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Les 24 heures du SamouraĂŻ au dojo d’Herblay ce 20 et ce 21 Mai 2023, 2Ăšme Ă©dition

Au dojo d’Herblay, lors des 24 heures du SamouraĂŻ, 2Ăšme Ă©dition. Membre d’une association parisienne, ce trio qui se connait depuis une dizaine d’annĂ©es a jouĂ© de la musique traditionnelle et, cela, dĂšs l’ouverture des 24 heures du SamouraĂŻ. Photo©Franck.Unimon

Les 24 heures du SamouraĂŻ au dojo d’Herblay ce 20 et 21 Mai 2023, 2Ăšme Ă©dition

 

Chevrotine peut-ĂȘtre cinglĂ©e, ce samedi 20 Mai 2023, je traçais depuis quelques minutes sur l’autoroute A15 lorsque, malgrĂ© toute l’attention prĂ©alable portĂ©e Ă  mes prĂ©paratifs, je me dis que j’aurais peut-ĂȘtre dĂ», finalement, la veille, acheter deux nouveaux kimonos plutĂŽt qu’un seul. J’allais tourner avec deux kimonos lors de ces 24 heures du SamouraĂŻ. ( Avant les 24 heures du SamouraĂŻ au dojo d’Herblay ce 20 et ce 21 mai 2023). 

 

Le trio Ă  l’initiative de l’Ă©vĂ©nement, ce samedi 20 Mai 2023, vers 11h, en face du dojo d’Herblay avant le dĂ©but des 24 heures du SamouraĂŻ : ( de gauche Ă  droite) Tanguy Le Vourch, Issei Tamaki et LĂ©o Tamaki. Photo©Franck.Unimon

 

Nous Ă©tions plus de deux cents ce week-end pour cette deuxiĂšme Ă©dition des 24 heures du SamouraĂŻ au dojo d’Herblay. Soit, Ă  bien y repenser aujourd’hui, Ă  peine un petit peu moins de personnes qu’il n’y en aura lors du concert de BeyoncĂ© qui se dĂ©roulera demain soir au stade de France, ce vendredi 26 Mai 2023.

 

Dix disciplines : Ni combat, ni compĂ©tition

Au dojo d’Herblay, dans la nuit du 20 au 21 Mai 2023, lors des 24 heures du SamouraĂŻ. Photo©Franck.Unimon

Pour pratiquer dans notre couvent martial situĂ© dans le Val d’Oise, nous avons troquĂ© nos vĂȘtements ordinaires et civils pour des amas de kimonos majoritairement blancs faisant de nous des volontaires pour cet Ă©vĂ©nement
peu ordinaire. Mais l’état d’esprit, plus que la couleur, le « niveau Â» d’expĂ©rience, la discipline martiale ou de combat pratiquĂ©e, ou le grain de la tenue vestimentaire, a Ă©tĂ©, ici, ce qui importait.

A gauche, en pleine dĂ©monstration lors de ces 24 heures du SamouraĂŻ, Didier Lorho, expert en Uechi-RyĂ». Photo©Franck.Unimon

DĂ©butant(e)s comme chevronnĂ©(e)s, Ă©lĂšves ou Maitres, femmes ou hommes, adolescent(es) ou vĂ©tĂ©rans, marcheurs ou en fauteuil roulant, issus du KaratĂ©, du Systema, du Penchak Silat, Ju Jitsu brĂ©silien, de l’hapkido, de l’AĂŻkido, du Wing Chun, du Tae Kwondo ou de toute autre expĂ©rience martiale ou de combat ont Ă©tĂ© acceptĂ©s une fois le droit d’entrĂ©e acquittĂ©. Pour moi, le tarif solo avait Ă©tĂ© de 85 euros en prĂ©vente.

Au dojo d’Herblay, ce samedi 20 Mai 2023 lors des 24 heures du SamouraĂŻ. Photo©Franck.Unimon

 

Dans ce « couvent Â» restĂ© ouvert entre ciel et terre et souhaitĂ© comme tel, c’est en passant par la porte d’entrĂ©e principale que nous avons tous empruntĂ©s, qu’un peu avant midi, ce samedi 20 Mai 2023, une reprĂ©sentante de l’Etat est venue nous saluer, nous encourager et aussi nous apprendre qu’elle avait vu ce dojo sortir de terre plusieurs annĂ©es auparavant.

 

Lors de la crĂ©ation de ce dojo, certaines et certains des personnes qui ont participĂ© Ă  ces 24 heures du SamouraĂŻ ce week-end Ă©taient dĂ©jĂ  nĂ©es, d’autre pas. Et l’on peut souhaiter que d’autres qui naĂźtront aprĂšs cette deuxiĂšme Ă©dition vivront un jour cette expĂ©rience. Qu’elles et qu’ils proviennent de Tours, de Toulon, de Limoges, de Normandie, de Bretagne, de Belgique, de l’Est de la France, du Mexique, de l’üle de France ou d’ailleurs comme cela a Ă©tĂ© le cas ce week-end.

 

Une organisation clés en main

Au dojo d’Herblay, lors de ces 24 heures du SamouraĂŻ, 2Ăšme Ă©dition. De dos, une des bĂ©nĂ©voles, par ailleurs pratiquante d’AĂŻkido, qui assure alors la couverture son, ambiance musicale comprise, des 24 heures du SamouraĂŻ, 2Ăšme Ă©dition. Photo©Franck.Unimon

 

L’équipe organisatrice (constituĂ©e de bĂ©nĂ©voles fĂ©dĂ©rĂ©s par Tanguy Le Vourch, Issei Tamaki et LĂ©o Tamaki) de ces 24 heures du SamouraĂŻ avait tout prĂ©vu :

 

Rappelons d’abord que deux Ă  trois jours avant le dĂ©but de « l’étape Â» de ces 24 heures du SamouraĂŻ, un mail avait Ă©tĂ© envoyĂ© aux participantes et participants les informant qu’il Ă©tait prĂ©vu un certain retard sur la ligne J de train reliant Paris Ă  la gare d’Herblay (environ 25 minutes dans les conditions normales). Ce mail mentionnait l’heure du dĂ©but des inscriptions fixĂ© Ă  10h45 pour une cĂ©rĂ©monie d’ouverture Ă  11h45. Et recommandait de prĂ©voir son sac de couchage, un oreiller, son nĂ©cessaire de toilette, mais aussi de s’hydrater rĂ©guliĂšrement.

 

A son arrivĂ©e, chaque participant (e ) aprĂšs s’ĂȘtre acquittĂ©(e) de son droit d’entrĂ©e a reçu un sac en carton Ă  l’effigie de l’évĂ©nement contenant une bouteille d’eau minĂ©rale, une banane, une pomme et une canette de coca-cola. Une carte lui a Ă©galement Ă©tĂ© remise. Celle-ci allait lui permettre de faire tamponner chacune de ses implications aux ateliers animĂ©s par dix experts. AprĂšs avoir participĂ© Ă  quatre ateliers, la participante ou le participant obtenait un bracelet avec une couleur correspondant Ă  son nombre d’expĂ©riences martiales vĂ©cues.

 

Lors de ces 24 heures du SamouraĂŻ, 16 ateliers d’une heure quinze chacun furent proposĂ©s avec, en moyenne, quinze minutes de pause durant l’intervalle.

