Catégories
Survie

Stéphane Bourgoin et l’inimaginable

Stéphane Bourgoin dans sa librairie le 3ème Oeil. Photo vraisemblablement prise le 28 octobre 2009. Photo©Franck.Unimon

Stéphane Bourgoin et l’inimaginable

Il convient plutôt d’avoir entendu parler de lui avant la pandémie du Covid et d’y avoir survécu mentalement et physiquement pour avoir l’idée ou l’ambition de savoir – à peu près- qui est Stéphane Bourgoin.

Et aussi de l’avoir cru.

Aujourd’hui, ce mercredi 21 janvier 2026, sa page wikipédia le présente comme « auteur français spécialisé dans le cinéma bis et les faits divers criminels ». Cependant durant à peu près une trentaine d’années, de 1990 à 2020, il fit autorité en France en matière de tueurs en série.

Stéphane Bourgoin fut d’ailleurs un formateur apprécié de la gendarmerie Nationale. Il anima des débats à la suite de projections de films. Il fut au centre d’événements consacrés aux tueurs en série auxquels des Magistrats et des Inspecteurs de Police participèrent. Où des livres et des bandes dessinées consacrées aux tueurs en série y furent vendus ou dédicacés.  Je me rappelle par exemple de cet événement organisé dans le 13ème arrondissement de Paris, près des anciens frigos de Paris devenus des résidences d’artistes, où fut entre-autre présent un inspecteur de Police qui avait croisé Richard Durn, un de mes anciens camarades du lycée de Nanterre, après sa tuerie à la mairie de Nanterre en 2002.

Je me souviens de la projection du film L’etrangleur de Boston réalisé en 1968 par Richard Fleischer, non loin de l’université de Jussieu. Et de ce groupe de femmes, plutôt dans la trentaine, belles, qui, sitôt le film terminé s’était levé et avait subitement quitté la salle de cinéma avant que ne commence le débat animé par Stéphane Bourgoin. Je ne me rappelle pas du débat.

Je me rappelle aussi de cette sorte de colloque organisé dans une des salles du Sénat en présence de journalistes, de gendarmes, de proches de victimes mais aussi du juge Gilles Latapie qui avait jugé le tueur en série Michel Fourniret. Colloque auquel j’avais pu assister parce-que Stéphane Bourgoin, également présent, m’avait proposé de venir voire m’avait permis d’y accéder. J’y avais échangé quelques mots avec une jeune gendarme, à peine la trentaine, qui adressait à Stéphane Bourgoin une estime inébranlable.

Lorsqu’en 2009, je me rendis pour la première ou la seconde fois à ce qui était alors « sa » Librairie, la Librairie du 3èmeŒil, rue Montholon, dans le 9 ème arrondissement de Paris, c’était pour l’interviewer. Journaliste cinéma bénévole pour le mensuel papier Brazil, j’avais proposé à mon rédacteur en chef, Christophe Goffette, un dossier sur les tueurs en série.

Le projet  était que plusieurs de mes collègues journalistes cinéma et moi, nous écrivions une centaine d’articles sur des films « de » tueurs en série en y ajoutant mon interview de Stéphane Bourgoin.

Stéphane Bourgoin était alors- pour moi- une référence. Et il était Français, visible à Paris, ce qui était plus pratique pour le rencontrer que s’il avait vécu aux Etats-Unis ou au Botswana.

Il était celui qui, à la suite du meurtre de son ancienne fiancée aux Etats-Unis en était venu, à la fin des années 70, à « s’intéresser » aux tueurs en série. Bien avant que le sujet et des films tels que Le Silence des agneaux ou Seven ne deviennent des « succès » cinématographiques et économiques.

Son « trauma » originel, « le meurtre » donc de sa fiancée, couplé à son aptitude combattive voire héroïque à le surmonter en devenant un spécialiste des tueurs en série ainsi que son érudition, son accessibilité ou sa simplicité mais aussi son humour noir me l’avaient rendu plutôt « sympathique ». Tout en sollicitant en moi des mannes d’empathie qui ne demandaient sans doute qu’à s’exprimer. Devant moi, dans sa librairie, en 2009, j’ai vu Stéphane Bourgoin être ému, presque aux larmes, à me parler un peu de son ancienne fiancée américaine assassinée par un tueur en série une trentaine d’années plus tôt.

Stéphane Bourgoin apparaissait aussi un peu ou beaucoup comme une espèce de guide solide et rassurant devant ces expériences définitives et effroyables ou le sol mais aussi le socle de certaines de nos certitudes et croyances morales et humaines se retirent. Face à cette apothéose des horreurs dont les êtres humains sont capables et qu’il leur est impossible d’attribuer à des forces extérieures, immigrées, surnaturelles ou divines, Stéphane Bourgoin offrait une présence persistante, une vie, une résistance modèle et apparemment inusable. Il apportait également des réponses que l’on ne trouvait pas dans les livres. Car il avait du vécu. Il était la vigie qui n’avait pas peur d’observer toutes ces morts dont on préférait se détourner.

En plus d’être un des pionniers à propos des tueurs en série, il avait aussi pour lui d’être plutôt bon pédagogue ou vulgarisateur. Il était aussi très autodidacte. Il était donc celui qui avait pu «réussir » en dehors des processus scolaires et universitaires.

Et cela était admirable.

Ajoutons à cela que la possibilité de l’aborder revenait, aussi, à accéder à une certaine forme d’auto-gratification narcissique et sociale. Puisque rencontrer Stéphane Bourgoin équivalait à rencontrer à la fois une personne assez médiatisée mais aussi une sommité dans son domaine. Un homme qui avait vendu un certain nombre d’exemplaires de ses livres sur les tueurs en série et qui avait son émission télévisée…

 En 2009, le jour de cette interview en deux parties que l’on pourra trouver à la fin de cet article, j’étais donc journaliste cinéma bénévole pour le mensuel papier Brazil. J’aspirais à me reconvertir comme journaliste professionnel. Je souhaitais encore -aussi- devenir acteur professionnel de cinéma en passant plutôt par des expériences théâtrales professionnelles.

Cependant, socialement, économiquement et intellectuellement, je vivais grâce à mon métier d’infirmier en psychiatrie et en pédopsychiatrie depuis un peu plus d’une quinzaine d’années.

Nous pouvons affirmer que j’étais encore dans une certaine quête de moi-même alors que j’allais, en la personne de Stéphane Bourgoin, rencontrer un homme certes un peu plus âgé que moi, mais qui, surtout, lui, était établi dans ce qu’il faisait au point d’être reconnu économiquement, médiatiquement et socialement pour cela. Et cela, depuis plusieurs années.

D’autre part, j’étais amateur de polars. Et, j’avais alors débuté- ou arrêté- de suivre au bout d’une année- une « formation » en criminologie dans un institut, l’IHECRIM, dont le fondateur et dirigeant était Laurent Montet. Laurent Montet, que Stéphane Bourgoin me décrivit – avec l’assurance de celui qui avait pour lui la légitimité de sa pratique – comme une sorte d’affabulateur dangereux et incompétent….

Ce qui fut d’ailleurs confirmé environ dix ans plus tard, soit en 2019, quand Laurent Montet fut condamné pour escroquerie avec interdiction d’enseigner. Néanmoins, durant cette « formation », d’une année suivie à l’IHECRIM,  des professionnels, des psychologues, des policiers ou autres, étaient venus faire cours. Patrick Dils y était venu témoigner. Ainsi qu’un des proches des disparus de Mourmelon. Et parmi les nombreux étudiants que nous avions été (plusieurs centaines) avaient figuré un certain nombre de policières et policiers, d’étudiants en Droit et en psychologie ainsi que quelques personnes aspirant à devenir profileuses ou profileurs. Jusqu’à une lycéenne dont le but était de pouvoir « rencontrer » un jour Michel Fourniret….

Cela pour commencer à dire que la criminologie (qui ne se résume pas uniquement aux tueurs en série) attire différents profils de personnes, légitimes et moins légitimes, scrupuleuses et moins scrupuleuses, averties et moins averties, et qu’il est nécessaire d’apprendre à faire le tri avant de s’y engager.

Et, je l’ai un peu mieux compris durant la pandémie du Covid. Lorsque j’appris, par hasard, que certains des bobards de Stéphane Bourgoin avaient été débusqués :

Celui-ci avait été convaincu de mensonge – comme un sportif de haut niveau peut être convaincu de dopage- par un collectif se prénommant 4ème Œil Corporation.

Ensuite, des média plus traditionnels mais aussi plus officiels avaient véritablement fait leur travail et confirmé les conclusions apportées par 4ème Œil Corporation.

La première réaction de Stéphane Bourgoin ? Nier et menacer de représailles judiciaires. Puis, il avait dû se résigner à reconnaître ce qui lui était reproché :

Il n’avait jamais été Footballeur de haut niveau. Sa « fiancée » américaine assassinée n’avait jamais existé. Il n’avait pas rencontré 70 tueurs en série ( ou davantage) comme il l’avait affirmé mais beaucoup moins. Il s’était attribué les compétences d’experts officiels….il n’avait jamais été formé par le FBI….

Aujourd’hui, cette petite liste de mensonges entre amis de Stéphane Bourgoin me fait rire. Mais je peux rire parce-que, malgré mon admiration devant Stéphane Bourgoin, celui-ci n’a jamais été pour moi une figure parentale. Je ne l’ai jamais perçu non plus comme « un frère » ou un « ami » avec lequel j’ai pu avoir le sentiment de partager une peine commune.

