Brigitte Lahaie en podcast

» Posted by on Mai 1, 2021 in Cinéma, Pour les coquines et les coquins | 0 comments

Brigitte Lahaie en podcast

                                             

                                                   Brigitte Lahaie en podcast

 

 

Tout à l’heure, après avoir arrêté d’écrire, j’ai continué d’écouter un podcast consacré à l’ancienne actrice porno, Brigitte Lahaie.

Au tout début, dans les années 90 peut-être, pour moi, Brigitte Lahaie était « juste » une actrice française de film X entrevue après d’autres actrices ou d’autres femmes dénudées. Elle n’était pas nécessairement celle qui me faisait le plus fantasmer.  

Et puis, plus tard, j’avais compris en lisant une interview, peut-être, que c’était une femme intelligente. Bien consciente de ce qu’elle pouvait susciter chez un homme comme fantasme et…dotée d’humour. J’étais tombé sur une de ses réparties :

« Et, je saute Lahaie ?! ».

Depuis la lecture de cette répartie, pour moi, Lahaie, c’est ça : une femme qui a fait du X mais qui est intelligente. Et drôle.

Mais peut-être, aussi, que depuis que j’avais entendu parler d’elle la première fois dans les années 90 (ou 80 ?) que ma sexualité avait un petit peu évolué. Et que c’était aussi moi qui étais devenu un tout petit peu plus intelligent et drôle. 

D’autres années sont encore passées depuis les années 90 ou 80. Et puis,  je suis tombé sur ce podcast, il  y a quelques jours. Je l’ai donc téléchargé avec bien d’autres podcast sur bien d’autres sujets.

Je n’avais pas envie de mater Brigitte Lahaie :

 C’était la femme intelligente que je voulais entendre. 

Ce fut assez drôle d’écouter ce podcast. Sauf que le comique de situation n’est pas venu de Brigitte Lahaie.

 

Dans cette émission appelée Mauvais Genres passée sur la radio France Culture le 2 Mai 2020, Lahaie était entourée de spécialistes du X qui étaient majoritairement des hommes apparemment sexagénaires. ( Lahaie, née en 1955, si je ne me trompe, a, elle…65 ans au moment de l’émission).

Il y avait aussi une femme qui, elle,  peut-être plus jeune ( environ la quarantaine ?) était sûrement plus concernée par l’image de la femme, la place de la femme mais aussi, bien-sûr, la libération de la femme. Et par la façon dont la carrière de Lahaie au cinéma mais aussi dont les engagements ensuite avaient pu contribuer à la libération de la femme. En Occident, et, en particulier, en France

Depuis une vingtaine d’années, Brigitte Lahaie est animatrice radio. Elle a écrit deux livres. Elle est considérée comme l’une des rares anciennes actrices pornos à avoir pu jouer dans des films de la filière dite classique ou traditionnelle. Mais aussi à avoir réussi sa reconversion professionnelle après la fin de sa carrière d’actrice. Ce que ne sont pas parvenues à faire par exemple feu Karen Bach/Lancaume et Raffaëla Anderson, héroïnes de l’adaptation cinématographique du livre Baise-Moi de Virginie Despentes. Un livre que j’avais lu. Et un film que j’avais vu au cinéma à sa sortie et qui m’avait “plu”. 

 

Dans le podcast, Lahaie dit par exemple être inquiète d’assister à une certaine régression concernant les mœurs sexuelles. Et du fait que l’on puisse dire aujourd’hui que prendre la pilule, pour une femme, n’est pas un acte « naturel ». Lahaie de demander, alors :

« Parce-que faire douze enfants et mourir en couches, c’est naturel pour une femme ?! ».

 

Les hommes présents avec elle pour la radio France Culture, spécialistes de sa filmographie, et sans doute de bien d’autres films pornos, eux, étaient très polis, et très érudits.

