE, Joey Starr/ Morville) doivent à leur présence physique ainsi qu’à leurs origines sociales et personnelles, elles doivent aussi à leur intelligence particulière (du jeu, du texte, pour faire certaines rencontres existentielles et décisives) ainsi qu’à leur travail d’avoir duré alors, qu’au début, dans leur vie mais aussi comme lors de leur arrivée dans le milieu de la musique ou du cinéma, rien ne le garantissait.

 

Pour le dire simplement et sans mépris : Aucun des trois ne venait d’un milieu social et intellectuel privilégié et, d’une façon ou d’une autre, tous les trois ont connu ce que l’on appelle la « zone ». Que ce soit la prison, les gardes à vue, la drogue, la rue. Dans un pays officiellement démocratique et universel comme la France, celles et ceux qui réussissent et sont aux avant postes de la société ont généralement d’autres profils, d’autres CV,  voire d’autres prénoms, que ces trois-là.

 

Et, avec ces trois-là, aussi, le même « miracle » s’est plus ou moins répété (davantage avec Dalle et Joey Starr en France, toutefois) :

 

Une fois que chacun de ces trois-là a réussi à bien planter sa tente dans le décor avide de la réussite artistique, économique, commerciale et Jet Set de ce pays, ils sont devenus désirables. Respirables. Par le plus grand nombre. Spectateurs et parasites compris.

 

Je ne fais pas exception. Au début du livre, avant sa toute première rencontre avec elle, Pascal Louvrier raconte son appréhension vis-à-vis des réactions de Béatrice Dalle qui avait pour réputation d’être imprévisible et, bien-sûr, d’être peu fréquentable. Une fétichiste des options racaille. Ces appréhensions, je les ai longtemps eues vis-à-vis d’elle comme vis-à-vis de Joey Starr . Et les jugements moraux dépréciatifs définitifs -fondés bien-sûr sur des éclats médiatiques et certaines de leurs attitudes- que d’autres ont pu avoir sur eux, je les ai eus aussi.

 

Et, cela va dans les deux sens : Dalle, pour parler d’elle, ne brille pas non plus par une tolérance de tous les instants pour autrui. Même si elle est capable de gentillesse ou de prendre la défense de celles et ceux qu’elle perçoit comme victime. Lors d’un tournage comme dans la vie.

Car, Dalle « vomit » aussi les tièdes. Et les méritants. Toutes celles et tous ceux qui font de leur mieux et qui, à ses yeux, sont « faibles » ou ne valent pas qu’on s’attarde sur eux : les gens sans particularité évidente, monocordes et lambda qui se fondent dans le décor social comme dans une boite à chaussures.

 

Ce faisant, elle répète comme d’autres, y compris comme celles et ceux qui l’adorent, certaines injustices et certains préjugés, que, comme ses adorateurs,  elle condamnera ailleurs. Et en d’autres circonstances selon des critères sélectionnés par eux. Et par elle.

Cela, c’est le paradoxe permanent du « Star Système » que l’on évolue dans le cinéma hautement commercial ou dans le cinéma d’auteur :

 

Pour peu que l’on soit admiré et aimé par des personnalités du monde du spectacle, de l’art ou de l’intellect, on sera excusé et défendu contre les bien-pensants et les bons élèves besogneux qui, les abrutis ! , ne peuvent rien faire de mieux- et de plus- que de réfléchir de travers. Comme on pisse sur le sol en ratant l’urinoir ou la cuvette des toilettes. Avant, évidemment, de partir prestement et lâchement, en laissant tout en l’état sans même se laver les mains. 

 

C’est mon principal reproche au livre de Louvrier : cette façon de mettre Dalle sur un piédestal et de, pratiquement, tout justifier et tout accepter de certains de ses actes « déflagrants ».

 

Je vais néanmoins m’abstenir de frimer dans ces quelques lignes. Au tout début du livre, je me suis bien dit :

« J’aurais pu mieux écrire ». «  J’aurais pu mieux faire ».

 

Mais, par la suite, je me suis avisé que Louvrier a effectué un très gros et très bon travail de recherche. Que ce soit dans les archives mais aussi auprès de Dalle et de quelques personnes qui ont travaillé avec elle et dont certaines sont devenues des proches :

 

Dominique Besnehard, l’agent qui l’a découverte et qui est aussi un de ses protecteurs et un de ses proches. Un protecteur dévoué et idéal.

Besnehard a aussi été l’agent de TAGHMAOUI. Mais à lire celui-ci, sa rencontre avec Besnehard a nettement moins été à son avantage.

 

Du reste, pour avoir lu- avec plaisir- l’ autobiographie Casino d’Hiver de Besnehard ( parue en 2014), je « sais » que TAGHMAOUI ne figure pas parmi les rencontres qui ont le plus marqué Besnehard, humainement et artistiquement. Au contraire de Béatrice Dalle, Jean-Claure Brialy, Nathalie Baye, Marlène Jobert ou Maurice Pialat par exemple.

 

Je garde d’ailleurs un très bon souvenir de ses pages sur Pialat.

 

La réalisatrice Claire Denis est aussi « convoquée » pour parler de Béatrice Dalle dans Que Dalle.

 

Tout comme le photographe  Richard Aujard.

 

Ainsi que le réalisateur Jean-Jacques Beineix, bien-sûr, dont j’avais aimé lire l’autobiographie parue en 2006 : Les Chantiers de la Gloire.

 

Ma seconde excuse pour avoir choisi de lire Que Dalle avant celui de Sensei Payet est que le livre de celui-ci est sorti récemment. En 2021 pour la version française. Celui consacré à Dalle, en 2008 puis en 2013. Je crois l’avoir acheté en 2013. Cela fait donc huit ans que je l’avais parmi plein d’autres livres. Sur le cinéma et d’autres thèmes.

