Argenteuil

Cette nuit : enterrement du mois de mars 2020 en beauté

»Posted by on Mar 31, 2020 in Argenteuil, Corona Circus, Voyage | 0 comments

Cette nuit : enterrement du mois de mars 2020 en beauté

 

                                                  Cette nuit

Cette nuit, j’ai dû prendre ma voiture pour aller au travail. Je me suis un peu trop relâché hier soir quant aux horaires et j’ai raté le train. Le suivant arrivait une heure plus tard. Impossible de l’attendre pour être à l’heure au travail.

 

C’était une Première pour moi que de devoir prendre ma voiture pour aller au travail sur Paris.

Ce matin, je suis un peu fatigué. Mais ça n’est pas encore mon heure d’aller me coucher. 

En rentrant tout à l’heure, j’avais prévu de « publier » quelques photos de Tags ou de graffitis pris en photo ces dernières semaines et ces derniers mois jusqu’à ce matin en me rendant au travail ou en revenant. Et puis, finalement, pourquoi se limiter ? Cela fait des années que je n’aime pas le mois de mars. Je le trouve trop long. Je n’aime pas cette période. Je vais enterrer ce mois de mars-ci en beauté. Ce sera un peu mon ” We’re gonna chase those crazy baldhead out of town” ( Titre ” Crazy Baldhead” de Bob Marley). En créole guadeloupéen, on dirait :

” Nou Kay Krazé Sa !”. ” Fouté Sa An Bwa !”. 

 

Voici donc quelques photos prises entre le mois de Janvier de cette année et ce matin en allant au travail ou en en revenant ou ailleurs ( avant le 16 mars 2020) .

Ce ne sont pas des photos du périphérique. Ce sont des photos choisies en écoutant l’album Live de 1991 de Manu Dibango et le titre Crazy Baldhead de Bob Marley en studio ainsi qu’en concert.

Si certaines de ces photos reviennent plusieurs fois, c’est parce-que je n’ai pas voulu choisir entre l’une ou l’autre. On revient bien plusieurs fois aux endroits que l’on aime bien.

 

Merci aux artistes ! Merci aux personnes présentes.

Photos prises à Argenteuil, dans la région d’Angers et à Paris.

Franck Unimon, ce mardi 31 mars 2020.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au conservatoire d’Argenteuil.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette galette s’appelle la ” Peggy”.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le danseur Dany ( ou Dani).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Les Cinglés du cinéma à Argenteuil

»Posted by on Jan 25, 2020 in Argenteuil, Cinéma | 0 comments

Les Cinglés du cinéma à Argenteuil

A Argenteuil, dans certains endroits, on entend et on voit régulièrement une voiture de police. C’est ma fille qui me l’a fait remarquer tout à l’heure. ça me rappelle un ami parti vivre depuis à Pondichéry qui, lorsqu’il habitait encore Sarcelles ( dans une cité HLM), m’avait dit un jour :

“A Sarcelles, on entend tous les jours la sirène d’une voiture de police !”. 

 On pourrait très facilement comptabiliser au  millimètre et à la microseconde près toutes ces incivilités et ces nuisances qui gênent ou inquiètent. Jouir du désastre que l’on observe en permanence au microscope a ses avantages :

Cela donne un très fort sentiment d’invincibilité et de supériorité. On se sent très au dessus du lot. Si tout était parfait, on se sentirait désoeuvré et inutile. Et on déprimerait rapidement. Alors que là, on a plusieurs combats à mener afin de sauver et critiquer tout le monde qui nous entoure. Même si celui-ci, bien-sûr, ne nous mérite pas.  

Mais laissons à d’autres ce genre de pensée. Pendant que la police et d’autres services ( au moins sociaux et sanitaires) opèrent dans la ville d’Argenteuil (et d’ailleurs) celle-ci reste à vivre. Prenons le temps de faire une pause. Ce week-end,  la foire internationale Les Cinglés du cinéma se déroule à nouveau à Argenteuil. Le cinéma japonais est le thème de cette 32 ème édition. Nous y avons passé trop peu de temps pour détailler l’événement. Mais assez pour prendre quelques photos. L’ambiance y était détendue et on n’y a entendu aucun bruit de sirène de police. Bientôt, aura à nouveau lieu au même endroit, toujours à Argenteuil, dans la salle des fêtes Jean Vilar, Le Salon du livre et des lecteurs. Pour y être également déja allé plusieurs fois, je crois que là aussi, on n’y entendra pas de sirène de voiture de police. Sauf si c’est prévu dans l’animation de l’événement.

 

Franck Unimon, ce samedi  25 janvier 2020. 

 

 

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Jours de grève

»Posted by on Déc 29, 2019 in Argenteuil, Echos Statiques | 0 comments

Jours de grève

 

                                                          Jours de grève

 

 

Le mouvement des gilets jaunes a débuté il y a un peu plus d’un an maintenant( Crédibilité).  

J’ai lu quelque part qu’il y aurait 8000 manifestations par an en France et que les faire “encadrer” par les forces de l’ordre coûterait 150 millions d’euros à l’Etat. Ce soir, je ne trouve pas mes “sources”. 

Depuis ce 5 décembre 2019, la grève des transports en commun en région parisienne a débuté. Là, je n’ai pas besoin de sources. Comme beaucoup, je m’adapte à cette grève des transports en commun. Je m’estime néanmoins moins pénalisé que d’autres par cette grève- dure- des transports en commun :

Je peux me rendre à mon travail à vélo en une quarantaine de minutes. Je peux me doucher à mon travail. Et un certain nombre de trains passe encore par Argenteuil à certaines heures de la journée. Argenteuil reste mieux desservie que bien d’autres villes  de banlieue et mieux aussi que certains coins de Paris.