Pourtant, ils faisaient penser à des hommes qui s’étaient sûrement masturbés après avoir regardé Lahaie- ou d’autres actrices du X- sur grand écran ou devant la télé bien des années auparavant. Sans rien en dire :

J’ai eu beaucoup de mal à croire que ces hommes soient des hommes ayant eu ou ayant encore une sexualité épanouie. Et, ils étaient là, à parler de tel film porno réalisé par tel réalisateur, avec tel acteur et Brigitte Lahaie. S’empressant de citer leurs connaissances. Sauf que, même cultivés, très cultivés, ils étaient restés les spectateurs et les admirateurs d’une carrière cinématographique pornographique.

Celle de Brigitte Lahaie. Alors qu’elle, cette carrière, elle l’avait vécue. Les pénétrations avaient bien eu lieu. Ainsi que les jouissances. Et, ils étaient là à en parler comme si de rien n’était. J’avais donc l’impression d’entendre des adorateurs qui, à tour de rôle, se pressaient follement pour placer leur  pièce, ou leur feulement, dans l’horodateur du regard de Brigitte Lahaie. Pour se faire connaître -et voir- par une femme qui avait disparu depuis «longtemps » des écrans qui les avaient marqués et qui, pourtant, se trouvait devant eux : Brigitte Lahaie.

 

Brigitte Lahaie a bien expliqué que sa carrière dans le X devait beaucoup au fait qu’elle avait en elle une blessure. Elle recherchait de l’amour dans le regard de son père. Elle rejetait aussi le fait d’avoir une vie bien rangée….

 

Dans cette émission, comme ailleurs sans doute, Lahaie expliquait que tourner des films de X, à l’époque où elle en avait tourné, jusqu’ aux années 80, lui avait permis d’apprendre à s’aimer. Et qu’elle avait eu du plaisir à s’exhiber devant la caméra. Elle voyait d’ailleurs un certain gâchis lorsque, plus tard, certaines actrices françaises, telles Clara Morgane et Laure Sainclair, déclareraient avoir fait du X pendant un temps « juste pour le travail ». En affirmant ne pas avoir eu de plaisir particulier.  Devant la caméra, elle, Lahaie avait du plaisir même si elle dément avoir été amoureuse de ses partenaires. Et, Lahaie d’ajouter dans l’émission que «  toute femme peut arriver à jouir si elle trouve (ou rencontre) une bonne langue ». Il n y avait pas de prétention ni de provocation de sa part. Mais elle explicitait l’idée que l’on fait mieux son travail lorsque l’on a du plaisir à le faire. 

 

A la limite, je l’ai trouvée assez sèche par moments avec ces messieurs. Mais c’était peut-être parce qu’elle avait déjà beaucoup rencontré de ces hommes qu’elle « passionne ». Et qu’il lui importait de les raisonner ou de les aider à raisonner plutôt que d’avoir à les aider à débander.

Mais c’était drôle d’imaginer non Brigitte Lahaie dans ses tenues intimes ou ses postures d’écran – même si, ensuite, j’ai regardé un peu quels films d’elle je pourrais éventuellement trouver ou acheter d’elle- mais ces spécialistes qui semblaient retenir leur envie derrière leurs propos qui se voulaient domestiqués. Comme si parler de X en face d’une ancienne vedette du porno pouvait se faire comme on peut discuter du solfège dans un conservatoire. Mais je dois le reconnaître :

Je n’aimerais pas avoir à me confesser devant une ancienne professionnelle du porno cousine de Brigitte de Lahaie. Une telle personne sait mieux que quiconque saisir l’octave du désir qui nous attire comme de celui que l’on enclave.

 

 

 

Chez moi, depuis des années, j’ai le film La Nuit des Traquées de Jean Rollin. Un film que j’ai déjà regardé un peu. Ou entièrement. J’ai oublié. Mais dont j’ai un bon souvenir esthétique. Et qui fait partie des films que Lahaie continue de préférer.

 

 

Ce podcast m’a mis de bonne humeur.

 

 

Franck Unimon, ce vendredi 30 avril 2021. 

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