 

Entre les années 80-90 et le « récit » parcellaire, de sa relation à ressorts et à sorts avec Joey Starr/ Didier ou avec son premier mari et ses autres amants et mari(s) sans omettre certaines parties judiciaires de sa trajectoire, et les années qui ont suivi, j’ai appris à mieux regarder Dalle et celles et ceux qui lui ressemblent. Pour tout dire : je l’avais toujours fait. Car il n’y a aucune raison pour que, subitement, je sois devenu plus sensé. Elephant Man

 

 

Même si je me distingue des mâles alpha et de ces personnes « destroy » ou « rock’n’roll » (femmes ou hommes) qui captent tant le regard de Béatrice Dalle et l’imaginaire des réalisateurs et des photographes comme des stylistes de toutes sortes, ma vie normale et mentale, comme celle de beaucoup d’autres, est moins monocorde et plate qu’elle ne le paraît. Sauf que je le garde pour moi. Par précaution. Par peur.

 

Mais, aussi, pour protéger les autres.

 

Car c’est aussi, ça, l’un des très grands secrets de beaucoup de gens normaux : avoir cette capacité, trop grande sans doute, de tenir en laisse certaines folies. Et laisser à d’autres l’initiative de se jeter dans les gueules mais aussi dans les trous de diverses folies que l’on a pu soi-même, suivre, observer, tuyauter, tutoyer, dissimuler. Ou condamner.

 

Les gens normaux peuvent être de très grands comédiens. Ils le sont tant qu’ils jouent leur vie puis l’oublient. La folie, psychiatrique, comme la dépression, bien-sûr, est régulièrement proche à trop souvent se renier.

 

Alors, quelques fois, lorsque les gens normaux tombent sur une Béatrice Dalle, ou une autre ou un autre, ça peut aussi leur donner envie de se rapprocher. Mais pas trop près. Car ça leur rappelle quelqu’un. Peut-être, aussi,  que ça leur rappelle leur adolescence. L’époque des révoltes, des mutations et des rêves les plus excessifs. Lorsque ça bouge et que ça s’agite. Parce-que, c’est bien connu, le calme, le quotidien et l’immobilité, c’est l’extinction et la soumission assurées. Et, ça, c’est bien-sûr pour les faibles et les moins que rien.

 

Franck Unimon, ce vendredi 2 juillet 2021.

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Say Hello, Wave Good Bye

»Posted by on Mai 31, 2021 in Corona Circus, Musique, self-défense/ Arts Martiaux | 0 comments

Say Hello, Wave Good Bye

 

 

 

Say hello, wave good bye

Cette chanson du groupe Soft Cell, sortie en 1981, m’a toujours beaucoup touchée. Bien qu’elle soit moins connue que son tube : Tainted Love.

 

 

A nouveau, je viens d’essayer de chanter sur Say Hello, Wave Goodbye en même temps que son interprète, Marc Almond. J’ai probablement chanté faux.

Mais, cette fois, pour la première fois, je suis resté dans « ma » voix. Enfin, je crois m’être au mieux rapproché de ce qui est ma voix. Car, à chaque fois, auparavant, je me faisais aspirer par celle de Marc Almond fuselée pour passer des graves aux aigus. Evidemment, je finissais, à chaque fois, par «m’asphyxier » et racler mes limites vocales. Cela devait être plus que moche à voir et à écouter. Fort heureusement, pour l’instant, je n’ai jamais cru en ma carrière de vocaliste. Même si chanter m’attire depuis des années. Au même titre que faire de la musique.

 

Chanter, jouer de la musique, écrire, ce sont des activités d’abord humaines, qui, si elles ne permettent pas de devenir « riches » et « célèbres » matériellement, autorisent à être soi-même. Seul ou avec d’autres. Et à vivre, autrement, seul ou avec  d’autres, connus, ou inconnus, ce temps qui passe, qui nous occupe ou nous accule. Dans une certaine sincérité.

 

Il existe plein d’activités humaines. Certaines plus nécessaires que d’autres. Certaines plus volontaires. Et, d’autres, plus interdites. Que ces activités soient bénéfiques ou néfastes, toutes ces activités ont lieu. Nous les faisons. Nous y assistons. Nous en entendons parler. Puis, nous en parlons, en rêvons, tentons de faire pareil. Ou, au contraire, nous nous taisons et nous éloignons. Parfois pour des « bonnes » raisons. D’autres fois, non. Car quelle bonne raison pourrait-il y avoir, si l’on en a envie, de s’interdire de prendre le temps de chanter ou d’apprendre à chanter ? A écrire ? A jouer de la musique ? Si cela nous plait. Si cela nous ouvre à nous-mêmes mais aussi à certaines émotions.

 

Ce titre, Say Hello, Wave Good Bye raconte une histoire triste. La musique est fort peu dansante. Plutôt nostalgique. J’avais 13 ans lorsqu’elle est sortie, en 1981. Il n’y a rien d’exceptionnel dans le fait de filer une certaine nostalgie lorsque l’on a 13 ans. Une peine d’amour ou d’amitié. Une mauvaise note. Une mauvaise nouvelle dans sa famille.

 

En 1981, pourtant, j’avais plus été touché par la mort de Bob Marley. Sa musique était familière grâce à la platine disque de mon père depuis plusieurs années. En 1981, j’avais sûrement entendu Tainted Love à la radio. Parmi les tubes. Mais pas Say hello, Wave Good Bye. Et, jamais, je n’aurais entendu ou n’ai entendu de groupes du genre de Soft Cell ou Depeche Mode qui se sont faits connaître à peu près en même temps, à la maison.

Cette musique, ainsi que d’autres, étaient ignorées à la maison. Et dans nos réunions familiales. Je ne pourrais même pas dire qu’elles étaient interdites. Même si ça revenait au même : elles auraient été ignorées, méprisées. Ou, auraient été perçues comme l’empire du mal. Je repense encore, par moments, à ce jour, où, dans un mariage ou une fête antillaise, j’avais remplacé, pour quelques titres un de mes oncles maternels qui était le  DJ de cette soirée.

 

 

Après plusieurs titres antillais, j’avais décidé placé sur une des platines le titre World in My Eyes…de Depeche Mode. Jusque là, tout s’était bien passé.

 

 

Mais, à peine avais-je posé ce titre, que, c’était comme si j’avais balancé du Round Up sur la piste. En moins d’une minute, tous les danseurs et danseuses avaient déguerpi ! Ce n’était pas uniquement une histoire de goût ou de rythme. Mais, aussi, une affaire de prestige et de honte. J’imagine que cela aurait été la honte pour elle si une seule personne avait osé danser sur ce titre. Mizik A Blan ! De la musique de Blanc !

