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Transmettre une histoire

»Posted by on Oct 27, 2020 in Corona Circus, Echos Statiques | 0 comments

Transmettre une histoire

                                                    Transmettre une histoire

 

Trois conditions me semblent nécessaires afin de pouvoir transmettre nos gènes :

 

Nous avons besoin d’une autre personne qui nous donne le sourire. Soit parce qu’elle nous plait physiquement et/ou qu’elle a des valeurs qui nous attirent.

 

Cette personne nous permet de rompre notre solitude. Car nous avons ce besoin de rompre notre solitude.

 

Et, nous, nous avons un peu ou beaucoup l’ambition d’être le sauveur( qu’elle ou qu’il accepte)…ou le prédateur de cette personne.

 

Je crois que l’Humanité tient sur ce trépied. Trépied auquel il faut ajouter un quatrième pied qui consiste à vouloir transmettre une Histoire. Car l’être humain se sépare de son monde animal de par sa volonté d’écrire son histoire, de la raconter comme de s’en rappeler mais aussi de l’anticiper. Comme certains poissons qui naissent à un endroit, l’être humain peut passer sa vie à nager à contre courant pour essayer de remonter jusqu’à ses origines.

 

Jusqu’à l’Histoire de sa famille, de son clan, de sa tribu, de sa société, de sa culture, de sa langue. Mais aussi celle de ses défaites comme de ses victoires et de ses espoirs.

 

 

Sauveurs ou prédateurs, nous transmettons nos gènes et nos histoires. Sur les scènes de crimes, au sein de nos victimes ainsi que dans le relief  et le renouvellement de notre entourage intime et limitrophe.

 

Fait de chair et d’os, en se disloquant, l’être humain laisse ses histoires dans le berceau du regard et du corps des autres. Même si ces histoires s’accrochent à la roche, il est impossible de prévoir exactement ce qu’il restera de ces différentes trajectoires. Comment elles prendront leur essor et inspireront celles et ceux qui les entendent ou les découvrent. Ce que l’on sait, c’est que le pire côtoiera le meilleur dans des proportions imprévues et invraisemblables. Car il faut beaucoup d’histoires pour faire une vie.

 

Aujourd’hui, en France, nous avons de quoi prédire le pire :

 

La pandémie du Covid circule toujours et s’amplifie. Nous sommes en automne et nous nous rapprochons des jours les plus gris et les plus courts. On a presque l’impression d’entrer un peu dans l’univers de la série Game of Thrones avec son ambiance ” Winter is coming”….

Demain, mercredi, afin de résister aux marcheurs blancs du Covid, peut-être que le Président Macron va-t’il nous annoncer un nouveau reconfinement.

 

En tout cas, nous avons déjà compris, d’après les quelques communiqués du gouvernement, que la tendance est à plus de restrictions pour des raisons sanitaires. En plus du couvre-feu de 21H à 6H décidé il y a quelques jours.

 

Pour diluer cette ambiance « festive », Erdogan, le dirigeant de la Turquie, suivi du Maroc et du Pakistan, condamne la France car celle-ci défend les caricatures du journal Charlie Hebdo qui blasphème et tourne en dérision, entre-autres, le prophète et le Dieu « des » musulmans.

Quelques jours après l’assassinat de l’enseignant Samuel Paty à Conflans Ste Honorine par un terroriste islamiste, Erdogan aurait affirmé que le Président Macron doit se faire soigner mentalement. Et, à la télé, on a su nous montrer des images de Palestiniens, à Gaza, brûlant des pancartes comportant le portrait du Président Macron.

 

On peut relever que cette attitude d’Erdogan, suivi par les dirigeants du Maroc et du Pakistan, a lieu à quelques jours du résultat des élections présidentielles américaines. Soit à un moment où le très fort allié militaire américain a sûrement d’autres priorités que la Turquie d’Erdogan et cette « histoire » de caricatures de Charlie Hebdo. Même si en janvier 2015, beaucoup de personnes étaient Charlie Hebdo, y compris des Présidents du Monde entier qui s’étaient déplacés.

En France, après les attentats de Janvier 2015, des gens faisaient la queue devant les kiosques à journaux ou se battaient pour pouvoir acheter leur numéro « historique » de Charlie Hebdo d’après l’attentat du 7 janvier. Depuis, des messages de haine et de menaces de mort continuent de suivre Charlie Hebdo. Ainsi que des messages de sympathie et d’encouragements.

 

Les élections présidentielles américaines nous diront si Donald Trump, Président des Extrêmes, du déni du réchauffement climatique, du racisme et de la banalisation de la pandémie du Covid, est réelu. Ou s’il est battu par Joe Biden. Après la Présidence de Barack Obama pendant huit ans qui avait pu plaire ou déplaire, la Présidence de Donald Trump nous a jeté en pleine figure le fait que les Etats-Unis, qui sont encore la Première Puissance Mondiale, est le Pays des Extrêmes :

 

Le pire comme le meilleur s’y côtoie.

 

Avant la Présidence de Donald Trump, en Europe ou ailleurs, on pouvait peut-être encore se lover dans ce que l’on appelle le « rêve américain ». Alors que celui-ci, dès ses origines, s’est bâti sur le génocide et la destruction culturelle des millions d’Amérindiens qui y vivaient.  Ainsi que sur l’esclavage de populations africaines comme sur l’immigration européenne et asiatique (chinoise, en particulier).

 

Avec la Présidence de Donald Trump, je crois qu’il est difficile d’ignorer que les Etats-Unis sont loin d’être aussi unis que ça.

