Argenteuil

Marcher pour ne pas mourir

»Posted by on Sep 14, 2021 in Argenteuil, Corona Circus, Moon France | 0 comments

Marcher pour ne pas mourir

Le journal ” Le monde” de ce lundi 13 septembre 2021.

      Marcher pour ne pas mourir

 

  • ça va ?
  • Non, ça ne va pas.

 

Elles étaient trois jeunes. Je dirais au plus, 25 ans. Accueillantes, volontaires, plutôt mignonnes. Néanmoins, on peut avoir ces particularités et insuffler la mort dans les corps sans le vouloir.

 

Deux d’entre elles étaient étudiantes en médecine. La troisième, étudiante en quoi ?

Elles étaient probablement plutôt bonnes élèves et, bien que rôdées, assez faciles, sûrement, à déstabiliser. Je n’en n’ai pas profité.

 

Lorsque celle qui m’a fait m’asseoir m’a appris la « bonne nouvelle », à savoir, qu’avant l’injection, elle allait me faire un test antigénique, j’ai déballé mes arguments contre cette méthode « barbare ». J’avais déjà fait deux tests antigéniques en tant que cas contact cette année. Négatif à chaque fois. Une seconde sérologie Covid- effectuée il y a environ deux semaines- m’avait redit que si certaines personnes, après avoir contracté le Covid, avaient développé des défenses immunitaires aussi fortes qu’une paire de poitrines nécessitant du 95 D, que les miennes étaient aussi plates qu’une flaque d’eau.

 

Mais elle n’a eu aucune difficulté à me convaincre. Je savais que ces résultats étaient trop anciens et inappropriés. Et, aussi, qu’elle appliquait un protocole qu’elle se devait de suivre d’après son instruction. Partir pour refuser un test antigénique ? Je m’étais fait une raison pour cette première injection de Moderna. Alors, je suis resté et elle m’a enfoncé la tige.

 

  • ça va ?
  • Non, ça ne va pas.

 

A quelques mètres, ses deux « collègues » sont restées silencieuses. Le résultat est arrivé très vite. Moins de deux minutes. A nouveau négatif. Je peux l’écrire : ces derniers temps, il m’est arrivé d’envier celles et ceux qui avaient attrapé le Covid et qui avaient bien récupéré depuis. Car leurs défenses immunitaires, si elles ne sont pas éternelles, sont « naturelles ».

 

Cependant, on ne sait pas quelle tête on va faire en attrapant le Covid. Si nous allons connaître les neiges éternelles, garder des séquelles de cette embuscade ou, au contraire, bien nous en remettre.

 

Celle qui m’a fait l’injection avait des jolis yeux bleus Alléluia à la Léonard Cohen. Cependant, aujourd’hui, on est habile pour s’inventer un profil avantageux.  Donc, je ne suis pas sûr qu’elle était vraiment ce qu’elle m’a dit être. Etudiante en quatrième année de médecine. Après m’avoir piqué, elle m’a recommandé de prendre du doliprane en cas de douleur. Je l’ai écoutée tout en sachant que je n’en prendrais pas. J’ai du doliprane chez moi et j’en donne à ma fille lorsqu’elle a de la fièvre. Mais je prends le moins de médicaments possible. C’est peut-être paradoxal pour un infirmier mais je crois que le repos, le calme, les étirements ou une activité plaisante et l’alimentation, ça aide vraiment. Et qu’il faut d’abord essayer ça avant de se précipiter vers des médicaments. Ou essayer d’en prendre le moins possible. Ne pas s’assommer d’avance. Ce soir, j’ai un peu mal au deltoïde, peut-être un petit mal de la tête. Mais je suis fatigué. Je me suis couché un peu tard hier soir et je me suis levé un peu tôt ce matin.

 

Après l’injection, je suis resté quelques minutes dans la salle d’attente à envoyer des sms pour apprendre à quelques personnes que j’avais reçu ma première injection. Pendant que les jeunes femmes s’occupaient des personnes suivantes. J’ai entendu une femme d’une vingtaine d’années, assez grande, s’avancer en disant :

 

« J’ai très très peur ». Puis « Je suis en Première année de médecine ». Il semble qu’en face, on se soit montré attentif et rassurant.

 

Même si comme l’a très bien compris une ancienne collègue, et présente amie, j’ai lancé  « une bouteille à l’amer » en adressant mon article Etre un mauvais exemple à plusieurs personnes, je ne dirais pas avoir eu peur de me faire vacciner. C’est plutôt du doute et de la méfiance. De la prudence, aussi.

 

Pourquoi cet endroit ?

 

 

J’ai choisi cet endroit à Paris, un espace de santé où l’on trouve entre-autres une consultation en gynécologie, pour le vaccin Moderna.  Ou vaccin covid-19 ARNm- 1273 ( Spikevax ° de la firme Moderna).

 

 J’en avais assez d’entendre parler du Pfizer qui est le vaccin utilisé par Israël que la France copie pour sa politique sanitaire. Copier, cela veut aussi dire que l’on pense et anticipe moins. Israël en est, je crois, à une troisième dose de vaccin à partir de 30 ans car le Pfizer a perdu de ses pouvoirs face au variant Delta.

Le Moderna, beaucoup moins utilisé que le Pfizer, aurait des particularités immunogènes un petit peu supérieures. Je ne m’attends pas à des miracles. Mais j’ai essayé quelque chose.

 

Le Moderna est aussi le vaccin choisi par une de nos voisines, vaccinée dès qu’elle l’a pu et qui s’en porte bien. Nous nous entendons bien avec cette voisine. Et je n’ai pas oublié qu’elle était partante pour emmener à notre fille à une sortie culturelle nécessitant le passe sanitaire. Qu’elle avait été touchée qu’on le lui demande car c’était pour elle une grande marque de confiance. Sauf que, finalement, elle n’avait pas pu être disponible.

 

 

J’ai aussi choisi cet endroit parce qu’il ne ressemble pas aux vaccinodromes impersonnels que j’ai vu. Parce qu’il est dans un quartier où j’ai de bons souvenirs. En tant que comédien sur scène. En tant que spectateur. En tant que client dans un restaurant.

Dans le journal ” Le Figaro” de ce lundi 13 septembre 2021.

 

Pour y arriver, après avoir pris le train et le métro, j’ai tenu à marcher. Dix à quinze minutes de marche. Alors que j’aurais pu descendre à une station de métro plus proche. Avant de prendre le train pour Paris, j’avais acheté trois journaux du jour, Le Figaro, Les Echos, Le Monde. J’avais aussi pris le journal gratuit qui est réapparu avec la rentrée. Dedans, j’ai lu ce que je pouvais qui se rapportait à la pandémie, à la vaccination anti-Covid. Je n’ai rien trouvé qui m’aurait permis de me désister. J’avais assez cherché et assez sollicité autour de moi pour renoncer une seconde fois à cette vaccination. Pourtant, ce soir, même si plusieurs personnes m’ont encouragé vers cette action et m’ont félicité depuis, si cela m’a fait du bien, beaucoup de bien, je ne suis pas soulagé.

 

Le sentiment d’avoir trahi

 

J’ai d’abord le sentiment d’avoir trahi. Ma compagne pour commencer, résolument contre. Pour elle, les vaccins anti-Covid actuels sont des « choses » à bannir.

 

Mon meilleur ami, qui a contracté le Covid il y a plusieurs mois et dont les défenses immunitaires « poussent » le plafond,  qui m’avait conseillé récemment d’attendre quelques mois si je le pouvais.

 

Cette personne perdue de vue qui, en lisant mon article Etre un mauvais exemple, l’avait spontanément partagé et m’avait écrit : « Je suis aussi un mauvais exemple ». Son soutien m’a fait découvrir le sentiment d’avoir désormais une responsabilité, de par mon article, envers celles et ceux qui pourraient se reconnaître à travers lui, à travers moi. Et, moi, en partant me vacciner, je leur retirais en quelque sorte un « allié ».

 

Et, dans une bien moindre mesure, j’ai un peu l’impression de ne pas avoir tenu compte de l’avis du médecin que j’avais sollicité  au sujet de ces vaccins actuels contre le Covid et qui m’avait répondu :

 

« Peut-être que, finalement, on ne court pas de risque avec ces vaccins mais on manque de recul. Donc, si vous pouvez, attendez encore quelques mois qu’un vaccin dont on sera plus sûr, arrive ».

Il m’avait aussi appris avoir attrapé le Covid en avril et m’apparaissait en pleine forme, début septembre.

 

Pourquoi, moi « l’anarchiste » et le « révolutionnaire », ai-je changé d’avis ?

 

Changer d’avis :

 

Autour de moi, aujourd’hui, je dénombre évidemment bien plus de personnes  vaccinées contre le Covid qui se portent bien que de personnes non vaccinées. Le nombre ne fait pas tout. Et ce n’est pas la peur du mépris ou de la honte sociale qui m’a dirigé.

 

Ces personnes vaccinées, que je connais, peuvent avoir des profils opposés. Mais aussi des personnalités tranchées. Si l’on peut être une personne affirmée et affutée en refusant de se faire vacciner et en refusant le passe sanitaire, je peux aussi dire que parmi les personnes vaccinées contre le Covid que je connais, se trouvent des personnes toutes autant affirmées et affutées. Dans une fourchette d’âge allant de 35-40 ans à 70 ans et plus. Je pourrais donc me satisfaire du fait que ces personnes se soient faites vacciner contre le Covid.

 

Sauf qu’il me reste des gros résidus de doute. Tomber par hasard tout à l’heure sur le post, sur Facebook, d’un ami qui affirme que la vaccination anti-Covid « aurait » causé 40 000 morts en neuf mois d’après telle ou telle source m’a bien-sûr contrarié. Et s’il avait raison ?

 

Relire aujourd’hui sur le site Prescrire.org dans l’article (daté de ce 1er septembre 2021) intitulé Effets indésirables connus mi-2021 des vaccins covid-19 à ARN messager ( Covid-19 Des signaux confirmés et quelques signaux d’effets indésirables très rares ont émergé, notamment des péricardites et des myocardites. La Rédaction de Prescrire publie son analyse détaillée dans le numéro de septembre) m’a aussi contrarié.

 

 

Je n’ai pas changé d’avis pour pouvoir bientôt retourner au restaurant, au cinéma, dans une salle de théâtre, dans la médiathèque de ma ville ou pour voyager. Même si je le ferai sans doute après m’être fait vacciner.

