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Les 24 heures du SamouraĂŻ au dojo d’Herblay ce 20 et ce 21 Mai 2023, 2ème Ă©dition

Au dojo d’Herblay, lors des 24 heures du SamouraĂŻ, 2ème Ă©dition. Membre d’une association parisienne, ce trio qui se connait depuis une dizaine d’annĂ©es a jouĂ© de la musique traditionnelle et, cela, dès l’ouverture des 24 heures du SamouraĂŻ. Photo©Franck.Unimon

Les 24 heures du Samouraï au dojo d’Herblay ce 20 et 21 Mai 2023, 2ème édition

 

Chevrotine peut-ĂŞtre cinglĂ©e, ce samedi 20 Mai 2023, je traçais depuis quelques minutes sur l’autoroute A15 lorsque, malgrĂ© toute l’attention prĂ©alable portĂ©e Ă  mes prĂ©paratifs, je me dis que j’aurais peut-ĂŞtre dĂ», finalement, la veille, acheter deux nouveaux kimonos plutĂ´t qu’un seul. J’allais tourner avec deux kimonos lors de ces 24 heures du SamouraĂŻ. ( Avant les 24 heures du SamouraĂŻ au dojo d’Herblay ce 20 et ce 21 mai 2023). 

 

Le trio Ă  l’initiative de l’Ă©vĂ©nement, ce samedi 20 Mai 2023, vers 11h, en face du dojo d’Herblay avant le dĂ©but des 24 heures du SamouraĂŻ : ( de gauche Ă  droite) Tanguy Le Vourch, Issei Tamaki et LĂ©o Tamaki. Photo©Franck.Unimon

 

Nous étions plus de deux cents ce week-end pour cette deuxième édition des 24 heures du Samouraï au dojo d’Herblay. Soit, à bien y repenser aujourd’hui, à peine un petit peu moins de personnes qu’il n’y en aura lors du concert de Beyoncé qui se déroulera demain soir au stade de France, ce vendredi 26 Mai 2023.

 

Dix disciplines : Ni combat, ni compĂ©tition

Au dojo d’Herblay, dans la nuit du 20 au 21 Mai 2023, lors des 24 heures du SamouraĂŻ. Photo©Franck.Unimon

Pour pratiquer dans notre couvent martial situĂ© dans le Val d’Oise, nous avons troquĂ© nos vĂŞtements ordinaires et civils pour des amas de kimonos majoritairement blancs faisant de nous des volontaires pour cet Ă©vĂ©nement…peu ordinaire. Mais l’état d’esprit, plus que la couleur, le « niveau Â» d’expĂ©rience, la discipline martiale ou de combat pratiquĂ©e, ou le grain de la tenue vestimentaire, a Ă©tĂ©, ici, ce qui importait.

A gauche, en pleine démonstration lors de ces 24 heures du Samouraï, Didier Lorho, expert en Uechi-Ryû. Photo©️Franck.Unimon

Débutant(e)s comme chevronné(e)s, élèves ou Maitres, femmes ou hommes, adolescent(es) ou vétérans, marcheurs ou en fauteuil roulant, issus du Karaté, du Systema, du Penchak Silat, Ju Jitsu brésilien, de l’hapkido, de l’Aïkido, du Wing Chun, du Tae Kwondo ou de toute autre expérience martiale ou de combat ont été acceptés une fois le droit d’entrée acquitté. Pour moi, le tarif solo avait été de 85 euros en prévente.

Au dojo d’Herblay, ce samedi 20 Mai 2023 lors des 24 heures du SamouraĂŻ. Photo©️Franck.Unimon

 

Dans ce « couvent Â» restĂ© ouvert entre ciel et terre et souhaitĂ© comme tel, c’est en passant par la porte d’entrĂ©e principale que nous avons tous empruntĂ©s, qu’un peu avant midi, ce samedi 20 Mai 2023, une reprĂ©sentante de l’Etat est venue nous saluer, nous encourager et aussi nous apprendre qu’elle avait vu ce dojo sortir de terre plusieurs annĂ©es auparavant.

 

Lors de la création de ce dojo, certaines et certains des personnes qui ont participé à ces 24 heures du Samouraï ce week-end étaient déjà nées, d’autre pas. Et l’on peut souhaiter que d’autres qui naîtront après cette deuxième édition vivront un jour cette expérience. Qu’elles et qu’ils proviennent de Tours, de Toulon, de Limoges, de Normandie, de Bretagne, de Belgique, de l’Est de la France, du Mexique, de l’île de France ou d’ailleurs comme cela a été le cas ce week-end.

 

Une organisation clés en main

Au dojo d’Herblay, lors de ces 24 heures du SamouraĂŻ, 2ème Ă©dition. De dos, une des bĂ©nĂ©voles, par ailleurs pratiquante d’AĂŻkido, qui assure alors la couverture son, ambiance musicale comprise, des 24 heures du SamouraĂŻ, 2ème Ă©dition. Photo©Franck.Unimon

 

L’équipe organisatrice (constituĂ©e de bĂ©nĂ©voles fĂ©dĂ©rĂ©s par Tanguy Le Vourch, Issei Tamaki et LĂ©o Tamaki) de ces 24 heures du SamouraĂŻ avait tout prĂ©vu :

 

Rappelons d’abord que deux Ă  trois jours avant le dĂ©but de « l’étape Â» de ces 24 heures du SamouraĂŻ, un mail avait Ă©tĂ© envoyĂ© aux participantes et participants les informant qu’il Ă©tait prĂ©vu un certain retard sur la ligne J de train reliant Paris Ă  la gare d’Herblay (environ 25 minutes dans les conditions normales). Ce mail mentionnait l’heure du dĂ©but des inscriptions fixĂ© Ă  10h45 pour une cĂ©rĂ©monie d’ouverture Ă  11h45. Et recommandait de prĂ©voir son sac de couchage, un oreiller, son nĂ©cessaire de toilette, mais aussi de s’hydrater rĂ©gulièrement.

 

A son arrivée, chaque participant (e ) après s’être acquitté(e) de son droit d’entrée a reçu un sac en carton à l’effigie de l’événement contenant une bouteille d’eau minérale, une banane, une pomme et une canette de coca-cola. Une carte lui a également été remise. Celle-ci allait lui permettre de faire tamponner chacune de ses implications aux ateliers animés par dix experts. Après avoir participé à quatre ateliers, la participante ou le participant obtenait un bracelet avec une couleur correspondant à son nombre d’expériences martiales vécues.

 

Lors de ces 24 heures du Samouraï, 16 ateliers d’une heure quinze chacun furent proposés avec, en moyenne, quinze minutes de pause durant l’intervalle.