 

 En attendant, en France, d’autres attentats islamistes sont donc à « prévoir ». Et l’on peut s’en inquiéter. Même si un nouveau reconfinement aurait aussi l’avantage de protéger des attentats celles et ceux qui restent chez eux. Exception faite des femmes et des enfants battus par leurs conjoints et parents.

En attendant que le danger s’éloigne vraiment, on peut décider de se taire. De se faire discret ou de laisser des blancs lorsque l’on s’exprime.

 

Sauf que si on laisse des blancs pour parler de tout ce qui nous concerne et nous préoccupe, ces blancs finiront par être traduits par des personnes qui transmettront nos histoires comme elles les voient. Si elles les voient.  Alors que ces histoires, plus qu’une « simple » vue de l’esprit, sont notre vie.

 

Il faut beaucoup d’histoires pour faire une seule vie. Nous avons besoin de beaucoup d’histoires. Une seule histoire est une passoire.

 

Ps : cet article est la suite de Certaines idées. Lequel était la suite de Déconnecté

Franck Unimon, mardi 27 octobre 2020.  

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Certaines idées

»Posted by on Oct 23, 2020 in Corona Circus, Echos Statiques, self-défense/ Arts Martiaux | 0 comments

Certaines idées

 

                                               Certaines idées

Certaines idées nous viennent lorsque l’on n’a rien à faire. Que nous sommes seuls et que nous devons improviser. Pour le pire comme pour le meilleur. 

 

Tout dépend de notre entraînement au dé comme aux idées. De notre environnement mais aussi de notre tempérament. Certaines personnes sont très mobiles surtout verbalement. D’autres ont régulièrement besoin de bouger et de changer. Il y a celles et ceux qui considèrent que, de toute façon, ils ne valent rien, et que par conséquent, tout ce qui se présente devant eux est bon à prendre. Absolument tout.

 

Il reste  les muets et  les effacés, que l’on oublie souvent, et qui peuvent faire partie des plus enragés dès qu’ils s’accrochent à une idée.

 

On dit que ces idées sont venues comme ça mais c’est souvent faux. Les idées sont souvent là. Telles des connaissances et des silhouettes endormies plus ou moins proches que l’on décide un jour de réveiller ou d’aller voir de plus près. C’est notre côté belle au bois dormant sauf que notre vie peut très vite ressembler à un dessin abîmé.

 

 Il y a les idées dominantes et celles qui se font plus discrètes. Il y a celles qui nous obsèdent pendant une période donnée et celles que l’on délaisse ensuite complètement pour d’autres que l’on avait pu même mépriser à une époque.

 

Cependant, quelles qu’elles soient, toutes ces idées,  passent leur temps à nous étudier.  Elles n’ont que ça à faire. Se frotter contre les barreaux et le barillet de notre cerveau. Attendre le moment où nous allons appuyer sur la détente qui va les libérer et nous, nous enfermer un peu plus, ou, au contraire, nous ouvrir un peu plus la bouche d’émerveillement.

 

 

Près de l’Opéra Garnier

 

 

Ce jeudi matin, près de l’Opéra Garnier, c’est en attendant à la station de bus que j’ai décidé de me rendre au procès des attentats de Charlie Hebdo et L’Hyper Cacher, mais aussi de l’assassinat de la policière Clarissa Jean-Philippe.

 

J’avais deux bonnes heures devant moi avant une projection de presse. Et cela faisait déjà quelques jours que je pensais à  aller au tribunal de grande instance. Avant même que ne soit assassiné le professeur d’histoire géo Samuel Paty, par un terroriste islamiste. C’était le vendredi 16 octobre 2020 dernier à Conflans Ste Honorine, une ville de banlieue parisienne que je connais un peu.

 

J’étais peut-être au lycée, ou au collège, la première fois que je suis allé assister avec ma classe et un de mes professeurs à un jugement. C’était au tribunal de Nanterre. Un adulte, retardé mental, assez grand, avait été jugé pour avoir, une fois de plus, montré son intimité à une petite fille. Au tribunal, cet homme avait peur.

 

Plus tard, c’était pour voir plaider le grand frère d’un collègue au tribunal de la Cité. Je m’étais dit ensuite que j’y retournerais. Mais je ne l’avais pas fait. C’était au début des années 2000. Aujourd’hui, on dirait presque que tout allait bien ou mieux en France à cette époque. Alors qu’en ce « temps-là », on faisait aussi la tête.

 

La France divisée face à Charlie Hebdo :

 

 

Aujourd’hui, la France semble divisée en cinq voire en six face aux attentats et à l’intégrisme islamistes. Mais aussi face à Charlie Hebdo.

 

D’un côté, il y a certains « croyants » qui considèrent que le Religieux, l’idée qu’ils se font et ont du Religieux, est si sacré que blasphémer, faire des caricatures de leur Religion et de leur Dieu, c’est les violer, les insulter et les mépriser. Et que cela « justifie » la torture et la peine de mort.

 

Je me suis déja demandé si, pour certains, Charlie Hebdo est  perçu comme l’équivalent d’un journal de propagande colonialiste. Un peu comme si « La » France colonialiste, ou plutôt l’ex-grande puissance colonialiste, qui a pu dans le passé, et peut mépriser certaines fois l’Islam et les musulmans, continuait de les insulter au travers de ces dessins et de ces caricatures de Charlie Hebdo.

 

Un peu comme si la France politique et militaire actuelle s’affichait au travers des caricatures et des dessins de Charlie Hebdo. Et que l’humour de Charlie Hebdo se confondait avec le passé colonial de la France mais aussi avec sa politique étrangère.