Même si avec le résultat de mon test antigénique d’aujourd’hui, je compte bien faire le « plein » de sorties qui me sont désormais interdites sans passe sanitaire et sans test antigénique et PCR négatif récent. Je pense en particulier à retourner au cinéma et dans « ma » médiathèque.

 

Le centre commercial Côté Seine à Argenteuil, grand ouvert ce lundi 13 septembre 2021. Alors qu’il faut continuer de fournir un passe sanitaire ou un test antigénique et PCR négatif pour pouvoir entrer dans la médiathèque de la ville située à dix minutes à pied de là.

 

Je reste aussi critique envers le passe sanitaire et le projet de société qu’il dessine. Je crois qu’au pire, l’ancienne Ministre de la santé Agnès Buzyn, mise en examen pour « mise en danger de la vie d’autrui » et une mauvaise gestion de la pandémie du Covid l’année dernière, sera condamnée à du sursis. Et qu’elle sera la principale part visible et condamnée des responsables de cette mauvaise gestion parmi les grosses « têtes de gondoles ». Et que les autres se feront discrètes ou sauront si bien se faire défendre que leur condamnation sera  faible ou inoffensive. Contrairement à ce qui va  se produire à partir de ce 15 septembre, dans deux jours, pour celles et ceux, employés, qui ne seront toujours pas vaccinés, ne serait-ce qu’une fois, contre le Covid.

 

Pour ces personnes, je m’attends à ce qu’on les brutalise un peu plus que nous ne l’avons déjà été dans notre grande majorité depuis le début de cette pandémie. En se cachant derrière la loi :

 

« On vous avait prévenu. Vous avez été informé(e). Vous avez eu le temps de la réflexion. Maintenant, je suis obligé(e )  d’appliquer la Loi. Ce n’est pas moi, c’est la Loi qui m’oblige à vous dire de dégager et à vous sanctionner !  ».

 

Je crois qu’il va se produire beaucoup trop de « sale » à partir du 15 septembre au prétexte de la Loi. Car sitôt que l’on octroie à plus de personnes  un certain pouvoir répressif, le pire, camouflé ou un peu tenu en laisse d’ordinaire, s’exprime davantage. Je ne m’attends pas à des ratonnades. Mais à des dégradations morales, sociales et économiques. A un accroissement de contrariétés et d’humiliations quotidiennes les plus diverses au motif que certaines personnes ne fourniront pas, en cas de contrôle- et il y en aura de plus en plus à partir du 15 septembre- le papier qu’il faut ; le QR Code attendu pour effectuer des déplacements ou des actions qui, « autrefois », il y a encore deux mois, ne le nécessitaient pas.

 

C’est plutôt ça qui m’a fait changer d’avis. Je n’ai pas envie de me mettre dans un état d’hyper-vigilance pour des gestes quotidiens qui, jusqu’à il y a peu, allaient de soi comme le simple fait d’ouvrir un robinet pour avoir de l’eau.

Paris, lundi 13 septembre 2021.

La possibilité d’attraper le Covid m’a aussi fait changer d’avis. Car, à partir du 15 septembre, j’ai l’impression que chaque fois qu’une nouvelle personne non vaccinée attrapera le Covid et sera hospitalisée que cela permettra de marteler que si elle avait été vaccinée, elle ne l’aurait pas attrapé. Ou alors une forme bénigne. Il va se passer un peu de temps avant de devoir admettre que le « Tout vaccin » ne résoud pas tout contre le Covid. Au moins jusqu’à ce que les « nouveaux » traitements anti-Covid ne soient disponibles pour le plus grand nombre sur le marché. D’ici un mois ? Deux mois ? Trois mois ?

 

Gagner du temps

 

J’ai donc aussi changé d’avis pour continuer de gagner du temps.  D’accord, pendant que je prends le temps de réfléchir d’autres ont le temps de faire trois enfants et de les voir commencer à faire des études supérieures puis de devenir grands-parents. Mais j’ai besoin de temps. Cet article, pour être écrit, a besoin de temps. J’avais écrit une première version en rentrant de l’espace de santé en m’abstenant de déjeuner. Puis, je suis parti chercher ma fille à l’école. J’ai tout réécrit ce soir depuis le début. Après avoir fait faire ses devoirs à ma fille. Après avoir dîné. Après lui avoir lu une histoire, ce qui n’était pas prévu, au moment du coucher. Yekrik ! Yekrak !

Paris, ce lundi 13 septembre 2021.

 

« Le temps ne respecte pas ce qui se fait sans lui ». J’aime cette phrase. J’ai oublié qui en est l’autrice ou l’auteur.

 

Ma seconde injection aura lieu début octobre si elle se fait. D’ici là, nous devrions avoir d’autres informations concernant l’évolution de la pandémie mais aussi à propos des effets des vaccins anti-Covid actuels. A cela s’ajoutent tous ces nouveaux traitements contre le Covid, par voie orale ou intraveineuse, mais aussi par voie intramusculaire, prévus pour cet « automne ». Et, pour l’instant, je préfère le traitement intramusculaire que j’ai reçu à un traitement oral ou par voie intraveineuse.

 

Si je « fais » ma deuxième injection, je n’aurai en principe pas de rappel avant six mois. Ce qui nous amène au mois d’avril 2022 où je veux bien croire que l’on en saura plus sur la « sortie » éventuelle de la pandémie. Comme sur les traitements contre le Covid.

Argenteuil, ce lundi 13 septembre 2021. J’ai l’impression qu’il y a moins de tests antigéniques et PCR pratiqués dans ce genre de tente qui fait désormais partie du paysage. Ce sera bien lorsque ces tentes disparaitront.

 

Selon certains témoignages et affirmations

 

Bien-sûr, si je suis mort d’ici là ou complètement bousillé par la vaccination anti-Covid, tout cela n’aura plus d’importance pour moi. Je suis bien obligé d’y penser puisque selon certains témoignages ou affirmations, ou explications, ces vaccins anti-Covid sont toxiques. Et, moi, j’en suis à J+1 en terme d’expérience avec ce vaccin. Je ne sais pas ce qui va se passer ensuite. Or, selon certaines affirmations, une personne vaccinée contre le Covid aurait une espérance de vie de deux à trois ans ensuite. En repartant du centre de santé, je me suis donc imaginé que la plus grande partie de ces personnes que je croisais dans la rue, se déplaçant, discutant entre elles ou assises à une terrasse d’un café, tomberaient toutes d’un seul coup, un beau jour, mortes. Et que ce serait pareil pour moi.

Paris, ce lundi 13 septembre 2021.

 

Je me suis aussi imaginé qu’un jour, alors que j’aurais l’intention de me rendre dans une épicerie, que je me retrouverais finalement dans un pressing puisque la vaccination, avec les nanotechnologies qu’elle comporterait, permettraient de me téléguider à distance. Je voudrais voir tel film. Hé bien, non, « on » me forcerait à aller voir tel film à la place. Je voudrais faire la vaisselle, hé bien non, « on » m’obligerait à me rendre sur internet pour faire des achats. Je voudrais m’habiller de telle manière pour sortir, et, finalement, non, à la place “on” m’imposerait de descendre dans les égouts.

Paris, lundi 13 septembre 2021.

 

 

Il y a bien-sûr d’autres croyances et d’autres affirmations à propos des vaccins anti-Covid. Je préfère en rire un peu. Comme le fait que notre téléphone puisse être aimanté à l’endroit où le vaccin nous a été injecté. Je n’ai même pas eu envie de faire le test. C’est plutôt ma compagne qui m’a incité. Alors, devant elle, j’ai pris mon téléphone et l’ai posé contre ma peau. Une fois, deux fois, trois fois, quatre fois. Il est retombé à chaque fois. J’allais continuer lorsqu’elle m’a dit que ce n’était pas la peine. Puis, ma compagne en a déduit que mon vaccin était peut-être « un placebo ». Je lui ai répondu :

 

« Quelle que soit la situation, de toute façon, il y aura toujours une explication ».

 

Ma compagne m’a “prédit” une troisième puis une quatrième injection. Autant prédire une troisième et une quatrième guerre mondiale. Je ne peux pas lui donner tort. Le monde va mal.  Je pense aussi que le nombre d’injections de vaccins contre le Covid va augmenter. Et cela ne m’emballe pas du tout.

Lorsque je lui ai dit que j’avais toujours des doutes, elle m’a objecté, presqu’assassine :

 

« En général, quand on a des doutes, on s’abstient ! ».

« C’est ce que je fais, en général, oui. Mais j’ai fait ce que j’avais à faire ». Puis, j’ai ajouté :

« Vu qu’il me reste maintenant deux à trois ans à vivre, regarde moi bien. Parce-que bientôt, je ne serai plus là ». Cela l’a fait un peu rire.

 

S’il me reste effectivement deux à trois ans, au mieux, à vivre avec ce vaccin, je me demande ce que je pourrais bien faire durant ces deux à trois ans. Me faire plaisir sûrement. En attendant, lorsque ma mère a appris que j’avais reçu ma première injection, elle m’a écrit par sms qu’elle allait aussi se faire vacciner. Et que mon père suivrait sûrement ensuite. Sa réaction m’est alors apparue évidente. Pourtant, je ne l’avais pas du tout prévue.

 

 

Lorsque j’ai eu quitté le centre de santé ce matin, ça klaxonnait dans la rue. Un camion arrêté bloquait la rue. A pied, j’ai facilement pu passer. J’ai tenu à retourner à la gare St Lazare en marchant.  J’ai pris quelques photos sur le trajet. Regarder pour vivre. Marcher pour ne pas mourir.

 

 

Franck Unimon, ce lundi 13 septembre 2021.

 

 

 

 

 

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Etre un mauvais exemple

»Posted by on Sep 12, 2021 in Argenteuil, Corona Circus | 0 comments

Etre un mauvais exemple
Samedi 11 septembre 2021, le matin, Paris.

Hôtel de Ville, Paris, depuis la rue de Rivoli, ce samedi 11 septembre 2021, vers 9 heures du matin. On peut apercevoir sur la gauche un vaccinodrome. Et, au fond, Notre Dame.

Etre un mauvais exemple

 

Ce samedi 11 septembre 2021, je suis un mauvais exemple. Je dois donc me préparer à vivre dans le mépris, la peur et la honte. Si j’étais clairvoyant, Je ferais tout afin me faire subventionner au plus vite par une marque de mouchoirs jetables. Mais aussi pour devenir VRP pour des anxiolytiques et des antidépresseurs. Pour fuir, raser les murs et me faire le plus discret possible. Tout cela est compatible. Dans ces domaines, je suis un homme d’avenir.