Depuis le début de la grève des transports, seules les lignes de métro 1 et 14, les deux seules lignes entièrement automatisées, ont vraisemblablement continué d’acheminer des passagers comme si de rien n’était. La ligne 7 du métro a pu être active au bout de quelques jours. Et j’ai entendu parler de la ligne 5, peut-être, à certains endroits. Autrement, toutes les autres lignes de métro sont actuellement “mortes”. 

Certains bus sont présents. Et souvent bondés. Dans certaines rues de Paris, par moments, on peut ressentir une petite sensation de hâte, parmi tous ces piétons en surplus. C’est ce que j’ai ressenti avant les fêtes de Noël à la marche en me dirigeant vers la place Clichy depuis la gare St Lazare.

 

Pour moi, la raison de cette grève prolongée des transports en commun parisiens est destinée à protester contre la réforme des retraites. Le 5 décembre, les personnels des écoles et des hôpitaux publics faisaient également grève. 

 

Je crois que la longévité de cette grève des transports va changer l’état d’esprit de quelques personnes : par exemple, dans mon service, plusieurs de mes collègues viennent désormais à vélo au lieu de prendre les transports en commun. Un de mes collègues m’a appris qu’il pouvait être très difficile de trouver un vélib. Il regrettait d’avoir choisi l’option d’avoir pris un abonnement aux vélib en prévision de la grève. Il estimait qu’il aurait mieux fait de s’acheter un vélo.

J’ai appris par une collègue que les gens faisaient la queue pour faire réparer leur vélo à Décathlon. Cette collègue n’a pas eu de chance : deux crevaisons en deux jours. Elle avait reçu son vélo neuf trois semaines plus tôt. La première fois, à Décathlon, sa crevaison avait été réparée assez rapidement. La seconde fois, elle avait dû attendre 3h30. ” C’est 30 minutes par vélo” selon les propos d’un des employés de l’enseigne. Cette grève des transports doit rendre heureux les vendeurs de vélos et de trottinettes .

 

Avant cette grève, je n’avais jamais fait le trajet à pied jusqu’au travail depuis la gare St Lazare. Pourtant, j’aime marcher. Mais la “facilité” des transports en commun et leur caractère pratique m’ont souvent rattrapé. Même si j’essaie de plus en plus de rompre avec cet espace d’enfermement que peuvent être le métro, les couloirs du métro ainsi que les contrôles de ” titre de transport” et leurs auxiliaires  disséminés  : les portes de “validation”. 

Il est vrai que j’habite à une distance “raisonnable” de mon lieu de travail. A environ 14 kilomètres. Si j’habitais à Melun ou à Cergy, je m’abstiendrais d’essayer de venir au travail à vélo ou à pied. 

 

En me rendant au travail à pied depuis la gare St-Lazare, lorsque j’ai pris le train à Argenteuil, j’ai parfois eu l’impression que certaines personnes à vélo se sentaient particulièrement privilégiées par rapport à nous, les piétons. Je me suis dit qu’il suffisait de peu pour se sentir avantagé et aussi de très peu pour crever. Ce qui m’est arrivé d’ailleurs quelques jours plus tard en rentrant du travail. J’ai fini mon parcours en marchant à côté de mon vélo pendant deux kilomètres. Il faisait assez frais. Quelques cyclistes, dont une espèce de club ou d’association de cyclistes, m’a dépassé sans s’arrêter. Je ne leur en ai même pas voulu.

J’avais tout ce qu’il fallait dans mon sac pour réparer. Mais je suis assez peu manuel. Je me suis dit que le temps de trouver l’endroit de la crevaison et étant donné ma lenteur, j’avais plus de chances d’attraper une pneumonie.

Bon, j’ai quand même fait le nécessaire pour prendre le temps de réparer ma crevaison deux ou trois jours plus tard. J’ai même fait beaucoup mieux que ça :

Après avoir réparé ma crevaison,  j’ai gonflé ma chambre à air. Mais je n’étais pas satisfait. Je l’ai gonflée davantage. Mais quelque chose me gênait. Je trouvais que le pneu ne restait pas assez gonflé. Donc j’ai gonflé encore un peu. La chambre à air a éclaté. Je ne crois pas l’avoir (trop) gonflée. Je crois que cette chambre à air avait fait son temps. Heureusement, j’avais une chambre à air toute neuve de rechange avec moi. Et quand je l’ai gonflée, elle,  son comportement m’a satisfait. 

 

Le 10 et le 11 décembre, j’ai pris les transports en commun pour aller à Paris. Nous sommes le 29 décembre mais mes photos ” dans” les transports en commun datent du 10 et du 11 décembre. Je n’en n’ai pas pris d’autres depuis : je me suis peut-être déja un peu “habitué” à cette grève des transports.

Le 10 décembre, je suis allé à Paris pour voir en projection de presse, le premier long métrage d’Abdel Raouf Dafri: Qu’un sang impur…  . Je suis allé le voir avec une amie dont c’est l’anniversaire demain si je me souviens bien.

Cela aurait sûrement été “mieux” d’avoir des photos plus récentes de cette grève des transports en commun mais je me dis que c’est déja “bien” d’en avoir quelques unes pour cet article. Avant que l’année 2020 nous entraîne sur ses rails. Ce sont peut-être quelques uns des derniers clichés que j’ai pris avec mon Canon G9X Mark II que je crois avoir perdu car je ne le retrouve pas.  