 

Il est un certain nombre d’activités vis-à-vis desquelles nous avons le même comportement : nous considérons que ce n’est pas pour nous ! Même si rien ne nous interdit de les pratiquer ou de nous en approcher. Si ce n’est notre sentiment d’appartenance à un groupe. Et la conception, assez superficielle, en surface, que nous avons de ce que nous sommes. Je me rappelle encore de mon petit frère, ado, qui écoutait du Rap avec ses copains, et qui, secrètement, en cachette et en ma présence, avec ma « complicité », écoutait….Björk.

 

 

Car j’écoutais et j’aimais cette artiste que j’ai d’ailleurs « vue » trois fois en concert. Presque autant de fois que j’ai vu Miles Davis, Me’Shell Nédégeocello, Kassav’ ou Alain Bashung en concert…..

 

 

 

J’ai découvert ou redécouvert Say Hello, Wave Good Bye lors d’un séjour supposé linguistique en Ecosse, à Edimbourg, en 1990. Un séjour affectivement conséquent pour moi.

 

Dans ce titre, je suis sensible à la tristesse. A cette désillusion amoureuse. Sans doute ou peut-être parce-que lors de ce séjour, j’avais vécu une double rencontre amoureuse. Avant mon départ pour l’Ecosse. Puis durant mon séjour. Deux histoires contraires dont le contenu émotionnel et sentimental m’ont porté pendant des années. Une, plutôt à distance, avec une Marseillaise. Une autre, avec une Parisienne, déjà en couple.

 

Peu importe que Say Hello, Wave Good Bye raconte une histoire d’amour entre un homme et une femme ou pour un autre homme. Car j’ai plus tard appris, si je ne me trompe, que Marc Almond est homo. Et, s’il ne l’est pas, je n’ai aucune difficulté à croire que ce titre puisse être un classique pour une certaine génération d’hommes voire de femmes homos. Comme je n’avais pas a priori compris, lors de sa sortie, que le tube d’Elton John, I’M still standing, puisse être si important pour les homos touchés, percutés et persécutés par le Sida.

 

 

Tout ce que j’avais entendu à l’époque, dans les années 80, c’était un titre plutôt dansant, assez funky. Je n’écoutais pas les paroles. Je ne comprenais pas le contexte. Pourtant, j’avais aussi peur du Sida. Et l’épidémie du Sida me concernait beaucoup. En tant que jeune adulte avec une sexualité. Mais, aussi, en tant qu’infirmier récemment diplômé.

 

Avec la pandémie du Covid, c’est pareil. Rien ne nous empêche de nous livrer à certaines activités dont nous avons envie et besoin. Même s’il faut savoir se protéger. Car, certaines fois, c’est peut-être, aussi, de certaines de nos apparences dont il vaut mieux savoir se protéger :

 

Il y a quelques jours, en revenant du travail, sur mon vélo  pliant, j’ai découvert tous ces gens à nouveau en terrasse. Il faisait beau. Très beau. Et, moi, même si je savais que tout cela avait existé auparavant. Même si je comprenais ce besoin de sortir à nouveau.  Même si j’irai sûrement, aussi, à une de ces terrasses un jour ou l’autre, j’ai néanmoins eu l’impression d’assister à une mise en scène.

 

J’ai eu l’impression que beaucoup de ces gens que j’ai aperçus, et, parmi eux, sans aucun doute, des amis, des proches ou des collègues, voulaient affirmer que, pour eux, vivre, c’était absolument ça ! Presque revendiquer le droit d’être en terrasse face à face. De fumer. De cloper à l’air libre. De consommer. De refaire les magasins.

 

Pourquoi je fais le moraliste ? Pourquoi cela m’a-t’il dérangé à ce point alors que je l’ai moi-même fait et refait ? Et que je le referai ?! Moi, aussi, je me rendrai bientôt sur une terrasse en plein Paris…

 

Je fais le moraliste parce-que, subitement, ce jour-là, et parce-que la pandémie a déja duré un certain temps, je me suis peut-être, et de manière assez provisoire sans doute, aperçu, que, pendant des années, je m’étais accroché à certaines activités qui, finalement, étaient peu nécessaires.

 

Etre en terrasse, oui, mais pour y vivre quoi et avec qui ?!  Juste pour s’y montrer ?!

 

On peut être en terrasse avec quelqu’un et ne rien vivre de particulier avec elle ou lui. Donc, pourquoi y rester ?! Pourquoi y revenir ?!  Pourquoi se l’imposer si ce n’est, principalement, pour être dans la norme ?!  Pour faire quelque chose. Pour ne se pas se confronter à notre propre vide. A notre grande tristesse et à notre grande solitude.

Pour ne pas devoir admettre que l’on passe une grande partie de son temps à se vider de notre vitalité et de notre créativité au lieu de lui donner les moyens de s’exprimer et de, véritablement, nous libérer, nous aider.

 

Pour ne pas voir que l’on tourne régulièrement en rond mais que, comme la majorité des personne que l’on voit et que l’on fréquente agit de même, hé bien, cela nous rassure et nous encourage à continuer de rester sur la même piste de danse.

 

Il est plus facile et plus commode de faire la fête, d’être en terrasse en plein soleil avec d’autres que d’admettre que l’on est triste et défait. Lorsque l’on est triste et défait.

 

J’aime sans doute ce titre de Soft Cell (cellule douce) parce-qu’avec lui, comme avec d’autres, je m’autorise à entendre et à chanter ma tristesse et ma peine. Ce qu’il m’en reste. Ou ce que j’en ressens. Si la tristesse d’un Jacques Brel me fait déprimer, celle de Say Hello, Wave Goodbye a plus tendance à me donner un certain envol. Ensuite, si j’ai envie de bercer cette tristesse, de la distancer ou de la percer, j’écouterai du dub, du Reggae, du zouk, du Maloya, ou Miles Davis par exemple. 