 

En dehors de ça, je passe mon temps à me terrer dans le passé. Je refuse la nouveauté et le changement. Je suis irrationnel, illogique, égoïste, irresponsable, immoral. Certaines personnes ont réussi et vont réussir précisément « grâce » à ces caractéristiques. Mais pas moi. Car, je suis has been. Je vois bien que tout le monde est passé à autre chose. Or, je persiste dans mon erreur. C’est plus fort que moi. C’est en cela que l’on reconnaît un mauvais exemple.

 

Je fais partie de cette minorité dont la seule véritable expertise, reconnue et encouragée, consiste, a toujours consisté, à obéir, à donner de sa personne et à subir. Par exemple, je peux me présenter dans un centre de transfusion sanguine afin d’aller donner mon sang librement. On acceptera de me le prendre sans difficultés. Je suis donc bien obligé d’admettre qu’il est encore des endroits où, malgré mes tares,  on accepte encore de me recevoir.

 

Faire partie d’une minorité peut être un avantage. Il existe des minorités expérimentées,  puissantes, organisées, protégées, déterminées et qui comptent. Ces minorités prennent des décisions pour le plus grand nombre et peuvent souvent s’exprimer et être écoutées. Que l’on soit d’accord avec elles ou non, elles préserveront leurs fonctions. Et, lorsque certaines ou certains de leurs membres se trompent ou commettent des infractions, on trouvera bien un arrangement.

 

La minorité dont je fais partie peut être négligée et balayée. C’est aussi en cela que je suis un mauvais exemple.  J’ai une attirance inextinguible pour la défaite. Durant quelques mois, j’ai fait partie de la minorité des « héros ».  Beaucoup de gens ont applaudi, celles et ceux, qui, comme moi, continuaient d’aller travailler, sans protection, tandis que la majorité restait à l’abri du « fléau ». Mais cela fait partie du passé. Alors que la légion d’honneur et le Panthéon n’attendaient plus que moi, j’ai tout gâché.

 

Etonnamment, depuis ce 12 juillet 2021, mon statut a basculé : de « héros », je suis devenu de manière de plus en plus avancée, un mauvais exemple. Mais qu’est-ce que je croyais ?! Que l’on pouvait rester un héros toute sa vie ?! Mon statut de “héros” ressemble aux sapins de Noël que l’on range après les fêtes ou que l’on retrouve sur les trottoirs, dans la rue, près des poubelles.

 

Néanmoins, je n’ai pas envie de ressembler à ces mendiants, qui, après avoir répété les mêmes phrases, dans chaque wagon, passent ensuite dans les rangs mécaniquement. Je fais encore partie des murs de l’illusion sociale. Mais je dois faire bref avant que n’arrive la prochaine station et les prochaines élections de pensée.

 

Ce samedi 11 septembre 2021, je ne suis toujours pas vacciné contre le Covid. Je n’ai donc pas de passe sanitaire. Une première fois, j’ai pris rendez-vous. C’était le 4 aout 2021. Je me suis finalement désisté. Là, j’ai à nouveau pris rendez-vous pour ce 13 septembre pour une première injection. Et, je me demande si je vais à nouveau me désister.

 

Incapable

 

 

Répéter qu’il nous manque du recul pour ces vaccins anti-Covid (Pfizer, Moderna, Astrazeneca, Johnson&Johnson) proposés à partir de fin décembre 2020 puis, désormais, imposés, revient à tenir des discours comme ces mendiants ou ces dragueurs « bof » qui, dans les transports en commun, nous interpellent. Dès leurs premières intonations, on sait que l’on va connaitre un moment embarrassant. A la virgule près, on sait quelles sont leurs intentions et leurs demandes. On n’a pas envie d’entendre ça.  On n’y croit plus.  Certaines fois, on veut bien donner une petite pièce, un ticket restaurant ou un peu de nourriture. Mais ce serait plutôt pour qu’ensuite, ils nous laissent tranquilles.

 

Or, je ne suis pas encore un mendiant. Et, je crois, aussi, qu’il faut en dire plus. Donner de soi, à nouveau. Rester humain et personnaliser ce que l’on exprime. Même si cela sera peut être embarrassant tandis que je passerai ensuite dans les rangs. Avant de passer à un autre wagon.

 

Ce samedi 11 septembre 2021, je suis incapable de savoir quoi répondre à ma mère à propos de la vaccination anti-Covid. Moi, l’aîné, le fils à maman, l’enfant qui a longtemps tenu à protéger sa mère et qui continue dans une certaine mesure. Moi, le seul infirmier parmi ses enfants, je suis aussi le seul non vacciné contre le Covid. Tous mes vaccins sont suivis et à jour. Exception faite avec cette vaccination contre le Covid.

 

Il y a quelques mois, vers Mai ou Juin, avant que ne tombe cette obligation vaccinale contre le Covid pour les soignants, ma mère m’avait demandé conseil. J’entendais alors de très bons échos « du » Pfizer », le vaccin largement le plus utilisé désormais en France contre le Covid. Récemment, j’ai lu que 76 millions de doses du vaccin Pfizer, en France, avaient été administrées. Largement plus que pour les trois autres vaccins réunis (Astrazeneca, Moderna, Johnson & Johnson).  Pour continuer d’appeler ces vaccins par le nom des laboratoires qui les fabriquent. Un nom un peu plus facile à retenir que leur véritable nom scientifique.

 

Aussi, il  y a quelques mois, vers Mai ou Juin, j’avais répondu à ma mère :

« J’entends dire beaucoup de bien du Pfizer ».

 

Le Johnson & Johnson et son injection unique m’avait pourtant donné envie pendant un certain temps. Ce qui m’avait aussi plu avec lui, c’était qu’il arrivait après les trois autres (Pfizer, Astrazeneca, Moderna). Je le considérais donc comme porteur de plus de garanties en matière de recul et d’expérience.  Même son « nom », Johnson & Johnson, je trouvais que ça sonnait bien. Mais, très vite, le décollage du vaccin Johnson & Johnson s’était mal passé en raison d’effets secondaires redoutés. Et, après le vaccin Astrazeneca, il s’était rapidement retrouvé entaché avec la réputation d’être un vaccin à éviter. Ce qui faisait deux vaccins contre le Covid sur quatre à « éviter ».

 

 

Mais j’avais fait mon devoir. J’avais conseillé le Pfizer à ma mère dont j’ai eu des « bons retours » d’expérience autour de moi. Par « bons retours d’expérience », je pense évidemment au fait que toutes celles et tous ceux qui l’ont reçu, et avec lesquels j’en ai parlé, vont bien aujourd’hui. Ni décès. Ni maladie grave causée par la vaccination. Ni Covid.

 

Je croyais ma mère vaccinée depuis longtemps quand cette obligation vaccinale pour les soignants, mais aussi, indirectement, pour tous les Français, est arrivée le 12 juillet. Et puis, j’ai appris que ni elle ni mon père ne l’étaient. Vaccinés.

D’abord, parce qu’en raison de ses problèmes-traités et stabilisés- de santé, l’Astrazeneca lui avait été déconseillé par son médecin. Mes parents résident en Guadeloupe où ils sont retournés vivre pour leur retraite. Ensuite, parce-que ce jour où tous deux s’étaient rendus à l’aéroport pour se faire vacciner, ils avaient trouvé une sorte de barrage tenu par des opposants à la vaccination contre le Covid. Ecoutant leurs arguments, mon père avait alors signalé à ma mère :

« Leur vaccin n’est pas encore tout à fait au point. On va attendre encore un peu ». Et, mes parents avaient rebroussé chemin. Ça, c’était avant que les Antilles et l’île de la Réunion ne fassent la Une des journaux concernant l’essor de la pandémie. Et que l’on nous apprenne les chiffres d’une population sous-vaccinée contre le Covid, de l’ordre, à peu près de 25 à 30 pour cent. Contre près de 70% de personnes vaccinées contre le Covid dans l’Hexagone, aujourd’hui.

 

Une situation pas normale

 

Nous devions être en aout lorsque ma mère m’a à nouveau demandé conseil à propos de la vaccination anti-Covid. Elle ne savait plus quoi faire au vu de toutes les informations contradictoires. Au point de m’adresser elle-même le 4 aout, par exemple, une vidéo mettant en garde contre la vaccination. Etait-ce l’intervention en Créole du syndicaliste Elie Domota ? C’est possible.

Le 4 aout devait être la date de ma première injection, avec le Pfizer, dans ma ville, à une dizaine de minutes à pied de chez moi.

 

Mes réserves initiales et mes doutes- déjà bien constitués- envers la vaccination anti-Covid proposée, ajoutés à cette vidéo et certainement d’autres propos m’ont poussé à annuler ce rendez-vous du 4 aout.

 

J’ai fini par répondre à ma mère que je devrais savoir lui répondre. Mais que j’en étais incapable car la situation que nous vivons est « anormale ». Et, particulièrement, « notre » façon de répondre et de réagir par rapport à cette pandémie du Covid.

 

Réagir ou agir « normalement », c’est à la fois adopter une attitude raisonnable. Mais, aussi, celle appliquée ou suivie par la majorité. Cette association du raisonnable avec la majorité garantit en principe l’équilibre et la pérennité du plus grand nombre. Les mêmes règles et les mêmes lois, connues de tous, facilement identifiables, graduées selon l’âge et les capacités, acceptées et supportées par le plus grand nombre, donc par la majorité, permettent de vivre dans un certain confort et une certaine entente générale et durable. Soit ce qui définit une civilisation, une  société, une culture, une nation. L’envers du chaos, des guerres et des conflits.

 

Ce projet de civilisation, de société, de culture et de nation, je me suis généralement évertué à le rejoindre comme à m’y faire intégrer. Sauf que mes « retours » d’expérience depuis le début officiel de la pandémie en mars 2020 me font particulièrement douter, voire tituber à devoir ingurgiter certaines « nouvelles » lois.  

 

Mes « retours » d’expérience :

 

La principale continuité dans laquelle je me retrouve avec certitude depuis mars 2020, c’est de toujours faire partie des personnes dominées. Que ce soit au sein de certaines minorités ou au sein de la majorité.

 

En Mars 2020, je faisais partie des minorités qui continuaient de se rendre à leur travail.

Les éboueurs, les caissières et les caissiers, les commerçants “alimentaires”, les policières et les policiers, les pompiers, les livreurs, les personnels soignants, médicaux et de ménage hospitaliers, les ambulanciers.