Franck Unimon

A la gare St Lazare, ce 10 décembre 2019.

 

En chemin vers la projection de presse de ” Qu’un sang impur” d’Abdel Raouf Dafri. Comme on peut le voir, la grille de la station de métro Miromesnil est baissée.

 

Au milieu de l’embouteillage, des personnes qui ont sans doute pris le parti de se déplacer à vélo.

 

 

 

 

 

Après la projection de presse de ” Qu’un sang impur”, sur les Champs Elysées, vers 18h/18h30 ce mardi 10 décembre 2019.

 

Ce mardi 10 décembre 2019 sur les Champs après la projection de ” Qu’un sang impur”.

 

 

Aux Halles ce mercredi 11 décembre 2019, c’est plutôt rare, en pleine journée de voir cette station aussi “vide”. Même si j’ai un peu triché pour éviter de prendre quelqu’un en photo, il y a toujours du monde à cette station en pleine journée.

 

Les Halles, ce 11 décembre 2019.

 

Aux Halles, ce 11 décembre 2019.

 

Station Les Halles, le 11 décembre 2019.

 

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A l’école de ma fille

»Posted by on Sep 13, 2019 in Argenteuil, Echos Statiques | 0 comments

A l’école de ma fille

 

A l’école de ma fille

 

 

A l’école de ma fille, il y a eu cette réunion tout à l’heure. La première de l’année, deux semaines après la rentrée à l’école primaire. Nous étions environ une centaine de parents. Un papa pour quinze mamans en moyenne. L’équipe enseignante était exclusivement féminine.

 

Je continue de m’étonner devant cette importante “migration” des enfants entre la petite section de maternelle et la fin de l’école maternelle :

Un bon nombre des enfants qui était dans la classe maternelle de ma fille a disparu de cette école publique. Un certain nombre est parvenu à se faire “recruter” par l’école privée du coin placée à dix minutes à pied de là. D’autres enfants sont partis continuer leur scolarité ailleurs, dans le public ou dans une autre ville de banlieue ou de province. La meilleure copine de ma fille est par exemple partie cet été pour Nantes avec ses parents.

 

Au Cp, ma fille est dans une classe de 27 enfants. Ils étaient 29 à son entrée en petite section de maternelle. En maternelle cette année, une classe supplémentaire a été crééé in extremis et à l’école primaire la fermeture d’une classe a finalement pu être évitée.

 

Invitée en cela par la directrice de l’école, une enseignante a pris la parole devant nous. Elle était à l’aise pour s’exprimer en public, se mettant devant l’assemblée, assise, de ses autres collègues enseignantes, directrice incluse, pour parler devant nous. En quelques minutes, elle nous a expliqué que la “spécificité” de cette école, c’était sa classe à destination des enfants non-francophones. En maternelle, dès la petite section,  j’avais déja remarqué un petit, sans doute ukrainien, qui ne parlait pas Français à son entrée en maternelle. Je me rappelle de la directrice de l’école maternelle d’alors ( nous en sommes à la quatrième nouvelle directrice pour cette même école maternelle) disant à la mère de cet enfant :

“Ce n’est pas un problème. On lui apprendra à parler le Français”.

L’année dernière, ce garçon était dans la classe de ma fille. Il nous était arrivé de retour de l’école de faire un peu de chemin avec lui et sa mère. Je la croisais assez souvent et nous nous saluions.  Cette année, je ne vois plus ce petit.

 

Devant nous, l’enseignante a expliqué que cela était “une grande richesse” que d’avoir des enfants qui ne parlaient pas Français. Pour les autres enfants.

En accord avec elle, des parents de ces enfants non-francophones étaient venus à l’école, donnant par exemple un cours de cuisine à la classe en Arabe. Ou s’exprimant en Moldave ou en Ukrainien. En outre, cela valorisait l’enfant qui voyait sa mère ou son père “faire classe” à l’école.

 

Une mère, peut-être originaire du Pakistan ou du Bangladesh, a ensuite demandé comment on pouvait prendre rendez-vous avec le médecin scolaire. Elle a parlé d’un enfant souffrant d’autisme et de la charge que cela pouvait représenter pour la maitresse. La directrice a expliqué qu’il y’avait une obligation légale de recevoir tout enfant à l’école quel que soit son handicap. Et qu’il convenait de faire une demande à la MDPH, souvent traduite par ” la maison du handicap”,  afin d’obtenir une AVS ( aide à la vie scolaire).

 

La directrice de l’école a présenté l’équipe pédagogique. Une des enseignantes nous a expliqué que des enseignants assuraient l’étude et étaient donc en mesure d’aider les enfants à faire leurs devoirs.

 

La directrice de l’école nous a informé qu’il n’y avait plus de secrétaire. Et qu’elle-même fait classe les jeudis et vendredis. De ce fait, il est plus difficile d’ouvrir la porte aux retardataires. Il convient de prévenir les maitresses au préalable lorsqu’un enfant se rend ou revient d’une consultation chez l’orthophoniste et de faire en sorte, autant que possible, que celui-ci parte à sa consultation ou en revienne plutôt lors de la récréation. Elle a rappelé les heures d’ouverture et de fermeture de l’école. 8h30/11h30. 13h30/16h30. (Pas d’école les mercredis et les samedis du moins au Cp )

 

La directrice a poursuivi en disant que laisser un message téléphonique en cas de problème, c’est “bien” mais qu’il vaut mieux, aussi, laisser un mot dans le cahier prévu à cet effet et que chaque enfant a à sa disposition.