 

 

D’autres préfèreront écouter du Rap, de la musique classique, du Rock, de la musique arabe, de la chanson française ou de la techno. La musique, cet ailleurs qui se joint à nos coups de poings mais aussi à nos soins intérieurs…

 

 

Mais quoiqu’il en soit, en terrasse ou non, nous vivrons les mêmes émotions (joie, espoir, tristesse, colère, désir ou dégout) à un moment ou à un autre. L’idéal, ensuite, ce sera de pouvoir les vivre avec d’autres, ces émotions. Que ce soit en terrasse. Ou ailleurs….

 

 

Franck Unimon, ce lundi 31 Mai 2021.

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Quiberon, Mai 2021.

»Posted by on Mai 27, 2021 in Apnée, Corona Circus, self-défense/ Arts Martiaux | 0 comments

Quiberon, Mai 2021.

Quiberon, Port Haliguen, mois de Mai 2021. Sur le zodiac, alors que nous partons en mer, sûrement sur l’île de Hoat.

 

                        Quiberon, Mai 2021.

 

 

Cet article fait suite à l’article Je ne suis pas un aventurier publié un peu plus tôt cette semaine. Lequel article était déjà la suite de….Préparatifs pour le stage d’apnée à Quiberon, Mai 2021 . On peut aussi voir ou revoir l’interview filmée qu’un ami et moi avions faite ( avant que je ne m’inscrive dans mon club actuel d’apnée), de l’apnéiste Guillaume Néry et sa compagne Julie Gautier en 2016, je crois : Interview des apnéistes Julie Gautier et Guillaume Néry en 2016 

 

Mais si ce que vous êtes en train de lire vous ennuie, ou vous paraît déjà beaucoup trop long. Ou que vous ne savez pas lire. Ou que vous êtes très très fatigué(e)s . Ou que vous manquez de temps.  Ou que vous avez faim et envie de passer à table. Ou que vous avez votre ménage ou la vaisselle qui vous traque. Ou que vous êtes en train de mourir. Ou que vous avez votre tiercé ou du compost à aller faire. Alors, et seulement, alors, un diaporama en musique  vous attend déjà. Il est tout en bas de l’article. Ce n’était pas la peine de rester là. Pour regarder le diaporama, il vous suffira de descendre à la fin de cet article. Et, ensuite, peut-être, de tout remonter pour lire un peu. Et en savoir un peu plus sur ces images que vous aurez regardées. C’est terminé, les articles où on vous enchaine pendant trois quarts d’heure, pour, à la fin, vous distribuer deux ou trois petites illustrations grossièrement dessinées à la main et qui sentent  le renfermé.

 

Le diaporama dure moins de cinq minutes. Cela est vérifiable scientifiquement ou simplement avec une montre ou un téléphone portable qui marche. Les photos sont éclairées suffisamment. La musique est peut-être adéquate.

 

 

En vous souhaitant un bon voyage. Pour les autres, les volontaires ou les condamné(es) de la lecture, ça commence d’abord, ici, par ce titre presqu’engageant….

 

Pourchassés

 

 

J’ai tangué encore un petit peu, ce matin, au moment du petit-déjeuner. Mais ça n’avait peut-être rien à voir avec ces quelques jours passés à Quiberon où, avec mon club d’apnée, nous sommes sortis en mer.  Pour….. chasser.

 

Parce-que, hier soir, ce mercredi, avant d’aller me coucher, pour la première fois depuis mon retour de Quiberon dans la nuit de dimanche à lundi, j’ai recommencé à lire des journaux. Je me « devais » d’être informé.

 

La Croix. Le Parisien. Le Canard Enchaîné. Un journal « gratuit », compilation des journaux officiels.

 

Après les avoir parcourus en grande partie, je me suis demandé ce que j’avais appris.

 

Le Jihadisme en Afrique (Cameroun, Nigeria….). Les groupes terroristes Daech et Al- Qaida étaient toujours vivants et bien portants. « Il reste beaucoup à faire ». Les bombardements de la Palestine par le Premier Ministre israélien Netanyahou «  en état de faiblesse ? ». Le retour de Manuel Valls en politique en France après sa parenthèse (également politique) de trois ans à Barcelone.

Le « différend » entre Gérald Darmanin, « notre » Ministre de l’intérieur, et Audrey Pulvar, alliée politique d ‘Anne Hidalgo, actuelle Maire de Paris, et possible candidate aux prochaines élections présidentielles françaises de 2022. «  Le paiement sans contact, nouvelle cible des truands ». Le Covid : « vaccination obligatoire : le débat relancé ». « Serial Killer : LE PLUS ANCIEN DETENU DE FRANCE ASSASSINAIT LES BRUNES ». « L’ombre du génocide rwandais plane sur le diocèse de La Rochelle ». « Cinéma : The Father, dans la tête d’Anthony Hopkins », premier film oscarisé de l’auteur Florian Zeller. Un film très « joyeux » à ce que j’ai compris. L’acteur Anthony Hopkins, oscarisé pour ce rôle, est par ailleurs, coïncidence, devenu célèbre pour son rôle d’Hannibal Lecter, un tueur en série, dans le film Le Silence des Agneaux, sorti en 1991. Un film que j’avais aimé voir. Je suis aussi porté sur le sujet des tueurs en série. J’en reparlerai dans d’autres articles. Mais, en attendant, en lisant ces « nouvelles », hier soir, qu’est-ce que j’ai pris ! Mais, aussi, qu’est-ce qui m’avait pris ?!

 

 

 

Des réflexes d’alcoolique

 

Ce qui m’a pris ? Ce qui m’a repris, plutôt, c’est ce réflexe conditionné de « citoyen », de bon écolier, de mouton ou « d’alcoolique » des mauvaises dynamiques qui, après avoir brouté pendant un laps de temps assez court, une certaine liberté et une certaine détente, se croit invincible. Et se croit obligé de revenir se ligaturer les pensées, l’imaginaire et la sensibilité dans ce brouhaha anthropophage, délétère et auto-recyclé de nos combines et de nos névroses quotidiennes.

 

Or, comme a pu le dire une personne essayant de se sevrer de l’alcoolisme :

 

« Si tu bois et que tu as un problème, tu as deux problèmes ! ».