 

Alors que, dans les faits, Charlie Hebdo est un journal indépendant, anti-impérialiste et anticolonialiste!

 

Par contre, il est vrai que Charlie Hebdo est un journal français. Et qu’à défaut de pouvoir s’en prendre directement à l’Etat français et à une armée française entraînée,  il est plus facile de toucher la France en s’en prenant à des Français sans armes. Le principe étant sans doute «  à la guerre comme à la guerre » ou « œil pour œil, dent pour dent ». La priorité étant de tuer, de faire mal et de faire peur coûte que coûte par tous les moyens.

 

Les attentats islamistes font partie de ces moyens.

 

Devant ces attentats, il y a celles et ceux qui affirment et rappellent que la France est un pays où la liberté, l’égalité, la fraternité, la laïcité  (la démocratie) et donc le droit au blasphème et aux caricatures, priment. Mais c’est peut-être un dialogue de sourds :

 

Pendant que certains parlent de liberté, égalité, fraternité, laïcité ( et démocratie), d’autres préparent des attentats et les « réalisent » dès qu’ils le peuvent.

 

La peur et le trouble idéologique mais aussi économique : Une ambiance particulière

 

Ce qui convient aux stratèges- en France et ailleurs- qui comptent bien profiter de la peur et du trouble idéologique actuel pour prendre le Pouvoir politique, idéologique et économique. Je pense au moins à la Chine qui continue de grignoter le monde économiquement pendant ce temps. Mais il y a d’autres pays, auxquels on ne pense pas forcément en ce moment, qui continuent d’évoluer. Pendant qu’en France, on continue en quelque sorte de se « niquer entre nous » (de se détruire et de s’autodétruire). Au point qu’une guerre civile poindra peut-être son vrai visage un de ces jours. Et ce visage sera encore plus moche que ce que nous avons déja connus ces dernières années.

 

Je ne le souhaite pas.

 

Et une guerre civile ne signifie pas que Toute la France serait touchée. Mais avec la pandémie du covid, la crise sociale et économique, les attentats islamistes et les embrouilles politique, on ne sait plus toujours où tourner la tête. Et, l’on peut envisager qu’un jour, un incident a priori anodin, par accumulation, fasse « guerre civile ».

 

Pensons par exemple à cette nouvelle façon, depuis environ deux mois, après le déconfinement,  aux nouvelles techniques des contrôleurs de titres de transports de la SNCF :

 

Débarquer, habillés en civils.  Comme s’ils prenaient d’assaut les passagers.

Clamer « Contrôle des titres de transport, s’il vous plait ! ».

Montrer leur brassard fluorescent (jaune ou orange) de contrôleur comme s’ils étaient policiers ou douaniers et que nous sommes avant tout des suspects ou des trafiquants avant d’être des passagers en règle.

 

Pensons aussi à toutes ces nouvelles mesures de prévention anti-Covid :

 

Le couvre-feu qui impose pour au moins quatre semaines de rester chez soi ou sur son lieu de travail de 21h à 6h sauf motif valable et justifiable. Couvre-feu qui impose aussi au moins aux restaurants et aux bars de connaître à nouveau une période de fermeture, très dure pour leur économie.

 

Le couvre-feu actuel- pour raisons sanitaires- se comprend bien-sûr. Mais….

Peut-être qu’un jour, une personne lambda, usée par tout ce climat, va très mal supporter un énième contrôle approximatif ou indélicat; une énième restriction ou remarque et que, par effet « domino », cela va « dégénérer » et déboucher sur un grave trouble de l’ordre public.

 

Savoir se situer devant un programme pédagogique particulier :

 

 

Dans ce contexte, il est peut être d’autant plus difficile de savoir où se situer par rapport aux caricatures de Charlie Hebdo. Puisque nous vivons une période troublée. Nous ne savons pas quand nous allons sortir de cette pandémie du Covid. Des attentats. La planète va mal. Economiquement, c’est très dur. Alors, le sujet de  Charlie Hebdo et ses caricatures peut aussi passer pour anecdotique et secondaire.

 

Pour celles et ceux qui croient que moins de caricatures et moins de blasphèmes suffiraient à apaiser le climat terroriste d’inspiration islamiste, on peut rappeler ceci à propos de l’assassinat de Samuel Paty :

 

Le projet de son assassin a été de le décapiter.

 

Il se raconte que le problème, c’est le blasphème et les caricatures. Mais l’assassin a tué quelqu’un, un enseignant, qu’il ne pouvait pas remplacer à son poste.

 

La compétence de Samuel Paty, ainsi que sa formation, son projet, en plus d’être une personne, c’était de transmettre un Savoir, une réflexion. Un Savoir et une réflexion qui a, entre-autres,  consisté à parler et montrer des caricatures de Charlie Hebdo.

 

Samuel Paty était une personne en plus d’être Charlie Hebdo

 

Pourtant, en quelques minutes, un  « inconnu » qui n’a sans doute jamais donné un seul cours d’histoire géo de sa vie, est venu imposer  au couteau de cuisine son projet « pédagogique ». Projet qui, lui, a consisté à décider que les compétences pédagogiques de Samuel Paty étaient condamnables et méritaient la décapitation. Un peu comme si, demain, un inconnu considérait que vous parlez mal à vos parents. Parce que vous leur faites des mauvaises blagues en leur montrant des dessins pas drôles.  Et que, de ce fait, il (cet inconnu) avait donc le droit de venir vous décapiter à la sortie de votre travail.