 

Il est possible que j’aie oublié d’autres professions comptant parmi ces minorités. D’une part parce-que je fais en fonction de ce que mon expérience et mon entendement me permettent de comprendre de notre société. D’autre part, parce-que, depuis le début de la pandémie en mars 2020, ces minorités que je viens de citer et celles que j’ai oubliées de mentionner, sont rarement celles que l’on entend s’exprimer en permanence et que l’on prend le temps d’écouter à propos de cette pandémie. Alors qu’elles ont été en première ligne et se sont constituées, aussi, une certaine expérience sanitaire directe qui pourraient ou devraient servir à la majorité. Or, j’ai l’impression que seulement une partie de cette expérience pratique sert. Principalement, tout ce qui peut faire peur.

 

 

L’année dernière, je faisais partie des minorités héroïques, aujourd’hui, je fais partie des minorités non-vaccinées :

Les sceptiques, complotistes, irresponsables, égoïstes, immorales, irrationnelles, illogiques, inexcusables, les bientôt squelettiques….

Si je devais me fier à tout ce qui nous a été dit et répété depuis le début concernant la pandémie du Covid (officiellement en mars 2020 en France), aujourd’hui, le pays devrait être orphelin par milliers en éboueurs, caissières et caissiers, commerçants “alimentaires”, policières et policiers, pompiers, livreurs, personnels soignants, médicaux, de ménage, hospitaliers et aussi ambulanciers.

 

Parce-que ces minorités ont d’abord été exposées à la pandémie du Covid pendant plusieurs semaines mais aussi à une pénurie de masques, durant les six premières semaines à compter de mars 2020.  

 

Parce qu’un certain nombre de professionnels faisant partie ces minorités ont contracté le Covid.

 

 

Dix huit mois plus tard, par exemple, la pénurie en personnel soignant dans les hôpitaux publics s’est aggravée à ce que j’ai pu lire dans la presse. Parce-que tous ces personnels soignants sont allés s’implanter dans des cimetières ? Je ne crois pas.

 

La charge anxiogène qui nous a été administrée depuis l’année dernière dans le traitement médiatique de la pandémie du Covid a été maximale. Même le site indépendant Prescrire l’a souligné dans un de ses articles. J’ai eu la surprise hier soir ou avant hier soir de découvrir un article sur ce thème alors que je cherchais à grappiller des informations sur les vaccins anti-Covid. Pour conserver ma décision de me faire vacciner.

Le site Prescrire, dans cet article, va jusqu’à préconiser de limiter à une heure par jour, je crois, le moment où l’on reçoit des informations relatives à la pandémie du Covid.

Le site Prescrire dit plutôt du bien des vaccins à ARN messager, Pfizer et Moderna, qu’il recommande en première intention avant les vaccins Astrazeneca et Johnson & Johnson. Le site nomme ces vaccins par leur appellation scientifique.

Si cette charge anxiogène qui nous a tabassé à propos de la pandémie du Covid, via les media, et aussi le gouvernement avec ses revirements successifs, a été “maximale”, j’ai commencé à m’apercevoir qu’elle a aussi été rapidement “oubliée” voire niée. La première personne à me rendre témoin de cela avait été une collègue infirmière- aujourd’hui à la retraite- en arrêt de travail dès le début du premier confinement. En revenant dans le service plusieurs semaines plus tard, cette collègue avait été étonnée lorsque je lui avais dit que nous nous étions fait “tabasser” psychologiquement par toute la charge anxiogène relative aux informations balancées à propos de la pandémie du Covid. Cette collègue- qui avait sûrement préféré se protéger en restant chez elle dès le début du premier confinement en mars 2020- avait réagi devant moi comme s’il n’y avait jamais eu la moindre inquiétude épandue en France à propos de la pandémie du Covid. Et que je lui racontais des histoires. 

Je croyais alors que cette amnésie ou ce déni était spécifique à cette collègue. Je crois aujourd’hui de plus en plus que cette amnésie et ce déni sont partagés par d’autres personnes depuis le début de la pandémie du Covid l’année dernière. Et, c’est facile à comprendre : cette amnésie et ce déni aident à se relever et à poursuivre. A continuer de vivre. A aller de l’avant. A ne pas regarder en arrière et y retrouver ce qui a pu effrayer ou faire souffrir. Ils sont ce que l’on appelle des mécanismes de défense psychique devant certaines situations stressantes et émotionnellement difficiles voire traumatisantes. Peu importe l’âge, le sexe, la constitution ou l’expérience que l’on a. Chaque personne a ses limites. 

Argenteuil, butte d’Orgemont, samedi 4 septembre 2021.

 

Des personnes sont mortes du Covid. Je ne conteste pas la pandémie non plus. Mais, dix huit mois plus tard, avec d’autres, je suis encore vivant. Je ne suis pas une exception. Et, au lieu d’en être content et de chercher à savoir ce qui a pu permettre ça, la tendance est plutôt de continuer à nous faire entrer dans la tête des pensées telles que :

 

« Vous avez eu beaucoup de chance jusqu’à maintenant ! » ; « ça ne va pas durer ! ». « Vaccinez-vous au plus vite ! C’est le mieux à faire ! ». « Regardez, dans les services de réanimation, désormais, on retrouve principalement des patients atteints du Covid non vaccinés ! Même BFM TV le dit ! ».

« Puisqu’on vous le répète ! ».

Une infectiologue, plutôt à l’aise dans les média, a avancé qu’avec le variant Delta, tout le monde allait se faire contaminer cette fois-ci par le Covid. 

 

Néanmoins, malgré toutes ces annonces répétées, les vaccinodromes à portée de main et de clic, les tentes de test PCR et antigénique bien visibles, je continue de slalomer entre le oui et le non pour me faire vacciner.

Ces derniers jours, je me suis demandé la raison pour laquelle je réagissais comme ça étant donné que tout est si « clair » pour la majorité.

 

Révolutionnaire et anarchiste ?

 

« Je ne te savais pas aussi révolutionnaire » a rigolé au téléphone un de mes cousins il y a quelques jours. Je venais de le surprendre en lui apprenant que je n’étais pas vacciné contre le Covid. Mon cousin ne me l’a pas dit, mais il a sûrement aussi pensé : “Sacré Franck ! C’est vraiment un original !”.

 

Un de mes amis, infirmier à la retraite depuis un an, m’a traité « d’anarchiste » avec le sourire alors que je déjeunais avec lui et sa compagne, également à la retraite. Tous les deux vaccinés, ils m’ont reçu à leur table comme si ma non-vaccination était davantage une particularité qui pouvait me causer des ennuis économiques que constituer un risque pour leur santé.

 

Sauf que je ne suis ni « révolutionnaire », ni « anarchiste ». Par contre certaines situations vécues depuis l’année dernière m’incitent beaucoup à croire ou à comprendre que la réponse officielle et légiférée à la pandémie donne beaucoup plus la priorité à l’économie qu’à la santé. Pour résumer :

 

Tout ce qui rapporte beaucoup de fric ou peut en ramener très vite est d’abord privilégié. C’était déjà comme ça avant la pandémie du Covid. Cela s’est accentué depuis la pandémie.

La Gazette du Val d’Oise, mercredi 8 septembre 2021.

 

Ce samedi 11 septembre 2021, je peux à nouveau retourner librement, et sans passe sanitaire, dans un centre commercial près de chez moi. ( Test PCR). 

Par contre, je ne peux toujours pas retourner librement dans la petite médiathèque de ma ville. Il me faut encore fournir un passe sanitaire ou un Test antigénique ou PCR de moins de 72 heures.

 

Devant la médiathèque de ma ville, ce samedi 11 septembre 2021. Sur la barrière, on peut apercevoir les consignes concernant les conditions d’accès. Passe sanitaire, test PCR et antigénique de moins de 72 heures…. Bien-sûr, le port du masque y est obligatoire.

 

 

 

On pourrait me répondre qu’il y a un public mineur, enfant ou adolescent, qu’il convient de préserver de la pandémie du Covid dans la médiathèque ?

Mais ce public mineur, enfant et adolescent, peut très bien se retrouver dans le centre commercial à nouveau « disponible » sans passe sanitaire près de chez moi. Et, dans ce centre commercial, bien plus fréquenté que la médiathèque, le port du masque suffit et est obligatoire. Comme dans la médiathèque.

L’une des entrées du centre commercial Côté Seine, ce samedi 11 septembre 2021. Il y a encore quelques jours, il fallait présenter son passe sanitaire ou le résultat d’un test PCR ou antigénique de moins de 72 heures pour y entrer.

 

Un centre commercial, ça rapporte du fric. Une médiathèque, non. C’est être « révolutionnaire » et « anarchiste » d’écrire ça ?!

Aujourd’hui, toujours, dans la ville où j’habite, à Argenteuil, c’était la journée des associations. Il fait beau et chaud depuis plusieurs jours. On se croirait en été. Sauf lorsqu’il pleut brutalement. Mais, aujourd’hui, il a fait beau. Les stands des associations, cette année, ont tous été mis dehors. Dont, une partie près des berges de Seine. Une très bonne et très audacieuse initiative et aussi un très vieux projet de la mairie d’Argenteuil. Récupérer les berges de Seine pour les piétons. Il est certain que la mairie saura tirer avantage de la réussite de cette manifestation pour son bilan. Mais pour accéder à cette journée des associations qui s’est donc déroulée essentiellement à l’extérieur, la présentation d’un passe sanitaire était obligatoire.

Entrée de la journée ou forum des associations à Argenteuil, ce samedi 11 septembre 2021.

 

Bien-sûr, on me rappellera que tout événement public, à l’extérieur, à partir d’une certaine envergure et affluence, nécessite désormais la présentation d’un passe sanitaire. Mais à quoi servent donc les masques anti-Covid ? Et le fait d’être à l’extérieur ? Et dans le centre commercial, alors ? Il passera moins de personnes, enfermées dans le centre commercial, qu’à ce forum des associations en effet très suivi comme chaque année ?