Et si j’avais continué, après nos rencontres, à aller de temps à autre sur son site comme à revenir sur des sujets relatifs aux tueurs en série, ce fut par intermittence. Voire, j’avais sensiblement décroché là où, lui, restait fondu dans les rails. Ainsi, peu après la parution du livre Utoya de Laurent Obertone, paru en 2013 aux éditions Ring, Stéphane Bourgoin, plutôt enthousiaste, m’avait demandé- sans doute lors de cet événement organisé près des anciens frigos de Paris dans le 13èmearrondissement de Paris- si je l’avais lu !

J’avais alors noté le visible décalage entre lui qui semblait carburer constamment à ce genre de régime là où je procédais beaucoup plus par intermittence. A ce jour, du reste,  je n’ai toujours pas lu l’ouvrage de Laurent Obertone même si je me suis un peu informé sur Anders Breivik et suis allé voir le film réalisé en 2018 par Erik Poppe. voir ( Utoya, 22 juillet ) .

Stéphane Bourgoin avait/a d’indiscutables connaissances à propos des tueurs en série.

Mais apprendre ses mensonges m’interpella beaucoup. Et ce fut une nouvelle leçon, déstabilisante, que je reçus « de » ou via Stéphane Bourgoin.

L’ une des premières leçons marquantes que j’avais reçue de Stéphane Bourgoin avait été que j’étais un grand benêt à propos des tueurs en série. Moi, qui me croyais « préparé » et au fait de la psychologie des tueurs en série « grâce » à mes quelques années d’expérience en psychiatrie et en pédopsychiatrie. « Grâce » à mon intérêt et à mes quelques lectures sur le sujet.

Je n’y connaissais rien.

C’est Stéphane Bourgoin qui m’a appris que les tueurs en série étaient rarement psychotiques.

Je n’avais jamais rencontré de tueurs en série dans les services où j’avais travaillé. Et ces tueurs en série hommes – ou ces femmes- se distinguaient des quelques patients ou patientes qui auraient pu un petit peu leur ressembler.

« Face » aux tueurs en série, j’étais une de ces innombrables personnes qui, après s’être familiarisée un peu dans un domaine, principalement de manière théorique ou en tant que spectatrices ou observatrices, s’imagine suffisamment compétente. Un peu comme si après être allé assister quelques dimanches à des courses de chevaux à l’hippodrome de Longchamp, je m’étais persuadé d’être capable non seulement de distinguer parmi tous les autres Le cheval capable de gagner le Grand Prix mais aussi d’en être le meilleur jockey possible.

A lire certains commentaires sur internet, j’ai aussi vu qu’un certain nombre de personnes qui se croyaient amies avec Stéphane Bourgoin ou qui faisaient partie de ses admiratrices ou admirateurs ont été beaucoup déçues ou très en colère.

Je les comprenais.

Pendant des années, Stéphane Bourgoin leur avait servi un personnage. Je n’ai fait partie d’aucun groupe en particulier attaché aux œuvres et aux déplacements de Stéphane Bourgoin mais il semble que certaines personnes aient été des habituées. Et que certaines des actualités de Stéphane Bourgoin rythmaient en quelque sorte leurs vies.

J’ai bien sûr aussi pensé à ces personnes qui l’avaient « connu » au travers de cette association de victimes de proches de tueurs en série. Et à la blessure traumatique ou personnelle que cette trahison avait pu constituer pour elles.

Pour ma part, je n’ai pas ressenti de colère. Et je ne me suis pas davantage refugié ou protégé par le sarcasme à l’encontre de Stéphane Bourgoin. A la place,  dans ce que j’ai pu lire comme commentaire désapprobateur – bien-sûr, je n’ai pas lu tous les commentaires relatifs à Stéphane Bourgoin après sa « chute »- je me suis « étonné » qu’il semble exister si peu d’examen de conscience parmi celles et ceux qui s’étaient faits « avoir ».

Tant mieux pour celles et ceux qui, comme j’ai pu le lire, affirmaient s’être toujours méfiés de Stéphane Bourgoin. Mais ce qui m’a marqué c’est d’avoir « vu » ou « lu » si peu de personnes s’interrogeant quant au fait qu’elles avaient pu se faire berner. Alors qu’avant Stéphane Bourgoin, il y a déjà eu bien d’autres mystificateurs et mystificatrices beaucoup plus célèbres :

Bernie Madoff, Christophe Rocancourt, Elizabeth Holmes, Grégory Zaoui….

On peut aussi plus simplement penser à ces personnes qui se sont inventées des proches victimes lors des attentats terroristes de 2015….

On peut également penser à n’importe quel dealer, proxénète ou simplement à un agent commercial qui embobine celle ou celui à qui il/elle veut vendre du « rêve ».

On peut penser à certains gourous.

On peut évidemment opter pour juger moralement Stéphane Bourgoin et se contenter de ce jugement.

Mais si cet article n’a aucune intention d’innocenter Stéphane Bourgoin., il n’a pas plus l’intention de le condamner davantage. Parce qu’il a suffisamment été démontré qu’il avait menti. Parce-qu’il n’est plus aujourd’hui dans la lumière comme auparavant.

Mais aussi parce-que je crois qu’il est possible d’apprendre quelque chose de certaines des supercheries de Stéphane Bourgoin.

Cet article a donc principalement pour but, pour moi, et celles et ceux qui le souhaitent, d’essayer de déceler a posteriori ce qui, non seulement, m’a conduit à boire comme du petit lait ce qu’avait pu me dire Stéphane Bourgoin lorsqu’il mentait devant moi ou d’autres – car il a aussi dit des vérités- mais ce qui aurait pu, peut-être, me/nous rendre un peu suspicieux à son égard.

Cette démarche est personnelle, subjective, et théorique. Car, dans la vraie vie, le « charme » des mystificatrices et des mystificateurs agit lors de certaines périodes de notre vie et sans doute selon le contexte où l’endroit où nous les rencontrons. Et il n’existe pas de caméra, d’arbitres, de juges de ligne, ou de possibilité de ralenti, comme lors des matches de Foot ou de Tennis, pour revoir une séquence de la partie afin de voir s’il y a eu faute en vue de donner une pénalité ou d’exclure celle ou celui qui a enfreint les règles.

Il faut déjà avoir en soi une inclinaison, une vulnérabilité, une proximité ou une disponibilité toute personnelle pour un « sujet » pour prêter attention à ce qui se rapporte à sa « thématique » qu’il s’agisse des tueurs en série ou d’une nouvelle poussette révolutionnaire pour bébés qui vient de sortir et que l’on souhaite acquérir.

La première fois :

Les premières fois nous influencent beaucoup. Qu’elles soient désagréables ou entrainantes.

Je n’en n’ai plus la certitude mais avant de venir interviewer Stéphane Bourgoin, il me semble que je m’étais présenté une première fois dans sa librairie. Vraisemblablement après l’avoir eu au téléphone.

Alors que j’étais encore à quelques centaines de mètres de sa librairie, ce jour-là, j’avais aperçu l’acteur Simon Abkarian. Celui-ci, seul, debout,  attendait à une station de bus.

La scène était assez insolite et drôle. Il était là, devant moi et non sur un grand écran de cinéma, avec l’air d’attendre depuis un moment.

J’étais allé lui dire quelques mots comme l’on va porter des fleurs. Des mots d’admiration. Il était plutôt prêt à discuter mais je n’avais pas plus de propos en stock. 

J’avais ensuite trouvé Stéphane Bourgoin seul dans sa librairie, fournie de livres. J’avais été très agréablement surpris par sa disponibilité et sa simplicité. Son amabilité. Sa « franchise » ou ce que j’avais pris comme tel. Et lorsque je m’étais étonné devant lui de son accessibilité, il m’avait répondu, très détendu, qu’il était assez courant dans le monde anglo-saxon d’agir de cette façon.

Je n’ai jamais rien acheté, je crois, dans la librairie de Stéphane Bourgoin. Je ne me suis jamais fait dédicacer quoique ce soit par lui non plus. Par contre, je suis revenu le voir une ou deux fois, peut-être trois dans sa librairie qui, certaines fois, pouvait être fermée en raison de ses déplacements professionnels.

Les éventuelles réserves :

Une seule fois, j’ai entendu un de mes collègues journalistes du mensuel Brazil émettre des réserves concernant l’histoire de la fiancée américaine assassinée de Stéphane Bourgoin.

Cet ancien collègue, Alex Masson, souvent – très bien- renseigné, très critique, très cultivé, avait fait sa remarque sans s’attarder. Et, moi, qui étais tout content d’avoir pu rencontrer et de pouvoir revoir Le grand Stéphane Bourgoin, spécialiste des tueurs en série, j’avais préféré ne rien faire de cette remarque. Pourtant, si je m’en rappelle encore aujourd’hui, cela signifie bien qu’elle m’avait un peu tiré l’oreille mais pas suffisamment. Parce-que pour moi, il avait été inconcevable de voir Stéphane Bourgoin autrement que comme celui dont la fiancée avait été assassinée par un tueur en série : Je m’étais fait à cette histoire. Elle me convenait et j’en avais fait « mon » histoire. J’avais bien saisi le bâton de relais que m’avait passé l’athlète du mensonge. Voire, ce bâton de relais, ce mensonge que je prenais pour une vérité donc, apportait sans doute, tant que je le tenais, du moins le croyais-je et l’espérais-je, une certaine importance à ma propre existence.