 

Donc, lorsque vous faites des « mauvaises » blagues, où que vous soyez, si ça se sait,  vous devez accepter que n’importe qui, en « représailles »,  peut venir vous découper.

 

C’est ça, le programme pédagogique islamiste si l’on regarde l’assassinat de Samuel Paty.

 

 

L’autre particularité de cet assassinat qui m’a marqué, concerne l’argent.

 

Samuel Paty aurait été, au moins selon son assassin, un être sacrilège qui méritait la mort. L’assassin a donc eu la conviction d’être, lui, une personne moralement irréprochable.

Une personne si moralement irréprochable qu’elle donne de l’argent à des jeunes pour qu’ils lui désignent – ou lui dénoncent- Samuel Paty. Pour «  300 euros » que ces jeunes (ils étaient cinq apparemment) se seraient partagés. Etre « pur » et se servir de l’argent pour « appâter » des jeunes?  ça fait penser à une forme de corruption de la jeunesse.

 

En plus, cette histoire d’argent rappelle aussi l’histoire de Judas qui trahit Jésus.

 

Même si on n’aime pas les caricatures de Charlie Hebdo, on a le droit de ne pas les aimer, il suffit de 300 euros pour tuer quelqu’un ?

 

Notre vie vaut 300 euros ?

 

Donc, on passe plusieurs années de notre vie- voire toute notre vie- à essayer de devenir quelqu’un ou quelque chose. Et un inconnu décide de son côté de nous apprendre que notre vie va s’arrêter pour 300 euros parce-que l’on a montré des dessins….

Et, il y a des gens qui vont répondre :

 

 « C’est comme ça ! Il fallait arrêter de provoquer ! Tu cherches, tu trouves ! » (sous-entendu : tu cherches les ennuis, tu trouves la mort. Il ne faut pas t’étonner !).

 

Cependant, il y a un troisième aspect dans l’assassinat de Samuel Paty que je refoule pour l’instant parce-que, pour le peu que j’ai lu à son sujet, je n’ai rien trouvé à ce propos. Et j’ai envie de croire que cela n’a rien à voir avec son assassinat horrible : 

Le prénom “Samuel” peut faire penser à des origines juives. Spontanément, lorsque j’entends que quelqu’un s’appelle “Samuel”, je ne me demande pas s’il est juif ou non. Je n’ai rien contre les juifs. Et je n’ai rien non plus contre les musulmans. Mais peut-être que parmi ses détracteurs, assassin inclus, il s’est trouvé quelqu’un qui, en plus de lui reprocher d’avoir montré – et parlé- des caricatures de Charlie Hebdo a pu supposer qu’il était juif ou voire le lui reprocher. 

J’espère donc que ce crime n’est pas, en plus, un crime antisémite…. 

 

 

A l’opposé, Il y a celles et ceux qui sont contents d’expliquer que le problème, en France, depuis toujours, de toute façon, vient des immigrés, des musulmans, des noirs et des arabes. Ou des juifs. Donc, tous ces attentats islamistes « arrangent » celles et ceux qui pensent que le problème, en France, « depuis toujours, de toute façon, vient des immigrés, des musulmans, des noirs et des arabes. Ou des juifs ». Et par « arabes », ils pensent : Toute personne qui vient du Moyen-Orient comme du Maghreb. Toute personne qui n’a pas le type caucasien.

 

 

Au milieu de tout ça, quelque part en France,  il y a toutes les victimes passées et actuelles des attentats et des crimes terroristes, décédées, blessées, mais aussi leur famille. Et les futures victimes.  

 

On peut rester vivant et être victime. Si l’on passe sa vie à avoir peur au moindre geste que l’on fait, au moindre bruit que l’on entend et au moindre regard que l’on suscite. Et, cette peur, on la transmettra autour de soi.

 

 Dans le bus :

 

Dans le bus qui m’a rapproché du tribunal de grande instance, j’ai fait peur à une femme qui dormait lorsque je suis venu m’asseoir à côté d’elle. Elle a peut-être eu peur tout simplement parce-que je l’ai surprise et que j’étais un inconnu.

 

Elle a peut-être eu peur parce qu’en se réveillant, son regard est tombé sur moi qui portais, comme tous les passagers, mon masque chirurgical anti-covid.

 

C’est sûrement une coïncidence. Mais il a fallu que ce soit ce matin-là en particulier, alors que je me rendais pour la première fois au procès des attentats de Charlie Hebdo, de L’hyper-cacher de Vincennes et de l’assassinat de Clarissa Jean-Philippe, que je fasse ainsi peur à une femme, dans les transports en commun.

 

Le plus « drôle », c’est que j’ai même pensé un moment que je la connaissais : 

Elle ressemblait un peu à une ancienne collègue.

 

J’ai présenté mes excuses à cette femme, sous le regard amusé d’un autre passager non loin de là, pour lui avoir fait peur. Elle m’a rapidement répondu que ce n’était pas grave et qu’il n’y avait aucun problème. Nous avons ensuite continué notre trajet côte à côte.

 

Cela m’a fait d’autant plus de bien, quelques stations plus loin, lorsqu’une maman est montée dans le bus avec sa fille dans une poussette. La petite devait avoir à peine deux ans. Souriante, elle s’est aussi très vite manifestée, criant, pleurant, embarrassant sa mère, et s’agitant un peu. Même une fois posée contre sa maman. Elle voulait peut-être se promener à quatre pattes dans le bus en mouvement. Ce qui était bien-sûr inconcevable.