 

Pour la deuxième fois, depuis l’instauration de ces nouvelles lois en faveur du passe sanitaire, j’ai fraudé. La première fois, c’était pour m’asseoir sur un banc, dehors, à quelques mètres de l’entrée d’un lieu de restauration. Afin de manger un sandwich, à l’écart, avec une amie vaccinée contre le Covid. Là, j’ai fraudé par opportunisme. Je n’étais pas venu pour frauder. J’avais même oublié que c’était la journée des associations à Argenteuil. Et, j’ai fraudé pour quelle raison ?! Pour me rendre à une journée des associations dans ma ville. J’ai fraudé avec un masque. Nous sommes dehors. J’ai croisé différentes personnes sans masque lors du forum. Normal, nous sommes dehors. Et puis, la plupart de ces personnes sont supposées être vaccinées. Ce n’est pas grave. Même si l’on sait aussi que, même vacciné, on peut être porteur du virus et contagieux.

Journée ou forum des associations à Argenteuil, ce samedi 11 septembre 2021.

 

 

Chaque samedi, depuis au moins le mois d’aout, des personnes opposées au passe sanitaire et anti-vaccins manifestent dans Paris et en France. Il y ‘en aurait de moins en moins. Moins de deux cent mille, officiellement. Par contre, ces personnes seraient de plus en plus « radicalisées ». Je vais prendre mon exemple : j’ai fraudé deux fois depuis l’instauration du passe sanitaire. Je suis donc en phase de « radicalisation » ?

Pour m’être assis sur un banc pour manger un sandwich et pour pouvoir me rendre à une journée des associations à l’extérieur en portant un masque ?!

 

Je ne rapporte pas d’argent. J’en perds plutôt. Je fais partie de la minorité qui n’est pas  du tout un exemple à suivre. Au contraire d’une certaine minorité qui a su investir ou faire fructifier une entreprise porteuse en cette période de pandémie :

 Vaccins, masques anti-covid, gel hydro-alcoolique, sites de vente sur internet, autres….

 

J’allais oublier de dire qu’hier, le vendredi 10 septembre, c’était la journée du suicide. Une journée où l’on sensibilise les gens au suicide. Aux signes avant coureurs. Comment aider. J’ai appris hier soir que  c’était la « journée du suicide ». En France, chaque année, il y aurait 9000 suicides par an. L’un des chiffres les plus élevés d’Europe. Mon attitude envers la vaccination anti-Covid a quelque chose de suicidaire. Si je m’en tiens, à la fois aux risques d’attraper le Covid mais aussi aux sanctions économiques qui vont bientôt me tomber dessus, il y a quelque chose de suicidaire dans ma posture. Je me dois de l’admettre ou de l’envisager. Même si je fais de mon mieux pour prévenir le suicide chez les autres.

 

Cependant, un commerçant, apprenant mes doutes, m’a surpris. Je le croyais entièrement convaincu. Il m’a révélé son scepticisme envers la vaccination anti-Covid en « raison du manque de recul » des vaccins actuels. Heureusement, sa direction a su le soutenir :

 

« C’est soit tu te vaccines, soit tu fermes ta boutique ! ».  Ce qui fait penser à une nouvelle version de «  Soit tu te vaccines, tu fermes ta gueule et tu restes ouvert. Soit tu l’ouvres et tu fermes ta boutique pour toujours ! ».

 

Mais à propos des arguments que l’on pourrait servir aux personnes qui doutent de ces vaccins, je crois aussi entendre celui-ci :

 

« Prends le vaccin, et jette-toi dans le vide ! Tu ne crains rien. On ne peut pas trop te dire où tu vas atterrir. Qui vivra, verra. Tu verras bien ! ».

 

Tu verras bien

 

Ce que je « vois », c’est que j’ai eu l’audace ou la naïveté de croire que je pourrais me passer de ce vaccin anti-Covid. Ou que je pourrais prendre mon temps avant de me décider pour un vaccin dans lequel j’aurais eu le temps de croire. Dans lequel j’aurais pu prendre le temps de mettre ma confiance.

 

Pour ces raisons, lorsqu’il y avait eu tous ces éclats à propos du professeur Raoult il y a quelques mois, j’avais écouté tout ça de très très loin. Je n’avais aucun avis sur l’Hydro…. Je me sentais très bien dans mon ignorance sur ces sujets avec mes masques anti-Covid, mon lavage de mains et mes gestes barrières.

 

Aujourd’hui encore, j’ai du mal à retenir les noms des médicaments évoqués lors du « débat » Raoult. Même si je me rappelle plus facilement de l’Ivermectine. Parce-que je me suis retrouvé devant deux ou trois fois dans la pharmacie de mon service.

 

Quant au professeur Raoult, alors que son pic de popularité et de médiatisation est aujourd’hui moindre qu’il y a quelques mois, chaque fois que je l’écoute dans une vidéo, j’ai du mal à comprendre ce qu’il explique. Il est sûrement très intelligent et bien plus compétent que moi, de toutes façons, concernant la pandémie du Covid. Mais je trouve qu’il manque souvent des réponses simples et courtes aux questions qu’on lui pose.

Si la prudence est de mise pour parler de science, de constatations et de résultats, j’ai l’impression qu’il « rajoute » beaucoup de prudence par dessus la prudence pour répondre à certaines questions. Peut-être parce qu’il a subi beaucoup d’attaques et de pressions dont je n’ai pas idée. Ces polémiques qui piquent rapidement et abondamment rendent aussi « anormale » l’expérience de cette pandémie.

 

Cependant, si j’ai pu croire que je pourrais soit me passer d’une vaccination anti-Covid, soit prendre mon temps avant de me décider, c’est parce-que, à ce jour, comme d’autres personnes faisant partie des minorités directement exposées, je n’ai pas attrapé le Covid. A une « époque », l’année dernière, où durant plusieurs mois, il n’existait pas de vaccin anti-Covid. Je crois donc beaucoup aux bienfaits des gestes barrières tels que le port du masque, le lavage des mains avant tout, le fait d’aérer autant que possible. Puis, vient la distanciation sociale. Je devrais placer la distanciation sociale dans le trio de tête immédiat des gestes barrières. La distanciation sociale est un geste barrière qui compte. Sauf que la distanciation sociale, nous savons très bien depuis des mois qu’il est des circonstances où il n’y en n’a pas :

 

Dans les transports en commun et dans les gares aux heures de pointe. Il faudrait donc arrêter les transports en commun et fermer toutes les gares ? Ce serait immobiliser l’économie. Laisser s’accumuler des tensions sociales qui finiraient par s’étendre dans toute la société jusqu’à l’éclatement. Mieux vaut donc permettre la circulation des gens tout en les contrôlant de plus en plus, progressivement, de façon à leur laisser le temps de s’y habituer. Et de croire que c’est leur choix.

 

 L’autre particularité de la distanciation sociale, c’est qu’elle isole. Et s’oppose aussi, d’une certaine façon, à une certaine solidarité. Puisque l’on se voit moins, que l’on se rassemble moins et que l’on échange donc moins nos informations et nos expériences. Au contraire des minorités dirigeantes, qui, elles, continuent de se refiler les bons tuyaux et les bons filons.

 

La vaccination anti-Covid, en France, est devenu un sujet aussi sensible que la religion, la sexualité, l’appartenance politique ou le salaire que l’on gagne.

 

J’ai envoyé un nouveau mail, le second,  à la mairie de ma ville. Comment justifier que l’on puisse désormais, à nouveau, librement accéder à un centre commercial. En portant un masque anti-Covid. Et qu’il faille toujours, ce samedi 11 septembre, fournir un passe sanitaire ou un test PCR ou antigénique de moins de 72 heures pour entrer dans une médiathèque ? Tout en portant un masque anti-Covid.

 

Que le maire applique la loi, c’est un fait. Mais au travers de cette expérience, je comprends qu’un maire se doit aussi de savoir interroger la loi. Et, pas seulement agir pour bien se faire voir de celles et ceux qui sont au dessus de lui. Car si l’on suit ce raisonnement qui consiste à strictement appliquer la loi sans l’interroger, dans d’autres circonstances, on pourrait aussi laisser des gens mourir au prétexte qu’ils ne relèvent pas de notre juridiction ou de notre champ de compétences. Ou parce-que la loi n’a rien prévu dans ce genre de cas de figure. Une loi n’empêche pas encore d’observer et de penser. Mais ça va peut-être bientôt arriver.

 

Me voici donc définitivement, ou à peu près, paranoïaque. Ou, plus simplement, je n’ai toujours rien compris aux mesures et aux décisions simples et bienveillantes prises pour nous face à cette pandémie du Covid. Je suis un mauvais exemple. Il est évident que je fais preuve de mauvaise volonté.

 

Franck Unimon, ce samedi 11 septembre 2021.

 

 

 

 

 

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Test PCR

»Posted by on Sep 8, 2021 in Argenteuil, Cinéma, Corona Circus | 0 comments

Test PCR

 

                                                       Test PCR

Le Test PCR et le test antigénique sont les alternatives à la vaccination anti-Covid. Chaque fois que l’on souhaite se rendre dans certains lieux publics ( cinémas, théâtres, salles de concert..). Avant la pandémie du Covid, on ne parlait pas ou alors seulement de façon très confidentielle du test PCR et antigénique.

 

J’ai l’impression d’être un homme du passé à parler de test PCR et de test antigénique alors que désormais la grande majorité des Français est vaccinée contre le Covid et est passée à d’autres sujets. Comme, par exemple, les attentats du 13 novembre 2015 dont le procès a débuté ce 8 septembre 2021. Un événement que j’essaierai de “suivre” en regardant des documentaires ou, si c’est possible, en assistant au procès. J’étais allé à une audience du procès des attentats “de” Charlie Hebdo. Alors que j’avais pris quelques notes, je n’avais pourtant pas publié d’article car entraîné ensuite par d’autres sujets. Et, aujourd’hui, je me demande quel est l’intérêt d’écrire un article a posteriori sur cette expérience alors que le jugement a été rendu. Et que des comptes-rendus de ce procès plus exhaustifs en ont été faits, que ce soit dans et par Charlie Hebdo ou par d’autres média et ouvrages.

Le journal ” Charlie Hebdo” de ce mercredi 8 septembre 2021.

 

Pourtant, j’écris aussi pour témoigner. Cet article-ci, Test PCR, j’aurais déja dû l’avoir écrit il y a plusieurs jours. Et, j’en ai déja d’autres en tête. J’ai écrit quelques notes de départ. Mais, plus tard, cet article devrait aussi avoir son importance. Et, pour lui, j’estime qu’il est encore dans notre temps présent. C’est la raison pour laquelle je m’arrête “sur” lui aujourd’hui. Même si, pour cela, il faut retourner au mois de mars.

 

En mars de cette année, j’avais été considéré cas contact deux fois à une semaine d’intervalle, au travail. Les seules fois, pour l’instant, où cela m’est arrivé d’être classé « cas contact ». Mars, c’était il y a six mois. Il y a déjà très longtemps.