Elle a continué en informant que si un enfant a une maladie contagieuse, qu’il faut éviter de l’emmener à l’école.

La directrice a aussi expliqué comment voter lors des élections des parents d’élèves : il faut voter pour une liste et non pour une personne. Si l’on vote pour une seule personne, le vote est annulé.

 

Une mère qui fait partie de l’association des parents d’élèves a présenté un peu la FCPE. Elle a enjoint les parents présents à venir à la prochaine réunion prévue la semaine suivante ainsi qu’aux prochaines réunions. Elle a insisté quant au fait que l’on pouvait venir quand on voulait et quand on le pouvait.

 

Ces diverses interventions se sont faites dans un contexte posé. Les mots employés étaient plutôt simples et pédagogiques. Le débit utilisé, plutôt tranquille. Mais je suis assez à l’aise avec la langue française qui est ma première langue. Et la situation ( être dans une réunion parmi plein de gens que l’on ne connait pas alors que l’on sait que cet endroit peut être déterminant pour l’avenir de son enfant et aussi pour soi)  ne m’a pas stressé. Je me suis néanmoins un peu demandé si des efforts particuliers de compréhension avaient pu être nécessaires pour certains des parents présents.

 

Ensuite, nous sommes sortis. Dans la cour de l’école, chaque parent a rejoint la maitresse de son enfant. Et, c’est avec la maitresse que nous nous sommes retrouvés dans la classe de nos enfants, assis à leur place. Certains parents étaient avec leur enfant. D’autres, non.

 

La maitresse de notre fille a expliqué comment ça se passait en classe. Elle  a expliqué le programme de l’année. Elle s’est montrée simple et disponible. Un petit garçon de sa classe, présent avec son papa, intervenait régulièrement pour poser une question ou faire une remarque.

La maitresse nous a demandé si nous avions des questions. Il y en a eu quelques unes. Puis, la maitresse a tenu à aborder certains sujets :

Eviter autant que possible les écrans pour les enfants. Pas plus de vingt minutes par jour deux ou trois fois par semaine. Que ce soit écran de téléphone portable, écran d’ordinateur, console de jeux, télévision. Elle a évoqué des études qui révélaient que la trop grande fréquentation des écrans empêchait les enfants d’apprendre à se concentrer mais aussi à accepter la frustration. Elle nous a invité à, plutôt, proposer à nos enfants de s’amuser avec leurs jouets, de préparer avec nous des repas, ce qui leur permettrait d’apprendre beaucoup. J’ai suggéré le dessin. Elle a acquiescé. Elle a aussi dit que l’on pouvait laisser les enfants “s’ennuyer”. Il n’y a pas eu de protestation de la part des parents présents.

 

Donner à manger aux enfants avant qu’ils viennent à l’école. Autrement, en classe, “ils dorment…” a-t’elle expliqué. Et pour les enfants qui disent qu’ils n’ont pas faim, voir ce qu’ils aiment manger. Et pas des bonbons.

 

Signer le cahier de devoirs mais pas uniquement le signer. S’assurer que les devoirs ont bien été faits. Faire faire les devoirs ” sans conflit”. Pas plus de vingt minutes en semaine. Voire trente minutes pendant le week-end.

 

Rappeler aux enfants d’aller faire pipi au moment de la récréation ou avant d’aller à l’école. Un certain nombre d’enfants manifeste son envie de pipi pendant la classe. Or, les toilettes sont loin et elle ne peut pas laisser un enfant se rendre seul dans les toilettes. Alors, quand cela est indispensable, elle demande à un autre enfant de l’accompagner, souvent un CE1 pour un enfant de sa classe de CP. Et lorsqu’il y a des accidents, elle a des vêtements de rechange qu’elle nous demande de bien vouloir laver et de lui restituer ensuite.

 

Les enfants doivent plutôt être couchés à 21h au plus tard car ils sont ” en pleine croissance”. Maintenant, si l’on rentre tard du travail, on fait comme on peut.

 

Ces quelques règles de vie nous étaient familières. Mais j’ai vu dans la nécessité de leur rappel le fait que ces règles étaient encore étrangères à un certain nombre de parents de cette école, de cette ville où nous habitons, et sans aucun doute dans d’autres endroits en France. Certainement que lorsque l’on vit par exemple dans le monde de P’TiT Quinquin ( voir l’article sur la série de Bruno Dumont P’TiT Quinquin et Coincoin et les Z’inhumains ) dans celui dépeint par Romain Gavras dans son film Le Monde est à toi ou dans celui décrit par Oxmo Puccino dans son titre Peu de Gens Le Savent que ce genre de règles peut ressembler à de la masturbation intellectuelle, à une peine de prison ou à de la métaphysique.

 

La maitresse a insisté quant au fait qu’elle avait besoin des parents pour que les enfants réussissent bien à l’école. Aucun parent présent ne l’a contredite.

Elle nous a dit qu’elle serait toujours disponible pour nous recevoir en cas de besoin. Qu’il fallait seulement la prévenir.

Elle a aussi précisé qu’en cas de mécontentement à son égard, qu’il valait mieux venir en discuter avec elle plutôt que de garder ça pour soi. Avec un grand sourire, elle nous a dit :

“Je peux encaisser”. Le père du petit garçon qui intervenait souvent a alors dit:

“C’est bien, ça, de pouvoir encaisser “.