 

 

Lorsque nous sommes arrivés près de l’hôpital Bichat, je suis descendu du bus. Puis, j’ai marché jusqu’au nouveau tribunal de grande instance. Ainsi que jusqu’à mes prochaines idées. Lesquelles, on le sait maintenant, me suivaient sûrement pas à pas depuis un certain temps…

 

 

A l’arrière plan, le nouveau tribunal de grande instance.

 

 

 

Franck Unimon, ce vendredi 23 octobre 2020.

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Déconnecté

»Posted by on Oct 18, 2020 in Addictions, Echos Statiques | 0 comments

Déconnecté

 

                                                 Déconnecté

Tous les jours, nous avons des désirs, des souhaits, des occasions, des circonstances. Et nous prenons de très grandes décisions. Cracher un gros mollard sur la tête d’untel. Raconter deux ou trois secrets que l’on a appris à son sujet. Aller aux toilettes. Violer la fourmi que l’on avait repérée il y a plusieurs semaines en allant faire nos courses. Eteindre ou allumer la télé. Faire une recherche sur internet. Se brosser les dents. Confectionner un gâteau. Manger des bonbons. Dépasser de dix kilomètres la vitesse autorisée sur la route. Boire. Fumer. Avoir des relations sexuelles. Trucider. Elucider. Déboucher l’évier avec de la javel ou avec du percarbonate de soude. Apprendre à lire. Sourire. Plomber une ambiance. Aller se promener. Enfanter. Se suicider. Démissionner. Voler. Sulfater. Décapiter. Etrangler. Dissoudre. Dessouder. Carboniser.

 

 

Une Histoire

 

J’ai lu ou entendu que l’animal n’a pas d’Histoire. Le genre humain, lui, a une Histoire. Et, certaines fois, une conscience. Du moins en est-il persuadé grâce à cette pensée que nous avons tous eue un jour ou l’autre :

 

«  Je sais ce que je fais ! ».

 

Au nom d’une Histoire, d’une éducation, d’une religion, d’une tradition, d’un nom, d’un parti, d’une croyance, par anticipation, par automatisme, par intérêt ou par principe, l’être humain est capable de tout. De faire les soldes. Comme de réinventer le néant. Quelle que soit l’action, une fois sa décision prise, il aura toujours raison. Ensuite…

 

Ensuite….celles et ceux qu’il croisera le conforteront ou lui feront comprendre, s’ils le peuvent, qu’il n’est pas tout seul. Qu’il fait partie d’un gigantesque puzzle qu’il avait à peine aperçu contrairement à tout ce qu’il « sait » et à tout ce qu’il « croit ».  Et que ce puzzle, comme les icebergs, les arbres et les plantes centenaires, voire millénaires, a de très profondes et de puissantes histoires et origines. Que ces histoires et ces origines nous concernent et nous relient tous. Et qu’il reste donc beaucoup  plus d’une énigme ne serait-ce qu’à entrevoir avant d’espérer la résoudre- si on en a les facultés- avant de véritablement savoir ce que l’on fait !

 

Je n’ai aucun problème particulier avec la religion comme avec  toute autre forme d’autorité. Mais ce qui m’importe, c’est ce qu’on en fait !

 

Une espèce, comme la nôtre, capable à la fois de trucider pour manger les bonbons de son voisin, ou afin de lui prendre sa console de playstation, a bien évidemment besoin de règles et de « guides ». Mais j’ai besoin de gages d’ouvertures, de pouvoir choisir celle ou celui que je décide de suivre pour une durée donnée, même si c’est  pour quelques secondes. On appelle ça le libre arbitre, je crois.  Le choix. Ou le consentement éclairé.

 

La confiance

 

Lorsque je décide de monter dans un bus ou dans un métro, c’est parce-que je fais confiance à la conductrice et au conducteur comme à la société qui l’emploie. Bien-sûr, je ne connais ni l’un ni l’autre et serais incapable de dire leur nom comme de dire à quoi ils ressemblent physiquement et où ils habitent.

Mais c’est néanmoins une des réussites accomplies par l’être humain : pouvoir obtenir certains services bien pratiques, moyennant finances ou non, en se rapprochant d’inconnus dont, spontanément, il y a plusieurs générations, il aurait mieux valu d’abord se méfier afin de s’assurer au préalable de leurs réelles intentions.

 

Si je me rends dans un hôpital, dans une administration, dans une école ou dans une association, c’est pareil. Idem pour un club de sport et pour les manifestations qu’il organise et auxquelles je décide de participer. A priori, les personnes qui y oeuvrent veulent mon bien. Et sont compétentes.

 

Bien-sûr, nous savons tous au quotidien qu’il nous arrive de connaître des déconvenues et des contrariétés. Et nous savons aussi que tout dépend de l’orientation de l’institution, de l’association – et beaucoup des personnes qui la dirigent- à laquelle nous nous en remettons.

 

 Mais le principe est qu’il nous est possible dans un certain nombre de cas de figures de vivre en «société » et de nous sentir en sécurité même lorsque nous sortons de chez nous. Ce qui est plutôt une avancée.

 

Ça, c’est une partie du puzzle. L’autre partie du puzzle est faite de dogmes et d’obéissances absolues. Lorsque l’on parle de fanatisme, religieux, politique, économique ou autre, il existe au moins deux écueils. Celles et ceux qui s’identifient à ce fanatisme, le justifient et en sont fiers car ils sont persuadés qu’ils « savent ce qu’ils font ! ». Et rien ni personne a priori ne les fera changer d’avis. Ou alors, il faut avoir la personnalité d’un Daryl Davis ( auteur de Klan-Destine relationships ) peut-être. Ce qui est hors du commun.   