Lors de ces 24 heures du SamouraĂŻ, 2Ăšme Ă©dition. On peut apercevoir LĂ©o Tamak dans le fond, tenant un bokken, lors de sa premiĂšre intervention entre 1h45 et 3h du matin dans la nuit de samedi Ă  dimanche. On peut voir sur le poignet droit de ce pratiquant au premier plan, par ailleurs, professeur d’Arts martiaux, les bracelets vert et bleu qu’il porte. Ce qui signifie qu’il avait participĂ© Ă  au moins huit sĂ©ances lorsque cette photo a Ă©tĂ© prise. Photo©Franck.Unimon

Dans le dojo suffisamment grand (750 mĂštres carrĂ©s ?), des vestiaires, des douches et des toilettes sont disponibles facilement et gratuitement. Un service de restauration propose Ă  un tarif trĂšs abordable de la nourriture de qualitĂ© ou faite main (2 euros une part de quiche lorraine, autant pour un bol contenant quatre ou cinq portions de pastĂšque
). Une Ă©quipe de pratiquants de shiatsu est repĂ©rable sur une partie du tatami et opĂšre Ă  titre gracieux. Des ostĂ©opathes et des infirmiĂšres sont prĂ©sents sur l’évĂ©nement. Une petite salle est rĂ©servĂ©e Ă  l’aire de repos. Quelques bokken et bĂątons peuvent ĂȘtre prĂȘtĂ©s Ă  celles et ceux venus les mains nues.

Trois musiciens traditionnels faisant partie d’une association parisienne font rĂ©sonner leur voix et leurs tambours lors de certains moments de l’évĂ©nement.

Une ambiance musicale de circonstance et humoristique est entretenue Ă  la fin de chaque intervention au moment de la sĂ©ance de photo du groupe de participants entourant l’expert (OpĂ©ration Dragon, Kill Bill, la sĂ©rie Kung Fu, Highway to hell d’AC/DC et d’autres rĂ©fĂ©rences
.).

 

Une Ă©quipe de bĂ©nĂ©voles, pratiquant aussi lorsqu’elle le peut, permet de se sentir bien accueilli, contribue Ă  nous donner des repĂšres, et assure, aussi, le trĂšs bon dĂ©roulement de ces diverses sĂ©quences.

Lors des 24 heures du SamouraĂŻ. Nous Ă©tions encouragĂ©s Ă  changer de partenaire lors de chaque “exercice”. C’est ainsi que j’ai pu pratiquer avec un partenaire plus lourd que moi de 40 kilos, un pratiquant en chaise roulante, un adolescent, des partenaires fĂ©minines. Et, Ă  chaque fois le niveau de pratique des uns et des autres comme leur discipline variait. Photo©Franck.Unimon

L’intrigue et les « excuses Â» de l’annĂ©e derniĂšre concernant les 24 heures du SamouraĂŻ

 

L’annĂ©e derniĂšre, quand je pris connaissance de la premiĂšre Ă©dition des 24 heures du SamouraĂŻ Ă  Nantes, je fus d’abord intriguĂ©.

 

Je me suis demandĂ© comment, en passant 24 heures Ă  pratiquer des Arts martiaux ou des disciplines de combat, on pouvait vĂ©ritablement y prendre plaisir. Je percevais plus ça comme de la surconsommation et de la frĂ©nĂ©sie Ă  l’image de ce mode de vie et de ces millions d’images par secondes  dans lesquels nous sommes rĂ©guliĂšrement immergĂ©s et reclus. 

 

Mais il Ă©tait dĂ©jĂ  trop tard pour participer. Et puis, Nantes, c’était « trop loin Â» pour moi.

 

Par contre, pour Herblay, je n’avais aucune excuse.

 

Herblay est la ville oĂč j’ai vĂ©ritablement dĂ©couvert le monde du travail dans un service de nuit, dans lequel je travaillais seul, douze heures durant. La personne qui m’avait recrutĂ© pour ces vacations de nuit ne m’avait pas prĂ©venu.  J’avais vingt ans. Je n’avais pas le choix. J’avais besoin de commencer Ă  gagner ma vie. A l’époque, je n’avais pas le permis de conduire et je prenais le train depuis chez mes parents. Cela me prenait environ 45 minutes pour faire le trajet et en marchant un petit peu depuis la gare d’Herblay. En prenant des trains gris qui me faisaient penser Ă  des trains de Blues.

 

Depuis, j’ai quittĂ© mes parents. J’ai dĂ©mĂ©nagĂ©. J’ai un emploi fixe dans lequel je travaille de jour comme de nuit.  Je me suis mariĂ©. Je suis devenu pĂšre. Et, j’ai mĂȘme appris Ă  conduire une voiture.  La gare de Herblay est dĂ©sormais Ă  moins d’une vingtaine de minutes en train par la ligne J depuis chez moi. Et, me rendre en voiture au dojo d’Herblay depuis mon domicile me prend Ă  peu prĂšs autant de temps.

 

Sans le faire exprĂšs, en me rendant aux 24 heures du SamouraĂŻ, malgrĂ© la technologie de guidage aujourd’hui prĂ©sente sur tous nos smartphones, je me suis un peu trompĂ© d’itinĂ©raire ce samedi  Ă  un moment donnĂ©. Et, pour retrouver ma route vers le dojo d’Herblay, pour la premiĂšre fois depuis Ă  peu prĂšs trente ans, je suis repassĂ© devant cet Ă©tablissement oĂč, Ă  20 ans, j’avais commencĂ© Ă  dĂ©couvrir le monde du travail ainsi que le travail de nuit en 19h/7h.

Lors des 24 heures du SamouraĂŻ, 2Ăšme Ă©dition. On peut voir sur l’horloge qu’il est alors 23h45 ce samedi 20 Mai 2023. Photo©Franck.Unimon

 

 

CuriositĂ© et Ă©tonnement : Mon doudou

 

Je suis aussi allé à cette deuxiÚme édition des 24 heures du Samouraï par curiosité.

Durant ces 24 heures, j’ai pratiquĂ© avec plus d’une vingtaine de participants et participantes. J’ai d’ailleurs reconnu deux ou trois personnes que j’avais croisĂ©es quelques mois plus tĂŽt au Centre Tissier, Ă  Vincennes, lors du stage animĂ© par Hino Akira Sensei et organisĂ© par LĂ©o Tamaki.

Hino Akira Sensei, en septembre de l’annĂ©e derniĂšre au Cercle Tissier, Ă  Vincennes. Photo©Franck.Unimon

Certains des pratiquants que j’ai rencontrĂ©s lors des 24 heures du SamouraĂŻ (comme moi pour elles et eux) ont parfois voulu savoir ce que je pratiquais.

 

Je me suis Ă©tonnĂ© Ă  chercher mes mots et Ă  avoir un peu de mal Ă  rĂ©pondre. 

Maitre Jean-Pierre Vignau, Ă  la SACD, rue Ballu, Paris, lors de la soirĂ©e qui lui a Ă©tĂ© consacrĂ©e ce mardi 25 avril 2023. Photo©Franck.Unimon

Officiellement, je suis un trĂšs jeune et sporadique Ă©lĂšve (depuis l’annĂ©e derniĂšre) de Jean-Pierre Vignau, Maitre en karatĂ© Shotokan. J’ai aussi pratiquĂ© le judo avec Pascal Fleury, aujourd’hui 6Ăšme ou 7Ăšme Dan de Judo, il y a plus de vingt ans.

 

Cependant, aujourd’hui, je crois ĂȘtre moins cloisonnĂ© qu’il y a plusieurs annĂ©es.