Cela ne transparait pas dans cette interview audio en deux parties que j’avais faite de Stéphane Bourgoin dans sa librairie fin 2009 et que l’on trouvera à la fin de cet article, mais lorsque j’avais évoqué la profileuse Sud Africaine Micki Pistorius dont il nous parle dans son livre Profileuse, j’avais aperçu une lueur d’agressivité dans les yeux de Stéphane Bourgoin. Cela avait duré quelques secondes. Deux, trois. Ce fut suffisamment long pour trancher avec l’intensité de son regard jusqu’alors.

Vu qu’il venait de me dire que Micki Pistorius, désormais, se consacrait exclusivement à la criminalité en « col blanc » et non plus aux tueurs en série, j’en avais alors déduit qu’il reprochait à celle-ci d’avoir abandonné la chasse aux tueurs en série. Comme s’il avait considéré- sans le dire explicitement- qu’elle avait baissé dans son estime en quelque sorte….

J’ai appris par la suite sans doute grâce  au travail de  4ème œil Corporation qu’il avait surtout beaucoup pompé sur les enquêtes de Micki Pistorius pour ses écrits. Et cette lueur « d’agressivité » que j’avais aperçue était peut-être une forme d’avidité ou de jalousie. Car Micki Pistorius était une véritable inspectrice émérite reconnue.

Mais bien-sûr, il m’était alors impossible de pouvoir déduire tout ça d’une simple lueur dans le regard qui plus est chez un homme que je connaissais uniquement au travers de son image publique. Et que j’admirais.

 Un autre aspect m’avait intrigué chez Stéphane Bourgoin :

Lorsque je lui avais demandé s’il avait déjà consulté un thérapeute, celui-ci, imperturbable, m’avait déclaré qu’il n’en n’avait jamais rencontré. Là aussi, je me suis fait berner par cette illusion d’invulnérabilité qui semblait émaner de lui. Moi-même, à cette époque, il est possible que je n’avais alors jamais consulté de thérapeute (ce qui a changé depuis). Et chaque personne ayant ses limites, je m’étais alors imaginé que celles de Stéphane Bourgoin lui permettaient de se dispenser de voir un thérapeute malgré l’univers mortifère quotidien qui était le sien. Il est des personnes qui ne supportent pas la vue du sang ou certains symptômes hallucinatoires et délirants par exemple alors que, régulièrement, des soignants sont au contact du sang, des selles, de maladies ou de certains troubles psychotiques sans que cela leur occasionne obligatoirement des cauchemars.

J’ai donc cru ou ne demandais qu’à croire que Stéphane Bourgoin avait la capacité d’endosser comme de « digérer » ce qu’il passait son temps à ingurgiter et à regarder à propos des tueurs en série. Aujourd’hui, je « « sais » bien sûr que tout cela était non seulement une devanture mais aussi uniquement une question de temps avant que son « travail » ne le détruise en partie.

Sa page Wikipédia, toujours, m’a informé aujourd’hui que le père de Stéphane Bourgoin avait une double vie que celui-ci n’a découvert qu’après ses vingt ans. La page Wikipédia précise qu’après cette découverte, Stéphane Bourgoin a commencé à s’inventer une autre vie.

 Je « savais » aussi que Stéphane Bourgoin avait été un élève « médiocre ». J’avais plutôt oublié que son père mais aussi son grand-père avaient été Polytechniciens. Je « savais » qu’avant de faire le nécessaire pour devenir un « spécialiste » des tueurs en série, que Stéphane Bourgoin avait essayé de faire carrière dans le cinéma aux Etats-Unis. Soit une façon de réussir sa vie et de s’illustrer si cela avait marché. Mais ça n’a pas marché.

Avec le temps, la présentation physique de Stéphane Bourgoin s’est dégradée. Je repense à ces images vidéos où on le peut le voir, répondant à une interview avec une très mauvaise dentition. On peut être simple et peu coquet sans pour autant se négliger à ce point d’autant que Stéphane Bourgoin, en principe, n’était pas dans le besoin financièrement.

Pour moi, rétrospectivement, ce manque de soin de Stéphane Bourgoin pour son image, signifie qu’il a très vraisemblablement été méprisé, voire maltraité, au moins par son père.

A mon avis, consulter un ou une thérapeute serait revenu pour Stéphane Bourgoin, s’il s’était vraiment engagé dans sa thérapie, à non seulement devoir voir en face toute cette maltraitance et ce mépris au moins paternel mais aussi la mésestime voire le dégoût qu’il avait de lui-même. Et puis, il aurait moins pu s’autoriser à « enjoliver » sa vie d’expert spécialiste en tueurs en série comme il l’a fait : Il aurait fait une dépression ou, voire, aurait peut-être fait une tentative de suicide réussie ou non.

Mais ça, c’est aussi très facile à écrire et à supposer a posteriori.

Une autre particularité relationnelle m’a plusieurs fois étonné :

 J’ai décrit Stéphane Bourgoin comme plutôt sympathique, accessible, simple….

Pourtant, malgré cette forme d’admiration que j’avais pour lui, malgré certains intérêts qui pouvaient ressembler à des « points communs » avec lui, malgré l’humour dont il pouvait être capable, j’ai pu m’étonner, après l’avoir rencontré plusieurs fois, de continuer de me sentir extérieur à lui.

Si certaines personnes, parmi ses admiratrices et admirateurs, ont eu le sentiment ou l’illusion de devenir ses amis, je n’ai jamais ressenti ça. Sans me méfier pour autant de lui, il subsistait entre nous une certaine réserve qu’il m’était impossible de m’expliquer.

Sur internet, j’ai pu lire que certaines personnes le soupçonnaient d’être également un tueur en série. Je n’y ai jamais vraiment cru. Ce que je crois par contre, c’est qu’il a eu, véritablement, assez peu d’amis, même avant d’être « démasqué ». Et ce qui est, «troublant » lorsqu’il s’exprime dans l’interview à propos de ces tueurs en série qui mentent lorsqu’ils sont interviewés ou lorsqu’il les critique parce-que ceux-ci manquent d’empathie pour leurs victimes, c’est de savoir aujourd’hui qu’il a lui-même eu les mêmes comportements durant des années.

Bilan narcissique :

De la même manière qu’il existe un bilan carbone des activités humaines, on peut estimer qu’il en existe aussi un bilan narcissique.

Ma vanité, ajoutée à ma crédulité et à une certaine forme de vulnérabilité m’ont amené à me rapprocher d’une personnalité comme Stéphane Bourgoin.

En réécoutant cette interview en deux parties que j’ai faite de lui dans sa librairie fin 2009, je remarque qu’il se livre peu finalement. Ses réponses sont rôdées ou prudentes. A plusieurs reprises, ses projets épousent des sujets pour lesquels je viens d’exprimer un intérêt. Le seul moment où je le trouve véritablement spontané, c’est vers la fin de l’interview – qui dure un peu plus d’une heure- lorsqu’il donne son avis sur les jeux vidéos. Si, à l’époque, j’avais trouvé très sensés ses arguments et ses inquiétudes vis-à-vis des jeux vidéos, aujourd’hui, en le réécoutant, je m’aperçois qu’il était aussi rétrograde. Car résumer les jeux vidéos comme il le fait- même si ceux-ci peuvent avoir pour certaines personnalités des effets délétères-  est le propre d’un homme – déjà-dépassé par son époque :

Bien que je m’y connaisse encore très peu en jeux vidéos, le peu d’intérêt catégorique déclaré par Stéphane Bourgoin pour eux est le propre d’un homme qui les rejette en bloc d’une manière très conservatrice. Et, finalement, passer son temps à parler de celles et ceux qui donnent la mort, de manière répétée, c’est, peut-être, demeurer un passager et un observateur privilégié d’un passé, d’une peur ou d’une souffrance bloquée plutôt que de l’avenir.

En percevant aujourd’hui Stéphane Bourgoin comme un homme conservateur, je m’avise que même sans ses mensonges, il aurait fini par être dépassé et écarté. Ne serait-ce que pour des raisons d’image et d’esthétique :

Les tueurs en série continueront de fasciner et d’inquiéter. Mais la forme compte. Le site de Stéphane Bourgoin, assez « rudimentaire », aurait eu besoin d’un véritable rafraichissement. Cela, il y serait parvenu en se faisant aider par des personnes compétentes et plus jeunes que lui. Lors de cet événement dédié aux tueurs en série près des anciens frigos de Paris dans le 13ème arrondissement de Paris, je me rappelle que de jeunes femmes proches de la trentaine, assez mignonnes, l’assistaient. Je crois me souvenir que l’une d’entre elles était étudiante en psychologie ou peut-être psychologue diplômée.

Mais il reste que lorsqu’il apparaissait à l’écran pour ses émissions, Stéphane Bourgoin n’était pas ciné-génique. On le suivait parce qu’il faisait référence et aussi parce qu’il était sans doute la seule alternative à Christophe Hondelatte, lequel a neuf ans de moins que Bourgoin né en 1953. Or, l’âge aussi est un redoutable tueur en série lorsque l’on passe à la télé.

Autocritique :

Admirer Stéphane Bourgoin, le savoir socialement-publiquement- reconnu et pourvu d’une autorité en termes de très hautes compétences dans son domaine, m’a prédisposé à certaines faiblesses et limites.