Lors de ces 24 heures du SamouraĂŻ, 2ème Ă©dition. On peut apercevoir LĂ©o Tamak dans le fond, tenant un bokken, lors de sa première intervention entre 1h45 et 3h du matin dans la nuit de samedi Ă  dimanche. On peut voir sur le poignet droit de ce pratiquant au premier plan, par ailleurs, professeur d’Arts martiaux, les bracelets vert et bleu qu’il porte. Ce qui signifie qu’il avait participĂ© Ă  au moins huit sĂ©ances lorsque cette photo a Ă©tĂ© prise. Photo©Franck.Unimon

Dans le dojo suffisamment grand (750 mètres carrĂ©s ?), des vestiaires, des douches et des toilettes sont disponibles facilement et gratuitement. Un service de restauration propose Ă  un tarif très abordable de la nourriture de qualitĂ© ou faite main (2 euros une part de quiche lorraine, autant pour un bol contenant quatre ou cinq portions de pastèque…). Une Ă©quipe de pratiquants de shiatsu est repĂ©rable sur une partie du tatami et opère Ă  titre gracieux. Des ostĂ©opathes et des infirmières sont prĂ©sents sur l’évĂ©nement. Une petite salle est rĂ©servĂ©e Ă  l’aire de repos. Quelques bokken et bâtons peuvent ĂŞtre prĂŞtĂ©s Ă  celles et ceux venus les mains nues.

Trois musiciens traditionnels faisant partie d’une association parisienne font résonner leur voix et leurs tambours lors de certains moments de l’événement.

Une ambiance musicale de circonstance et humoristique est entretenue à la fin de chaque intervention au moment de la séance de photo du groupe de participants entourant l’expert (Opération Dragon, Kill Bill, la série Kung Fu, Highway to hell d’AC/DC et d’autres références….).

 

Une équipe de bénévoles, pratiquant aussi lorsqu’elle le peut, permet de se sentir bien accueilli, contribue à nous donner des repères, et assure, aussi, le très bon déroulement de ces diverses séquences.

Lors des 24 heures du SamouraĂŻ. Nous Ă©tions encouragĂ©s Ă  changer de partenaire lors de chaque “exercice”. C’est ainsi que j’ai pu pratiquer avec un partenaire plus lourd que moi de 40 kilos, un pratiquant en chaise roulante, un adolescent, des partenaires fĂ©minines. Et, Ă  chaque fois le niveau de pratique des uns et des autres comme leur discipline variait. Photo©Franck.Unimon

L’intrigue et les « excuses Â» de l’annĂ©e dernière concernant les 24 heures du SamouraĂŻ

 

L’année dernière, quand je pris connaissance de la première édition des 24 heures du Samouraï à Nantes, je fus d’abord intrigué.

 

Je me suis demandĂ© comment, en passant 24 heures Ă  pratiquer des Arts martiaux ou des disciplines de combat, on pouvait vĂ©ritablement y prendre plaisir. Je percevais plus ça comme de la surconsommation et de la frĂ©nĂ©sie Ă  l’image de ce mode de vie et de ces millions d’images par secondes  dans lesquels nous sommes rĂ©gulièrement immergĂ©s et reclus. 

 

Mais il Ă©tait dĂ©jĂ  trop tard pour participer. Et puis, Nantes, c’était « trop loin Â» pour moi.

 

Par contre, pour Herblay, je n’avais aucune excuse.

 

Herblay est la ville oĂą j’ai vĂ©ritablement dĂ©couvert le monde du travail dans un service de nuit, dans lequel je travaillais seul, douze heures durant. La personne qui m’avait recrutĂ© pour ces vacations de nuit ne m’avait pas prĂ©venu.  J’avais vingt ans. Je n’avais pas le choix. J’avais besoin de commencer Ă  gagner ma vie. A l’époque, je n’avais pas le permis de conduire et je prenais le train depuis chez mes parents. Cela me prenait environ 45 minutes pour faire le trajet et en marchant un petit peu depuis la gare d’Herblay. En prenant des trains gris qui me faisaient penser Ă  des trains de Blues.

 

Depuis, j’ai quittĂ© mes parents. J’ai dĂ©mĂ©nagĂ©. J’ai un emploi fixe dans lequel je travaille de jour comme de nuit.  Je me suis mariĂ©. Je suis devenu père. Et, j’ai mĂŞme appris Ă  conduire une voiture.  La gare de Herblay est dĂ©sormais Ă  moins d’une vingtaine de minutes en train par la ligne J depuis chez moi. Et, me rendre en voiture au dojo d’Herblay depuis mon domicile me prend Ă  peu près autant de temps.

 

Sans le faire exprès, en me rendant aux 24 heures du SamouraĂŻ, malgrĂ© la technologie de guidage aujourd’hui prĂ©sente sur tous nos smartphones, je me suis un peu trompĂ© d’itinĂ©raire ce samedi  Ă  un moment donnĂ©. Et, pour retrouver ma route vers le dojo d’Herblay, pour la première fois depuis Ă  peu près trente ans, je suis repassĂ© devant cet Ă©tablissement oĂą, Ă  20 ans, j’avais commencĂ© Ă  dĂ©couvrir le monde du travail ainsi que le travail de nuit en 19h/7h.

Lors des 24 heures du SamouraĂŻ, 2ème Ă©dition. On peut voir sur l’horloge qu’il est alors 23h45 ce samedi 20 Mai 2023. Photo©Franck.Unimon

 

 

CuriositĂ© et Ă©tonnement : Mon doudou

 

Je suis aussi allé à cette deuxième édition des 24 heures du Samouraï par curiosité.

Durant ces 24 heures, j’ai pratiqué avec plus d’une vingtaine de participants et participantes. J’ai d’ailleurs reconnu deux ou trois personnes que j’avais croisées quelques mois plus tôt au Centre Tissier, à Vincennes, lors du stage animé par Hino Akira Sensei et organisé par Léo Tamaki.

Hino Akira Sensei, en septembre de l’annĂ©e dernière au Cercle Tissier, Ă  Vincennes. Photo©Franck.Unimon

Certains des pratiquants que j’ai rencontrés lors des 24 heures du Samouraï (comme moi pour elles et eux) ont parfois voulu savoir ce que je pratiquais.

 

Je me suis Ă©tonnĂ© Ă  chercher mes mots et Ă  avoir un peu de mal Ă  rĂ©pondre. 

Maitre Jean-Pierre Vignau, à la SACD, rue Ballu, Paris, lors de la soirée qui lui a été consacrée ce mardi 25 avril 2023. Photo©️Franck.Unimon

Officiellement, je suis un très jeune et sporadique élève (depuis l’année dernière) de Jean-Pierre Vignau, Maitre en karaté Shotokan. J’ai aussi pratiqué le judo avec Pascal Fleury, aujourd’hui 6ème ou 7ème Dan de Judo, il y a plus de vingt ans.

 

Cependant, aujourd’hui, je crois être moins cloisonné qu’il y a plusieurs années.