 

Lors de ces 24 heures du SamouraĂŻ, j’ai dit que je faisais du karatĂ© pour rĂ©pondre quelque chose. Mais je crois que je suis moins dans cette « limite Â».  

 

« Avant Â», je me cantonnais Ă  une discipline et j’étais presque fier de m’emmitoufler dedans. Dans cette croyance et cette certitude que « ma Â» discipline Ă©tait la meilleure.

Bien-sĂ»r, on a compris que c’était surtout moi qui, une fois que je marchais sur le tatami, me sentais meilleur que d’ordinaire. Une fois que je quittais kimono et tatami et que je retrouvais la vie courante, certaines difficultĂ©s de l’existence restaient insaisissables et rĂ©sistaient terriblement Ă  mes ippon.

 

Il y a plusieurs annĂ©es, encouragĂ© en cela par Pascal Fleury, mon prof de Judo, il m’était arrivĂ© d’aller un peu au dojo d’étĂ©. Nous Ă©tions nombreux Ă  ĂȘtre sur le tatami.

Un jour, un des intervenants dont j’ignore Ă©videmment le nom – vu que, lorsque l’on est ignorant, on l’est souvent Ă  peu prĂšs jusqu’à l’infini– nous avait tenu un petit discours. Beaucoup de judokas ceinture noire Ă©taient parmi nous.

 

L’ intervenant, trĂšs certainement ceinture noire de Judo et enseignant de judo,  nous avait exhortĂ© Ă  apprendre, aussi :

« A donner des coups de poing et des coups de pieds ! ».

Ce jour-lĂ , j’ai commencĂ© Ă  comprendre Ă  quel point j’étais restĂ©  beaucoup trop collĂ© au Judo qui Ă©tait devenu pour moi l’équivalent d’un doudou.

 

Depuis, bien-sĂ»r, j’ai aussi compris qu’apprendre Ă  donner des coups de poing et des coups de pied pour simplement en donner est une application trĂšs limitĂ©e des Arts martiaux ou de toute discipline de combat.

 

Non sens, enfermement et perte de goût

 

Pour diffĂ©rentes raisons, aveuglement, fainĂ©antise, facilitĂ© ou petites lĂąchetĂ©s, on apprend trĂšs vite Ă  croire que nous devons ou pouvons rester recroquevillĂ©s, enchevĂȘtrĂ©s, enfermĂ©s et cadenassĂ©s, dans un seul « style Â», une seule attitude et tournure d’esprit. Et que cette seule expĂ©rience suffira Ă  nous offrir le reste de l’univers et ce dont nous rĂȘvons ou avons besoin dans notre existence. Comme si l’Art Martial ou la discipline de combat que nous pratiquons Ă©tait notre lampe d’Aladin.

 

 

Je crois donc que je suis allĂ© Ă  ces 24 heures du SamouraĂŻ aussi pour me « soigner Â» un peu en quelque sorte de cette maladie de l’enfermement qui me captive et que je cultive passivement ou trĂšs activement. Consciemment ou inconsciemment, voire, souverainement. Et, cela, dans le plus grand calme ainsi qu’avec une certaine maitrise ou une maitrise quasi-totale.

De gauche à droite, à la fin des 24 heures du Samouraï, ce dimanche 21 Mai 2023 : Léo Tamaki, Aikido, Tanguy Le Vourch, Aikido, Issei Tamaki, Aikido, Bertrand Jaillet, Karaté Shotokan, Ronan Datausse, Penchak Silat, Didier Lorho, Karaté Uechi-Ryû, Lionel Froidure, Karaté et Eskrima, Didier Beddar, Wing Chun et Tai Chi. Manquent sur la photo Kang Jong Lee, Hapkimudo, David Pierre-Louis, Jiujitsu brésilien, JérÎme Kadian pour le Systema. Photo©Franck.Unimon

Les experts des 24 heures du Samouraï et Beyoncé

 

Les experts sont les mannequins ou les tops modĂšles d’un Ă©vĂ©nement. Ce sont les BeyoncĂ© des Arts martiaux, si l’on prĂ©fĂšre.

 

Les experts prĂ©sents lors des 24 heures du SamouraĂŻ m’ont aussi poussĂ© Ă  venir.

Didier Beddar, ce dimanche 21 Mai 2023, lors de l’avant derniĂšre sĂ©ance de ces 24 heures du SamouraĂŻ pour un enseignement de Tai Chi. Il est alors entre 10h30 et 11h ce dimanche. Photo©Franck.Unimon

Je « connaissais Â» ou avais croisĂ© deux ou trois de ces experts. Mais je savais que c’était une trĂšs bonne occasion que de les rencontrer en aussi grand nombre, de façon aussi rapprochĂ©e, dans un temps limitĂ© et concentrĂ©. Car je le « sais Â» aussi, maintenant :

Tous ces experts sont souvent trĂšs occupĂ©s ainsi que passionnĂ©s par leur Art comme a pu le souligner LĂ©o Tamaki Ă  la fin de ces 24 heures du SamouraĂŻ. C’est donc une chance et une trĂšs grande et une trĂšs belle opportunitĂ© que d’avoir pu les approcher ou leur parler.

Lionel Froidure à gauche et Didier Beddar, ce dimanche 21 Mai 2023 à la fin des 24 heures du Samouraï. Photo©Franck.Unimon

A partir de ces quelques raisonnements, payer 85 euros, cela se justifiait facilement. Passer 24 heures Ă  pratiquer, aussi. Pour aller au concert de BeyoncĂ© ce week-end, le prix des places dĂ©marrait Ă  79,60 euros pour monter jusqu’à 200 euros.

Il ne reste dĂ©sormais plus de places pour ce concert de BeyoncĂ© sans doute depuis plusieurs semaines ou plusieurs mois. A moins de pouvoir recourir au systĂšme D : acheter des billets sur place le jour mĂȘme ou sur internet s’il est possible d’en trouver. Toutefois, car il faut bien savoir se changer les idĂ©es de temps en temps, si l’on tient Ă  profiter de ce concert du Renaissance World Tour de BeyoncĂ©, on peut aussi se rabattre sur les places au salon VIP Cocktail. Il en reste. Il semble qu’elles aient Ă©tĂ© mises en vente rĂ©cemment. Le prix par personne hors taxe est de 699 euros et de 838.80 euros TTC, une “ambiance festive” et “un cocktail dinatoire” sont inclus. Il faut savoir vivre avec son temps.

 

J’aurais bien-sĂ»r aimĂ© pouvoir aller dĂ©couvrir BeyoncĂ© en concert au stade de France. Mais j’aurais eu- aussi- beaucoup de mal Ă  lĂącher l’équivalent de cent euros pour aller assister de loin Ă  un concert en Ă©tant aussi Ă©loignĂ© d’un(e) artiste sur scĂšne. MĂȘme si je suis certain que l’organisation technique du concert de BeyoncĂ© est exemplaire voire unique. Et que son concert sera vraisemblablement un trĂšs grand spectacle.

 

Un événement à taille humaine

Dimanche matin, un peu avant 8 heures, un ou une pratiquant(e ) récupÚre tandis que les musiciens traditionnels font résonner leurs tambours. Photo©Franck.Unimon

La normalitĂ©, c’est ĂȘtre raisonnable, mais aussi presque tout faire pour oublier que l’on va mourir. Et, entre les deux, Ă©viter certaines aventures car elles exposent Ă  des risques et demandent certains efforts qui paraissent hors normes ou impossibles.