 

En lisant hier soir ces journaux, c’est étonnant, comme, subitement, j’avais à nouveau beaucoup de problèmes. Des problèmes sur lesquels j’avais très peu de prise, qui me survivraient très certainement et dont j’acceptais, en quelque sorte, de redevenir le spectateur, le consommateur, le goulot, l’idiot, le débiteur massif,  intrépide, captif autant qu’impuissant…..

 

Tout n’est pas mauvais dans le quotidien comme dans un certain nombre de nos routines. Mais il y a néanmoins beaucoup de déchèteries et de vinasses mentales, et autres, et quantité de rustines, d’urines dégradées, avec lesquelles nous nous torchons comme s’il s’agissait de remontants dont nous aurions besoin pour nous exalter. Alors qu’ils nous détruisent.

 

A Quiberon, des « conditions de chiens » :

 

 

 

A Quiberon,  en pleine mer, la mer était assez « sale » : du fait des conditions météos. Courants, houle, vent (entre 30 et 40 nœuds en moyenne). Il y avait une certaine turbidité de l’eau qui rendait la visibilité plutôt mauvaise. A peine trois ou quatre mètres.

Lorsque j’essayais, en surface, d’assurer la sécurité de J-L, qui venait d’effectuer son canard et qui, lesté de ces 7, 8 ou 9 kilos de plomb, s’enfonçait vers le fond, je finissais toujours par le perdre visuellement. Même en « apprenant » un peu à deviner sa trajectoire, sa façon de se diriger dans la profondeur, un peu particulière et peut-être influencé par sa main qu’il portait à son nez pour faire son vasalva :

 

J-L descendait d’abord en oblique, longue tige tournant son dos au fond, rallongeant la distance qui l’éloignait du fond, puis, adoptant une sorte de demi-tour. Ce qui faisait qu’une fois au fond, à l’horizontale, il partait pratiquement dans le sens opposé de son arrivée.

C’était drôle à voir tant que je le « voyais », mon masque sur mon visage rentré dans l’eau, mon tuba en bouche pour respirer, alors que j’étais allongé à la surface, et que les vagues et le courant, me faisaient un peu dériver sans que je m’en aperçoive.

 

Puis, lorsque J-L resurgissait quelques mètres plus loin, derrière ou devant moi, c’était ensuite à mon tour de « descendre » avec mes 8 kilos de plomb, palmes, masque, tuba et ma combinaison en néoprène, bien-sûr :

7mm5 pour le torse et le dos ; 5 mm pour la tête et les mains ; 3 mm pour les pieds. Protection thermique utile pour une eau comprise, durant notre séjour, entre 12 et 14 degrés. Et pour des sorties en mer de 1h30 à 2h30.

 

Plusieurs fois, j’ai eu les pieds engourdis par le froid. Mais cela a été supportable. J’essaierai de trouver des chaussons plus chauds avec la même épaisseur. Car, trop épais, les chaussons peuvent être difficiles à mettre dans les palmes et cela serait inconfortable.

 

A Loctudy, en Mai 2017, où la température de l’eau avait été anormalement élevée, entre 16 et 18 degrés, je crois, j’ai l’impression qu’il avait pu nous arriver de rester 3 heures ou 3h30 dans l’eau sans que je me ressente du froid.

 

Mais à Quiberon, et dans les alentours, il y a quelques jours, nous aurions « plongé » dans des conditions de « chien » selon deux chasseurs (F et J), des apnéistes férus de chasses sous-marine que nous avons croisés, amis de J-P, un de nos moniteurs encadrants.

 

F nous a aussi dit qu’il chassait « toujours, sous le vent ».

 

Je ne me suis pas particulièrement rendu compte de ces conditions de « chien » mentionnées pas F et J. Si ce n’est, peut-être, en comparant le résultat des chasses à Quiberon avec celles effectuées lors des précédents stages que j’ai effectués auparavant avec le club :

 

A Loctudy en Mai 2017. Puis en Octobre 2020 à Penmarch.

 

Bien-sûr, les températures de l’eau en Bretagne sont plus froides, et les marées sont différentes de celles que j’ai pu connaître en Guadeloupe où j’ai passé mes deux premiers niveaux de plongée avec bouteille il y a plusieurs années. Mais les « conditions de chien » mentionnées ici se rapportent à d’autres éléments.

 

 

Chasse sous-marine : une chance et un privilège

 

 

D’abord, nous étions bien plus nombreux à Loctudy (près d’une trentaine) et déjà moins nombreux à Penmarch (neuf) contre « seulement » six, cette fois, à Quiberon. Mais les conditions de chasse sous-marine étaient sans doute meilleures malgré tout lorsque nous étions allés à Loctudy et à Penmarch. Cette fois-ci, à Quiberon, « nous » nous sommes donc encore plus rabattus que d’habitude sur les araignées de mer. Et sur…. les huîtres.

 

Lorsque j’écris « nous » : c’est surtout les autres membres du groupe qui ont chassé.

 

J’ai bien attrapé deux ou trois araignées : rien de plus « facile » même si, à Loctudy en 2017, pour moi, cette « facilité » était « difficile ». Car il s’agissait quand même de s’enfoncer dans l’eau avec une ceinture de plomb autour des reins, sans bouteille de plongée puisqu’il est interdit de chasser avec bouteille. De repérer l’araignée, l’attraper sans se faire pincer les doigts, remonter à la surface et la mettre dans son filet. C’est simple dit comme ça. Mais lorsque l’on n’est pas familier avec la ceinture de plomb, le fait de descendre au fond de la mer, en tenant compte de ses tympans, de son souffle et autres, cela fait un certain nombre de paramètres à enregistrer.

 

 

Aujourd’hui, et, pour l’instant, même si je peux et sais attraper des araignées de mer, je ne suis pas un chasseur. Je n’ai pas l’esprit à la chasse lorsque je « plonge » en apnée. Je suis plutôt un contemplatif.

Je comprends l’intelligence, le plaisir, et j’admire l’aptitude d’adaptation étonnante qu’il y a à  chasser sous l’eau. En se fondant dans le décor marin. En rusant avec la proie ou le poisson. En composant avec la houle et le courant. En ayant le coup d’œil pour repérer la proie même lorsqu’elle se cache. Et la « tirer » ou la « faire » au moyen de l’arbalète ou du « fusil de chasse » sous-marin.