 

Il y a “très longtemps”, j’étais donc allé faire un test antigénique dans une pharmacie du sixième arrondissement. J’étais curieux de l’expérience.

 

Sous la tente montée devant la pharmacie, la jeune testeuse avait un livre posé près d’elle. Un ouvrage de Romain Gary. Peut-être La Vie devant soi.  Cela m’avait rappelé des bons souvenirs. La jeune professionnelle m’avait été présentée comme douce par sa collègue qui m’avait reçu.

La douceur et les bons souvenirs s’étaient brutalement perdus après l’entrée de la tige du test antigénique dans ma première narine. Puis dans la seconde.

 

Je n’avais pas du tout aimé l’expérience. Mais j’avais passé le test. Et le résultat était négatif.  J’étais donc débarrassé et satisfait.

 

Une semaine plus tard alors que j’allais partir au travail, je recevais un appel de ma  cadre supérieure.  Pour me demander de faire un test antigénique. Je ne voyais pas pourquoi…j’ai exprimé mon étonnement.

Jusqu’à ce que j’apprenne qu’un autre de mes collègues avait eu « une trace » de positivité au Covid. Et qu’il fallait refaire le test.

A la pharmacie, on m’avait expliqué que le délai était trop court entre le moment où ce collègue s’était déclaré positif « avec une trace ». Et celui où il m’était demandé de faire ce test antigénique. L’assistante en pharmacie avait bien voulu l’expliquer directement à ma cadre supérieure. Mais celle-ci avait préféré que je refasse un test antigénique « car c’était la procédure ».

 

Là aussi, le résultat avait été négatif. Et, après avoir été positif « avec une trace », lors d’un second PCR, le collègue s’était finalement révélé être vraiment négatif.

 

Depuis ces deux expériences, je tiens le test PCR et le test antigénique pour des procédés barbares. Je ne comprends pas qu’en 2021, ces deux tests aient été en particulier ceux qui ont été privilégiés pour des résultats rapides. Il suffit de 15 minutes pour connaître le résultat avec le test antigénique. Il faut attendre 24 à 48 heures « selon les laboratoires » après un test PCR.

 

Je n’ai pas passé de test PCR mais j’ai cru comprendre qu’il était « plus profond » que le test antigénique que j’ai trouvé particulièrement désagréable. Peut-être que cela changera dans environ un an.

Le journal ” Le Figaro” de ce mercredi 8 septembre 2021.

J’ai lu aujourd’hui que l’entreprise Valeo « l’équipementier automobile français » a inventé un détecteur de Covid équipé de capteurs qui peut donner un résultat en deux minutes. Mais j’ai aussi lu que ce détecteur serait vendu 2500 euros, ce qui en fera peut-être un objet réservé à certains endroits. Cependant, nous sommes déjà là dans le futur et les supputations. Retournons dans le passé de ce mois d’aout.

 

Au mois d’aout dernier, j’étais retourné accompagner ma fille jusqu’à la médiathèque pour la troisième fois. J’étais revenu la chercher à la sortie à une heure indiquée puisque je ne pouvais pas entrer.

 

Alors que je l’attendais, un étudiant d’une vingtaine d’années s’est présenté devant le bibliothécaire, qui, dehors, vérifiait les QR Code des passes sanitaires. Ou les résultats de test PCR et de test antigénique.

 

Le résultat d’un test PCR est valable 72 heures. Le jeune a tendu son papier. Le délai était dépassé d’un peu plus d’une heure. C’était un samedi entre midi et quatorze heures en plein mois d’aout.

 

Désolé, le bibliothécaire a dû refuser l’accès de la médiathèque. Le jeune est reparti sans broncher.

Je « connais » ce bibliothécaire. C’est quelqu’un d’arrangeant. Peut-être que moi présent, moi, un habitué interdit de séjour dans la médiathèque pour défaut de passe sanitaire, il lui était impossible de laisser passer ce jeune. Mais j’ai été encore plus désolé pour ce jeune. Se farcir un test PCR pour, pour un peu plus d’une heure de dépassement, se retrouver devant une médiathèque comme devant une boite privée pratiquant le délit de faciès, j’ai trouvé ça dur. Je préférais encore être à ma place.

 

C’est sans doute après ce jour-là que je me suis rendu compte qu’en tant que citoyen qui paie ses impôts, l’Etat et donc la mairie de ma ville qui « dirige » cette médiathèque, me doit certains services. Comme l’accès à cette médiathèque. J’ai donc envoyé un mail ce 18 aout à ma mairie en pensant que personne ne me répondrait avant longtemps.

 

Finalement, il y a quelques jours, le 2 septembre, j’ai reçu un premier mail de la nouvelle directrice de la médiathèque. Et nous avons un peu correspondu. Celle-ci m’a entre-autres répondu :

 

« Selon le décret d’application du 7 août 2021, les collectivités territoriales sont dans l’obligation légale de mettre en place le passe sanitaire dans l’ensemble des lieux culturels recevant du public. Le réseau des médiathèques d’Argenteuil répond à cette obligation :https://www.legifrance.gouv.fr

L’ensemble des lieux culturels de France sont dans l’obligation légale d’assurer ce décret.

 

Toutefois, afin de maintenir notre lien avec l’ensemble de nos publics, nous avons mis en place dès le début de la crise sanitaire l’offre en ligne « Tout apprendre » sur le portail des médiathèques qui comprend notamment une offre de livres, BD, films, formations, aide aux devoirs et musique : https://argenteuil.bibenligne.fr/biblio-num

 

Vous avez également la possibilité, via ce même portail, d’effectuer des réservations sur les documents que vous souhaiteriez emprunter, votre fille pouvant les retirer à la banque de prêt.

 

Restant à votre disposition et au plaisir de vous recroiser prochainement dans l’une de nos médiathèques. »

 

Son rappel de l’obligation légale du passe sanitaire pour les médiathèques n’était pas nécessaire. Puisque j’ai compris qu’elle ne fait « qu’appliquer » la Loi. Et, avant ça, elle ne fait qu’appliquer ce que la mairie de ma ville lui dit de faire. Mairie qui se décharge sur elle de ses propres responsabilités. Car ce n’était pas à cette responsable de la médiathèque de se justifier et de me répondre. Cette directrice de médiathèque n’est ni l’autrice et ni la décisionnaire de la politique culturelle de la ville. Elle fait avec les autorisations que lui donne la mairie. Mais ce n’était pas à moi de débattre de ça avec elle. D’autant qu’elle m’a paru sincère et de bonne volonté dans ses mails.

 

Quant à moi, mon mail avait surtout pour but de questionner la Loi. La légitimité de cette Loi qui interdit à un citoyen d’entrer dans une médiathèque, même avec un masque anti-Covid, pour des raisons sanitaires.

 

Une Loi selon moi assez arbitraire. Un arbitraire devenu encore plus flagrant aujourd’hui, ce 8 septembre 2021. Puisque le passe sanitaire qui était obligatoire dans certains centres commerciaux, selon leur envergure, a cessé de l’être dans le Val d’Oise. Après une plainte déposée ( les propos exacts sont : ” Me Yoann Sibille avait ainsi déposé un recours devant le tribunal administratif de Cergy-Pontoise” La Gazette du Val D’Oise de ce mercredi 8 septembre 2021, page 8. Un article rédigé par Thomas Hoffmann). Le Ministre de l’économie, Bruno Le Maire, a « assoupli » les conditions d’accès à certains centres commerciaux.

Le journal ” Les Echos” de ce mercredi 8 septembre 2021.

 

 La disparition de cette obligation du passe sanitaire pour aller dans certains centres commerciaux pourrait être une « bonne » nouvelle. Sauf que le préjudice évoqué, et qui a porté, est spécifiquement économique. L’obligation du passe sanitaire a fait perdre ou aurait fait perdre 20 à 30 pour cent du chiffre d’affaire de certains centres commerciaux.

 

Le journal ” Les Echos” de ce mercredi 8 septembre 2021.

 

Quel est le préjudice économique d’une médiathèque moins fréquentée à cause de l’obligation du passe sanitaire ? Je ne suis pas reparu devant la médiathèque depuis mon mail du 18 aout, je crois. Et, je suis curieux de voir si les conditions d’accès à la médiathèque ont changé. Mais je ne crois pas. Je crois qu’aujourd’hui encore, il faudra fournir un QR Code ou le résultat d’un test PCR ou antigénique valable pour y entrer. Pendant ce temps, je pourrai de nouveau aller me balader autant que je le voudrai dans le centre commercial Côté Seine de ma ville. Centre commercial où, bien-sûr, il ne se trouve aucune médiathèque et où circule bien plus de monde, en période de pandémie du Covid, que dans la médiathèque où j’ai mes habitudes.

Journal “La Gazette du Val d’Oise” de ce mercredi 8 septembre 2021. L’article rédigé par Thomas Hoffman cité plus haut.

 

 

Il faudrait que je vérifie comment ça se passe maintenant, pour entrer dans la médiathèque de ma ville. Que je me rende au centre commercial Côté Seine puis que je me déplace jusqu’à la médiathèque. Dix minutes à pied les séparent.

Vu que je n’aime pas beaucoup aller dans le centre commercial Côté Seine, et que je m’y rends le moins possible, cela va me demander un effort supplémentaire de plus.

Pour lire mon avis sur le film La Nuit Des Rois-un film de Philippe Lacôte sorti ce mercredi 8 septembre 2021. 

Franck Unimon, ce mercredi 8 septembre 2021 ( et ce jeudi 9 septembre 2021).

 

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Un acte politique

»Posted by on Août 18, 2021 in Argenteuil, Corona Circus | 0 comments

Un acte politique

Photo prise ce mercredi 18 aout 2021 à Argenteuil, non loin de la mairie et de la médiathèque.

                                                 Un acte politique

La foule

 

 

« Tout acte est politique ». Nous avons tous entendu ça un jour. A partir de là, tirer la chasse d’eau dans les toilettes ou laisser déborder la cuvette des chiottes- sans les nettoyer- peut aussi être vu comme un acte politique. Pisser par terre sans essuyer, aussi. 

 

Je n’ai pas de passé de militant politique. J’ai très peu mouillé le maillot dans des manifestations ou dans des assemblées syndicales, associatives ou autres. Je me méfie des mouvements de foule et de groupe. Il y a bien-sûr ma conversion très facile au « théorème » de l’humoriste Pierre Desproges qui expliquait que pour connaître le quotient intellectuel d’un groupe ou d’une foule, qu’il fallait le diviser par le nombre de personnes qui le ou la constituait.