 

Ce soir, j’ai décidé d’écrire cet article en priorité. A l’origine,  j’avais plutôt prévu d’écrire sur le film De sable et de feu réalisé par Souheil Ben Barka qui sortira ce 18 septembre 2019 ainsi que sur le film Une fille facile réalisé par Rebecca Zlotowski ( en salles depuis ce 28 aout 2019).

 

Car j’ai tenu, de nouveau, à saluer le travail de toutes ces enseignantes et enseignants de l’école publique impliqués à l’image de la maitresse de l’école de ma fille cette année ainsi que les années précédentes et futures. 

 

L’école publique va mal. Au même titre que l’hôpital public. Et la police. Cela fera grimacer certaines et certains de voir associer l’école publique, l’hôpital public et la police. Car s’il est des institutions que l’on veut souvent remercier – même s’il est aussi des expériences très contrariantes à l’école et à l’hôpital- il est aussi des institutions que l’on veut ou que l’on a besoin de détester. Ce soir, si je rajoute le mot “police” à cet article, c’est sans aucun doute parce-que j’ai lu le livre de Frédéric Ploquin La Peur a changé de camp 2ème partie . Lequel livre m’a aidé à mieux comprendre, malgré certains travers de la police, comment une école, un hôpital et une police qui vont et font “mal” découlent d’une société qui va mal ou qui a fait et qui fait des mauvais choix politiques, sociologiques, économiques et donc, écologiques.

 

Tout à l’heure, j’ai été à nouveau marqué par cet enthousiasme des enseignantes rencontrées malgré les conditions de travail et les difficultés diverses qu’elles peuvent vivre. La maitresse de notre fille est restée avec nous jusqu’à dix neuf heures vingt voire dix neuf heures trente. Après la réunion qui avait débuté vers dix huit heures, elle était encore disponible dans la cour de l’école pour répondre aux parents qui la sollicitaient. Ses autres collègues étaient sans doute encore présentes dans l’école. Et ce sont , elles aussi, des femmes et des mères qui ont une vie personnelle et qui, comme la plupart d’entre nous, les vendredis soirs et d’autres soirs de la semaine, aspirent aussi à quitter leur travail. Pourtant, ce soir encore, j’ai trouvé chez la maitresse de ma fille, cette attitude assez fréquente de la professionnelle qui vous donne beaucoup et qui, néanmoins, donne l’impression de douter d’en avoir suffisamment fait et donné comme d’avoir été suffisamment claire avec vous lorsque vous l’avez interrogée. Et, pendant ce temps-là, dans la vie courante ou dans certaines administrations des personnes habilitées en principe à vous recevoir et à vous renseigner vont vous envoyer chier ou vous baragouiner des réponses sans queue ni tête sans décodeur !

 

J’ai aussi été marqué par ce décalage qui semble permanent, entre, d’un côté ces parents jamais contents et jamais satisfaits de l’école, et, de l’autre côté, ces enseignants pourtant dévoués qui font de leur mieux. Le pire étant qu’il n’y a pas de morale à cela :

On peut être un parent conciliant et pâtir de l’incompréhension du corps enseignant. Comme on peut être un parent chiant et obtenir une certaine considération de ce même corps enseignant que l’on sera prêt à critiquer et à dévoyer à la moindre contrariété.

 

Franck Unimon

 

 

 

 

 

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Par la bouche

»Posted by on Août 25, 2019 in Argenteuil | 0 comments

Par la bouche

Par la bouche

 

 

 

«  Vous êtes sénégalaise ? »

  • Oui. Et malienne, aussi.

 

Deux noires africaines en boubou traditionnel viennent de me rejoindre devant le stand de cette femme traiteur. L’une est noire de peau, l’autre, plus âgée, a la peau claire.  Je me dis que leur présence m’assure de la qualité du Thiep’. Avant même que l’une d’entre elles ne fasse subir un contrôle d’identité à la vendeuse.

Il y’a principalement des femmes qui attendent d’être servies maintenant. Il est bientôt midi. Lorsque je suis venu quelques minutes plus tôt, un homme noir, peut-être un compatriote antillais, passait commande.

 

Alors qu’il fait chaud aujourd’hui, vers 11h, j’ai eu l’idée d’aller faire des courses sur le marché d’Argenteuil. Ma dernière venue ici date de plusieurs mois. Nous avons diminué notre consommation de viande et de poissons. Nous avons aussi diversifié nos lieux d’achats alimentaires.

 

Le volailler « chez » qui j’achète habituellement est en vacances. Son long stand est vide. Comme sont vides d’autres stands. Nous sommes encore au mois d’août.

Je me suis rabattu sur une boucherie hallal où j’ai repéré des poulets fermiers. J’évite leurs poulets hallal tout blancs qui me semblent sortis de la machine à laver. Dix ans plus tôt, j’avais déjà acheté du poulet hallal dans un autre commerce de la ville. J’en ai gardé le souvenir d’un poulet au goût fade.

Les poulets hallal de cette boucherie ont manifestement leur succès auprès d’une clientèle sans doute musulmane. Et puis, ces poulets  sont moins chers. 3,99 euros le kilo. A côté de moi, un  homme en prend deux ou trois.