J’admire ces chasseurs sous-marins capables de passer cinq ou six heures dans l’eau, de s’alimenter et de s’hydrater en pleine mer, juchés sur leur bouée comme si de rien n’était. Comme si c’était pareil que de faire du vélo, un footing ou d’être dans son canapé devant un bon film ou un bon livre.

 

A Penmarch, en octobre, j’avais aimé ce moment, où durant plusieurs secondes, posé sur le sable, mêlé à l’environnement, au fond de l’eau, à l’agachon, j’avais pu observer, un ou deux poissons, à quelques mètres, sous une petite grotte traversante, sur ma gauche. Les deux poissons se tenaient face au courant.

 

Ce genre de vision ou d’expérience vécue en apnée, impossible ou invisible pour nous, humains, à l’œil nu depuis la Terre, reste sans doute plus longtemps dans la mémoire. Car, dans nos conditions normales d’existence, sur la terre, et avec nos poumons, nos insuffisances mais aussi nos peurs, nous n’avons pas accès à ce monde.

 

 

 

Je comprends, aussi, la nécessité à apprendre à devenir chasseur sous-marin. Pour se nourrir. Ou nourrir sa famille ou son entourage. En respectant certaines règles : une certaine taille de poisson ou d’araignée. Certaines espèces et pas d’autres. Le sexe, aussi, de telle espèce afin de préserver sa reproduction.

 

Je comprends évidemment, aussi, la nécessité d’apprendre à préparer, dans la mer, le poisson que l’on a attrapé en l’accrochant d’une certaine façon afin qu’il ne s’échappe pas. En l’éviscérant comme il se doit. Dans mon club d’apnée, il se trouve un certain nombre d’adeptes expérimentés de la chasse sous-marine. Mais aussi de cuisiniers aptes à préparer ce qui a été pêché. Tel le carpaccio de vieille. Y m’a appris à faire des filets sur une vieille. Laquelle avait déjà été écaillée.

 

On peut trouver ça dégoûtant. Je trouve que c’est plutôt une aptitude à acquérir. Entre rester complètement dépendant de supermarchés,  de boites de conserves, de publicités ou d’informations monopolisées- et colonisées- par quelques uns et savoir, si nécessaire, aller pêcher en mer ou ailleurs, avec quelques uns ou seul, je préfèrerais, dans l’idéal, apprendre aussi à chasser ou à pêcher moi-même ce dont j’ai besoin ou peux avoir besoin.

 

 

C’est donc une chance et un privilège, pour moi, d’avoir pu être présent lors de ce stage « d’apnée » à Quiberon.  Et, encore plus alors que nous sommes encore nombreux à vivre dans les filets de la pandémie du Covid.

 

Devenir plus autonome :

 

Même si, pour l’instant, je ne suis pas un chasseur. Et que je « dois » devenir plus autonome. C’est d’ailleurs ça qui est plutôt ma priorité pour l’instant dans l’eau :

 

Me sentir plus à l’aise sur l’eau et au fond de l’eau. A Quiberon, j’ai commencé à découvrir que ma bouée était aussi ma maison. Car j’ai commencé à la personnaliser selon mes besoins et mes envies. Avec l’aide de mes encadrants du club. Et, d’après ce que j’ai vécu dans l’eau. Avec J-P, j’ai ainsi agrandi la garcette qui relie mon filet à ma bouée. Dans ce filet, je mets des barres de céréales dans leur emballage, des compotes, ma bouteille d’eau ainsi que ma chasse.

 

J’ai acheté d’autres mousquetons et les ai essayés. J’ai été content à plusieurs reprises, en revoyant la corde épaisse, et jaune, de ma bouée, lestée de plomb, alors que je m’approchais. Parce-que c’était devenu ma maison. Ce n’était pas le cas jusqu’alors. Jusqu’alors, à Loctudy et à Penmarch, c’était principalement ma bouée. Pour être vu, repéré. Pour me poser dessus à certains moments. Pour me déplacer.

 

Mes oreilles :

 

J’aimerais mieux faire « passer » mes oreilles. Mes oreilles « passent » suffisamment pour pêcher mais, de par ma petite expérience de plongeur bouteille, je sais qu’elles pourraient passer « mieux » et plus profond :

 

Pour l’instant, en apnée, je suis limité à une profondeur comprise entre 7 et 10 mètres.  Que ce soit en fosse ou en mer. Alors qu’en plongée bouteille, j’ai pu descendre à 40 mètres.

 

Je déglutis pour faire passer mes oreilles. Vasalva, Frenzel, ça n’agit pas pour moi. J’ai déjà essayé. Je veux bien réessayer mais, tout ce que j’obtiens, c’est des grosses bulles. Et la pression sur mon oreille, principalement la gauche, reste la même.

 

Mais les conditions entre la plongée avec bouteille et celle en apnée étaient différentes. D’un côté, en plongée bouteille, je dispose de bien plus d’air à disposition et je peux me permettre de prendre mon « temps » pour compenser mes tympans :

 

Réaliser l’équilibre entre la pression exercée sur mes tympans par tout le poids et le volume de l’eau de la mer et la pression présente dans mes tympans.

 

De l’autre, chaque fois que j’ai fait de la plongée avec bouteille, je plongeais régulièrement, à raison de trois à quatre plongées par semaine sur plusieurs semaines de suite. Là, où, en apnée, pour l’instant, je pratique des stages de quelques jours séparés dans le temps de plusieurs mois ou de plusieurs années. C’est sans doute trop peu régulier pour que mes tympans aient le temps de se « faire » à la mer. D’autant qu’en apnée, vu que notre réserve d’air disponible est moindre qu’en plongée avec bouteille, nous nous devons en quelque sorte davantage d’être en « osmose » avec nos capacités corporelles et physiologiques:

 

Nous sommes à la fois plus « libres » (car sans bouteille. En Anglais, apnée se dit Free Dive) mais aussi plus exposés. En cas de « problème » qui nous retiendrait sous l’eau ou nous éloignerait de notre bouée ou du bateau, nous n’avons pas de détendeur d’air à portée de main ou de binôme qui pourrait nous passer son détendeur de secours.