 

Sans doute ai-je Ă©tĂ© un tout petit dĂ©raisonnable de comparer les experts martiaux de ce Week-end Ă  BeyoncĂ©. Car, comparer des experts en Arts Martiaux ou d’une discipline de combat Ă  une chanteuse amĂ©ricaine sensuelle et rythmĂ©e, mondialement connue et presque milliardaire, cela pourrait irriter quelques personnes. Puisque certaines et certains sont capables de consacrer une partie de leur activitĂ© Ă  se « clasher Â» par Ă©crit, sur youtube ou sur un rĂ©seau social, sans jamais se rencontrer et sans vĂ©ritablement prendre le temps de discuter, seulement parce qu’un commentaire publiĂ© sous une vidĂ©o leur a dĂ©plu.

 

Pourtant, si aux 24 heures du SamouraĂŻ, lors de ce week-end, il y avait eu Jackie Chan, Jet Li ou Donnie Yen (prĂ©sent dans le dernier John Wick 4 sorti au cinĂ©ma il y a plusieurs semaines) il est probable que le prix du billet aurait augmentĂ© mais aussi que l’évĂ©nement aurait attirĂ© bien plus de public y compris parmi des non-participants. Ainsi qu’un public en partie diffĂ©rent. Imaginons un peu ce que cela aurait donnĂ© si Bruce Lee Ă©tait encore vivant et qu’il avait Ă©tĂ© prĂ©sent aux 24 heures du SamouraĂŻ. Ou une des vedettes actuelles de MMA


 

Avant de me rendre aux 24 heures du SamouraĂŻ, je me suis demandĂ© qui j’allais rencontrer parmi les quelques personnes que j’ai dĂ©jĂ  pu croiser aux cours de Jean-Pierre Vignau (qui compte parmi ses Ă©lĂšves des fidĂšles de vingt ans ou plus), ailleurs ou parmi mes collĂšgues de travail que je sais portĂ©s sur les Arts martiaux ou les sports de combat.

 

HĂ© bien, je n’y ai rencontrĂ© personne parmi mes connaissances. J’apprendrai sans doute plus tard que telle personne n’avait pas entendu parler de l’évĂ©nement.

 

Je crois que la donne aurait changĂ© s’il s’était trouvĂ© un Jackie Chan, un Jet Li ou un Donnie Yen. Parce qu’un Jackie Chan, un Jet Li, un Donnie Yen ou une « star Â» de la boxe ou du MMA, cela pousse trĂšs facilement dans les agendas personnels.

 

Mais l’évĂ©nement des 24 heures du SamouraĂŻ aurait alors pris une toute autre saveur. Car, BeyoncĂ© au stade de France, c’est dĂ©jĂ  une industrie. Economiquement, c’est trĂšs rentable. Car rien que le nom et l’image de BeyoncĂ© « draguent Â» trĂšs rapidement des milliers de personnes. BeyoncĂ© n’a pas de problĂšme d’anonymat. Tout le monde ou beaucoup de monde sait trĂšs vite de qui il s’agit et elle ne fait pas encore partie de celles et ceux que l’on oublie. L’anonymat et l’oubli Ă©tant les signes avant coureurs frĂ©quents d’une mort au moins sociale.

 

 

On peut aimer se retrouver dans un trĂšs grand stade comme dans certains jeux gigantesques. Cela permet aussi trĂšs facilement d’oublier notre anonymat en vibrant avec des centaines et des milliers d’autres. Mais le vĂ©cu n’est pas le mĂȘme. La foule et le spectacle l’emportent complĂštement sur l’individu prĂ©sent Ă  l’évĂ©nement.

 

Les 24 heures du SamouraĂŻ ont sĂ»rement demandĂ© beaucoup de travail et beaucoup d’énergie Ă  l’équipe organisatrice. De façon dĂ©raisonnable et passionnĂ©e. « Mais Â» cela a Ă©tĂ© mis au service d’une expĂ©rience Ă  taille humaine. MĂȘme si au dojo d’Herblay, ce week-end, j’ai compris qu’il y avait eu deux fois plus de personnes que l’annĂ©e derniĂšre Ă  Nantes lors de la premiĂšre Ă©dition (Plus de 200 contre 100 personnes), ce qui a Ă©tĂ© vĂ©cu avait assez peu de points communs avec un spectacle ou une certaine forme de divertissement. MĂȘme si certaines dĂ©monstrations ont pu ĂȘtre spectaculaires et que ces heures passĂ©es ont pu ĂȘtre divertissantes ou trĂšs divertissantes.

Léo Tamaki, lors des 24 heures du Samouraï, 2Úme édition. Photo©Franck.Unimon

 

L’ambiance de l’évĂ©nement

 

Du reste, l’équipe organisatrice des 24 heures du SamouraĂŻ l’avait bien rappelĂ© :

 

Le but n’est pas de rester absolument sur le pont durant 24 heures. Mais d’ĂȘtre dans l’ambiance de l’évĂ©nement. Que ce soit en se reposant lorsque l’on en Ă©prouve le besoin, en allant se faire masser, en partant se restaurer ou en discutant avec d’autres personnes venues vivre cet Ă©vĂ©nement.

Lors des 24 heures du Samouraï, 2Úme édition. Photo©Franck.Unimon

Et, Ă  la fin des 24 heures du SamouraĂŻ, lorsque LĂ©o Tamaki prendra la parole devant nous tous, en prĂ©sence des experts prĂ©sents, ce sera aussi pour nous dire qu’ils ont crĂ©Ă© cet Ă©vĂ©nement car, plus jeunes, ils auraient aimĂ© qu’un tel Ă©vĂ©nement existe pour eux.

 

 

En y repensant, ces 24 heures ont leur intĂ©rĂȘt pour au moins deux autres raisons :

 

Une expĂ©rience, pour qu’elle soit marquante, doit avoir un effet suffisamment durable. Pour cela, il faut qu’elle soit suffisamment intense et qu’on l’ait vĂ©cue un certain temps.

Dimanche matin, lors des 24 heures du Samouraï. Photo©Franck.Unimon

On pourrait ajouter la nĂ©cessitĂ© de la rĂ©pĂ©tition de l’expĂ©rience pour que celle-ci nous marque. Pour contrecarrer ou renouveler, un peu, notre expĂ©rience de notre vie quotidienne, il nous faut bien un Ă©vĂ©nement qui nous sorte de ce que nous avons l’habitude de faire ou de vivre dans la durĂ©e, en intensitĂ© mais aussi de ce que nous faisons d’habitude.

 

L’autre raison a à voir avec les uchideshi.

Léo Tamaki, en pleine démonstration avec un de ses élÚves. Photo©Franck.Unimon

En « restant Â» 24 heures dans ce bain martial, en vivant sur place de façon quasi-autonome, pour peu que l’on se soit dĂ©branchĂ© de son tĂ©lĂ©phone portable et d’internet durant ces 24 heures (ce que j’ai fait), je crois que l’on peut entrevoir un aperçu de la vie des uchideshi. Et les bĂ©nĂ©voles de l’évĂ©nement, en particulier celles et ceux qui ont pratiquĂ© par ailleurs lors des 24 heures du SamouraĂŻ (en grande partie, j’ai l’impression, des Ă©lĂšves de Tanguy Le Vourch, Issei et LĂ©o Tamaki) se sont ainsi mis dans les sillons des uchideshi.

 

Impressions

 

24 heures, cela peut sembler long ou trÚs long. Pourtant, les 12 premiÚres heures sont passées trÚs vite.