Au début de l’interview, je donne la date et le mois mais je manque de rigueur en omettant de mentionner l’année. En réécoutant cette interview, je déduis que nous sommes alors en 2009 d’après une remarque de Stéphane Bourgoin qui précise que cela fait trente ans exactement qu’il s’intéresse aux tueurs en série depuis 1979.

En réécoutant cette interview, je me « reproche » de ne pas avoir interrogé Stéphane Bourgoin sur son Etat civil. Je me suis adressé à lui comme s’il était né adulte. Ce qui était sans doute son objectif. Occulter tout ce qui avait trait à son enfance.

Je me « reproche » aussi de ne pas l’avoir interrogé sur sa conception de l’éducation. Alors que je savais qu’il avait un fils. Cela m’aurait peut-être permis de l’interroger sur son rapport personnel à la violence. Idéalement, j’aurais aimé avoir pensé à l’interroger sur son histoire avec la violence. Car nous avons tous notre histoire personnelle, notre héritage, avec la violence. Mais, sans doute me suis-je autocensuré devant l’annonce du « meurtre » de sa fiancée américaine. Et qu’il m’a été impossible de lui parler de son histoire avec la violence alors que je le voyais comme un homme toujours en deuil.

Je me « reproche » d’être passé trop vite sur Micki Pistorius.

Par moments, on m’entend assez peu dans l’interview. Mais ce qui est remarquable, c’est que Stéphane Bourgoin, lui, parle suffisamment fort. Comme on le comprendra en l’entendant, cette interview était en partie préparée mais aussi assez improvisée par moments. Et, je crois que Stéphane Bourgoin, parfois, a dû se demander ce que je lui voulais.

Dans l’ensemble, néanmoins, je suis assez satisfait de cette interview. Et si je publie cet article, seulement aujourd’hui, avec une photo et cette interview de Stéphane Bourgoin, c’est parce-que je n’avais pas été assez inspiré pour le faire jusqu’alors. Débuté le mercredi 21 janvier 2026, je termine cet article ce vendredi 23 janvier 2026 vers 0h30. Même si cet article n’a peut-être pas de véritable fin comme dans bien des séries.

PS : Le dossier Tueurs en série n’a jamais été publié par Brazil car le journal a arrêté d’être publié avant sa rédaction. Et ce n’était pas du fait de Stéphane Bourgoin.

L’interview en deux parties de Stéphane Bourgoin ce 28 octobre 2009 est ici :

 

1ère partie.

 

2ème partie.

Franck Unimon, ce vendredi 23 janvier 2026.

 

 

 

 

 

 

Catégories
Survie

Survival Expo Juin 2023 première partie

Bunker à vendre à la Survival Expo en juin 2023. Facilités de paiement proposées. Aucune l’aide de l’Etat fournie pour l’instant. Photo©Franck.Unimon

 

 

Survival Expo juin 2023-Première partie

 

Coming out survivaliste

« Ohhh, le survivaliste ! » s’est marré A… au téléphone, un de mes amis, alors que je venais de lui apprendre que j’avais prévu de me rendre à la Survival Expo 2023. Evénement qui, cette année, pour la première fois, allait se dérouler dans le parc floral de Vincennes. Non loin de son château, de son bois, de sa caserne militaire aussi mais également de la cartoucherie de Vincennes où se trouve, entre-autres, la compagnie du théâtre du Soleil dirigée par Ariane Mnouchkine. Mais bien-sûr, tout cela, en plus du fait que jusqu’alors j’avais connu le parc floral principalement pour ses très bons concerts estivaux (dont un du Cubain Chucho Valdès) n’entraient pas en ligne de compte. Comme l’anecdote qui veut quand même que cet ami et moi nous étions rencontrés pour la première fois, plusieurs années auparavant, lors de notre service militaire à l’hôpital inter-armées Bégin qui se trouve assez proche, à Saint-Mandé.

D’ailleurs, il avait pu arriver à cet ami et moi de passer par la caserne de Vincennes au début de notre service militaire.

Si on a suivi jusqu’alors ce que j’ai écrit, un rapide calcul mental très simple nous apprend que j’ai pris plusieurs mois pour me décider, aujourd’hui, à parler dans mon blog de la Survival Expo 2023. Nous sommes en octobre, en automne. Et cette manifestation a eu lieu quelques semaines avant le début de l’été le 9 et le 10 juin dernier….

Cela donne une idée des précautions que j’ai préféré prendre avant de me lancer. ( J’en parle ou je n’en parle pas ?).

Le Programme des conférences de la Survival Expo de juin 2023, laquelle se déroulait en même temps que l’événement consacré à la maison autonome, juste à côté. Photo©Franck.Unimon

Mais en complétant ce calcul mental « très simple », on peut aussi déduire que je suis au bord de l’âge, presque vieillard. Peut-être suis-je une personne presque sénile après tout ? Pour l’instant, je ne peux pas encore le savoir. Cependant, ce qui est certain, c’est que la personne qualifiée de survivaliste est une bête curieuse.

 

On peut mettre de tout dans une personne survivaliste.

 

Comme dans une dent creuse. On peut décider qu’il s’agit d’une personne complotiste, raciste, misogyne, esclavagiste, despotique, timbrée, paranoïaque, dangereuse. On peut la voir comme une personne complètement à côté de la plaque. Ou comme son opposé, la super aventurière ou l’héroïne sexy et indépendante, sosie de Lara Croft, Gamora ou Bear Grylls, Mike Horn des vrais hommes robustes, aptes à tout, comme ils devraient tous l’être au lieu de ceux que l’on a, des fétichistes de la bandelette et du bandana. 

Oui, je connais un petit peu quelques classiques.  Je suis donc d’abord très suspect avant d’être pré-sénile.

Mais j’ai néanmoins- j’y tenais- répondu à mon ami :

« ça fait du crossfit – entre trois à cinq fois par semaine– ça, se laisse pousser une barbe de plusieurs mois (qu’il prend soin d’aller se faire tailler chez son barbier attitré régulièrement) et ça me traite de survivaliste!».

Mon ami a commencé à rigoler. Je devrais peut-être ajouter aussi que mon ami a plutôt le crâne rasé. Alors que quand je l’avais connu, il avait des cheveux, fumait et avait emmagasiné quelques kilos en trop. Et, le sport, pour lui, était une destination touristique à haut risque ou un programme que l’on regardait à la télé.

Petite ambiance Hunger Games lors de la Survival Expo de juin 2023 au parc floral de Vincennes. Photo©Franck.Unimon

Cependant, mon ami m’avait exprimé spontanément ce qui peut se profiler dans la tête de beaucoup lorsqu’on leur parle de survivalisme. Si pour certains, le survivalisme est une nécessité ou une évidence, pour d’autres, c’est une démarche louche.

Cet article, mon article, ne pourra ni combattre ni épuiser ce qui peut être reproché au survivalisme par beaucoup. Car cet article, mon article, raconte surtout ma perception du survivalisme. Perception qui peut évoluer selon mes expériences et certains événements.

Pour tout « arranger » ou pour rajouter un peu de trouble et de mystère, j’ai profité d’une étonnante et plutôt rare insomnie pour commencer, cette nuit, à rédiger cet article alors qu’il était quatre heures du matin. Alors que je suis en vacances depuis plusieurs jours et encore pour une bonne semaine. Je suis donc, en principe, tout ce qu’il y a de plus détendu d’autant que personne chez moi n’a de problème de santé particulier ou déclaré.

J’ai bien attrapé le Covid pour la première fois – à ma grande surprise- début septembre, mais c’était une forme minorée qui m’a permis en plus d’avancer de quelques jours mes vacances. Et, je sais avoir participé auparavant à un déménagement par plus de trente degrés. Ce qui a sûrement contribué à rajouter de l’épuisement à un état de fatigue préétabli par une alternance de travail  de jour et de nuit ainsi que quelques heures sup travaillées durant cet été.

Pierre « 1911 » en pleine conférence. A la fin de celle-ci, celui-ci m’a répondu qu’il s’était surnommé  » 1911″ en mémoire de son grand-père né cette année-là. Photo©Franck.Unimon

Professionnellement, je sais aussi qu’un poste attractif m’attend début janvier et mon banquier me laisse tranquille. Je n’ai donc pas de raison particulière, pas plus que d’habitude, pour être angoissé ou me réveiller en sueurs en pleine nuit comme on peut le voir dans certains films. Je n’ai pas les inquiétudes de l’acteur Michael Shannon dans le film Take Shelter de Jeff Nichols. Ni celles des protagonistes de The Creator de Gareth Edwards. Un film ( The Creator) qui m’a assez ennuyé, exceptions faites du regard ( et de la réflexion) qu’il porte sur l’intelligence artificielle, les relations multiculturelles et multiraciales mais aussi sur le handicap, j’ai vu dans ce film une nouvelle énorme machinerie cinématographique dans laquelle les Américains refont à nouveau leur guerre du Vietnam. Je ne vois pas trop non plus ce que l’on trouve à l’acteur David John Washington si j’ai son père ( Denzel) en tête.  J’ai donc préféré nettement Anatomie d’un couple de Justine Triet et encore plus L’été dernier de Catherine Breillat. Pourtant, ces deux films n’ont rien à voir avec The Creator et Breillat est une personnalité aussi insupportable que remarquable. Et, j’attends avec impatience la deuxième partie de Dune par Denis Villeneuve, un réalisateur, dont les films, pour l’instant, m’ont tous plu. Contrairement à Christopher Nolan dont j’ai trouvé le Oppenheimer beaucoup trop clinquant. 