 

Et puis, il y a les fanatiques potentiels qui s’ignorent et que l’on ignore. D’une part parce qu’eux mêmes ne savent pas de quoi ils sont capables dans certaines circonstances. Mais aussi parce-que le fanatisme, pour être « détecté », nécessite certaines capacités d’écoute et d’observation. Ou certains moyens humains et logistiques. Des moyens sans doute surhumains faits aussi de psychologie, de patience, d’intuition voire, quasiment, de dons de « voyance ».

 

 

La Peur

 

Faut-il avoir peur ? On choisit rarement ses peurs ou d’avoir peur. On a peur ou on n’a pas peur. On réussit à surmonter ses peurs ou non. Mais pour qu’un dogme s’impose et rende « servile », il a besoin d’instaurer la peur ne serait-ce que machinalement. Instinctivement.

Avoir peur, prendre peur, n’écouter que sa peur, vivre de sa peur et dans la peur, c’est donc, à un moment ou à un autre, se soumettre à une institution, à un ordre ou à quelqu’un même lorsque celle-ci ou celui-ci est absent, inactif ou défaillant. C’est donc perdre notre libre arbitre ou notre consentement éclairé.  C’est devenir la chose, le « membre » ou l’extension fidèle, loyal ou zélé d’une institution, d’un ordre, d’une pensée. On croit peut-être être libre et savoir exactement ce que l’on fait. On sauve sûrement sa peau- et son âme- ou on a peut-être le sentiment de les sauver. Mais, en contrepartie, c’est quelqu’un d’autre ou quelque chose d’autre supposé nous “protéger” et nous “guider” qui pense pour nous. On est comme sous hypnose. Une autohypnose consentie.

 

 

La Matrice

 

 

Et les réelles intentions de cette institution ou de cet autre qui pense pour nous nous sont inconnues. Les intentions de Google, de Facebook, d’Amazon ou D’Apple, par exemple, je ne les connais pas vraiment à part d’établir et de maintenir une sorte de monopole.

Je n’ai jamais rencontré leurs dirigeants. Je ne connais pas ces personnes. Je ne vis pas avec elles. Pourtant, tous les jours, Google, Facebook, Apple, Microsoft et Amazon ( des entreprises américaines) influent sur ma vie directement ou indirectement. Tous les jours, d’une façon ou d’une autre, je contribue à leur richesse et à leur puissance. Puisque j’ai du mal à m’en passer comme une majorité de personnes. Je suis incapable de savoir aujourd’hui si je suis encore suffisamment en  bonne santé si je décide de vivre sans ces entités. Mais je sais que passer par Google, Facebook, Microsoft, Apple ou Amazon fait désormais- et pour l’instant- partie d’une  normalité.

 

Je repense de temps à autre au film Matrix des ex-frères Wachowski, film transgenres. Les deux réalisateurs ont changé de genre pour devenir femmes. Comme pour essayer de mieux échapper à un certain conditionnement.

 

C’est pareil pour certaines décisions politiques. Il s’y trouve un certain mélange des genres. Pourtant, même si je suis hébété et distancé, je ne peux me passer de continuer d’assister à certaines démonstrations politiques.  

 

C’est encore pire lorsque je regarde un certain fanatisme religieux. Décapiter à Conflans Ste-Honorine un professeur ( Samuel Paty) qui parlait de Charlie Hebdo  à ses élèves, ça fait très peur. J’ai travaillé à Conflans Ste Honorine il y a quelques années. Je connais un peu cette ville. Une de mes Ex y a habité ou y habite encore. A Conflans Ste Honorine, j’avais aussi vu John Mc Laughlin en concert. C’était une toute autre ambiance que cette décapitation et cet attentat. Le soir de ce concert de John Mc Laughlin à Conflans Ste-Honorine, comme tous les autres spectateurs après le concert, j’étais reparti avec ma tête. Et j’espère l’avoir encore bien avec moi alors que j’écris cet article. 

 

 

Harry Potter

 

J’ai appris la nouvelle par une collègue vendredi soir (avant hier) au travail. Elle s’inquiétait du fait que les jeunes hospitalisés dans notre service soient effrayés par la nouvelle. Nous avons « rassuré » cette collègue :

 

Les jeunes n’en n’avaient pas entendu parler. Ils étaient plutôt concentrés sur le fait de  revoir un dvd de Harry Potter, un film où l’on parle aussi de fanatisme. Mais où des enfants, puis des adolescents, les héros, en murissant, en se rappelant certains souvenirs, en remportant certaines épreuves, en souffrant aussi, et en s’entraidant, parviennent finalement à tuer le Mal absolu incarné par un adulte : « celui que l’on ne nomme pas ».

 

Plusieurs fois, déjà, j’ai exprimé mon étonnement devant le rôle des adultes dans Harry Potter :

Ces mômes sont confiés, par leurs parents, à une école hautement réputée sans doute privée – et secrète- de sorcellerie. Or,  bien que ces mômes soient sous la surveillance et la protection d’adultes formés et puissants, ils sont régulièrement exposés au danger et à la mort. Je trouve donc les parents de ces mômes soit très crédules soit irresponsables et suicidaires. A la limite du signalement. Quant aux professeurs, aussi charismatiques soient-ils, plus d’une fois, selon moi, ils devraient au minimum passer devant une commission de discipline pour manquement à leurs devoirs de protection.