 

 

Pour ma part, lors de ces 24 heures du SamouraĂŻ, il y a eu des interventions qui sont passĂ©es rapidement ou plus rapidement que d’autres. Et, deux ou trois autres, lors desquelles j’ai dĂ» fournir plus d’efforts afin de maintenir mon attention et mon implication. Et oĂč le temps m’est apparu plus long.

 

Je crois que certaines disciplines nous flattent plus facilement parce-que leurs gestes sont plus proches de nous et sont plus rapides Ă  « obtenir Â» mais aussi Ă  rĂ©pĂ©ter. Mais aussi parce qu’elles nous semblent directement et visiblement plus « efficaces Â».

 

Je crois que nous avons cette sensation parce-que ces disciplines reposent sur des actions musculaires et explosives assez simples et qu’elles nous donnent le sentiment d’ĂȘtre aussi puissants que des taureaux ou des machines.

Par contre, lorsque cela devient plus subtil, qu’il nous faut sentir certaines poussĂ©es ou certaines forces plus profondes, contradictoires ou plus intimes peut-ĂȘtre, cela nous demande des efforts auxquels nous ne sommes pas habituĂ©s ou qui nous dĂ©rangent parce-que cela nous demande plus de temps ou plus de maturitĂ© Ă©motionnelle peut-ĂȘtre.

 

Ces disciplines prĂ©sentĂ©es devant nous durant ces 24 heures reposent sur beaucoup de fondements communs. Mais leurs formes et leurs prĂ©sentations sont diffĂ©rentes. Et c’est ce qui va nous attirer, nous barber, nous dĂ©courager ou nous repousser.

 

J’ai bien vu comment nous Ă©tions un certain nombre Ă  ĂȘtre Ă  la peine lors des interventions de Didier Beddar que ce soit en Kung Fu Wing Chun ou en Tai Chi.

Didier Beddar, le virtuose, entouré de deux de ses assistants, à la fin de la séance de Tai Chi, ce dimanche matin vers 11h aux 24 heures du Samouraï. Photo©Franck.Unimon

J’étais alors l’équivalent d’un lourdaud saccadĂ©, bruyant et poussif qui saccageait l’espace autour de lui alors que j’essayais seulement de marcher tandis que Didier Beddar et ses assistants Ă©taient des ballerines pleines de grĂące.

Lorsque j’avais dĂ©butĂ© le judo il y a quelques annĂ©es, j’avais eu la gratification assez immĂ©diate de « rĂ©ussir Â». Le Kung Fu et le Tai Chi m’ont fait exactement l’effet inverse. MalgrĂ© leur intĂ©rĂȘt Ă©vident, ils m’ont adressĂ© un reflet de moi-mĂȘme peu valorisant.

 

J’ai aussi eu l’impression que l’enseignement de Didier Beddar fait particuliĂšrement appel au Yin et au Yang, au fĂ©minin et au masculin, alors que dans le Penchak Silat, le Hapkimudo, le karatĂ© ou dans le Sistema, on peut n’ĂȘtre « que » bourrin.

 

Ou « masculin Â». Ou « viril Â». Ou « macho Â».

 

Arrivera un moment oĂč passer en force finira pas nous limiter ou nous rigidifier mais on peut  arriver Ă  « y faire des choses Â» tout de suite et durant un certain temps. C’est efficace. Ou c’est plus saccadĂ©. Plus heurtĂ©. Plus frontal.

 

C’est un peu comme, dans la pratique de l’apnĂ©e ou de la plongĂ©e, utiliser la mĂ©thode vasalva pour descendre en profondeur. On est trĂšs volontaire. On s’impose. C’est efficace jusqu’à une certaine profondeur ainsi que pendant un certain nombre d’annĂ©es. Mais c’est aussi plus traumatisant pour l’organisme mĂȘme si on ne le ressent pas tout de suite.

 

Lors des 24 heures du SamouraĂŻ, j’ai croisĂ© un pratiquant qui a Ă©tĂ© un moment mon partenaire qui m’a dit qu’étant donnĂ© son Ăąge, la cinquantaine, le karatĂ© Shotokan commençait Ă  ĂȘtre dur pour lui. J’ai compris que la brutalitĂ© qu’il s’imposait au travers du karatĂ© shotokan depuis des annĂ©es commençait Ă  avoir raison de lui.

 

 

Jusqu’à maintenant, je n’avais pas pensĂ© aux Arts martiaux comme une possible expĂ©rience ou rĂ©flexion sur le « genre Â» masculin et fĂ©minin, sur la façon de l’habiter de façon « masculino-viriliste Â» et/ou de façon « fĂ©mino-douce Â». Bien-sĂ»r, voir la fĂ©minitĂ© comme le versant de la douceur et la masculinitĂ© comme celui de la brutalitĂ© est un clichĂ©. Mais ce sont des repĂšres pour dire que s’obliger Ă  faire ou Ă  passer en force parce-que l’on est un homme lorsque l’on pratique est une erreur trĂšs commune. Et, j’ai trouvĂ© que parmi les diffĂ©rents experts, Didier Beddar Ă©tait celui qui incarnait le mieux ou le plus cette synthĂšse du fĂ©minin et du masculin dans son expression martiale. Expression martiale que je n’ai aucune difficultĂ© Ă  percevoir comme trĂšs efficace dans des conditions de combat.

Didier Beddar et ses deux assistants, ce dimanche matin. Photo©Franck.Unimon

Quelques notes sur les sĂ©ances :

 

J’ai pris quelques notes Ă  la volĂ©e aprĂšs certaines des sĂ©ances auxquelles j’ai participĂ© lors de ces 24 heures du SamouraĂŻ. C’était une façon, pour moi, de conserver des impressions que l’on oublie souvent par la suite.

 

J’ai beaucoup aimĂ© les interventions de Kang Jong Lee, expert en hapkimudo. Ses formulations et son humour, aussi. D’ailleurs, les experts, lors de ces 24 heures du SamouraĂŻ, ont souvent su faire concilier l’humour avec leurs dĂ©monstrations ce qui a pu contribuer Ă  dĂ©sacraliser un certain niveau d’exigence.

 

J’ai Ă©tĂ© amusĂ© de voir Kang Jong Lee avec son pantalon tendance pattes d’élĂ©phant. Il y a sans doute une raison Ă  cela. Mais je n’ai pas pensĂ© Ă  le lui demander. Je me dis que c’est peut-ĂȘtre une façon de dissimuler les dĂ©placements de ses pieds.

 

Chez Kang Jong Lee, j’ai aussi notĂ© sa formulation :

«  Le monde a changĂ© ».

Pour dire que lors d’un affrontement, la situation Ă©volue trĂšs vite et que ce qui aurait pu marcher quelques secondes ou quelques dixiĂšmes de secondes auparavant est devenu obsolĂšte. Et qu’il faut s’adapter, trouver autre chose pour parvenir Ă  la rĂ©solution du conflit.

« Accepter Â» a aussi Ă©tĂ© employĂ© par Kang Jong Lee. Soit, au lieu de rĂ©sister ou de forcer, de se servir ou de suivre l’action de l’autre.

Kang Jong Lee enseigne Ă  divers endroits, entre autres au gymnase le Patriarche, rue Monge mais aussi dans le 16Ăšmearrondissement, toujours Ă  Paris.