Le dimanche

Selon l’ouvrage La Peur et la Haine de Mathieu Burgalassi, paru en 2021, « anthropologue français spécialiste de la pensée politique, des questions sécuritaires et de la violence », les principales motivations des personnes survivalistes radicales seraient le racisme et la peur de l’autre.

J’ai aimé lire son ouvrage il  y a plusieurs mois maintenant. Jusqu’à maintenant, je n’avais pas pris le temps d’en parler dans mon blog.

J’avais lu son La Peur et la Haine bien avant de connaître les dates du Survival Expo de ce mois de juin.

C’est un livre qui m’a étonné car pendant plusieurs jours, alors que je continuais de le parcourir, je me demandais s’il s’agissait d’un roman noir étant donné la façon dont c’était écrit, dans un style très entraînant ou s’il s’agissait véritablement d’une enquête anthropologique.

 Je me suis même demandé si Burgalassi avait inventé ce qu’il racontait. Car je ne m’attendais pas à cette façon de présenter ses expériences.

Dans son livre, Burgalassi nous explique avoir poussé particulièrement loin l’expérience du survivalisme. Il nous dit d’abord ce qui l’a amené à entrer dans cet univers. Une agression physique dont lui et un de ses amis auraient été victimes une nuit en revenant d’une soirée ratée. Ainsi que le fait d’avoir grandi dans une certaine insécurité économique et sociale. Burgalassi, d’origine immigrée, est issu d’un milieu social très moyen. A le lire, les fins de mois ont été régulièrement assez difficiles autant pour manger que pour se divertir. Certaines personnes sont habituées à des soirées feutrées ou tout va bien, Burgalassi a plutôt dû se rabattre sur certaines soirées craignos. Ce genre de soirée où l’on peut pronostiquer dès le départ, avant même de s’y rendre, qu’il va y avoir une embrouille car celle-ci est incluse dans le contrat.

Selon Burgalassi, il a commencé à se sortir de ça en développant ses compétences dans le survivalisme. En débutant par les sports de combat et la Self Défense de type Krav Maga. En s’y montrant assidu. Et, tout porte à devenir assidu si l’on craint pour sa peau.

Puis, avec le temps et devenu anthropologue, il a voulu en savoir plus sur le survivalisme et, pour cela, a rencontré des gens qui sont véritablement dedans. En France mais aussi à l’étranger, aux Etats-Unis. Dans certaines conditions limites ou très dangereuses par moments.

J’avais entendu parler de Burgalassi par un article lu dans Télérama. Il y était fait référence à un podcast dans lequel on pouvait entendre Burgalassi parler aussi de son livre. J’ai écouté le podcast d’une vingtaine de minutes, je crois. Et, si ce que disait Burgalassi dans ses conclusions m’intriguait mais ne me dérangeait pas, car fondé a priori sur son enquête, j’avais par contre été agacé par les réactions des journalistes- quel(le)s cruches !- qui l’interviewaient ( je me souviens de femmes et d’hommes) trop contents de dépeindre les survivalistes comme des abrutis chevronnés et dangereux. Tout allait au mieux dans le monde, il y avait juste quelques crétins, là, des survivalistes, qui s’imaginaient qu’il fallait flinguer les autres à bout portant et dont il fallait éviter de s’approcher. Pour cela, il convenait de les laisser dans leur coin, là où ils se terraient de toute façon, à l’abri de la civilisation et, surtout, de la raison. Ils finiraient bien par crever en attrapant le tétanos après s’être blessés avec une de leurs boites de conserves qu’ils auraient essayé de perforer avec leurs dents ou en développant un cancer après avoir  bu l’eau de leur puits bourrée de phosphates pendant plusieurs années.

Assez régulièrement, durant la Survival Expo, se sont tenues à cet endroit des interventions ( très) pratiques portant sur divers sujets, autant sur la manière de faire du feu assez simplement avec du matériel accessible, que sur des conseils pour faire de meilleures photos avec son téléphone portable ou un appareil photo… Photo©Franck.Unimon

Je suis un survivaliste du dimanche. Comme il existe des sportifs du dimanche. Ce que je « sais », je l’ai beaucoup lu ou regardé.

Cela signifie que, comme beaucoup de personnes peuvent le faire avec le sport ou lorsqu’elles prennent certaines résolutions, en matière de survivalisme, je suis un faible. Mais je vais un peu mieux m’expliquer avant de repartir me planquer.

Je suis né en ville et ai toujours vécu en ville. Lorsque je me trouve en présence de plantes ou d’arbres, je suis incapable de retenir le nom des plantes ou des arbres que je vois, lorsque j’en vois, comme de les décrire. Cela peut être pareil pour certains oiseaux. A part reconnaître les pigeons, peut-être parce-que je me reconnais en eux, je ne sais pas très bien reconnaître tel ou tel type d’oiseau que je croise. Je ne sais pas faire un feu. Je ne sais pas construire une cabane en bois avec quelques branches. Si on me parle de tarp, je suis capable de faire la différence avec un pétard. Je vois très bien de quoi il s’agit  parce-que j’ai lu et regardé des images, j’en ai peut-être même acheté un, car-on-ne-sait-jamais, mais je ne m’en suis jamais servi.

Je sais casser des œufs, je peux réussir à planter un clou dans un mur, je sais lacer mes chaussures tout seul, je peux porter un seau rempli d’eau, mais je ne suis pas très manuel. Au fond, et par bien des aspects, je suis un assisté. Je m’en remets à des personnes plus compétentes que moi, à des artisans, à des commerçants, à des animateurs, aux services publics, à l’Etat, aux autres, à ma fainéantise, à ma patience mais aussi à mes soumissions.

J’ai quand même quelques capacités. Je ne suis pas un incapable majeur ou complet. Autrement, je ne serais même pas là à écrire cet article.

Mais si je peux encore m’émerveiller devant celles et ceux qui font du scoutisme dès leur enfance ou en repensant au fait que mon grand père paternel, maçon lorsqu’il travaillait, avait construit sa maison pratiquement tout seul, durant ses congés, je me sens incapable de  faire de même. De construire l’équivalent de cette maison où, à Morne Bourg, j’ai passé mes premières vacances en Guadeloupe alors que j’allais avoir 7 ans. Pourtant, mon grand père paternel savait à peine lire. Et il ne savait pas écrire. J’ai donc une culture générale et une situation économique et sociale qui lui sont, officiellement, très nettement supérieures, et, sans doute ai-je pu être une de ses fiertés et, pourtant, il est pratiquement évident que le survivaliste le plus accompli entre lui et moi, c’était lui, de très loin. Et, je ne parle pas d’un homme qui vous guettait dans la pénombre avec un fusil de chasse. Mais de quelqu’un que j’ai connu retraité, qui menait sa vie tranquille avec ses voisins, sa famille, qui se rendait régulièrement sur sa mobylette- sans porter de casque- jusqu’à son jardin où il avait établi une petite cabane en tôle et bois dans laquelle il se posait. Et où se trouvaient les ananas ou les légumes qu’il avait pu cultiver ainsi que ses « poules » qu’il appelait en sifflotant pour les nourrir de grains de maïs tandis que ses coqs de combat, eux, étaient dans leur cage. Je parle d’un homme de la campagne, qui, de temps à autre, partait faire un tour à Marie-Galante, et avait plus de soixante ans, lorsque, pour la première fois, il a pris l’avion pour venir en France, en île de France, où plusieurs de ses enfants- dont mon père- étaient partis vivre.

On est ici très loin du portrait de forcenés qui aspirent à vous «déflagrer » ou à vous délocaliser les vertèbres cervicales.

Nos besoins

Les journalistes qui ont « entouré » Burgalassi m’avaient agacé car je les imaginais, relativement jeunes (la trentaine), citadins calfeutrés (ça existe), privilégiés, très sûrs d’eux mais en fait très ignorants et peuplés de préjugés. S’ils étaient a priori dépourvus de toute intention de se servir d’une arme à feu contre autrui, leur immaturité (je crois que l’on peut dire ça) légitimée gratuitement et avec facilité au travers d’un médium capable de toucher une grande audience m’est apparue assez irresponsable.

Dans d’autres circonstances, je me rappelle encore avoir entendu une jeune femme dire un jour fièrement :

« Ce n’est pas parce-que je porte une jupe que je ne sais pas changer une batterie de voiture ! ».

Pour moi, cette jeune femme avait un état d’esprit survivaliste. Je suis persuadé que ces journalistes qui ont reçu Burgalassi ne savaient pas changer une batterie ou une roue de voiture. Par contre, beaucoup de personnes survivalistes, à mon avis, armées ou non, s’appliqueront à apprendre à le faire ou à penser à une solution alternative en cas de besoin.

Le terme « besoin » devrait être plus souvent employé lorsque l’on parle de survivalisme  à mon avis. De quoi avons-nous vraiment besoin ? Comment satisfaisons nous nos besoins ? Avec quels moyens? A quelles conditions ? A quel prix ?

Sortie de la Survival Expo de juin 2023. Photo©Franck.Unimon

Je me méfie des « c’était mieux avant ». Cependant, lorsque je nous vois pratiquement tous, la tête penchée et rivés, quasi cramponnés à nos téléphones portables dans les transports en commun où dès qu’il nous faut attendre cinq minutes ou plus, je me dis que nous nous sommes faits capturer.