 

La boucherie hallal  du marché où j’aime habituellement acheter de temps à autre de la bavette d’aloyau et des côtes d’agneau est bien là. Mais il n’y’a plus de bavette ni de côtes d’agneau. Ces viandes font partie de leurs pièces de choix et, généralement, à cette heure-ci, en fin de matinée, il n’y’en n’a plus. Même au mois d’août. Reste du bœuf et quelques pièces de gigot d’agneau. Il n’y’a plus grand monde devant leur étalage. Ils sont plusieurs vendeurs désormais inactifs comme échoués et attendant la prochaine vague qui ne viendra plus et ils le savent. C’est la déprime.

Je me fais confirmer qu’il n’y’a plus ce que je cherche. Malgré la suggestion du vendeur, je décline poliment. Je regarde à peine les quelques morceaux de viande exposés. Et je repars avec mon sac isotherme dans lequel j’ai mis trois pains de glace et ma bouteille d’eau.

 

 

La femme traiteur africaine ne prend pas la carte bancaire. Je ne la connaissais pas. Et quelques minutes plus tôt, je suis  venu sans espèces :

J’ai perdu le réflexe d’en prendre un peu au distributeur près de chez moi avant de venir sur le marché. Souvent, les jours « du marché d’Argenteuil », sur le boulevard Héloïse, surtout les dimanches, les gens font la queue devant les distributeurs les plus proches du centre-ville, rue Gabriel Péri. La rue qui permet l’entrée dans Argenteuil depuis le pont d’Argenteuil et qui mène pratiquement en ligne droite à la mairie et à la médiathèque tout au bout deux cents ou trois mètres plus loin. Le lieu écolo-responsable Smile ( Il fait beau) qui a ouvert le mois dernier se trouve alors tout proche.

Les gens peuvent venir d’assez loin, en voiture, en bus ainsi que par le train pour aller à ce marché.

 

 

Sur le marché d’Argenteuil, La femme traiteur prend les tickets restaurants et les espèces. Je n’ai ni l’un ni l’autre. Alors, sous le soleil, je dois repartir jusqu’au distributeur le plus proche. J’ai de la chance. Les distributeurs sont libres. L’effet mois d’aout peut-être plus que celui de la chaleur, je pense. D’ailleurs, je repense maintenant à l’agence HSBC- qui n’avait pas de distributeurs extérieurs- qui a fermé ses portes il y’a à peu près un an maintenant. Un indice sans doute de la « pauvreté » économique de cette ville et de sa population. D’une partie de sa population. Car il y’a des gens plutôt aisés à Argenteuil. Mais ils sont généralement discrets et sans doute entre eux. Même si on en croise très certainement sur le marché d’Argenteuil par exemple ou à la ferme du Spahi, autre « institution » argenteuillaise en matière de commerce de bouche à prix attractif. Ou au LIDL :

Une des fois où je suis allé au LIDL de Sannois,  à la limite d’Argenteuil, une Porsche Cayenne est arrivée sur le parking.

Des commerces comme le marché d’Argenteuil, la ferme du Spahi ou Lidl sont des commerces qui peuvent faciliter les moindres dépenses. Mais il faut pouvoir s’y rendre. En voiture, en transports, à vélo ou à pied. Et le souhaiter. La facilité étant d’aller faire ses achats dans le supermarché le plus proche, ce dont Argenteuil est particulièrement bien pourvu. Avec les Kebabs dans le centre-ville.

 

 

7 euros pour une barquette de Thiep’ au poisson et 6,50 euros pour une barquette de Thiep’ au poulet. Vu que nous sommes deux adultes et un enfant, par prudence et aussi par curiosité, je prends deux barquettes de Thiep’ au poisson et une au poulet. Jusqu’à l’année dernière, je croyais que le Thiep était uniquement au poisson. J’ai été initié au Thiep’ et aux pastels il y’a bientôt trente ans par une amie, Béa, mariée à un Cap-Verdien. Les pastels, ici, n’ont rien à voir avec le dessin ou avec  la peinture. Ou alors il s’agit des couleurs du plaisir alimentaire qui se forme dans la bouche avec ce plat qui peut faire un peu penser extérieurement à la Brick des Arabes.

 

 

Sur le marché, la femme traiteur a rempli consciencieusement les barquettes individuelles. J’accepte aussitôt avec gourmandise le piment qu’elle me propose. Même si nous en avons déjà du bon à la maison. Oui, c’est elle qui le fait.

 

A la maison, j’apprendrai qu’une barquette «  individuelle » aurait pleinement suffi  pour deux adultes.

Le Thiep’ est bon. Sauf pour notre fille qui le trouvera trop épicé alors qu’elle a déjà mangé du boudin antillais. Et qui trouvera la couleur du plat « bizarre ». Elle ne reconnaîtra pas le riz.

Sa mère et moi nous délecterons du plat avec l’assurance de celle et de celui qui savent. Peut-être notre fille le regrettera t’elle dans quelques années. Mais nous sommes tous passés par là.

 

 

Sur le marché, je suis allé saluer C….le doyen des commerçants sur le marché. Il vend des fruits. Je trouve qu’il a maigri mais ne lui en dis rien. Il a dû perdre une bonne dizaine de kilos.

L’année dernière ou plutôt il y’a deux ans, je lui avais dit que j’aimerais bien qu’il me parle du marché d’Argenteuil tel qu’il l’a connu depuis cinquante ans. Il  m’en avait un peu parlé, avait accepté en précisant :

 

« Je ne fais pas de politique ! ». Et puis, j’ai laissé passer le temps.  Tout à l’heure, je lui ai reparlé de ça. Il m’avait sans doute oublié. En cinquante ans, sur un marché, on voit tellement de monde. Mais il a de nouveau accepté de me raconter en me disant de venir plutôt un vendredi. Car «  le dimanche, il y’a trop de monde ». Il sera là à partir de 7h le matin. C…. doit avoir entre 70 et 80 ans.