 

JĂ©rome Kadian, pour le systema, juste aprĂšs Kang Jong Lee, m’a beaucoup fait plaisir lorsqu’il nous a parlĂ© de la respiration. Depuis  ma formation au massage bien-ĂȘtre et ma pratique amateur de l’apnĂ©e en club, je suis devenu assez sensible Ă  ce qui touche la respiration. Ceinture jaune de karatĂ© shotokan avec Jean-Pierre Vignau, donc niveau dĂ©butant, lors de certains mouvements de mes katas que je rĂ©pĂšte, je me sens gĂȘnĂ©. Car je n’ai pas encore trouvĂ© la bonne façon, le bon moment, pour respirer, expirer ou arrĂȘter de respirer.

 

La respiration est l’acte le plus important et le plus profond que nous faisons. Pourtant son apprentissage fait partie des apprentissages les plus souvent nĂ©gligĂ©s. Peut-ĂȘtre est-ce parce qu’en plus d’ĂȘtre un acte, la respiration est une fonction qui nous est « donnĂ©e Â» dĂšs la naissance et qu’elle est automatique. Donc acquise.  

J’ai aussi notĂ© avec JĂ©rome Kadian :

Expirer quand on reçoit un coup. Accepter le contact. Travailler sur les appuis. Pivot du bassin. Plier les genoux.

Benjamin, responsable de l’Ă©cole Kinshikai AĂŻkido, Belgique. Photo©Franck.Unimon

JĂ©rome Kadian nous a aussi appris que tomber Ă©tait une de nos plus grandes peurs. Et qu’il fallait donc apprendre Ă  tomber sans se faire mal.

 

Malheureusement, je n’ai pas pu prendre de photo de JĂ©rome Kadian, qui enseigne Ă  Paris, rue Bleue.

 

« Vous ĂȘtes armĂ©s ? » a commencĂ© Lionel Froidure.

 

Lionel Froidure se trouve derriÚre Léo Tamaki en train de souhaiter un bon anniversaire à une des participantes. Photo©Franck.Unimon

Lionel Froidure nous a expliquĂ© qu’aux Philippines, ils ne parlaient pas de techniques mais de principes. Il a insistĂ© sur la nĂ©cessitĂ© de se « bĂątir une mĂ©moire Â» lorsque l’on pratique. De prendre le temps d’apprendre Ă  se servir d’une arme avant d’en dĂ©couvrir une autre. De garder le contact avec son adversaire lors du combat.

 

« La peur, ça se travaille Â».

 

L’Arnis m’est apparu trùs technique ou exigeant de moi des efforts certains d’apprentissage.

 

De 19h30 Ă  20h45, Didier Beddar est intervenu en expert Wing Chun.

Au centre, Didier Beddar. Photo©Franck.Unimon

« En Wing Chun, on travaille sur les rĂ©flexes Â». Didier Beddar a soulignĂ© qu’il s’agissait de travailler relĂąchĂ©. Il a prĂ©sentĂ© le Wing Chun comme un Art « tout en dĂ©viations Â».

 

Lorsque l’on est à distance de pied, contrîle visuel du genou de son adversaire. Lorsque l’on est à distance de poignet, contrîle visuel du coude de son adversaire.

 

Didier Beddar nous a parlĂ© du triangle pour crĂ©er le dĂ©sĂ©quilibre chez l’autre. Il nous a aussi parlĂ© du centre. Garder ou protĂ©ger notre centre. L’importance du contact physique permanent pour connaĂźtre le mouvement de son adversaire. Mais aussi de notre colonne vertĂ©brale. La garder droite.

 

 

Avec l’Arnis, le Kung Fu Wing Chun m’est apparu comme l’autre discipline la plus technique Ă  assimiler. C’étaient pour moi deux disciplines qui ne se donnent pas facilement en prime abord. Plus tard est arrivĂ©e la sĂ©ance TaĂŻ Chi, le lendemain matin, avec Didier Beddar Ă©galement. Et, lĂ , j’ai parfois eu l’impression d’ĂȘtre dans une expĂ©rience mĂ©taphysique lorsqu’il nous a parlĂ© de l’importance de garder ou de protĂ©ger notre centre mais aussi de la nĂ©cessitĂ© d’entraĂźner son adversaire vers le triangle.

MĂȘme si j’ai retenu grĂące Ă  Didier Beddar que le gros orteil est en quelque sorte l’appendice de la motricitĂ© et le petit doigt de pied, celui de la stabilitĂ©.

 

De 0h15 Ă  1h30, Ronan Datausse est intervenu comme expert en Penchak Silat. C’était assez « drĂŽle Â», de maniĂšre dĂ©calĂ©e, de nous entraĂźner Ă  une heure du matin Ă  rĂ©aliser des torsions cervicales en cas d’agression.

Ronan Datausse est le deuxiÚme en partant de la droite. Le premier est Didier Lorho. AprÚs Ronan Datausse, vers la gauche, Bertrand Jaillet, Issei Tamaki et Tanguy Le Vourch. Photo©Franck.Unimon

Ronan Datausse nous a dit que nous devions imaginer que nous Ă©tions des araignĂ©es tissant notre toile autour de notre proie, notre agresseur qui, au dĂ©part, nous avait pris « pour un agneau Â».

Ronan Datausse nous a appris qu’au dĂ©part, le Penchak Silat Ă©tait un art de guerre appris par les IndonĂ©siens qui ont des petits gabarits. Le Penchak Silat, originellement, est un art de destruction.

Ronan Datausse nous a aussi fait travailler les frappes multidirectionnelles. Cela m’a beaucoup plu.

 

Léo Tamaki, à 1h45, dans la nuit de samedi à dimanche aux 24 heures du Samouraï. Photo©Franck.Unimon

LĂ©o Tamaki est intervenu de 1h45 Ă  3 heures. Je n’ai plus rien notĂ© Ă  partir de ce moment-lĂ  mais je vais Ă©crire de tĂȘte.

 

Ce crĂ©neau horaire est un horaire tranchant. Peut-ĂȘtre le plus charniĂšre. Nous entrons alors dans la deuxiĂšme partie de ces 24 heures. En plus, le Penchak Silat “de” Ronan Datausse a Ă©tĂ© dynamique et aussi “ludique”. L’ AĂŻkido, c’est une autre allure. C’est donc quitte. Ou double. Soit on s’ennuie, soit on se laisse entraĂźner. 

 

LĂ©o Tamaki a Ă©tĂ© permanent et pĂ©dagogique dĂšs le coup de gong. Chaque sĂ©ance dĂ©butait par un coup de gong. J’ai mĂȘme eu l’impression que LĂ©o Tamaki avait fait retentir le gong une Ă  deux minutes plus tĂŽt. Ensuite, LĂ©o a pris le train en main.

Il y avait du rythme. Des sĂ©quences d’entraĂźnement de 2 Ă  4 minutes. De la martialitĂ© et de l’humour. La nuit et le sommeil ont semblĂ© sans prise sur lui. J’ai rĂ©entendu parler de

« dissociation Â». Mais aussi :

« Recommencez, s’il vous plait Â». Ce qui fait partie de ses signatures.

Je tenais comme je pouvais le long bĂąton qui m’avait Ă©tĂ© prĂȘtĂ© face Ă  G, plus avancĂ© que moi en AĂŻkido lorsque LĂ©o Tamaki est passĂ© pour me montrer. Il s’agissait de laisser la gravitĂ© agir sur le bĂąton sans mettre de force. Je n’ai rien vu venir. Mon bĂąton a volĂ© hors de mes mains trois ou quatre mĂštres plus loin  comme si je ne l’avais pas tenu.