Je ne crois pas que la satisfaction de nos besoins nécessite que nous soyons autant, aussi souvent et à une telle fréquence, en train de regarder nos téléphones portables. Je l’ai même vu chez des couples dans les transports en commun. Un malaise s’installe au sein du couple, hop, baguette magique, je sors mon téléphone portable et je pianote dessus ou regarde quelque chose. Il vaut mieux ça que de se prendre le malaise- ou le problème- de face.

Le silence, l’observation, la patience et la contemplation sont les ennemis de nos  écrans mais aussi de nos « navigations » compulsives sur internet.

Je crois qu’ils font partie de nos besoins mais nous passons outre. Des cascades d’images et de stimulations à volonté se chargent de faire barrage entre eux et nous. Il ne faut surtout pas penser. Il ne faut surtout pas y penser. Il faut vibrer.

J’en suis déjà à cinq pages pour cet article. Et, je me dis que cela fait déjà suffisamment. Il est certain que je vais retrouver plus facilement le sommeil cette fois. Mais je crois aussi que plus de pages, pour cet article, cela fera trop d’un seul coup. Il vaut mieux que je passe par une première partie que je termine maintenant.

Fin de la première partie. A bientôt. Avant la fin du monde, bien-sûr. Sourire. En attendant la deuxième partie, on peut lire quelles avaient été mes impressions lorsque, l’année dernière, je me rendais pour la première fois au Survival Expo Paris, alors situé du côté de la Villette Survival Expo Paris 2022 .

Franck Unimon, ce mercredi 4 octobre 2023.

 

 

 

Catégories
self-défense/ Arts Martiaux Survie

Le Dojo de Jean-Pierre Vignau

Jean-Pierre Vignau, à l’entrée du Fair Play Sport, ce 5 juillet 2022. Photo©️Franck.Unimon

Le Dojo de Jean-Pierre Vignau

 

Jean-Pierre Vignau, 77 ans, Maitre d’Arts Martiaux, et en particulier de Karaté, est une des personnes les plus libres que je connaisse. Mais pour cela, il lui faut un dojo.

 

Le dojo est un jardin. On y cultive celles et ceux qui sont volontaires pour venir y prendre racine en tant qu’élèves auprès d’un Maitre. Lorsque l’on a la possibilité et la chance d’avoir un Maitre disponible et qui nous accepte.

 

Dans un commerce, on « trouve » et on achète des outils, des produits ou des objets. Certains sont utiles et indispensables. D’autres pas.  Il est des outils dont il faut aussi apprendre à se servir et d’autres qui se révèlent défectueux.

 

Un Maitre est le contraire d’un commerce : Dans un commerce, tout est fait pour nous donner envie de tout acheter ou de vouloir « toujours » plus. Un Maitre, lorsqu’on le rencontre, a déja commencé à faire une grosse partie du tri. Et, il réserve ce qui est utile ou selon lui indispensable à ses élèves selon ce qu’il a compris d’eux afin qu’ils vivent au mieux dans le monde qui les entoure.

Couverture du journal « Le Parisien » du lundi 4 juillet 2022.

 

Je crois aussi que l’on choisit son Maitre. On choisit le commerce, le bling-bling, la carrière, la carotide, la vitrine ou le souffle. On peut réussir plus ou moins à concilier le tout mais, selon moi, un Maitre, c’est au minimum un souffle. Un souffle qui perdure et qui sert de socle alors que d’autres s’évaporent ou disparaissent.

 

Il y a des Maitres de l’abîme. Il ne faut pas hésiter à le penser ou à le dire. Puisque, de toutes façons, ils et elles existent. Ces Maitres de l’abîme, ainsi que leurs intermédiaires, ont leurs attraits et peuvent être irrésistibles. Qu’ils nous séduisent ou qu’ils soient fort présents en nous. Car l’être humain est multiple.

 

Dans le journal « Le Parisien » de ce 4 juillet 2022.

J’ai choisi Jean-Pierre Vignau pour ses vies. Pour son âge. Pour sa personnalité. ( Sensei Jean-Pierre Vignau : ” Mon but, c’est de décourager !” ) Pour son souhait de donner  à ses élèves de quoi se défendre sans s’illusionner. Pour ses cours du matin. Pour aller à Paris, moi qui n’ai été qu’un banlieusard de passage à Paris depuis ma naissance.

 

Cela fait soixante ans que Jean-Pierre Vignau est dans les Arts Martiaux. Et plus de vingt ans qu’il a ce dojo, le Fair Play, à Cité Champagne, dans le 20ème arrondissement de Paris. Auparavant, il avait eu un autre dojo, plus grand,  dans Paris. Plusieurs de ses élèves, présents avec lui depuis plus de dix ans, m’en ont parlé.

 

La pandémie du Covid nous a beaucoup fait parler depuis plus de deux ans. Et même lorsque l’on se tait à son sujet, elle réapparait. Elle, aussi, est un Maitre à sa façon et fait le tri ou nous oblige à le faire. Ces deux années de pandémie, nous a expliqué Jean-Pierre, ont fait chuter le nombre de pratiquants et d’adhérents. A 4500 euros le loyer, multiplié par deux ans, Jean-Pierre a à s’acquitter d’une somme proche de 100 000 euros. Il ne les a pas.

Annonce immobilière vue dans Paris ce 27 juin 2022. Photo©️Franck.Unimon

 

 

Jean-Pierre a donc dû annoncer il y a quelques semaines aux enfants à qui il enseigne que le dojo allait devoir fermer. Certains de ces enfants en ont parlé à leurs parents. Les mères de ces enfants ont entrepris des démarches pour empêcher cette fermeture.

 

Photo©️Franck.Unimon

 

Jean-Pierre n’est pas le seul Maitre d’Arts Martiaux concerné par ce risque économique. Avant lui, Maitre Léo Tamaki, avait dû trouver un autre lieu pour continuer d’enseigner ses cours d’Aïkido. Et, j’étais allé le voir enseigner l’année dernière, lors d’un stage d’été l’année dernière dans ce nouveau lieu d’enseignement : le Dojo 5. ( Dojo 5 ).

Les conséquences économiques de la pandémie du Covid (et, depuis six mois, de la guerre en Ukraine) ont aussi fait augmenter le prix d’un certain nombre de matières premières telles que le blé, la farine, le  pétrole,  mais aussi le papier…

 

Avant hier, Jean-Pierre m’a appelé pour me prévenir que son dojo, le Fair Play, serait fermé demain matin. Pour dépôt de bilan.  Et qu’il m’informerait dès qu’un autre endroit aurait pu être trouvé pour pratiquer de nouveau.

 

Un dojo est un endroit qui ne parle pas ou qui ne parle plus à beaucoup de gens. Le mot est aussi étranger donc extérieur à l’expérience de la vie courante de beaucoup de personnes. J’imagine donc que parmi les personnes qui ont pu passer devant ces banderoles ou qui ont lu cet article du journal Le Parisien, que cette « histoire » de dojo qui ferme évoque au mieux quelques souvenirs de judo ou de karaté dans l’enfance ou l’adolescence (« j’ai fait du judo ») ou qu’il est estimé qu’il y a des sujets plus prioritaires. Tels que le manque de personnel dans les hôpitaux ou dans les écoles publiques.

 

Si c’est le cas, en tant qu’infirmier en soins psychiatriques et en tant que père d’une enfant encore scolarisée dans une école publique, je peux témoigner du fait que pratiquer un Art martial auprès d’un Maitre contribue à la salubrité publique. C’est sans doute ignoré ou oublié mais pratiquer un Art Martial auprès d’un Maitre ne se résume pas à faire des gestes ou à répéter des formules comme on peut faire machinalement un certain nombre d’actions dans sa vie courante.

 

Finalement, si nous nous sentons de plus en plus oppressés et opprimés, c’est aussi parce-que ferment des endroits où une certaine liberté est accessible. Et que nous sont de plus en plus accessibles des endroits et des moyens où nos libertés sont supprimées.

 

Selon les circonstances et les étapes de notre vie, un dojo a des vertus complémentaires avec une médiathèque, une école publique, un lieu de soins ou d’action sociale et culturelle, un club de sport, une salle de danse, un cours de musique ou de dessin…

 

Soit des endroits où l’on apprend, où l’on se remet, où l’on s’éduque, où l’on se rencontre et où l’on vit.  

Photo©️Franck.Unimon

 

Franck Unimon, ce jeudi 21 juillet 2022.

Catégories
Corona Circus Survie

Survival Expo Paris 2022

Survival  Expo Paris 2022 et Vivre Autonome

 

Le Contexte

 

 

 

 

Sans la lecture, deux heures plus tôt, de quelques articles du magazine Yashima (très bonne interview de Didier Beddar par Léo Tamaki) puis du magazine Survivre, j’aurais raté cette édition de Survival Expo Paris 2022 et de Vivre Autonome.

 

Paris, Porte de la Villette, ce samedi 21 Mai 2022. ©️Franck.Unimon

 

 

Deux à trois semaines plus tôt, en commençant la lecture du magazine Survivre,  j’avais appris- puis, finalement, oublié- le « retour » de cette exposition, disparue pendant deux ans, pour cause de….pandémie du Covid et de confinement.