 

Lors de ces 24 heures du SamouraĂŻ, j’ai dit que je faisais du karatĂ© pour rĂ©pondre quelque chose. Mais je crois que je suis moins dans cette « limite Â».  

 

« Avant Â», je me cantonnais Ă  une discipline et j’étais presque fier de m’emmitoufler dedans. Dans cette croyance et cette certitude que « ma Â» discipline Ă©tait la meilleure.

Bien-sûr, on a compris que c’était surtout moi qui, une fois que je marchais sur le tatami, me sentais meilleur que d’ordinaire. Une fois que je quittais kimono et tatami et que je retrouvais la vie courante, certaines difficultés de l’existence restaient insaisissables et résistaient terriblement à mes ippon.

 

Il y a plusieurs années, encouragé en cela par Pascal Fleury, mon prof de Judo, il m’était arrivé d’aller un peu au dojo d’été. Nous étions nombreux à être sur le tatami.

Un jour, un des intervenants dont j’ignore Ă©videmment le nom – vu que, lorsque l’on est ignorant, on l’est souvent Ă  peu près jusqu’à l’infini– nous avait tenu un petit discours. Beaucoup de judokas ceinture noire Ă©taient parmi nous.

 

L’ intervenant, très certainement ceinture noire de Judo et enseignant de judo,  nous avait exhortĂ© Ă  apprendre, aussi :

« A donner des coups de poing et des coups de pieds ! ».

Ce jour-lĂ , j’ai commencĂ© Ă  comprendre Ă  quel point j’étais restĂ©  beaucoup trop collĂ© au Judo qui Ă©tait devenu pour moi l’équivalent d’un doudou.

 

Depuis, bien-sûr, j’ai aussi compris qu’apprendre à donner des coups de poing et des coups de pied pour simplement en donner est une application très limitée des Arts martiaux ou de toute discipline de combat.

 

Non sens, enfermement et perte de goût

 

Pour diffĂ©rentes raisons, aveuglement, fainĂ©antise, facilitĂ© ou petites lâchetĂ©s, on apprend très vite Ă  croire que nous devons ou pouvons rester recroquevillĂ©s, enchevĂŞtrĂ©s, enfermĂ©s et cadenassĂ©s, dans un seul « style Â», une seule attitude et tournure d’esprit. Et que cette seule expĂ©rience suffira Ă  nous offrir le reste de l’univers et ce dont nous rĂŞvons ou avons besoin dans notre existence. Comme si l’Art Martial ou la discipline de combat que nous pratiquons Ă©tait notre lampe d’Aladin.

 

 

Je crois donc que je suis allĂ© Ă  ces 24 heures du SamouraĂŻ aussi pour me « soigner Â» un peu en quelque sorte de cette maladie de l’enfermement qui me captive et que je cultive passivement ou très activement. Consciemment ou inconsciemment, voire, souverainement. Et, cela, dans le plus grand calme ainsi qu’avec une certaine maitrise ou une maitrise quasi-totale.

De gauche à droite, à la fin des 24 heures du Samouraï, ce dimanche 21 Mai 2023 : Léo Tamaki, Aikido, Tanguy Le Vourch, Aikido, Issei Tamaki, Aikido, Bertrand Jaillet, Karaté Shotokan, Ronan Datausse, Penchak Silat, Didier Lorho, Karaté Uechi-Ryû, Lionel Froidure, Karaté et Eskrima, Didier Beddar, Wing Chun et Tai Chi. Manquent sur la photo Kang Jong Lee, Hapkimudo, David Pierre-Louis, Jiujitsu brésilien, Jérôme Kadian pour le Systema. Photo©Franck.Unimon

Les experts des 24 heures du Samouraï et Beyoncé

 

Les experts sont les mannequins ou les tops modèles d’un événement. Ce sont les Beyoncé des Arts martiaux, si l’on préfère.

 

Les experts présents lors des 24 heures du Samouraï m’ont aussi poussé à venir.

Didier Beddar, ce dimanche 21 Mai 2023, lors de l’avant dernière sĂ©ance de ces 24 heures du SamouraĂŻ pour un enseignement de Tai Chi. Il est alors entre 10h30 et 11h ce dimanche. Photo©Franck.Unimon

Je « connaissais Â» ou avais croisĂ© deux ou trois de ces experts. Mais je savais que c’était une très bonne occasion que de les rencontrer en aussi grand nombre, de façon aussi rapprochĂ©e, dans un temps limitĂ© et concentrĂ©. Car je le « sais Â» aussi, maintenant :

Tous ces experts sont souvent très occupés ainsi que passionnés par leur Art comme a pu le souligner Léo Tamaki à la fin de ces 24 heures du Samouraï. C’est donc une chance et une très grande et une très belle opportunité que d’avoir pu les approcher ou leur parler.

Lionel Froidure à gauche et Didier Beddar, ce dimanche 21 Mai 2023 à la fin des 24 heures du Samouraï. Photo©Franck.Unimon

A partir de ces quelques raisonnements, payer 85 euros, cela se justifiait facilement. Passer 24 heures à pratiquer, aussi. Pour aller au concert de Beyoncé ce week-end, le prix des places démarrait à 79,60 euros pour monter jusqu’à 200 euros.

Il ne reste dĂ©sormais plus de places pour ce concert de BeyoncĂ© sans doute depuis plusieurs semaines ou plusieurs mois. A moins de pouvoir recourir au système D : acheter des billets sur place le jour mĂŞme ou sur internet s’il est possible d’en trouver. Toutefois, car il faut bien savoir se changer les idĂ©es de temps en temps, si l’on tient Ă  profiter de ce concert du Renaissance World Tour de BeyoncĂ©, on peut aussi se rabattre sur les places au salon VIP Cocktail. Il en reste. Il semble qu’elles aient Ă©tĂ© mises en vente rĂ©cemment. Le prix par personne hors taxe est de 699 euros et de 838.80 euros TTC, une “ambiance festive” et “un cocktail dinatoire” sont inclus. Il faut savoir vivre avec son temps.

 

J’aurais bien-sûr aimé pouvoir aller découvrir Beyoncé en concert au stade de France. Mais j’aurais eu- aussi- beaucoup de mal à lâcher l’équivalent de cent euros pour aller assister de loin à un concert en étant aussi éloigné d’un(e) artiste sur scène. Même si je suis certain que l’organisation technique du concert de Beyoncé est exemplaire voire unique. Et que son concert sera vraisemblablement un très grand spectacle.

 

Un événement à taille humaine

Dimanche matin, un peu avant 8 heures, un ou une pratiquant(e ) récupère tandis que les musiciens traditionnels font résonner leurs tambours. Photo©Franck.Unimon

La normalité, c’est être raisonnable, mais aussi presque tout faire pour oublier que l’on va mourir. Et, entre les deux, éviter certaines aventures car elles exposent à des risques et demandent certains efforts qui paraissent hors normes ou impossibles.