 

Un peu plus tard, il convenait de « couper Â» son partenaire avec le tranchant de la main au niveau de ses deux poignets qu’il tenait joints devant nous. LĂ©o Tamaki est repassĂ©. Il m’a montrĂ© sur mes poignets. Il n’a pas mis (beaucoup) de force. J’ai senti la coupe. Le temps de me relever, il Ă©tait dĂ©jĂ  Ă  nouveau parti.

 

L’intervention Ă©tait variĂ©e, attractive. MĂȘme si, pour moi, l’AĂŻkido a fait partie des disciplines les plus dĂ©licates techniquement de ces 24 heures du SamouraĂŻ avec le Wing Chun, l’Arnis
.et le Tai Chi dispensĂ© par Didier Beddar.

 

C’était bien pensĂ© de clĂŽturer ces 24 heures par le Tai Chi Quan et l’AĂŻkido.

Sortie de Dojo :

 

A l’issue des 24 heures, 80 personnes avaient participĂ© aux 16 sĂ©ances proposĂ©es, glanant les quatre bracelets. L’annĂ©e derniĂšre, Ă  Nantes, seules 10 personnes y Ă©taient parvenues. Les 80 personnes ont Ă©tĂ© applaudies.

 

Quant Ă  moi, arrivĂ© aux 24 heures du SamouraĂŻ avec un point de contracture Ă  la cuisse et dĂ©sobĂ©issant aux recommandations de mon kinĂ© (« Cela revient Ă  jeter une piĂšce en l’air »), j’ai participĂ© Ă  11 sĂ©ances ratant d’une sĂ©ance le troisiĂšme bracelet que j’aurais bien aimĂ© obtenir. Je n’avais pas l’ambition de faire toutes les sĂ©ances ( 16).

“Tous les voyants sont au vert” m’a dit mon kinĂ© il y a quelques heures Ă  propos de ma cuisse. Je n’ai pas- encore- osĂ© lui dire que j’avais participĂ© ce week-end aux 24 heures du SamouraĂŻ.

Au dĂ©but des 24 heures du SamouraĂŻ, j’ai cru que je n’obtiendrais mĂȘme pas le bracelet vert, ce qui correspond Ă  quatre sĂ©ances. Mais, finalement, cela tend Ă  dĂ©montrer que les soins apportĂ©s par mon kinĂ© sont bons et qu’une pratique raisonnable des Arts martiaux est possible sans se blesser. Je me suis par exemple abstenu d’essayer de faire les dĂ©placements toniques, presque sautĂ©s, proposĂ©s par Bertrand Jaillet en karatĂ© shotokan. J’ai aussi laissĂ© passer la premiĂšre sĂ©ance de Ju-Jitsu brĂ©silien avec David Pierre-Louis en pensant, Ă  tort, aux randoris.

Et, je dormais lors de sa seconde sĂ©ance. Car entre 4h40 et 7h50, aprĂšs une douche et une seconde sĂ©ance de shiatsu (sĂ©ances de shiatsu qui ont aussi trĂšs certainement aidĂ© Ă  la prĂ©vention de blessures supplĂ©mentaires), j’ai dormi dans mon sac de couchage sur un coin du tatami comme deux ou trois autres, la petite salle de repos Ă©tant pleine lorsque je m’y suis prĂ©sentĂ©.

A partir d’une certaine heure, la salle de repos Ă©tant pleine, on se couchait lĂ  oĂč l’on pouvait dans le dojo. J’ai un moment enviĂ© ces deux personnes qui avaient su trouver un coin. Puis, finalement, non loin de lĂ , une place sur le tatamis, Ă  cĂŽtĂ© du stand de shiatsu m’a trĂšs bien convenu pour m’endormir dans mon sac de couchage, vĂȘtu de mon tout nouveau kimono bleu. Photo©Franck.Unimon

 

 

En sortant du dojo plus de 24 heures aprĂšs y ĂȘtre entrĂ©, j’ai Ă©tĂ© moins dĂ©calĂ© que ce Ă  quoi je m’attendais.

 

Depuis, je me demande ce que cela a changé ou contribué à changer en moi.

 

MĂȘme si je suis loin d’avoir assimilĂ© tout ce que j’ai vu, vĂ©cu, entendu ou essayĂ© de pratiquer, commençons d’abord par dire que je suis content d’avoir vĂ©cu l’expĂ©rience.

 

J’avais envisagĂ© d’écrire sur cet Ă©vĂ©nement bien plus tard. A la lecture de cet article, rĂ©digĂ© finalement beaucoup plus rapidement que prĂ©vu, on pourra mesurer comme les 24 heures du SamouraĂŻ m’ont inspirĂ©.

 

Concernant la « performance Â» des 24 heures, si je n’avais pas de doute  quant au fait que trois heures de sommeil me conviendraient pour me remettre Ă  un moment donnĂ© (comme d’autres, j’ai dormi de maniĂšre immĂ©diate et compacte une fois couchĂ© sur le tatami malgrĂ© l’animation et les stimulations environnantes), je n’avais pas d’idĂ©e prĂ©cise quant Ă  ma capacitĂ© de rĂ©sistance physique et mentale Ă  la fatigue. C’était bien de pouvoir pratiquer malgrĂ© ou avec la fatigue tant mentale que physique. C’était Ă©videmment la premiĂšre fois que je pratiquais autant en si peu de temps.

Je pourrais faire un trait d’humour et Ă©crire que, depuis les 24 heures du SamouraĂŻ, j’ai surtout l’impression de mieux comprendre le crĂ©ole haĂŻtien. Mais le fait est qu’aprĂšs avoir pris part Ă  autant de « sĂ©ances Â» (sans combats) martiales sans me faire mal, je me dis que je pourrais quand mĂȘme prendre le temps de faire le nĂ©cessaire pour obtenir et « donner Â» Ă  Pascal, mon prof de judo, cette ceinture noire qu’il attend de moi depuis une vingtaine d’annĂ©es. La ceinture noire n’étant qu’un dĂ©but, comme il l’a rappelĂ©, et non une fin en soi.

Il me reste d’autres photos ( sur lesquelles, notamment, figurent Kang Jong Lee et David Pierre-Louis ) que j’aurais bien voulu insĂ©rer dans cet article. Mais, pour l’instant, je n’ai pas rĂ©ussi Ă  le faire malgrĂ© diverses tentatives pour des raisons techniques qui me dĂ©passent. Des histoires de codes et de tĂ©lĂ©chargement de fichier. J’ai optĂ© pour rĂ©diger cet article et le publier maintenant tel quel quitte Ă  le complĂ©ter plus tard. Car, ce jeudi, c’est Ă  dire dans quelques heures, je pars quelques jours Ă  Camaret, en Bretagne, avec mon club d’apnĂ©e, afin de continuer Ă  m’initier Ă  la chasse sous-marine. 

Il est probable que le concert de Beyoncé sera passé lorsque je parviendrai, enfin, à rajouter ces autres photos des 24 heures du Samouraï.

Avec LĂ©o Tamaki, ce dimanche 21 Mai 2023, Ă  la fin des 24 heures du SamouraĂŻ.

Franck Unimon, ce jeudi 25 mai 2023.

 

 

 

 

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self-défense/ Arts Martiaux

Avant les 24 heures du SamouraĂŻ au dojo d’Herblay ce 20 et ce 21 mai 2023

Avant les 24 heures du Samouraï au dojo d’Herblay ce 20 et 21 Mai 2023.