 

J’ai bien-sûr pensé à une cause psychologique concernant ma difficulté à faire passer mes oreilles, en apnée, au delà des 7 à 10 mètres. Il est vrai que l’expérience de la fosse de vingt mètres reste pour moi assez angoissante. Même si, tête en haut, j’ai pu descendre jusqu’à quinze mètres assez facilement.

Mais une discussion avec ma mère m’a appris qu’enfant, j’avais fait des otites et que j’avais été opéré. Je crois donc que la « rigidité » tympanique que j’ai à l’oreille gauche vient peut-être, tout simplement, de la cicatrice chirurgicale, qui a besoin d’un peu de temps pour être assouplie et mieux « passer » les profondeurs.

 

En plongée bouteille, j’ai déjà fait l’expérience qu’une fois bien acclimatées, mes oreilles descendent bien, ou « glissent » dans les profondeurs. Toujours en déglutissant.

 

Il faut se sentir en « conformité » ou en « adéquation » avec ses organes lorsque l’on pratique la plongée avec bouteille. Ou l’apnée.

 

Une fois que l’on est en adéquation avec nos organes et  notre humeur, on peut se rapprocher de grands plaisirs mais aussi du danger.

 

Le Danger :

 

La plongée avec bouteille est une discipline technique, exigeante et risquée.  Des gens en meurent.

La pratique de l’apnée est tout autant une discipline technique, exigeante et risquée. Mal pratiquée, on peut aussi en mourir.

 

Pourtant, à Quiberon, lors de ce stage d’apnée il y a quelques jours, comme à Penmarch en octobre dernier ou à Loctudy en Mai 2017, je n’ai pas eu cette impression de risquer ma vie. J’ai deux ou trois explications à cela.

 

L’expérience :

Comme je l’ai déjà écrit, je ne suis pas un aventurier. Et, je suis plutôt quelqu’un de prudent. Mais j’ai un peu d’expérience en plongée avec bouteille et, désormais, en apnée. Avec mon club en piscine mais, aussi, en mer.

 

Cependant, comme dans toute discipline risquée ou un peu risquée, il faut aussi savoir se méfier de notre expérience.

 

Bien des plongeurs avec bouteille, mais aussi des apnéistes, confirmés sont morts en mer. C’est pareil pour des automobilistes, des cyclistes, des piétons  ou des professionnels confirmés dans bien des domaines. Il est certaines négligences ou certains excès d’assurance et d’optimisme, qui, lors de certaines circonstances, peuvent avoir des conséquences traumatiques, définitives, ou, si on a un peu de chance, des incidences plus ou moins bénignes. Dans le domaine sportif, pour changer, on peut se rappeler l’accident de ski de l’ancien champion du monde d’automobile, Michael Schumacher. Adepte du ski hors-piste, et sportif d’excellence, Schumacher avait  sans aucun doute des aptitudes hors-normes pour la pratique du ski. Mais aussi un certain excès de confiance qui a dû faire partie des conditions qui ont provoqué son grave accident.

 

Ce revers de l’expérience- l’excès de confiance- peut néanmoins, aussi, me concerner. Comme il peut, aussi, concerner les responsables de l’encadrement de mon club, ainsi, que les autres membres du club, présents avec nous lors de ce stage.

 

 

 

La Confiance :

 

Si toute entreprise humaine, quelle qu’elle soit, repose sur la confiance que l’on peut avoir dans ses partenaires et encadrants, mais, aussi, en soi-même, il est manifeste que la confiance doit être au rendez-vous lorsqu’une entreprise comportant une part de risque modérée ou élevée est envisagée.

 

 

Plusieurs origines

 

J’avais évidemment confiance dans mon encadrement comme dans mes partenaires de club. Cette confiance a plusieurs origines. Elle vient d’abord de moi : c’est parce-que j’avais un minimum de confiance en moi que j’ai décidé, un jour, personnellement, de m’engager dans cette discipline particulière qu’est l’apnée. Où Il s’agit d’accepter d’arrêter de respirer en ayant la tête et les parties respiratoires, et pas seulement génitales, immergées dans l’eau pendant un certain temps. Et, cette eau peut aussi, avoir, une température variable. Ou comporter du courant.

 

Or, nous ne sommes pas des poissons. Même si, à une époque très lointaine, l’être humain, avant de devenir ce qu’il est aujourd’hui, a probablement été issu d’un mammifère ou d’un être vivant marin.

 

Ensuite, plus que dans d’autres disciplines, l’apnée et la plongée avec bouteille se déroulant dans des environnements où nous nous déposons provisoirement à la surface de la vie et de la mort, en arrêtant de respirer, il importe particulièrement d’avoir suffisamment confiance dans celles et ceux qui nous accompagnent dans l’eau pour cette expérience. Ou qui nous proposent d’y évoluer dans certaines conditions.

 

La confiance ne se commande pas. C’est un peu comme le désir. Une personne peut bien avoir un pedigree exceptionnel. Si, pour une « raison » ou pour une autre (c’est plutôt d’ordre émotionnel, viscéral et instinctif) cette personne certifiée, volontaire, plus ou moins avenante, nous inspire le contraire de ce qu’elle est ou de ce qu’elle représente, nous serons dans la méfiance, sur la défensive, voire dans le refus ou dans la fuite.

 

 

La confiance est donc un baromètre et un critère plus qu’important dans la pratique de l’apnée.  Et cela ne se contrôle pas toujours très bien.

 

Mais il est un autre critère qui m’a sauté particulièrement aux yeux cette fois-ci, à Quiberon, et qui s’ajoute à la confiance. Ou qui peut l’aider à advenir.