 

Sans doute ai-je Ă©tĂ© un tout petit dĂ©raisonnable de comparer les experts martiaux de ce Week-end Ă  BeyoncĂ©. Car, comparer des experts en Arts Martiaux ou d’une discipline de combat Ă  une chanteuse amĂ©ricaine sensuelle et rythmĂ©e, mondialement connue et presque milliardaire, cela pourrait irriter quelques personnes. Puisque certaines et certains sont capables de consacrer une partie de leur activitĂ© Ă  se « clasher Â» par Ă©crit, sur youtube ou sur un rĂ©seau social, sans jamais se rencontrer et sans vĂ©ritablement prendre le temps de discuter, seulement parce qu’un commentaire publiĂ© sous une vidĂ©o leur a dĂ©plu.

 

Pourtant, si aux 24 heures du Samouraï, lors de ce week-end, il y avait eu Jackie Chan, Jet Li ou Donnie Yen (présent dans le dernier John Wick 4 sorti au cinéma il y a plusieurs semaines) il est probable que le prix du billet aurait augmenté mais aussi que l’événement aurait attiré bien plus de public y compris parmi des non-participants. Ainsi qu’un public en partie différent. Imaginons un peu ce que cela aurait donné si Bruce Lee était encore vivant et qu’il avait été présent aux 24 heures du Samouraï. Ou une des vedettes actuelles de MMA…

 

Avant de me rendre aux 24 heures du Samouraï, je me suis demandé qui j’allais rencontrer parmi les quelques personnes que j’ai déjà pu croiser aux cours de Jean-Pierre Vignau (qui compte parmi ses élèves des fidèles de vingt ans ou plus), ailleurs ou parmi mes collègues de travail que je sais portés sur les Arts martiaux ou les sports de combat.

 

Hé bien, je n’y ai rencontré personne parmi mes connaissances. J’apprendrai sans doute plus tard que telle personne n’avait pas entendu parler de l’événement.

 

Je crois que la donne aurait changĂ© s’il s’était trouvĂ© un Jackie Chan, un Jet Li ou un Donnie Yen. Parce qu’un Jackie Chan, un Jet Li, un Donnie Yen ou une « star Â» de la boxe ou du MMA, cela pousse très facilement dans les agendas personnels.

 

Mais l’évĂ©nement des 24 heures du SamouraĂŻ aurait alors pris une toute autre saveur. Car, BeyoncĂ© au stade de France, c’est dĂ©jĂ  une industrie. Economiquement, c’est très rentable. Car rien que le nom et l’image de BeyoncĂ© « draguent Â» très rapidement des milliers de personnes. BeyoncĂ© n’a pas de problème d’anonymat. Tout le monde ou beaucoup de monde sait très vite de qui il s’agit et elle ne fait pas encore partie de celles et ceux que l’on oublie. L’anonymat et l’oubli Ă©tant les signes avant coureurs frĂ©quents d’une mort au moins sociale.

 

 

On peut aimer se retrouver dans un très grand stade comme dans certains jeux gigantesques. Cela permet aussi très facilement d’oublier notre anonymat en vibrant avec des centaines et des milliers d’autres. Mais le vécu n’est pas le même. La foule et le spectacle l’emportent complètement sur l’individu présent à l’événement.

 

Les 24 heures du SamouraĂŻ ont sĂ»rement demandĂ© beaucoup de travail et beaucoup d’énergie Ă  l’équipe organisatrice. De façon dĂ©raisonnable et passionnĂ©e. « Mais Â» cela a Ă©tĂ© mis au service d’une expĂ©rience Ă  taille humaine. MĂŞme si au dojo d’Herblay, ce week-end, j’ai compris qu’il y avait eu deux fois plus de personnes que l’annĂ©e dernière Ă  Nantes lors de la première Ă©dition (Plus de 200 contre 100 personnes), ce qui a Ă©tĂ© vĂ©cu avait assez peu de points communs avec un spectacle ou une certaine forme de divertissement. MĂŞme si certaines dĂ©monstrations ont pu ĂŞtre spectaculaires et que ces heures passĂ©es ont pu ĂŞtre divertissantes ou très divertissantes.

Léo Tamaki, lors des 24 heures du Samouraï, 2ème édition. Photo©Franck.Unimon

 

L’ambiance de l’événement

 

Du reste, l’équipe organisatrice des 24 heures du SamouraĂŻ l’avait bien rappelĂ© :

 

Le but n’est pas de rester absolument sur le pont durant 24 heures. Mais d’être dans l’ambiance de l’événement. Que ce soit en se reposant lorsque l’on en éprouve le besoin, en allant se faire masser, en partant se restaurer ou en discutant avec d’autres personnes venues vivre cet événement.

Lors des 24 heures du Samouraï, 2ème édition. Photo©Franck.Unimon

Et, à la fin des 24 heures du Samouraï, lorsque Léo Tamaki prendra la parole devant nous tous, en présence des experts présents, ce sera aussi pour nous dire qu’ils ont créé cet événement car, plus jeunes, ils auraient aimé qu’un tel événement existe pour eux.

 

 

En y repensant, ces 24 heures ont leur intĂ©rĂŞt pour au moins deux autres raisons :

 

Une expérience, pour qu’elle soit marquante, doit avoir un effet suffisamment durable. Pour cela, il faut qu’elle soit suffisamment intense et qu’on l’ait vécue un certain temps.

Dimanche matin, lors des 24 heures du Samouraï. Photo©Franck.Unimon

On pourrait ajouter la nécessité de la répétition de l’expérience pour que celle-ci nous marque. Pour contrecarrer ou renouveler, un peu, notre expérience de notre vie quotidienne, il nous faut bien un événement qui nous sorte de ce que nous avons l’habitude de faire ou de vivre dans la durée, en intensité mais aussi de ce que nous faisons d’habitude.

 

L’autre raison a à voir avec les uchideshi.

Léo Tamaki, en pleine démonstration avec un de ses élèves. Photo©Franck.Unimon

En « restant Â» 24 heures dans ce bain martial, en vivant sur place de façon quasi-autonome, pour peu que l’on se soit dĂ©branchĂ© de son tĂ©lĂ©phone portable et d’internet durant ces 24 heures (ce que j’ai fait), je crois que l’on peut entrevoir un aperçu de la vie des uchideshi. Et les bĂ©nĂ©voles de l’évĂ©nement, en particulier celles et ceux qui ont pratiquĂ© par ailleurs lors des 24 heures du SamouraĂŻ (en grande partie, j’ai l’impression, des Ă©lèves de Tanguy Le Vourch, Issei et LĂ©o Tamaki) se sont ainsi mis dans les sillons des uchideshi.

 

Impressions

 

24 heures, cela peut sembler long ou très long. Pourtant, les 12 premières heures sont passées très vite.