 

En France, en Mars 2020, la déclaration de la pandémie du Covid par le Président Emmanuel Macron -et de son gouvernement-  avait marqué. Car cette déclaration avait été suivie de mesures qui avaient alors transformé radicalement notre mode de vie :

 

Le premier confinement ; les gestes et mesures « barrière » ; la pénurie puis l’arrivage de masques anti-Covid avec leur port rendu obligatoire ; la fermeture des écoles ; l’interdiction ou la réduction des lieux de rassemblent ; les premiers vaccins anti-Covid ont commencé à arriver  fin 2020 bien plus rapidement que la « normale ». D’abord laissés au libre arbitre de chacun, ils sont ensuite devenus obligatoires au même titre que le passe sanitaire en été 2021.

 

Depuis octobre 2021,  des professionnels fonctionnaires de l’Etat, au contact du public, qui ont maintenu leur refus de la vaccination anti-Covid, devenue obligatoire,  sont suspendus sans salaire de leurs fonctions par l’Etat.  

 

Aujourd’hui, la pandémie du Covid est officiellement mieux régulée, mais aussi plus atténuée.

 

Il y a presque un an, maintenant, (depuis juin 2021 si mes souvenirs sont exacts), que nous avons commencé à « sortir » des règles   strictes :

 

En matière de périmètre géographique de déplacement (qui a pu être limité à 50 kilomètres autour de notre domicile sauf pour certaines raisons justifiables et officielles) ; concernant certains horaires de fermeture (les commerces ou administrations fermaient plus tôt lorsqu’ils avaient l’autorisation d’être ouverts) ;  Avant le début des élections présidentielles en avril de cette année, le passe sanitaire a cessé d’être obligatoire dans les lieux publics. Et, depuis ce 16 Mai, nous pouvons, à nouveau, nous dispenser du masque anti-Covid dans les transports en commun. Cependant le masque anti-Covid est recommandé en période d’affluence ou si l’on se sait porteur de la maladie du Covid.

 

Depuis bientôt trois mois, nous sommes informés de la guerre en Ukraine  par l’invasion au moins militaire de l’armée russe le 24 février. Il y a d’autres guerres et d’autres troubles de par le monde. Mais la guerre en Ukraine nous concerne directement nous rappelle-t’on régulièrement.  Pour être approvisionné en pétrole mais aussi en céréales et en diverses autres matières premières. Le prix de l’essence a augmenté depuis le début de la guerre en Ukraine deux mois. Le prix du litre de l’essence est désormais proche de 2 euros le litre ou dépasse les deux euros selon les stations essence.  

 

Et, puis, au travers de la guerre en Ukraine, plane le risque d’une troisième guerre mondiale et, avec elle, celle de l’éventualité qu’une bombe nucléaire explose, à un moment ou à un autre. La France, le pays où je vis et depuis lequel j’écris, fait partie des pays qui soutiennent l’Ukraine au moins militairement.

Photo prise à la gare de Paris St Lazare, ce 21 ou ce 22 Mai 2022. « ©️Franck.Unimon ».

 

Pour se changer les idées, on sort parfois un peu prendre l’air. Car il commence à faire beau. Où l’on suit certains événements culturels ou sportifs qui bénéficient d’une certaine couverture médiatique internationale. Le festival de Cannes a débuté le 17 Mai et se terminera le 28 Mai. Le Tournoi de Roland Garros a commencé le 22 Mai et se terminera le 5 juin. Mais il nous est aussi rappelé que le réchauffement climatique se perpétue et perturbe la Terre. Que les températures sont excessivement élevées. Qu’il y a déjà la sécheresse dans une quinzaine de départements françaises où les nappes phréatiques sont au plus bas ainsi que dans certaines régions du monde où les températures montent jusqu’à 50 degrés.

 

C’est dans ce contexte que je me rends pour la première fois à Survival Expo, présentée comme une manifestation pour « survivalistes ». Et, je m’aperçois maintenant qu’avec toutes ces nouvelles alarmantes, j’aurais dû, avec des milliers d’autres, me catapulter, dès l’ouverture, à ce Survival Expo. Pourtant, j’ai fait l’exact contraire. Je me suis même permis d’oublier cette manifestation.

 

Photo prise ce dimanche 22 Mai 2022, dans le métro, ligne 14. ©️Franck.Unimon

 

Est-ce de l’inconscience, de la naïveté totales de ma part ? Suis-je complètement, et désespérément, abruti, suicidaire ou béatement- et de façon ridicule- optimiste ? Avant de partir pour le Survival Expo, j’ai même envie d’emporter avec moi le livre de Victoire Tuaillon afin de véritablement commencer à le lire. Un ouvrage féministe qui parle de la façon dont se fabrique l’identité masculine et la façon dont cela affecte les relations entre les femmes et les hommes.

 

Mais, finalement, je retire le livre du sac en me disant qu’il prend de la place et que je ne serai pas suffisamment réceptif pour bien profiter de sa lecture.

Depuis la façon de penser d’une personne dite « complotiste », je suis certainement très mal parti pour m’en sortir en cas de mort subite de l’univers. Et, sans doute que selon cette catégorie de personne, dite « complotiste »,  je fais partie du troupeau de gogos qui sera décimé dès le début de la grande catastrophe qui va bien finir par arriver. D’ailleurs, mon extinction, et celle d’autres gogos tout aussi inconscients, laissera un peu plus de place pour celles et ceux qui restent. Et, en particulier, pour les « vraies » personnes méritantes. Les personnes innocentes ( les bébés, les enfants) et celles et ceux qui ont vu venir le péril, qui l’avaient d’ailleurs annoncé, qui s’y sont préparés, et qui ont été ignorées ou ont pu être méprisées par tout une autre catégorie de personnes beaucoup trop sûres d’elles et bien moins informées qu’elles ne le croyaient ou l’affirmaient.

 

Survivaliste/Complotiste, il convient maintenant de s’attarder sur ces deux mots qu’il faut sans doute voir comme une des nombreuses facettes ou dualités de l’être humain.

 

Survivaliste/ Complotiste

 

Depuis la pandémie du Covid, le terme « survivaliste » peut, par moments, se confondre, à tort, avec le terme « complotiste ».

 

Parce-que le gouvernement a pris certaines mesures face à la pandémie du Covid (confinement, restriction de certaines libertés individuelles, obligation vaccinale…) mais aussi montré une impréparation ou une incompétence ( pénurie de masques au début de la pandémie…) qui ont provoqué un scepticisme virulent et croissant chez certaines personnes ou groupes de personnes.

 

 Au cinéma, des figures telles que Rambo, James Bond, Jason Bourne, Captain America, Batman, Spiderman, John Wick,  ou Wonder Woman et Lara Croft sont des figures survivalistes « positives ». A l’inverse, dans la vraie vie, la personne « survivaliste » peut vite être cataloguée comme étant une personne paranoïaque ou raciste ou fasciste au même titre que la personne dite « complotiste ».

 

Le terme « survivaliste », selon moi, divise. Tantôt, on peut lui trouver des vertus du bout des lèvres. Tantôt, il peut susciter une certaine forme de sarcasme.

Le terme « complotiste », lui, me paraît plus mal perçu que celui de « survivaliste ».

Mon ticket de ce samedi 21 Mai 2022. ©️Franck.Unimon

L’événement dont je parle étant le Survival Expo Paris et non le Complotiste  Expo Paris, je vais bien-sûr principalement parler de mon expérience du Survival Expo Paris.

 

Lorsque je pense à la mauvaise connotation que peut avoir le terme « survivaliste », j’ai   un peu l’impression que la personne survivaliste serait un peu l’équivalent du « bouseux », au fin fond des Etats-Unis, davantage complice avec ses armes à feu, -obtenues en toute légalité à des tarifs défiant toute concurrence-  qu’avec la Loi et l’amour de son prochain.

 

« Bouseux ?! » :

 

Dans ma première version, cette partie « Bouseux ?! » n’existait pas. Je la dois à  une personne, rencontrée à la fin de ma visite du Survival Expo Paris 2022, et qui a préféré rester inconnue. 

 

En lisant le mot « Bouseux », cet inconnu a réagi, le trouvant sans doute trop péjoratif.

 

J’ai d’abord été un peu contrarié par sa remarque. Lorsque l’on passe du temps sur la rédaction d’un article et que le résultat nous semble à peu près responsable et satisfaisant, et que l’on est assez pressé de le publier, pour être un peu dans l’actualité mais aussi parce-que notre emploi du temps a ses contraintes et que l’on aimerait concrétiser d’autres projets, il peut être d’abord contrariant de devoir constater que l’on n’est pas suivi dans notre élan comme on l’aurait souhaité. Et que, à nouveau, on va devoir se limiter, se censurer, se justifier. Et retravailler.

 

Mais répondre à la remarque de cet inconnu m’a permis de mieux réfléchir au sens du mot « Bouseux ». Et, de mieux, expliquer, démontrer, les raisons pour lesquels je l’utilise dans cet article. 

 

Je restitue- à quelques corrections près- ce que j’ai spontanément répondu à cet inconnu, en le remerciant à nouveau pour m’avoir interpellé à propos de ce terme :

 

« Le terme « bouseux » est en effet péjoratif : je l’utilise ici précisément pour parler des préjugés que l’on peut avoir ou que l’on pourrait avoir lorsque l’on parle des survivalistes. Il s’agit de retourner le préjugé. Puisque, ensuite, mon article démontre que je n’ai croisé au Survival que des personnes  » a priori » très correctes. 