 

Mais, chaque fois que j’ai abordé ce sujet, on m’a écouté avec indulgence. Comme si le principal était ailleurs. Comme si on en savait beaucoup plus que moi.  Harry Potter me laisse donc perplexe au moins pour cette raison. Même si je peux avoir plaisir à regarder certains épisodes. Le Prisonnier d’Azkaban- réalisé (en 2004) par Alfonso Cuaron plusieurs années avant Gravity– est pour l’instant mon préféré parmi ceux que j’ai pu voir. Je me rappelle avoir vu le premier volet à sa sortie au cinéma, Harry Potter à l’école des sorciers, en 2001. Si j’avais plutôt bien aimé regarder le film, à aucun moment, je n’avais envisagé qu’il y aurait d’autres films après celui-là et qu’ils deviendraient- comme l’œuvre littéraire originelle- le phénomène mondial qu’ils sont devenus. Encore aujourd’hui, j’ai du mal à retenir le nom de l’auteure de Harry Potter alors que je la sais mondialement connue.

 

Lors des « attentats du bataclan » et du « Stade de France » en novembre 2015, j’étais également au travail. Et, là encore, les jeunes hospitalisés dans le service ce soir-là avaient baigné dans le «fantastique » mais d’une autre façon :

Nous avions écouté un conte avec eux, en avions discuté, avant qu’ils n’aillent tranquillement se coucher. Puis, tandis qu’ils dormaient, mes deux collègues et moi avions appris les « nouvelles ».

 

 

 

La violence, notre addiction favorite

 

 

Que l’on parle de Harry Potter ou de contes (je propose des contes du monde entier : Sénégal, Mali, Tunisie, Tahiti, Nouvelle Orléans, Brésil, Japon, Bretagne….). Ou que l’on parle de pandémie du Covid-19; du couvre-feu décidé récemment par le gouvernement Macron-Castex pour répondre à la reprise de la pandémie du Covid; de la montée des eaux -qui semble s’inspirer de la montée des extrémismes religieux, politiques et économiques- du réchauffement climatique ; de la pollution atmosphérique ; des élections présidentielles américaines Trump-Biden ; de l’emprise croissante des réseaux sociaux et des GAFAM ; des crimes racistes ; des guerres en série ou d’autres tragédies, j’ai l’impression que nous sommes beaucoup de grands enfants qui assistons à un spectacle très violent qui nous dépasse. Spectacle qui explose devant nos yeux en emportant parfois nos bras ou l’une de nos connaissances.

Parce que la violence, sous toutes ses formes, est devenue notre addiction favorite.

 

 

Les Adultes face à leur enfance

 

 

Je ne sais pas où sont les adultes. Ce qu’ils font et ce qu’ils attendent pour remettre de l’ordre et de l’autorité dans tout ça. Peut-être parce-que c’est encore trop tôt. Peut-être parce-que, comme n’importe quel gamin, je reste déconnecté du lourd travail que réalisent quantité d’adultes. Et que ce travail, s’il se fait devant moi-  voire, même si j’y prends aussi ma part – avec d’autres dans un champ invisible, tous les jours,  est abstrait. Lent. Et cela me donne peut-être l’impression de servir à rien.  

Peut-être, aussi, que certaines personnes ignorent encore à quel point elles sont et peuvent être adultes en certaines circonstances. Face au danger et à la mort. 

Beaucoup d’adultes restent des enfants qui, lorsqu’ils ont peur, se cachent sous une couverture. Cependant, la peur peut pousser vers deux extrêmes : la paralysie ou l’attaque.

Donc, tout commence souvent par la façon dont on traite l’enfance. Que ce soit la nôtre, celle de notre descendance mais aussi celle des autres. Ainsi que par la façon dont, en tant qu’adultes, on se comporte et on s’exprime devant cette enfance et par rapport à elle. Par la façon dont on lui apprend à regarder la vie, le monde et les autres. C’est toujours la même Histoire qui se répète et que l’être humain semble avoir beaucoup de mal à retenir, à connaître et à comprendre, si pressé de grandir et d’exposer ses certitudes pour se faire admirer qu’il reste petit. 

 

 

Franck Unimon, ce dimanche 18 octobre 2020.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Rouge-un film de Farid Bentoumi

»Posted by on Oct 16, 2020 in Cinéma | 0 comments

Rouge-un film de Farid Bentoumi

Rouge est sorti en salles ce 11 aout 2021. Voici ci-dessous, ce que j’écrivais à son propos le 16 octobre 2020 ).  

 

Croire à la perfection, c’est vouloir opérer et boucler le Temps. Telle la gendarme de son Histoire, Nour (l’actrice Zita Hanrot) obéit à un devoir de perfection. Infirmière, elle voudrait agir sur le Temps et l’opérer. Mais le Temps se porte très bien. Il n’est pas malade. D’ailleurs, c’est lui qui nous brancarde. Le service d’urgences où Nour ( « Lumière » en Arabe) se déballe au début de Rouge ressemble à un dédale où l’on s’éloigne du jour. Plus qu’à un endroit où l’on soigne.

 

« Quel que soit ce à quoi une personne pense et réfléchit fréquemment, cela devient la tendance naturelle de son esprit » (extrait d’un des passages de la littérature pali cité par le Dr Judson Brewer dans son livre Le Craving).

 

 

A part pour reconstituer – plus tard- les faits au cours desquels la patiente qu’elle brancardait a perdu la vie, Nour ne parle pas de ses pensées. Mais peut-être essaie-t’elle d’y verbaliser le Temps. Cependant, elle a quitté l’hôpital et les urgences pour un poste d’infirmière dans l’entreprise où son père Slimane ( l’acteur Sami Bouajila) travaille depuis 29 ans.