 

 

Pour ma part, lors de ces 24 heures du Samouraï, il y a eu des interventions qui sont passées rapidement ou plus rapidement que d’autres. Et, deux ou trois autres, lors desquelles j’ai dû fournir plus d’efforts afin de maintenir mon attention et mon implication. Et où le temps m’est apparu plus long.

 

Je crois que certaines disciplines nous flattent plus facilement parce-que leurs gestes sont plus proches de nous et sont plus rapides Ă  « obtenir Â» mais aussi Ă  rĂ©pĂ©ter. Mais aussi parce qu’elles nous semblent directement et visiblement plus « efficaces Â».

 

Je crois que nous avons cette sensation parce-que ces disciplines reposent sur des actions musculaires et explosives assez simples et qu’elles nous donnent le sentiment d’être aussi puissants que des taureaux ou des machines.

Par contre, lorsque cela devient plus subtil, qu’il nous faut sentir certaines poussées ou certaines forces plus profondes, contradictoires ou plus intimes peut-être, cela nous demande des efforts auxquels nous ne sommes pas habitués ou qui nous dérangent parce-que cela nous demande plus de temps ou plus de maturité émotionnelle peut-être.

 

Ces disciplines présentées devant nous durant ces 24 heures reposent sur beaucoup de fondements communs. Mais leurs formes et leurs présentations sont différentes. Et c’est ce qui va nous attirer, nous barber, nous décourager ou nous repousser.

 

J’ai bien vu comment nous étions un certain nombre à être à la peine lors des interventions de Didier Beddar que ce soit en Kung Fu Wing Chun ou en Tai Chi.

Didier Beddar, le virtuose, entouré de deux de ses assistants, à la fin de la séance de Tai Chi, ce dimanche matin vers 11h aux 24 heures du Samouraï. Photo©Franck.Unimon

J’étais alors l’équivalent d’un lourdaud saccadé, bruyant et poussif qui saccageait l’espace autour de lui alors que j’essayais seulement de marcher tandis que Didier Beddar et ses assistants étaient des ballerines pleines de grâce.

Lorsque j’avais dĂ©butĂ© le judo il y a quelques annĂ©es, j’avais eu la gratification assez immĂ©diate de « rĂ©ussir Â». Le Kung Fu et le Tai Chi m’ont fait exactement l’effet inverse. MalgrĂ© leur intĂ©rĂŞt Ă©vident, ils m’ont adressĂ© un reflet de moi-mĂŞme peu valorisant.

 

J’ai aussi eu l’impression que l’enseignement de Didier Beddar fait particulièrement appel au Yin et au Yang, au féminin et au masculin, alors que dans le Penchak Silat, le Hapkimudo, le karaté ou dans le Sistema, on peut n’être « que » bourrin.

 

Ou « masculin Â». Ou « viril Â». Ou « macho Â».

 

Arrivera un moment oĂą passer en force finira pas nous limiter ou nous rigidifier mais on peut  arriver Ă  « y faire des choses Â» tout de suite et durant un certain temps. C’est efficace. Ou c’est plus saccadĂ©. Plus heurtĂ©. Plus frontal.

 

C’est un peu comme, dans la pratique de l’apnée ou de la plongée, utiliser la méthode vasalva pour descendre en profondeur. On est très volontaire. On s’impose. C’est efficace jusqu’à une certaine profondeur ainsi que pendant un certain nombre d’années. Mais c’est aussi plus traumatisant pour l’organisme même si on ne le ressent pas tout de suite.

 

Lors des 24 heures du Samouraï, j’ai croisé un pratiquant qui a été un moment mon partenaire qui m’a dit qu’étant donné son âge, la cinquantaine, le karaté Shotokan commençait à être dur pour lui. J’ai compris que la brutalité qu’il s’imposait au travers du karaté shotokan depuis des années commençait à avoir raison de lui.

 

 

Jusqu’à maintenant, je n’avais pas pensĂ© aux Arts martiaux comme une possible expĂ©rience ou rĂ©flexion sur le « genre Â» masculin et fĂ©minin, sur la façon de l’habiter de façon « masculino-viriliste Â» et/ou de façon « fĂ©mino-douce Â». Bien-sĂ»r, voir la fĂ©minitĂ© comme le versant de la douceur et la masculinitĂ© comme celui de la brutalitĂ© est un clichĂ©. Mais ce sont des repères pour dire que s’obliger Ă  faire ou Ă  passer en force parce-que l’on est un homme lorsque l’on pratique est une erreur très commune. Et, j’ai trouvĂ© que parmi les diffĂ©rents experts, Didier Beddar Ă©tait celui qui incarnait le mieux ou le plus cette synthèse du fĂ©minin et du masculin dans son expression martiale. Expression martiale que je n’ai aucune difficultĂ© Ă  percevoir comme très efficace dans des conditions de combat.

Didier Beddar et ses deux assistants, ce dimanche matin. Photo©Franck.Unimon

Quelques notes sur les sĂ©ances :

 

J’ai pris quelques notes à la volée après certaines des séances auxquelles j’ai participé lors de ces 24 heures du Samouraï. C’était une façon, pour moi, de conserver des impressions que l’on oublie souvent par la suite.

 

J’ai beaucoup aimé les interventions de Kang Jong Lee, expert en hapkimudo. Ses formulations et son humour, aussi. D’ailleurs, les experts, lors de ces 24 heures du Samouraï, ont souvent su faire concilier l’humour avec leurs démonstrations ce qui a pu contribuer à désacraliser un certain niveau d’exigence.

 

J’ai été amusé de voir Kang Jong Lee avec son pantalon tendance pattes d’éléphant. Il y a sans doute une raison à cela. Mais je n’ai pas pensé à le lui demander. Je me dis que c’est peut-être une façon de dissimuler les déplacements de ses pieds.

 

Chez Kang Jong Lee, j’ai aussi noté sa formulation :

«  Le monde a changĂ© ».

Pour dire que lors d’un affrontement, la situation évolue très vite et que ce qui aurait pu marcher quelques secondes ou quelques dixièmes de secondes auparavant est devenu obsolète. Et qu’il faut s’adapter, trouver autre chose pour parvenir à la résolution du conflit.

« Accepter Â» a aussi Ă©tĂ© employĂ© par Kang Jong Lee. Soit, au lieu de rĂ©sister ou de forcer, de se servir ou de suivre l’action de l’autre.

Kang Jong Lee enseigne à divers endroits, entre autres au gymnase le Patriarche, rue Monge mais aussi dans le 16èmearrondissement, toujours à Paris.

 

JĂ©rome Kadian, pour le systema, juste après Kang Jong Lee, m’a beaucoup fait plaisir lorsqu’il nous a parlĂ© de la respiration. Depuis  ma formation au massage bien-ĂŞtre et ma pratique amateur de l’apnĂ©e en club, je suis devenu assez sensible Ă  ce qui touche la respiration. Ceinture jaune de karatĂ© shotokan avec Jean-Pierre Vignau, donc niveau dĂ©butant, lors de certains mouvements de mes katas que je rĂ©pète, je me sens gĂŞnĂ©. Car je n’ai pas encore trouvĂ© la bonne façon, le bon moment, pour respirer, expirer ou arrĂŞter de respirer.