 

 

Il est une très bonne boucherie dans la rue Paul Vaillant Couturier en dehors du marché d’Argenteuil. Très bonne et assez chère. J’y suis déjà allé plusieurs fois. Une de ses particularités est d’avoir une clientèle exclusivement « blanche» chaque fois que j’y suis allé ou suis passé devant. Cette boucherie semble être faite d’un autre monde. C’est comme passer une frontière. Pourtant, ce monde fait bien partie d’Argenteuil. Et j’y ai toujours été bien servi avec un évident professionnalisme.

La boucherie est encore ouverte ce dimanche quand je rentre du marché. J’y entre pour y acheter un autre poulet. Sur ma lancée, je demande au petit boucher qui me sert quand cette boucherie a-t’elle été ouverte. Il ne sait pas mais ça fait longtemps ! Arrive le patron où celui que j’ai toujours considéré comme tel. Il est assez grand, bien plus grand que moi. Même question :

« Les murs datent de 1890…. ». Il m’explique qu’avant, les fourrages avec les poulets se trouvaient derrière la boucherie. Et, avec son corps, il m’indique l’endroit.

Je suis époustouflé. 1890 !

Il m’apprend que la boucherie est le plus ancien commerce du centre-ville. Qu’il a vu le « changement » à Argenteuil. Je comprends qu’il est maussade à ce sujet et que cela est très sensible.

Il accepte de me répondre que cela fait trente ans qu’il est dans cette boucherie et que cela fait onze ans qu’il en est le patron. Cela ne se voit pas sur mon visage lorsqu’il me dit ça mais je devine que lui et moi  sommes sans doute du même âge. En 1989, j’avais 21 ans.  On peut très bien être apprenti-boucher-charcutier avant ses 20 ans. Je m’abstiens de m’épancher sur ces sujets devant lui.

 

Je lui dis que j’aimerais bien qu’il me raconte. Tout en sortant de la boutique, il me répond : « On me l’a déjà demandé… ». Et puis, je ne le revois plus. Je repasserai peut-être. Mais je n’insisterai pas forcément pour en savoir plus sur les raisons de son amertume. C’est une affaire privée. Or, je n’ai pas envie de l’embarrasser avec mon article. Moi, la seule boucherie que je possède à ce jour, la seule volaille que je connaisse à peu près, c’est celle de mes phrases. Et cette boucherie ne me fait pas vivre. Alors que lui, il doit sa vie à cette boucherie.

 

 

Franck Unimon, dimanche 25 aout 2019.

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Il fait beau

»Posted by on Août 24, 2019 in Argenteuil, Ecologie | 2 comments

Il fait beau

 

Il fait beau

 

Il fait beau. Nous revenons de la médiathèque. Nous avons aussi pu emprunter la première saison des séries P’tit Quinquin de Bruno Dumont et de The Handmaid’s Tale (La Servante Ecarlate ) crééé par Bruce Miller comme quelques dvds pour enfants.

 

 

« Excusez-moi…. ». Un monsieur d’une soixantaine d’années nous croise.

« Je voudrais aller au Val d’Argenteuil ». Mais nous sommes à Argenteuil centre ville.

Où veut-il aller ? Il ne sait pas. Dans une des poches extérieures de son gilet, plusieurs stylos. Mais aucun plan de signalisation pour le guider.

A-t’il une adresse ? Non. Je lui répète qu’il y’a aussi une gare au Val d’Argenteuil. Il m’explique qu’il a pris le bus pour arriver ici.

A-t’il un numéro de téléphone où appeler ? Non plus. « J’ai appelé tout à l’heure mais il n’y’avait personne ». Il n’a pas de téléphone sur lui.

« Je peux aller au Val d’Argenteuil à pied… ». Je lui réponds que ça va faire loin. Il me remercie, me salue, et me dit qu’il va continuer plus loin un peu au petit bonheur la chance.

 

 

 

 

Une semaine plus tôt, il faisait aussi beau lorsque je suis allé découvrir ce nouveau lieu à Argenteuil centre-ville, derrière la médiathèque  Aragon et Elsa Triolet :

Smile.

 

 

 

Son ouverture était annoncée par un grand panneau au dessus du toit. Elle a été récemment saluée dans la presse. Anciennement, une grande salle de Fitness se trouvait là. Cela n’a pas marché. Auparavant, à Argenteuil, il y’avait un petit magasin La Vie Claire près du commissariat municipal. Il avait fermé à mon arrivée à Argenteuil en 2007 ou peu de temps après celle-ci. Quelques personnes qui l’ont connu m’ont raconté qu’on n’y trouvait pas de fruits. Et qu’il était vraiment petit. En 2007, dans les commerces, la tendance bio était moins développée qu’aujourd’hui ou des enseignes certifiées bio sont de plus en plus visibles (Biocoop, La Vie Claire, Les Nouveaux Robinsons, Naturalia, Bio C Bon pour les principales).

Et en 2007, même les supermarchés et les hypermarchés « traditionnels » n’avaient pas encore dédié une partie de leurs rayons à ce nouveau marché comme aujourd’hui. Ce petit magasin La Vie Claire était donc trop en avance pour son époque dans Argenteuil, la ville aux plus de cent mille habitants, qui semble souvent captive- ou fautive- d’une hérédité mal réputée.