 

Nour connaît cette entreprise depuis son enfance. Son beau-frère (l’acteur Henri-Noël Tabary que l’on pourra aussi voir dans ADN de Maïwenn qui sort ce 28 octobre 2020) y tient un poste de cadre proche du grand patron ( l’acteur Olivier Gourmet).

 

Cette entreprise est celle des retrouvailles en même temps que celle qui accueille les évolutions sociales de la famille de Nour. Seule manque la mère, décédée quelques années plus tôt, à laquelle il est un peu fait allusion.

 

Nour ( Zita Hanrot) face à son père Slimane ( Sami Bouajila)

Lorsqu’elle revient dans la région et dans l’entreprise, la petite Nour a bien grandi. Slimane, son père, aussi. Au sein de l’entreprise, Slimane est devenu un meneur et un représentant syndical. Cela nous change de l’imagerie de l’immigré ou du Français d’origine immigrée soumis et incapable de s’exprimer. Ou obligé de faire rire pour s’intégrer.

 

Mais la joie de cette famille à nouveau réunie est si évidente que l’on devine qu’elle va sauter.

 

«  Si nous avons un biais subjectif, si nous voyons le monde tel que nous voudrions qu’il soit, ces simulations ne fonctionnent pas si bien. Elles s’efforcent de parvenir à la « bonne solution » ou du moins à celles qui coïncident avec notre vision du Monde » nous explique encore le Dr Judson Brewer toujours dans son ouvrage Le Craving. Livre dans lequel il prône beaucoup la pratique de la méditation et de la pleine conscience.

 

Dans la famille de Nour, comme ailleurs, on est assez peu porté sur la méditation et la pleine conscience. A la rigueur, on veut bien prendre un thé ou un café et discuter ou se disputer. Mais on est plutôt doté pour l’action. Et l’on est aussi assez idéaliste. Le film Rouge, c’est au moins la rencontre de trois idéalistes :

 

Le syndicaliste (Sami Bouajila) ; L’infirmière, sa fille ( Zita Hanrot) ; La journaliste (Céline Sallette).

 

La journaliste indépendante ( Céline Sallette)

 

Chacun de ces trois idéalistes- comme tout idéaliste- essaie de se persuader de son indépendance et de sa lucidité et s’accroche à son biais subjectif. Mais les « autres » antagonistes, aussi. La sœur de Nour, son mari (Henri-Noël Tabary) et le patron (Olivier Gourmet) ont le cœur plus matérialiste ou plus cynique. Et le père de l’enfant de la journaliste (Céline Salette)  est de son côté plus porté sur l’activisme.

 

 

Rouge raconte au moins que certaines fonctions et certaines institutions vigilantes et vitales ont perdu de leur aura ou n’ont pas la considération qu’elles devraient avoir en matière de santé publique dans notre société. On en a malheureusement une illustration récente plus que concrète avec la pandémie du covid-19 : les diverses manifestations des soignants depuis une trentaine d’années en France pour protester contre la dégradation de leurs conditions de travail faisaient déja état d’une pénurie de moyens et de personnels. Mais priorité a été donnée à la rentabilité….

 

Je ne suis pas sûr que l’acteur Sami Bouajila ait beaucoup joué des rôles de père face à une femme certes jeune mais d’âge mûr. Mais ses face à face avec Zita Hanrot font des étincelles. Etonnamment, cela se reproduit moins entre l’actrice Céline Sallette et lui. L’acteur Olivier Gourmet, quant à lui, mate son jeu avec sa précision de montre suisse habituelle. Sans rien montrer de nouveau mais avec tout ce qu’il faut.

L’acteur Olivier Gourmet.

 

Le film a quelques ratés. Mais son sujet est ambitieux et a de quoi ouvrir les yeux.

 

Rouge sortira au cinéma le 25 novembre 2020.

 

Franck Unimon, ce vendredi 16 octobre 2020. 

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Hate This Pain un titre de Tricky

»Posted by on Oct 6, 2020 in Musique | 0 comments

Hate This Pain un titre de Tricky

 

                                         Hate This Pain un titre de Tricky

 

 

 

Certaines personnes diront mon cœur. Mais ça ne serait pas plutôt un train ou un ascenseur ?

Une voix, c’est du sable. Tout à coup, il se met à pleuvoir.  Et l’on est face à soi. Et l’on tient à tout ce que l’on voit même si c’est un embrun.

 

Une âme ne court pas les trains. Elle est faite avec le grain de milliards de souvenirs. Aucune vie ne peut tous les retenir. Le sable est partout. Physique du deuil, il est cette douleur et cette bouche que l’on touche. Que l’on écoute.

 

Tricky a perdu sa fille. Il en parle dans son album Fall To Pieces. Quand je l’ai appris, je me suis dit que je ne voulais pas entendre ça. Que j’aurais l’impression d’être un voyeur.

Puis, je me suis fait offrir cet album pour mon anniversaire par une femme que je connais. Les titres sont assez courts.

L’album couvre 29 minutes. Tricky  y « chante » à peine. Il laisse deux femmes chanter la plupart de ses textes :

Marta Zlakowska et Oh Land.

 

Tricky a toujours cette voix de celui qui tente de muer et de se déterrer son corps. Je l’ai aperçu une seule fois sur scène. Au 104. J’avais été étonné de voir à quel point  il cherchait à passer incognito. Alors qu’il était seul sur scène. Et, nous, nous étions nombreux à être venus pour lui.

 

La musique de son album Fall to Pieces est incroyablement douce. A la limite du supportable. Sans doute que la colère ne lui sert plus à rien. Alors, on crie pour lui.

 

 

Franck Unimon, ce lundi 5 octobre 2020.

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