 

La respiration est l’acte le plus important et le plus profond que nous faisons. Pourtant son apprentissage fait partie des apprentissages les plus souvent nĂ©gligĂ©s. Peut-ĂŞtre est-ce parce qu’en plus d’être un acte, la respiration est une fonction qui nous est « donnĂ©e Â» dès la naissance et qu’elle est automatique. Donc acquise.  

J’ai aussi notĂ© avec JĂ©rome Kadian :

Expirer quand on reçoit un coup. Accepter le contact. Travailler sur les appuis. Pivot du bassin. Plier les genoux.

Benjamin, responsable de l’Ă©cole Kinshikai AĂŻkido, Belgique. Photo©Franck.Unimon

Jérome Kadian nous a aussi appris que tomber était une de nos plus grandes peurs. Et qu’il fallait donc apprendre à tomber sans se faire mal.

 

Malheureusement, je n’ai pas pu prendre de photo de Jérome Kadian, qui enseigne à Paris, rue Bleue.

 

« Vous êtes armés ? » a commencé Lionel Froidure.

 

Lionel Froidure se trouve derrière Léo Tamaki en train de souhaiter un bon anniversaire à une des participantes. Photo©Franck.Unimon

Lionel Froidure nous a expliquĂ© qu’aux Philippines, ils ne parlaient pas de techniques mais de principes. Il a insistĂ© sur la nĂ©cessitĂ© de se « bâtir une mĂ©moire Â» lorsque l’on pratique. De prendre le temps d’apprendre Ă  se servir d’une arme avant d’en dĂ©couvrir une autre. De garder le contact avec son adversaire lors du combat.

 

« La peur, ça se travaille Â».

 

L’Arnis m’est apparu très technique ou exigeant de moi des efforts certains d’apprentissage.

 

De 19h30 Ă  20h45, Didier Beddar est intervenu en expert Wing Chun.

Au centre, Didier Beddar. Photo©Franck.Unimon

« En Wing Chun, on travaille sur les rĂ©flexes Â». Didier Beddar a soulignĂ© qu’il s’agissait de travailler relâchĂ©. Il a prĂ©sentĂ© le Wing Chun comme un Art « tout en dĂ©viations Â».

 

Lorsque l’on est à distance de pied, contrôle visuel du genou de son adversaire. Lorsque l’on est à distance de poignet, contrôle visuel du coude de son adversaire.

 

Didier Beddar nous a parlé du triangle pour créer le déséquilibre chez l’autre. Il nous a aussi parlé du centre. Garder ou protéger notre centre. L’importance du contact physique permanent pour connaître le mouvement de son adversaire. Mais aussi de notre colonne vertébrale. La garder droite.

 

 

Avec l’Arnis, le Kung Fu Wing Chun m’est apparu comme l’autre discipline la plus technique à assimiler. C’étaient pour moi deux disciplines qui ne se donnent pas facilement en prime abord. Plus tard est arrivée la séance Taï Chi, le lendemain matin, avec Didier Beddar également. Et, là, j’ai parfois eu l’impression d’être dans une expérience métaphysique lorsqu’il nous a parlé de l’importance de garder ou de protéger notre centre mais aussi de la nécessité d’entraîner son adversaire vers le triangle.

Même si j’ai retenu grâce à Didier Beddar que le gros orteil est en quelque sorte l’appendice de la motricité et le petit doigt de pied, celui de la stabilité.

 

De 0h15 Ă  1h30, Ronan Datausse est intervenu comme expert en Penchak Silat. C’était assez « drĂ´le Â», de manière dĂ©calĂ©e, de nous entraĂ®ner Ă  une heure du matin Ă  rĂ©aliser des torsions cervicales en cas d’agression.

Ronan Datausse est le deuxième en partant de la droite. Le premier est Didier Lorho. Après Ronan Datausse, vers la gauche, Bertrand Jaillet, Issei Tamaki et Tanguy Le Vourch. Photo©Franck.Unimon

Ronan Datausse nous a dit que nous devions imaginer que nous Ă©tions des araignĂ©es tissant notre toile autour de notre proie, notre agresseur qui, au dĂ©part, nous avait pris « pour un agneau Â».

Ronan Datausse nous a appris qu’au départ, le Penchak Silat était un art de guerre appris par les Indonésiens qui ont des petits gabarits. Le Penchak Silat, originellement, est un art de destruction.

Ronan Datausse nous a aussi fait travailler les frappes multidirectionnelles. Cela m’a beaucoup plu.

 

Léo Tamaki, à 1h45, dans la nuit de samedi à dimanche aux 24 heures du Samouraï. Photo©Franck.Unimon

Léo Tamaki est intervenu de 1h45 à 3 heures. Je n’ai plus rien noté à partir de ce moment-là mais je vais écrire de tête.

 

Ce crĂ©neau horaire est un horaire tranchant. Peut-ĂŞtre le plus charnière. Nous entrons alors dans la deuxième partie de ces 24 heures. En plus, le Penchak Silat “de” Ronan Datausse a Ă©tĂ© dynamique et aussi “ludique”. L’ AĂŻkido, c’est une autre allure. C’est donc quitte. Ou double. Soit on s’ennuie, soit on se laisse entraĂ®ner. 

 

Léo Tamaki a été permanent et pédagogique dès le coup de gong. Chaque séance débutait par un coup de gong. J’ai même eu l’impression que Léo Tamaki avait fait retentir le gong une à deux minutes plus tôt. Ensuite, Léo a pris le train en main.

Il y avait du rythme. Des séquences d’entraînement de 2 à 4 minutes. De la martialité et de l’humour. La nuit et le sommeil ont semblé sans prise sur lui. J’ai réentendu parler de

« dissociation Â». Mais aussi :

« Recommencez, s’il vous plait Â». Ce qui fait partie de ses signatures.

Je tenais comme je pouvais le long bâton qui m’avait Ă©tĂ© prĂŞtĂ© face Ă  G, plus avancĂ© que moi en AĂŻkido lorsque LĂ©o Tamaki est passĂ© pour me montrer. Il s’agissait de laisser la gravitĂ© agir sur le bâton sans mettre de force. Je n’ai rien vu venir. Mon bâton a volĂ© hors de mes mains trois ou quatre mètres plus loin  comme si je ne l’avais pas tenu.

 

Un peu plus tard, il convenait de « couper Â» son partenaire avec le tranchant de la main au niveau de ses deux poignets qu’il tenait joints devant nous. LĂ©o Tamaki est repassĂ©. Il m’a montrĂ© sur mes poignets. Il n’a pas mis (beaucoup) de force. J’ai senti la coupe. Le temps de me relever, il Ă©tait dĂ©jĂ  Ă  nouveau parti.