 

 

La Bienveillance :

 

Si bien des entreprises humaines se réalisent par la violence, fondatrices comme destructrices, ce qui m’a marqué lors de ce stage à Quiberon, c’est cette bienveillance constante qui a servi nos relations. Nous étions un petit groupe de six. Deux encadrants en titre. Deux encadrants plus récents mais néanmoins expérimentés dans l’eau. Et, deux pratiquants plutôt débutants dont je fais partie :

 

Je veux bien, d’ailleurs, accepter le titre de débutant ou de jeune pousse apnéiste du groupe. Au vu de ma dépendance encore très forte (presqu’une ventouse) envers l’encadrement. Ne serait-ce que pour réaliser un « simple » nœud de chaise ou pour dérouler ma corde correctement dans l’eau sans faire de nœuds.

 

 

Ces disparités de parcours et d’expériences marines et apnéistes pourraient d’emblée établir une hiérarchie verticale et monolithique. Et, évidemment, il y avait une hiérarchie établie et commune, acceptée de manière consensuelle. A aucun moment, par exemple, je ne me suis improvisé capitaine ou pilote du Zodiac qui nous a transporté. Comme, à aucun moment, je n’ai contesté l’endroit où ancrer le bateau et où nous allions nous mettre à l’eau : Je suis totalement incompétent dans ces domaines. Et je le sais.

 

 

Néanmoins, à terre, comme sur zodiac et dans l’eau, nous restions six personnalités, six individus. Une femme, six hommes. Et, comme nous le savons tous, nous autres, êtres humains, nous pouvons avoir un projet commun. Mais cela ne signifie pas pour autant  pour que nous parviendrons à le réaliser ensemble. Même si, sur le papier et en théorie, nous avons tout ce qu’il faut à notre disposition pour concrétiser ce projet :

 

Les compétences, l’envie, la volonté, le matériel, l’argent, l’expérience….

 

Car nous avons chacune et chacun nos particularités, nos tempéraments, nos rythmes, nos limites, nos egos, notre susceptibilité, notre façon de ronfler, de manger, de parler, comme notre horaire pour nous rendre aux toilettes. Ou, tout simplement, pour vivre ou travailler avec les autres.  

 

Certains ont besoin de parler tout le temps. D’autres sont régulièrement en activité et dans l’efficacité. D’autres ont aussi besoin de plages de silence, d’inactivité, de lenteur et de calme. Moi, je suis un lent. Mais ça ne m’empêchera pas de me lever à 5h25 du matin pour être à l’heure au petit-déjeuner de 6 heures. Car, pour notre dernière sortie, contrairement aux autres jours où nous prenions notre petit-déjeuner à 8h, celui-ci était à 6h.

 

En mer, alors, que nous avançons, j’aime bien connaître des moments où le bateau avance et où il n’y a que lui, et la mer, le vent, que l’on entend. Mais, d’autres, préfèrent ou ont absolument besoin de parler dans ces moments-là.

 

Néanmoins, malgré ces particularités et ces « disparités » de tempéraments et d’expériences marines et maritimes entre nous, notre séjour s’est bien déroulé. Parce-que nous nous étions encordés à une certaine bienveillance mutuelle.

 

Par la tenue des horaires décidés pour le petit-déjeuner. Pour le briefing de la journée. Pour être avec les autres. Pour réaliser les tâches diverses. Préparer les repas. Faire la vaisselle. Décharger et charger le zodiac. Faire les courses. Pour attraper une assiette ou un verre et le donner à qui en avait besoin à table au moment du repas etc…..

Port Haliguen, Quiberon.

 

La bienveillance, autant que la confiance et l’expérience ont permis selon moi la bonne réussite de ce séjour à Quiberon. Il était possible de les vivre très concrètement au vu de ces disciplines particulières, plutôt exigeantes, que sont l’apnée et la chasse sous-marine :

 

On s’aperçoit vite de la personne qui, lorsque l’on aspire à revenir sur le bateau nous tend la main pour prendre notre ceinture de plomb ou a un regard sur nous. Comme de celle ou de celui qui, lorsque l’on remonte à la surface, nous attend. De celle ou celui qui nous prête le mousqueton qu’il a en plus et dont on a besoin.

 

 

La bienveillance est aussi nécessaire dans bien d’autres entreprises humaines que ce soit au travail, avec les amis, en couple, son voisinage, avec son enfant etc….

 

Mais j’ai aussi lu d’autres mots écrits à notre retour pas d’autres membres du groupe pour expliquer la réussite (ressentie par tous) de ce séjour à Quiberon. Je ne les ai pas tous retenus alors que je termine cet article. Mais il y avait :

 

Bonne humeur, détermination,  persévérance, capacité à accepter certaines exigences etc…..

 

J’ai sans doute plus appris ou réappris lors de ce séjour de quelques jours à Quiberon, avec mon club d’apnée, qu’en lisant hier soir ces journaux avant d’aller me coucher.

 

Bien-sûr, pour apprendre certains enseignements, il faut être disponible pour eux. On peut n’être que disponible pour les mauvaises nouvelles et n’apprendre que ça :

 

 Que tout va mal et toujours très mal, à chaque instant, partout dans le monde, avec les autres et aussi en soi-même.

 

On peut choisir de s’orienter uniquement ou principalement avec les mauvaises nouvelles en se disant qu’en se préparant- et en pensant- toujours au pire, ainsi, on se réserve de bonnes surprises. Sauf que, de cette façon, si l’on s’épargne en effet certaines déconvenues et certaines désillusions, on aborde aussi la vie, les événements et les autres avec une certaine dynamique et un certain état d’esprit qui font barrage, frontière ou obstacle à certaines possibilités, élans ou initiatives, repoussées ou dissuadées par notre comportement alors plus proche de l’écueil que de l’accueil.

 

J’espère avoir un peu plus de bienveillance que ça envers moi-même. Etre plus accueil qu’écueil pour ce que j’ai à vivre. Et, si possible, être suffisamment accueillant envers les autres lorsque ceux-ci sont… bienveillants.

 

Mais être accueillant envers la bienveillance n’est pas inné. Il est nécessaire de pratiquer régulièrement. Autrement, on a assez vite fait de dériver et de se retrouver, de nouveau, entouré principalement de mauvaises nouvelles. Et, là, toutes le bouées que l’on nous aura jetées ou que l’on aura pu essayer de nous adresser ne suffiront pas.

 

Franck Unimon, ce jeudi 27 Mai 2021.

 

 

 

 

 

 

 

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