 

Mais il y ‘a d’autres paramètres qui comptent pour moi et qui rejoignent ce « théorème ».

 

Une foule, à moins d’y aller en famille, c’est beaucoup de personnes inconnues. On peut bien sûr y faire des rencontres indispensables. Mais, le plus souvent, la plus grande partie de celles et ceux que nous avons côtoyées restent pour nous des anonymes. On est moins maitre de soi dans une foule. En terme de repli, d’esprit critique mais aussi pour nos décisions.

 

D’une certaine façon, se mêler à la foule, c’est lui faire confiance. Et, tout le monde qui constitue cette foule se livre à cette confiance assez aveugle. On suit le mouvement. Ça peut donner à vivre des moments très agréables, de liesse ou de grande communion.  Pacifique ou destructrice. Ça peut aussi revenir à se retrouver dans une cuvette remplie de désherbant lorsque ça dérape. Ou lorsque la peur remplace solidement le fragile sédiment d’union.

 

Les incendies du Monde

 

Ces deux-trois derniers jours, on parle de plus en plus des incendies en Chine, en Russie et dans une autre partie du Monde. Tout cela est lié à la désertification et au réchauffement climatique. On parle aussi des Talibans qui ont repris l’Afghanistan depuis le départ des dernières troupes militaires américaines. L’opticien avec lequel j’ai mes habitudes m’a parlé des conditions de vie qui se sont particulièrement dégradées au Liban ces dernières semaines. Il est très difficile d’y trouver du pain. De l’essence pour les voitures. Les gens ont droit à vingt litres d’essence. Les coupures d’électricité sont fréquentes. La retraite n’existe pas au Liban. On y travaille jusqu’à la mort. Son grand-père, atteint d’un cancer, travaillait encore une semaine avant sa mort.  

 

Ces sujets- et d’autres- sont inquiétants. Ils permettent aussi de parler d’autres sujets que la pandémie du Covid, des pro-vaccins, des anti-vaccins, et des désunions profondes que ces sujets causent.

 

Mais sans parler de ça, et avant même que de nouveaux actes terroristes n’assombrissent encore plus nos visages, quelques événements quotidiens banals nous montrent déjà que notre union générale a une composition assez voisine de celle de certains de ces produits que l’on achète en grande surface.

 

Il y a un peu plus de trois ans, alors que l’on parlait davantage des attentats terroristes islamistes, une jeune femme avait dû subir l’insistance d’un homme en public. C’était dans le métro à une heure de pointe. L’homme était un « beau bébé », d’un mètre quatre vingt à un mètre quatre vingt dix. Il devait porter un vêtement militaire pour que je me sois imaginé qu’il devait être du genre engagé dans l’armée. Laquelle lui permettait sans doute d’avoir des règles de vie. Une tenue de route. Des ordres à appliquer. Une discipline.

 

Là, livré à lui-même, parachuté dans la vie et l’isolement social,  il avait bu quelques bières. En canettes ou en petites bouteilles de verre. Il était plus lourdaud qu’un pervers à la Fourniret. Mais il était néanmoins imposant, intimidant et à côté de la plaque.

La jeune femme avait peine à se soustraire de ses « avances ». Dans le métro qui s’ébrouait, sur la ligne 4, personne ne bougeait. Un de ces métros « serpent » où toutes les voitures communiquent entre elles.

 

C’est en entrant dans le métro et en m’asseyant  à quelques mètres que j’ai vu ça. Ce jour-là, je n’ai pas réfléchi. Parce-que pour agir « juste », c’est cela le paradoxe, que ce soit en amour, lors d’une dispute ou pour aider quelqu’un, il faut aussi savoir…ne pas réfléchir. Savoir se faire confiance. S’exprimer comme ça nous vient.

 

L’homme aux lunettes jaunes

 

Ce jour-là, j’ai été suffisamment confiant pour, très vite, faire signe à la jeune femme de venir s’asseoir à côté de moi. Une place était libre. La jeune femme a vu mon geste puisqu’elle s’est déplacée jusqu’à moi. Je ne suis plus sûr qu’elle se soit assise à côté de moi. Mais je sais lui avoir parlé et lui avoir demandé où elle voulait descendre. C’était une ou deux stations de métro plus loin.

Quelque chose dans mon attitude avait vraiment dû lui inspirer confiance car, à cette époque, je portais des lunettes de vue plus ou moins à double foyer dont les premiers verres étaient de couleur jaune. Si j’était plutôt content de mon choix alors, aujourd’hui, lorsque je revois certaines photos de moi avec ces lunettes, je me dis que je n’étais pas du tout à mon avantage.

 

Le gros bébé, lui, seul sur la piste, comme si une femme l’avait planté en plein slow, s’était un peu énervé. Il avait jeté sa canette de bière par terre. De la mousse avait coulé. Il avait fait quelques pas  dans notre direction. Un autre homme, plus jeune que moi, plus petit que notre « gorille », mais aussi plutôt longiligne s’était comme mis sur la trajectoire de « l’envahisseur ». Lequel avait aboyé des propos ou des menaces que notre deuxième homme, notre deuxième ligne, avait laissé passer. Puis, ça avait été « tout ».

 

Notre jeune femme avait pu sortir du métro. Je serais incapable de la décrire. Je me rappelle qu’un homme, un peu plus loin, m’avait ensuite adressé un regard. Comme si, pour lui, j’avais pu constituer une forme de soutien. Alors que j’estimais être presque rien. Je ne sais pas de quoi j’aurais été capable si notre « homme » avait été agressif physiquement envers moi. Je n’y avais pas réfléchi en faisant signe à cette jeune femme. Je n’avais pas eu le temps d’avoir peur. Mais j’avais eu le temps de me dire qu’en cas de nouvel attentat (ce devait être après l’attentat du Bataclan), la plupart de ces personnes présentes dans ce métro, ce jour-là, seraient parties dans tous les sens. Et que les terroristes auraient pu en faire ce qu’ils voulaient. Dans les rues de Paris et au Bataclan, les terroristes avaient pris leur pied en tirant sur des gens à balles réelles comme dans une fête foraine. Dans ce qui venait de se passer avec cette jeune femme, je ne voyais pas de quel genre d’échappatoire nous aurions pu disposer face à un scénario terroriste identique à celui du Bataclan. Et, cela, les terroristes le savent. L’Etat, aussi. 

L’Ami de quelqu’un

 

C’est aussi pour cela, sûrement, que je me méfie des foules. Lors d’une action commune, je préfère être entouré de peu de personnes et bien les connaître. Et, évidemment, plus cette action commune sera délicate, plus j’aurai sans doute besoin de bien connaître ces personnes qui m’entourent afin de pouvoir mieux me coordonner avec elles. On critique très souvent les personnes qui, dans les transports en commun, ne bougent pas en cas d’agression. Cette « passivité » s’explique aussi par le fait que toutes ces personnes entre elles ne se connaissent pas et ne connaissent pas la victime. Et, l’agresseur ou les agresseurs profitent  aussi de cette brèche. De cette opportunité.

 

Aujourd’hui, on se dit facilement être l’ami de quelqu’un. Mais c’est une formule. Y compris une formule de politesse. Il est facile d’être l’ami de quelqu’un lorsque tout sourit. Et c’est agréable, aussi. On ne peut pas souhaiter rester en permanence sur le qui-vive et dans la méfiance. On ne peut pas passer son temps à devoir ramper constamment dans la boue et le froid, en pleine nuit, le ventre vide, afin d’échapper à des furies. Ou juste pour se rendre à une séance de cinéma ou pour prendre un verre dans un bar avec quelqu’un.

 

L’anomalie

 

Aujourd’hui, j’ai raccompagné ma fille à la médiathèque de ma ville. J’ai vite renoncé à faire remarquer aux bibliothécaires que je « connais » et qui me « connaissent » qu’il y a une grosse anomalie dans le fait que des gens comme moi, non vaccinés contre le Covid, soient désormais interdits d’accès de la médiathèque. Je crois que faire part de cette anomalie aux bibliothécaires les mettrait mal à l’aise. Je me suis contenté de les saluer de loin. Nous nous sommes souris. Je me suis aussi demandé combien de fois faudrait-il que des usagers familiers comme moi repassent et restent ainsi presqu’à la « porte » de la médiathèque pour que l’une ou l’un d’entre eux, à un moment donné, finissent par se dire qu’il y a quelque chose qui cloche dans cette situation. Je me suis aussi demandé combien de temps, si j’étais à leur place, ou lorsque je suis à leur place dans mon travail, me faudrait-il/me faut-il, pour m’apercevoir qu’il y a quelque chose qui cloche dans ma conduite au regard de certaines situations.

 

L’anomalie est  que la mairie de ma ville ne propose aucune alternative. Car les impôts que je paie depuis des années contribuent au financement des institutions publiques comme les médiathèques et les hôpitaux publics. L’Etat et donc la mairie de ma ville n’ont donc aucune légitimité à m’interdire totalement l’accès à la médiathèque de ma ville. Ou, ils se doivent de me proposer un service alternatif. Car je paie pour ce service public avec mes impôts. Or, depuis plusieurs jours maintenant, l’Etat prend l’argent de mes impôts mais ne me rend pas le service pour lequel mes impôts- et ceux des autres citoyens vaccinés et non-vaccinés contre le Covid- le paient. Et, la mairie de ma ville se comporte donc comme un exécutant zélé de l’Etat. C’est un exécutant de poids mais, aussi, un exécutant décérébré qui manque totalement de recul. Et qui manque, là, à sa mission d’inclusion sociale et culturelle.

Lorsqu’une entreprise prend l’argent ou reçoit de l’argent de ses actionnaires, elle lui doit des contreparties. Sauf si les actions n’ont plus de valeur. Dans ce cas, les actionnaires ont perdu leur argent. Refuser l’accès à des institutions publiques à des personnes qui paient leurs impôts parce-qu’, actuellement, ces personnes ne fournissent pas de passe sanitaire ou de test PCR ou antigénique négatif, cela signifie aussi que, pour l’Etat, les “actions” du service public n’ont aucune valeur. 