 

 

 

 

Mais douze ans ont passé, même à Argenteuil, et Smile , ce lieu éco-responsable, ouvert mi-juillet vient désormais combler un manque présent à Argenteuil comme  ailleurs.

 

 

La caissière présente au magasin ce jour-là m’explique qu’ils sont plusieurs à s’être associés pour ouvrir cet endroit. Ils en avaient assez d’aller chercher ailleurs ce dont ils avaient besoin. Il est vrai qu’à ma connaissance, la première grande surface Bio la plus proche, Naturéo, ouverte il y’a deux ans environ, se trouve à Cormeilles en Parisis, dans cette zone qui touche le Val d’Argenteuil et Sartrouville.

 

 

 

Smile ressemble à cet endroit que ses concepteurs auraient voulu avoir en tant qu’usagers.

 

 

Pour se rendre à Naturéo,  grande surface domiciliée à Cormeilles en Parisis, il faut généralement être véhiculé. Le lieu est assez éloigné de la gare du Val d’Argenteuil. On peut bien-sûr s’y rendre à vélo (en vingt à trente minutes à peu près) depuis Argenteuil centre ville à condition de souhaiter un peu parfaire sa condition physique. Le magasin Smile, lui, est dans le centre ville d’Argenteuil, au 55 de la rue Antonin-Georges Belin. Dans le prolongement du bureau principal de la Banque postale qui a fermé cet été et a été remplacé pour partie par le nouveau bureau qui a ouvert dans le centre commercial Quai de Seine. Tandis que le second bureau de la Banque Postale, plus petit, non loin de là, sera celui où ont auront lieu les rendez-vous avec les conseillers.

Depuis la gare d’Argenteuil centre-ville, Smile est accessible à pied en quinze minutes. Autrement, un certain nombre de bus depuis la gare s’arrête soit devant la mairie et la médiathèque à cinq minutes à pied de Smile. Tandis que d’autres s’arrêtent encore un peu plus près ( à une centaine de mètres) de Smile. N’oublions pas que les transports en commun (bus et train) font partie des points forts d’Argenteuil.

 

 

Il y’a assez peu de monde lorsque je viens découvrir le “sourire”. Mais je m’y sens aussitôt très bien. Plusieurs commerces ont tenté leur chance à Argenteuil ces dix dernières années dans le centre-ville. Certains ont périclité après deux ou trois années. D’autres ont aussitôt marché. J’ai l’intuition que Smile fera partie de ces derniers. D’autant que l’idée a été très bien pensée par les vingt associés qui habitent majoritairement à Argenteuil.

En plus du magasin de produits en vrac, Smile offre un café-cantine, un espace de travail partagé et une restauration. Et ça sent très bon lors de mon passage pendant qu’une bonne musique d’ambiance décore la pièce en la présence, à un moment donné, de feu Kassé Mady Diabaté.

 

 

Labels Bio, Zéro déchet, production locale (dans une distance comprise entre 50 et 200 kms d’Argenteuil) et commerce équitable sont deux des « critères minimum » retenus pour « chaque produit ».

Des événements sont prévus : « Fabrication de produits naturels et économiques pour la maison et le corps ; Recycler, réparer et transformer ses objets du quotidien ; Culture : débats, concerts, projections, jeux, expositions artistiques… ; Solidarité : Gratiferia, Disco-Soupe, bourses aux graines, aux livres, aux jouets…. ».

 

D’autres initiatives écologiques et bio existaient déjà à Argenteuil sous la forme d’une AMAP près du conservatoire une fois par semaine, d’un marchand de primeurs bio, du marché de la Colonie et de certains événements qui s’y déroulent comme d’une vente de légumes (et de fruits ?) bio les mardis après-midis à la gare d’Argenteuil centre par exemple. Mais avec Smile, pour la première fois, un lieu écologique et bio « pérenne » s’ouvre à Argenteuil :

Du lundi au samedi de 9h30 à 19h30 pour le magasin. (09 88 02 26 79)

Du lundi au mercredi de 8h00 à 22H30, du jeudi au samedi de 8h00 à minuit et le dimanche de 11h à 23H00 pour le café cantine et l’espace de travail partagé. (09 88 02 26 87).

 

 

En discutant avec les deux personnes qui tiennent la restauration ce jour-là, j’apprends que Smile va prochainement chercher de nouveaux associés afin de réunir une somme avoisinant les 30 000 euros, je crois, afin de concrétiser davantage le projet.

L’un des deux restaurateurs est particulièrement confiant :

Ouvert mi-juillet, Smile marche déjà plutôt bien en plein mois d’août alors que les gens sont en vacances. Ce même restaurateur est persuadé que les autres enseignes bio type NaturalliaVie Claire et autres s’inspireront ensuite de leur modèle. Je ne peux pas et ne souhaite pas le contredire :

S’il se trouve assez peu de monde lors de ma découverte des lieux, je confirme avoir croisé quelques personnes, comme moi-même, qui, de toute évidence, étaient déjà en quête d’un endroit pareil. Et l’espace couvert plutôt conséquent et agréable que Smile peut mettre à disposition de ses usagers et futurs habitués est un de ses autres atouts indéniables.

 

 

Smile a une adresse mail : contact@smile.company, a visiblement un site , smile.company et est également sur FB et Twitter : facebook.com/SmileCompanyFr/ et @SmileCompany1.

Cet article est la suite de Argenteuil.

 

Il fait beau.

 

Franck Unimon, samedi 24 aout 2019.

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