 

L’intervention était variée, attractive. Même si, pour moi, l’Aïkido a fait partie des disciplines les plus délicates techniquement de ces 24 heures du Samouraï avec le Wing Chun, l’Arnis….et le Tai Chi dispensé par Didier Beddar.

 

C’était bien pensé de clôturer ces 24 heures par le Tai Chi Quan et l’Aïkido.

Sortie de Dojo :

 

A l’issue des 24 heures, 80 personnes avaient participé aux 16 séances proposées, glanant les quatre bracelets. L’année dernière, à Nantes, seules 10 personnes y étaient parvenues. Les 80 personnes ont été applaudies.

 

Quant à moi, arrivé aux 24 heures du Samouraï avec un point de contracture à la cuisse et désobéissant aux recommandations de mon kiné (« Cela revient à jeter une pièce en l’air »), j’ai participé à 11 séances ratant d’une séance le troisième bracelet que j’aurais bien aimé obtenir. Je n’avais pas l’ambition de faire toutes les séances ( 16).

“Tous les voyants sont au vert” m’a dit mon kinĂ© il y a quelques heures Ă  propos de ma cuisse. Je n’ai pas- encore- osĂ© lui dire que j’avais participĂ© ce week-end aux 24 heures du SamouraĂŻ.

Au début des 24 heures du Samouraï, j’ai cru que je n’obtiendrais même pas le bracelet vert, ce qui correspond à quatre séances. Mais, finalement, cela tend à démontrer que les soins apportés par mon kiné sont bons et qu’une pratique raisonnable des Arts martiaux est possible sans se blesser. Je me suis par exemple abstenu d’essayer de faire les déplacements toniques, presque sautés, proposés par Bertrand Jaillet en karaté shotokan. J’ai aussi laissé passer la première séance de Ju-Jitsu brésilien avec David Pierre-Louis en pensant, à tort, aux randoris.

Et, je dormais lors de sa seconde séance. Car entre 4h40 et 7h50, après une douche et une seconde séance de shiatsu (séances de shiatsu qui ont aussi très certainement aidé à la prévention de blessures supplémentaires), j’ai dormi dans mon sac de couchage sur un coin du tatami comme deux ou trois autres, la petite salle de repos étant pleine lorsque je m’y suis présenté.

A partir d’une certaine heure, la salle de repos Ă©tant pleine, on se couchait lĂ  oĂą l’on pouvait dans le dojo. J’ai un moment enviĂ© ces deux personnes qui avaient su trouver un coin. Puis, finalement, non loin de lĂ , une place sur le tatamis, Ă  cĂ´tĂ© du stand de shiatsu m’a très bien convenu pour m’endormir dans mon sac de couchage, vĂŞtu de mon tout nouveau kimono bleu. Photo©Franck.Unimon

 

 

En sortant du dojo plus de 24 heures après y être entré, j’ai été moins décalé que ce à quoi je m’attendais.

 

Depuis, je me demande ce que cela a changé ou contribué à changer en moi.

 

Même si je suis loin d’avoir assimilé tout ce que j’ai vu, vécu, entendu ou essayé de pratiquer, commençons d’abord par dire que je suis content d’avoir vécu l’expérience.

 

J’avais envisagé d’écrire sur cet événement bien plus tard. A la lecture de cet article, rédigé finalement beaucoup plus rapidement que prévu, on pourra mesurer comme les 24 heures du Samouraï m’ont inspiré.

 

Concernant la « performance Â» des 24 heures, si je n’avais pas de doute  quant au fait que trois heures de sommeil me conviendraient pour me remettre Ă  un moment donnĂ© (comme d’autres, j’ai dormi de manière immĂ©diate et compacte une fois couchĂ© sur le tatami malgrĂ© l’animation et les stimulations environnantes), je n’avais pas d’idĂ©e prĂ©cise quant Ă  ma capacitĂ© de rĂ©sistance physique et mentale Ă  la fatigue. C’était bien de pouvoir pratiquer malgrĂ© ou avec la fatigue tant mentale que physique. C’était Ă©videmment la première fois que je pratiquais autant en si peu de temps.

Je pourrais faire un trait d’humour et Ă©crire que, depuis les 24 heures du SamouraĂŻ, j’ai surtout l’impression de mieux comprendre le crĂ©ole haĂŻtien. Mais le fait est qu’après avoir pris part Ă  autant de « sĂ©ances Â» (sans combats) martiales sans me faire mal, je me dis que je pourrais quand mĂŞme prendre le temps de faire le nĂ©cessaire pour obtenir et « donner Â» Ă  Pascal, mon prof de judo, cette ceinture noire qu’il attend de moi depuis une vingtaine d’annĂ©es. La ceinture noire n’étant qu’un dĂ©but, comme il l’a rappelĂ©, et non une fin en soi.

Il me reste d’autres photos ( sur lesquelles, notamment, figurent Kang Jong Lee et David Pierre-Louis ) que j’aurais bien voulu insĂ©rer dans cet article. Mais, pour l’instant, je n’ai pas rĂ©ussi Ă  le faire malgrĂ© diverses tentatives pour des raisons techniques qui me dĂ©passent. Des histoires de codes et de tĂ©lĂ©chargement de fichier. J’ai optĂ© pour rĂ©diger cet article et le publier maintenant tel quel quitte Ă  le complĂ©ter plus tard. Car, ce jeudi, c’est Ă  dire dans quelques heures, je pars quelques jours Ă  Camaret, en Bretagne, avec mon club d’apnĂ©e, afin de continuer Ă  m’initier Ă  la chasse sous-marine. 

Il est probable que le concert de Beyoncé sera passé lorsque je parviendrai, enfin, à rajouter ces autres photos des 24 heures du Samouraï.

Avec LĂ©o Tamaki, ce dimanche 21 Mai 2023, Ă  la fin des 24 heures du SamouraĂŻ.

Franck Unimon, ce jeudi 25 mai 2023.

 

 

 

 

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self-défense/ Arts Martiaux

Avant les 24 heures du SamouraĂŻ au dojo d’Herblay ce 20 et ce 21 mai 2023

Avant les 24 heures du Samouraï au dojo d’Herblay ce 20 et 21 Mai 2023.

 

Demain, Ă  midi, dĂ©butent les 24 heures du SamouraĂŻ. Il y a environ quarante huit heures, nous avons reçu un mail de l’équipe des 24 heures du SamouraĂŻ pour nous donner quelques informations et nous faire quelques recommandations. Cela donne peut-ĂŞtre un cĂ´tĂ© secret Ă  l’évĂ©nement, unique en France. Pourtant, il n’y a rien de secret pour quiconque s’attarde un peu sur ce qu’il y a de relatif aux Arts Martiaux. L’annĂ©e dernière, les 24 heures du SamouraĂŻ s’étaient dĂ©roulĂ©es Ă  Nantes. Dans le magazine Yashima de ce mois de mars 2023, Tanguy Le Vourch’ en raconte la genèse, au sein de l’école Kishinkai AĂŻkido d’après une idĂ©e de LĂ©o Tamaki.