 

C’est presque le contenu du mail que j’ai envoyé tout à l’heure à la mairie de ma ville.  Je ne sais pas quand ce mail sera lu. Nous sommes en plein mois d’aout, pendant les grandes vacances. Et, je ne suis personne. Je n’ai pas des millions de vues sur une chaine Youtube. Je n’ai aucun ami dans les sphères politiques, médiatiques ou dans le monde des affaires. Mais mon mail est sans doute un acte politique. Et, je n’ai pas prévu d’aller boire de la bière dans un métro en attendant que l’on me réponde.

 

Franck Unimon, ce mercredi 18 aout 2021.

 

 

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Mes impôts

»Posted by on Août 15, 2021 in Argenteuil, Corona Circus | 0 comments

Mes impôts

Photo prise le 6 aout 2021 à Argenteuil. J’ai revu cette affiche quelques jours plus tard à Paris. Le message est que les baisers “profonds” sont à “jeter” puisque susceptibles d’être transporteurs du virus du Covid. C’est un hasard si le véhicule de transport se trouvait là au moment où j’ai pris la photo.

Mes impôts

Mais, au fait ! Moi, le non-vacciné, coupable de vivre encore sans passe-sanitaire…

Tous les mois, depuis des années, je paie bien des impôts ? Et, maintenant que le prélèvement de l’impôt sur le revenu se fait à la source, chaque mois, sur mon salaire, sont bien prélevés mes impôts ?

 

 

 

Mes impôts participent aussi au financement des hôpitaux publics, des bibliothèques et autres services….alors, je paie pour ça mais je n’y ai plus le droit depuis quelques jours ( En allant à la médiathèque ce samedi 14 aout 2021). Sauf pour les urgences à l’hôpital.

Ça fait penser un peu à du racket dans un pays supposé égalitaire. Ou ça pousse à croire que l’Etat, au moins, et celles et ceux qui appliquent ces nouvelles mesures s’assoient sur certaines lois. Sans penser à mal, bien-sûr.

 

On a le droit d’être pro-vaccin et même d’être persuadé que les anti-vaccins sont des crétins, des illuminés, et tout ce qui s’ensuit. Mais cette histoire d’impôts devrait faire réfléchir n’importe qui. Mais, apparemment, pas trop. La réflexion semble se limiter à : seringue ou pas seringue. Pas au delà.

A côté de ça, les nouvelles mesures sanitaires (passe sanitaire obligatoire) sont appliquées sans discernement. De l’Etat au simple employé qui ne fait qu’executer ….

Bonne nuit.

 

La même affiche qu’au début de cet article, photographiée cette fois quatre jours plus tard à Paris, le 10 aout 2021. Sortie à Paris qui m’a ensuite inspiré l’article “Paris sans passe : Atterrissage ethnique”.

 

 

Franck Unimon, ce dimanche 15 aout 2021.

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En allant à la médiathèque ce samedi 14 aout 2021

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En allant à la médiathèque ce samedi 14 aout 2021

 

En allant à la médiathèque ce samedi 14 aout 2021

 

La peur d’un complot

 

 

En allant à la médiathèque ce samedi 14 aout 2021, je savais que je ne pourrais y entrer désormais. Désormais, un passe sanitaire est obligatoire à l’entrée. « Ou un résultat négatif à un test PCR ou antigénique » a ajouté la bibliothécaire qui a ajouté avoir reconnu ma voix lorsque je l’ai appelée par son prénom.

 

14 ans que je me rends à cette médiathèque. Cette fois, je faisais le trajet pour y accompagner ma fille qui, fort heureusement, maintenant, connaît l’endroit et la plupart des gens qui y travaillent. Cette situation où je la « dépose » à l’entrée de la médiathèque et reviens ensuite la chercher est bien-sûr un bon moyen d’autonomisation pour elle. « D’autres parents font comme ça, aussi » m’avait également dit la même bibliothécaire au téléphone.

 

Au préalable, j’avais expliqué le « topo » à ma fille. En quelques mots. Elle avait pris ça calmement et était plutôt contente de découvrir qu’elle pourrait utiliser la carte de prêt, toute seule. Pour le dvd du dessin animé Trolls 2, ce serait à elle qu’il reviendrait d’aller solliciter la bibliothécaire afin de lui demander si elle pourrait le réemprunter. Car elle n’avait pas eu le temps de le regarder.

 

En nous rapprochant de la médiathèque, je suis tombé sur ce panneau de la Licra contre l’antisémitisme. Je comprends la campagne contre l’antisémitisme. Mais j’ai été surpris par la période d’apparition de ce panneau. Pourquoi maintenant, un 14 aout ? Alors qu’une bonne partie des gens sont, en principe, en vacances. Et puis, je ne saisissais pas cette phrase qui était apparemment un témoignage :

 

« En m’associant à la peur d’un complot, on donne un visage à l’antisémitisme ».

 

Signé David.

 

Aujourd’hui, le mot « complot » est directement associé à celles et ceux qui sont contre les vaccins anti-Covid ou qui expriment des doutes à leur sujet.

 

Et, puis, cet homme sur la photo donne l’impression que c’est lui, l’antisémite. Puisque c’est son visage qui apparaît. Or, il est supposé être juif. Qu’est-ce que c’est que ce message contradictoire ?! Cette phrase sûrement sincère et pourtant si alambiquée que j’avais du mal à la décrypter ?!

 

Passer de ce « Je » implicite ( “En”)  à « On ». Quel flou ! Comment la Licra avait t’elle pu lancer une campagne avec des propos aussi ambigus ? Ou bien, avais-je mal vu ?

 

Je ne savais plus. Je ne sais plus.

 

Rester dans la même histoire

 

J’ai pris le temps de prendre cette affiche en photo. Puis, j’ai rejoint ma fille. Avant de traverser la route, je me suis dit :

 

« Peu importe que l’on ait (la) raison ou qu’on l’ait perdue : la folie, c’est rester dans la même histoire en se blottissant contre l’impossibilité ou la difficulté d’en sortir. En la voyant comme le réservoir de l’Humanité et l’intégralité de nos vies ».

 

A partir de ce 12 juillet 2021, avec un gros pic début aout, j’ai beaucoup parlé du Covid et des vaccins dans mes derniers articles. C’est « normal », ce sujet nous occupe tous. Et il va continuer de le faire. Mais ne parler que de « lui » et des vaccins, c’est s’immerger soi-même la tête dans une marmite et l’y laisser cuire.

 

Je parlerai donc à nouveau du Covid dans mes articles. Mais, autant que possible, moins. Parce-que je ne crois pas qu’en plein conflit armé, en prison ou en d’autres circonstances de vie difficiles que les gens qui survivent et s’en sortent le mieux ne passent leur temps qu’à parler de ce qui se trouve ou de ce qui peut bien encore se trouver au fond de la marmite. Et de sa fabrication, de son volume réel mais aussi de sa couleur. Ce genre d’informations, même en nous concentrant, nous dépasse : le volume réel de la marmite, sa profondeur exacte….tout cela, nous ne l’apprendrons, si nous sommes encore présents à cette date, que lorsque  notre histoire avec cette marmite sera réellement terminée. Or, pour l’instant, cette histoire est encore en cours.

 

Combattre, résister, s’évader

 

Quant à la façon de combattre, de résister, ou de s’évader, il en existe plusieurs. Rarement une seule à ce que j’ai compris. Et, il convient de réussir à trouver celle qui nous correspond le mieux.

 

A quelques mètres devant l’entrée de la médiathèque, une table dehors. Derrière elle, une bibliothécaire que je connaissais bien-sûr. J’ai fait mes dernières recommandations à ma fille et lui ai dit l’heure à laquelle j’allais revenir la chercher. La bibliothécaire, pédagogue, lui a traduit :

 

« Donc, ça te fait trois quarts d’heure ». Je ne pouvais pas faire plus pour cette fois.

 

Je suis allé faire quelques courses chez le marchand de primeurs. Je suis passé à la bonne heure. J’étais le seul client.

 

A mon retour, j’ai essayé de voir avec la bibliothécaire comment me faire à ces nouvelles règles. Elle m’a confirmé que je pouvais faire des réservations sur le site de la médiathèque. Mais m’a expliqué qu’ils n’étaient pas assez nombreux en personnels pour organiser un « Drive ». Il faudrait donc que quelqu’un qui dispose d’un passe sanitaire, ou ma fille, aille chercher les documents réservés à ma place. Ce genre de solution n’a rien d’exceptionnel. A l’extrême, je « sais » que dans certains conflits armés, des parents ont pu cacher des armes dans les cartables de leurs enfants afin que ceux-ci passent les contrôles. Là, il s’agirait juste de me porter quelques livres ou cds. Cela pourrait être assez gratifiant pour ma fille. Mais cela m’emballe modérément. Et, de la solliciter pour ça. Mais, aussi, de solliciter qui que ce soit d’autre.

 

Si j’étais gravement malade, très occupé ou un grand criminel recherché dans toute la France, je pourrais à la limite recourir à cette « méthode ». Mais, là, je suis parfaitement en état pour effectuer mes démarches moi-même. Mon casier judiciaire est vierge.

Sauf que les règles ont changé depuis le 9 aout. Je peux entrer dans n’importe quelle Fnac de France avec mon masque anti-Covid. J’ai vu il y a quelques jours que j’aurais pu entrer dans une bibliothèque en plein Paris sans passe sanitaire. Dans le 1er arrondissement. Si je cherche bien,  il doit donc y avoir encore d’autres bibliothèques où il est toujours possible d’entrer sans passe sanitaire, en portant un masque anti Covid.

Certaines mairies par contre, comme celle de ma ville, font peut-être du zèle en matière de mesures sanitaires. Je n’ai pas les moyens de m’y opposer. Pour l’instant, je n’ai donc plus le droit d’entrer dans la médiathèque de ma ville et, un peu, de ma vie.

 

A partager

 

Ma fille et moi sommes ensuite repartis. Elle, insouciante, et c’est normal, moi, plus partagé mais aussi discret que possible pour ne pas la concerner par cette situation particulière.

 

Partagé parce-que je ne sais pas combien de temps il sera autorisé qu’elle puisse accéder à la médiathèque sans passe sanitaire ou autre restriction qui ne finit de s’ajouter à notre quotidien. Partagé parce-que, d’une certaine façon, je fais peser sur ma fille les conséquences d’une décision qui ne devrait regarder que les adultes entre eux. Or, cette pandémie n’est pas seulement sanitaire. Elle est aussi sociétale et imprègne tous les rayons et toutes les étagères sur lesquels reposent toutes les cultures que nous empruntons, dénigrons ou ignorons.

 

Franck Unimon, ce dimanche 15 aout 2021.

 

 

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