 

Demain, Ă  midi, dĂ©butent les 24 heures du SamouraĂŻ. Il y a environ quarante huit heures, nous avons reçu un mail de l’équipe des 24 heures du SamouraĂŻ pour nous donner quelques informations et nous faire quelques recommandations. Cela donne peut-ĂȘtre un cĂŽtĂ© secret Ă  l’évĂ©nement, unique en France. Pourtant, il n’y a rien de secret pour quiconque s’attarde un peu sur ce qu’il y a de relatif aux Arts Martiaux. L’annĂ©e derniĂšre, les 24 heures du SamouraĂŻ s’étaient dĂ©roulĂ©es Ă  Nantes. Dans le magazine Yashima de ce mois de mars 2023, Tanguy Le Vourch’ en raconte la genĂšse, au sein de l’école Kishinkai AĂŻkido d’aprĂšs une idĂ©e de LĂ©o Tamaki.

 

Pour cette deuxiĂšme Ă©dition des 24 heures du SamouraĂŻ qui se dĂ©rouleront dans le dojo d’Herblay oĂč enseigne Issei Tamaki, dans le Val d’Oise, seront prĂ©sents les experts suivants :

 

Didier Beddar pour le Wing Chun et le Tai Chi.

Kang Jong Lee pour le Hapkimudo.

Lionel Froidure pour le karatĂ© et l’Eskrima.

David Pierre-Louis pour le Jiujitsu brésilien.

JĂ©rĂŽme Kadian pour le Systema.

Didier Lorho pour le Uechi-RyĂ».

Ronan Datausse pour le Penchak Silat.

LĂ©o Tamaki pour l’Aikido.

Bertrand Jaillet pour le Shotokan.

 

Un stand de pratiquants de Shiatsu sera également présent.

 

J’ai dĂ©jĂ  croisĂ© ou rencontrĂ© deux ou trois de ces experts ( LĂ©o Tamaki (Dojo 5) , David Pierre-Louis, Didier Beddar ( Marcher jusqu’Ă  un Maitre de Kung Fu Wing Chun traditionnel ). Je vais dĂ©couvrir les autres. Le judo est la discipline que je « connais Â» le mieux. Mais je n’ai pas pratiquĂ© depuis trĂšs longtemps. Lorsque j’ai appelĂ© mon professeur, Pascal Fleury, cette semaine, celui-ci m’a Ă  nouveau « reprochĂ© Â» de ne toujours pas avoir passĂ© ma ceinture noire. Pascal m’a aussi rappelĂ© ce temps oĂč, il y a plusieurs annĂ©es, LĂ©o Tamaki venait enseigner l’AĂŻkido, rue Michel Lecomte, lĂ  oĂč j’ai passĂ© mes ceintures de judo dans les annĂ©es 90.

Je suis aussi un trĂšs jeune Ă©lĂšve- irrĂ©gulier- de Maitre Jean-Pierre Vignau en karatĂ© Shotokan. ( Maitre Jean-Pierre Vignau Ă  la SACD, rue Ballu, Paris, ce mardi 25 avril 2023). 

Ces derniÚres semaines, je suis aussi devenu un pratiquant irrégulier de mon blog. Mais je ne pouvais pas laisser passer cet article la veille des 24 heures du Samouraï.

Demain matin, les inscriptions commenceront Ă  10h45. J’ai dĂ©jĂ  mon billet d’entrĂ©e. La cĂ©rĂ©monie d’ouverture aura lieu Ă  11h45. Il faudra ĂȘtre prĂȘt et en kimono. PrĂ©voir plusieurs kimonos pour des raisons d’hygiĂšne. Je suis allĂ© en acheter un second ce matin. Bien s’hydrater durant ces 24 heures. J’ai prĂ©vu ce qu’il faut et un stand de restauration est prĂ©vu sur place. Amener son nĂ©cessaire de toilette pour se rafraĂźchir. Mais aussi son sac de couchage et un oreiller. Une aire de repos est prĂ©vue dans le dojo.

 

Les 24 heures du Samouraï sont ouvertes à toute personne curieuse, de bonne volonté et en suffisamment bonne condition physique quelle que soit son niveau ou sa discipline de pratique.

 

Je me demande si je suis « prĂȘt Â».  Des sĂ©ances d’1h15 environ pendant 24 heures. Avec dix Ă  quinze minutes de pause entre chaque intervention.

Je n’avais pas prĂ©vu de tout « faire Â» de toute façon. Mais, cette semaine, mon kinĂ© m’a rĂ©pondu que participer Ă  cet Ă©vĂ©nement revenait pour moi Ă  « lancer une piĂšce en l’air Â». J’ai une contracture Ă  la cuisse. Le vĂ©lotaf, je peux, l’apnĂ©e ( hors compĂ©tition), je peux. Mais pas les Arts Martiaux ou les sports de combat qui exigent ou peuvent exiger une disponibilitĂ© soudaine et totale en termes d’engagement physique et mental.

 

J’ai encore le choix. Renoncer. Forcer. Regarder. Ou me faufiler.

 

Tout Ă  l’heure, j’ai changĂ© de sac. AprĂšs ma sieste, je me suis avisĂ© que je pouvais mieux faire en matiĂšre de rangement.

J’en ai pris un autre pour disposer mes kimonos. S’économiser autant que possible. Disposer ses affaires de la façon la plus pratique. PrĂ©voir ce qu’il faut mais sans pour autant trop s’encombrer. Un vrai voyage ! Mes appareils photos, deux sacs. Je vais sans doute emmener une petite glaciĂšre rigide afin d’y mettre bouteille d’eau, thermos et un peu de nourriture. Cela ne m’empĂȘchera pas d’aller faire un tour au stand de restauration pour avaler ou manger quelque chose de chaud. Et pour discuter.

 

L’équipe des 24 heures du SamouraĂŻ nous a appris par mail qu’il Ă©tait prĂ©vu des retards sur la ligne de train de banlieue qui dessert Herblay depuis Paris. Pour une fois, en qualitĂ© de banlieusard, je suis favorisĂ© :

J’habite Ă  Argenteuil, pas trĂšs loin. Et je viendrai avec ma voiture. J’ai repĂ©rĂ© l’endroit il y a plus d’un mois.

 

Je m’attends Ă  ce qu’il y ait beaucoup de monde. Plus d’une centaine de personnes puisque le dojo est grand ( 750 mĂštres carrĂ©s ?). De Paris, de banlieue et de province.

Dans cet univers gĂ©nĂ©ralement trĂšs masculin, je me demande, sans arriĂšre pensĂ©e particuliĂšre, dans quelle proportion il y aura des femmes. Je dirais : 20 pour cent. Et, je me hasarde Ă  croire que l’avenir des Arts martiaux serait peut-ĂȘtre davantage assurĂ© s’il y avait plus de pratiquantes et d’expertes fĂ©minines dans ces domaines. Pour aller acheter mon second kimono, ce matin, j’ai proposĂ© Ă  ma fille de venir avec moi Ă  Paris. Elle a spontanĂ©ment acceptĂ©. J’en suis trĂšs content. Pour la premiĂšre fois, j’ai rompu avec la tradition en achetant un kimono bleu. 85 euros.

 

Demain, le dojo d’Herblay deviendra un couvent martial oĂč nous essaierons de nous extraire du cratĂšre de nos enchevĂȘtrements. Nous chercherons le merveilleux voire un monde qui a disparu et nous tenterons de lui rĂ©attribuer un espace dans nos corps et dans nos rĂȘves.

 

Franck Unimon, ce vendredi 19 Mai 2023.