 

Pour cette deuxième Ă©dition des 24 heures du SamouraĂŻ qui se dĂ©rouleront dans le dojo d’Herblay oĂą enseigne Issei Tamaki, dans le Val d’Oise, seront prĂ©sents les experts suivants :

 

Didier Beddar pour le Wing Chun et le Tai Chi.

Kang Jong Lee pour le Hapkimudo.

Lionel Froidure pour le karaté et l’Eskrima.

David Pierre-Louis pour le Jiujitsu brésilien.

JĂ©rĂ´me Kadian pour le Systema.

Didier Lorho pour le Uechi-RyĂ».

Ronan Datausse pour le Penchak Silat.

Léo Tamaki pour l’Aikido.

Bertrand Jaillet pour le Shotokan.

 

Un stand de pratiquants de Shiatsu sera également présent.

 

J’ai dĂ©jĂ  croisĂ© ou rencontrĂ© deux ou trois de ces experts ( LĂ©o Tamaki (Dojo 5) , David Pierre-Louis, Didier Beddar ( Marcher jusqu’Ă  un Maitre de Kung Fu Wing Chun traditionnel ). Je vais dĂ©couvrir les autres. Le judo est la discipline que je « connais Â» le mieux. Mais je n’ai pas pratiquĂ© depuis très longtemps. Lorsque j’ai appelĂ© mon professeur, Pascal Fleury, cette semaine, celui-ci m’a Ă  nouveau « reprochĂ© Â» de ne toujours pas avoir passĂ© ma ceinture noire. Pascal m’a aussi rappelĂ© ce temps oĂą, il y a plusieurs annĂ©es, LĂ©o Tamaki venait enseigner l’AĂŻkido, rue Michel Lecomte, lĂ  oĂą j’ai passĂ© mes ceintures de judo dans les annĂ©es 90.

Je suis aussi un très jeune Ă©lève- irrĂ©gulier- de Maitre Jean-Pierre Vignau en karatĂ© Shotokan. ( Maitre Jean-Pierre Vignau Ă  la SACD, rue Ballu, Paris, ce mardi 25 avril 2023). 

Ces dernières semaines, je suis aussi devenu un pratiquant irrégulier de mon blog. Mais je ne pouvais pas laisser passer cet article la veille des 24 heures du Samouraï.

Demain matin, les inscriptions commenceront Ă  10h45. J’ai dĂ©jĂ  mon billet d’entrĂ©e. La cĂ©rĂ©monie d’ouverture aura lieu Ă  11h45. Il faudra ĂŞtre prĂŞt et en kimono. PrĂ©voir plusieurs kimonos pour des raisons d’hygiène. Je suis allĂ© en acheter un second ce matin. Bien s’hydrater durant ces 24 heures. J’ai prĂ©vu ce qu’il faut et un stand de restauration est prĂ©vu sur place. Amener son nĂ©cessaire de toilette pour se rafraĂ®chir. Mais aussi son sac de couchage et un oreiller. Une aire de repos est prĂ©vue dans le dojo.

 

Les 24 heures du Samouraï sont ouvertes à toute personne curieuse, de bonne volonté et en suffisamment bonne condition physique quelle que soit son niveau ou sa discipline de pratique.

 

Je me demande si je suis « prĂŞt Â».  Des sĂ©ances d’1h15 environ pendant 24 heures. Avec dix Ă  quinze minutes de pause entre chaque intervention.

Je n’avais pas prĂ©vu de tout « faire Â» de toute façon. Mais, cette semaine, mon kinĂ© m’a rĂ©pondu que participer Ă  cet Ă©vĂ©nement revenait pour moi Ă  « lancer une pièce en l’air Â». J’ai une contracture Ă  la cuisse. Le vĂ©lotaf, je peux, l’apnĂ©e ( hors compĂ©tition), je peux. Mais pas les Arts Martiaux ou les sports de combat qui exigent ou peuvent exiger une disponibilitĂ© soudaine et totale en termes d’engagement physique et mental.

 

J’ai encore le choix. Renoncer. Forcer. Regarder. Ou me faufiler.

 

Tout à l’heure, j’ai changé de sac. Après ma sieste, je me suis avisé que je pouvais mieux faire en matière de rangement.

J’en ai pris un autre pour disposer mes kimonos. S’économiser autant que possible. Disposer ses affaires de la façon la plus pratique. PrĂ©voir ce qu’il faut mais sans pour autant trop s’encombrer. Un vrai voyage ! Mes appareils photos, deux sacs. Je vais sans doute emmener une petite glacière rigide afin d’y mettre bouteille d’eau, thermos et un peu de nourriture. Cela ne m’empĂŞchera pas d’aller faire un tour au stand de restauration pour avaler ou manger quelque chose de chaud. Et pour discuter.

 

L’équipe des 24 heures du SamouraĂŻ nous a appris par mail qu’il Ă©tait prĂ©vu des retards sur la ligne de train de banlieue qui dessert Herblay depuis Paris. Pour une fois, en qualitĂ© de banlieusard, je suis favorisĂ© :

J’habite à Argenteuil, pas très loin. Et je viendrai avec ma voiture. J’ai repéré l’endroit il y a plus d’un mois.

 

Je m’attends Ă  ce qu’il y ait beaucoup de monde. Plus d’une centaine de personnes puisque le dojo est grand ( 750 mètres carrĂ©s ?). De Paris, de banlieue et de province.

Dans cet univers gĂ©nĂ©ralement très masculin, je me demande, sans arrière pensĂ©e particulière, dans quelle proportion il y aura des femmes. Je dirais : 20 pour cent. Et, je me hasarde Ă  croire que l’avenir des Arts martiaux serait peut-ĂŞtre davantage assurĂ© s’il y avait plus de pratiquantes et d’expertes fĂ©minines dans ces domaines. Pour aller acheter mon second kimono, ce matin, j’ai proposĂ© Ă  ma fille de venir avec moi Ă  Paris. Elle a spontanĂ©ment acceptĂ©. J’en suis très content. Pour la première fois, j’ai rompu avec la tradition en achetant un kimono bleu. 85 euros.

 

Demain, le dojo d’Herblay deviendra un couvent martial où nous essaierons de nous extraire du cratère de nos enchevêtrements. Nous chercherons le merveilleux voire un monde qui a disparu et nous tenterons de lui réattribuer un espace dans nos corps et dans nos rêves.

 

Franck Unimon, ce vendredi 19 Mai 2023.