 En tout cas, l’idée est bien de parler de préjugés vis-à-vis d’une catégorie de personnes dont le mode de vie nous est éloigné : ici, c’est l’opposition très classique entre la campagne et la ville lorsque je parle de « bouseux ». Tout en sachant qu’évidemment, nous avons tous en nous un côté « bouseux ». Mais, aussi, tout intérêt à en avoir un.  Sourire.

On peut aussi se rappeler, mais, évidemment, je te le dis maintenant parce-que tu m’interpelles à propos de ce terme de « bouseux » et que cela m’oblige à détailler la raison pour laquelle j’ai choisi ce terme plutôt qu’un autre :

qu’un « bouseux » ou une « bouseuse », c’est une personne qui met sa main dans la boue ou dans la merde. Quelqu’un qui se mouille et qui s’implique et qui fait en sorte que les choses se font. Et non quelqu’un qui passe son temps à faire la belle ou le beau à la télé, en société ou devant un micro.  Donc, le terme est « péjoratif », oui. Mais dans les faits, il l’est moins qu’on ne le croit. 

Je ne connais pas l’étymologie du mot « bouseux » ni qui a inventé ce terme. Mais l’on peut penser qu’il a été créé par une personne d’un milieu social supérieur et/ou citadin. 

Lorsque je dis « bouseux », vu que ta remarque me pousse à réfléchir sur le sens de ce terme, je me dis que l’on peut remplacer le mot « bouseux » par le mot « éboueur », ou  » ouvrier », ou « infirmier » ou « caissier » ou manutentionnaire, soit une grande partie, finalement, de personnes de classes sociales modestes, défavorisées ou moyennes qui ont souvent, principalement, leurs mains, leur vitalité physique, leur  débrouillardise, leur endurance, mais aussi leurs « astuces », leur système D, leur solidarité, leurs croyances et leurs valeurs, aussi, afin de faire face au monde et à la vie. 

Le « bouseux » est aussi celui qui ne se défile pas parce-que, de toute façon, il ne peut se défiler. Son travail ou son devoir, il sait qu’il le fera. Soit parce-que personne d’autre ne viendra le faire à sa place. Soit parce-que la Loi saura venir lui réclamer des comptes. 

Le « bouseux » est aussi celle ou celui qui n’a pas de passe-droit. 

Dit comme ça, j’imagine que l’expression « bouseux » (te) dérangera moins. Peut-être ou sans doute devrais-je rajouter cette partie dans mon article à propos du terme « bouseux ». Je le ferai sans doute. Car je crois que c’est important.

Ensuite, je ne pourrai pas détailler chacun de mes termes comme je le fais pour le terme « bouseux ». Sourire.

Je n’ai rien contre la campagne. J’ai des origines campagnardes. Et, à mon avis, des personnes entraînées à la vie à la campagne ont des aptitudes à la survie supérieures à la majorité des citadins, dont je fais partie, qui ont oublié ou qui ignorent le Ba-ba de la survie ».

 

Voici donc, en grande partie, ce que j’ai répondu à cette personne pour justifier et quasiment revendiquer l’emploi du terme « bouseux ».

 

Puis, quelques heures sont passées. J’ai décidé de reprendre la rédaction de cet article en passant par une étape très classique lors de l’usage d’un mot : Le dictionnaire. Dans son format papier. Car j’ai un vieux dictionnaire Robert, chez moi, depuis des années. Aussi, je regarde le terme « Bouseux » en me disant presque qu’étant donné que ce terme est une fabrication, que je ne vais peut-être pas trouver son étymologie. Je cherche et je trouve :

 

« Bouseux. Nom masculin-bousoux 1885 ; mot de l’ouest ; de bouse. Familier et péjoratif. Paysan ».

 

En lisant ça, je me dis d’abord que cela contredit ma réponse. J’ai parlé de boue. On parle de bouse. Et puis, je me souviens d’un seul coup, de souvenirs de colonie de vacances, à la campagne, donc. Et du fait de sentir ou de marcher dans la bouse de vache. J’avais oublié. L’expérience concrète de la bouse de vache. Son odeur comme sa substance. Parler de « bouse » ou de « bouseux » n’a effectivement rien d’élogieux.

 

Pourtant, tout ce que j’ai raconté sur le fait de « mettre sa main dans la merde », comme sur l’impossibilité de se défiler, pour le bouseux ou celle ou celui qui peut lui être apparenté (celle ou celui qui a peu de pouvoir économique, social ou qui doit exécuter ce que lui dicte ou lui ordonne une instance supérieure) continue de tenir.

D’ailleurs, si l’on parle de bouse, le métier que j’exerce, celui d’infirmier en psychiatrie et en pédopsychiatrie, consiste aussi, si nécessaire, à mettre sa main dans la merde, la pisse ou le sang.

 

Le terme « bouseux » est péjoratif parce qu’on l’enferme uniquement dans l’action d’être au contact de certaines matières ou substances dont, spontanément, on préfère éviter le contact. Il ne l’est plus s’il est « révélé » ou « rappelé » ce que cette action a de salutaire ou de bénéfique pour le plus grand nombre.

 

C’est parce que l’importance du travail de paysan a été oubliée et méprisée, qu’il y a eu cette scission entre la campagne et la ville. Et que certains maux existent aujourd’hui en termes de pénurie ou de dépendance alimentaire. Et demain.

C’est parce-que l’importance de certains métiers a été oubliée et méprisée ou est oubliée et méprisée que d’autres maux se sont installés dans notre société.

 

Aujourd’hui, le terme « bouseux » n’est plus cantonné à la seule fonction et condition de paysan. Et, il n’y a pas que les « gilets jaunes » ou les « sans dents » qui doivent ou qui peuvent, seulement, se sentir concernés par le terme de « bouseux ».

 

Paradoxalement, peut-être, et sans doute, aussi, avec un certain esprit de provocation, j’en viendrais presque à revendiquer ma condition de « bouseux ». Car, comme n’importe quel « bouseux », c’est en travaillant et en persévérant, que j’ai acquis et accomplis le « peu » que j’accomplis.

 

Néanmoins, les personnes se rendant au Survival Expo auraient un profil très différent de celui du « bouseux ».

Photo prise ce samedi 21 Mai 2022. ©️Franck.Unimon

 

Le profil supposé des personnes se rendant au Survival Expo

 

 

Avant de me rendre au Survival Expo, j’avais lu que le profil des personnes qui s’y rendent serait généralement celui d’hommes de 35-40 ans, plutôt cadres supérieurs.

 

Et, j’avais été étonné d’apprendre que des cadres supérieurs seraient majoritaires au Survival Expo :

 

Car cela ne collait pas avec l’idée première que je me faisais du « bouseux » qui resterait sur ses terres et y dicterait sa Loi avec les siens depuis plusieurs générations.

 

Mais « cadres supérieurs » ou pas, complotistes ou pas, le contexte fait que n’importe qui, sensible à son environnement et un peu attaché à son avenir ou à celui de ses proches, peut se dire qu’au lieu d’attendre, qu’il convient de commencer à se préparer au pire. Afin d’être le moins possible pris au dépourvu lorsque ce pire arrivera. Puisque beaucoup de signes et de paramètres (le contexte évoqué) contribuent à nous informer de la probabilité croissante de ce pire :

 

La pandémie du Covid et son confinement ; le réchauffement climatique ; la diminution des matières premières diverses, dont l’eau ; les attentats terroristes ; la guerre en Ukraine ou ailleurs ; la crise sociale, politique et économique durable ;  l’effondrement ; les migrations climatiques et économiques ; la « passivité », l’incompétence ou la complicité supposée ou réelle des politiques ; la peur des catastrophes nucléaires ; ce sentiment que les plus riches et les plus puissants font, eux, le nécessaire pour se prémunir des conséquences de toutes ces menaces et de bien d’autres menaces qui condamnent une grande partie de l’humanité.

 

 

Tout ceci concourt à ce qu’un jour, n’importe qui d’un peu attaché à son avenir ou à celui de ses proches, puisse se décider à aller à Survival Expo Paris.

 

Ai-je attendu tous ces « symptômes » de notre époque pour me sentir concerné par les questions de survie ?

 

Non.

 

Mais le contexte actuel, ainsi, sans doute aussi, que le fait d’avoir – en partie- quitté l’enfance et l’adolescence, mais aussi d’être devenu père, m’a certainement d’autant plus poussé à me renseigner davantage sur ces questions de survie. Et, à partir de là, quoi de plus « cohérent », que de se rendre, un jour, à Survival Expo, ce samedi 21 Mai 2022 pour moi.

Des magazines consacrés au survivalisme. Survival Expo Paris, ce samedi 21 Mai 2022.

 

 

Des préjugés et des rencontres ?

 

A quoi m’attendais-je en allant à Survival Expo ? Cela m’a rappelé un peu cette époque, il y a plus de dix ans, où j’avais fait l’expérience des sites de rencontres. Je me sentais un peu honteux d’avoir envie et besoin d’en passer par là. Et si, quelqu’un que je connaissais, s’y trouvait aussi et m’y voyait avais-je alors expliqué à un copain de l’époque qui, déjà inscrit sur un site de rencontres, ne tarissait pas d’éloges à ce sujet ? Celui-ci m’avait alors répondu :

 

« Mais si quelqu’un que tu connais se trouve sur ce site, qu’est-ce-qu’il/elle fait là ? ». Son argument avait été convaincant. Même si, depuis, j’ai de grandes réserves concernant les sites de rencontres : Ce sont, au départ, de formidables moyens de rencontres. Sauf que l’être humain fait aussi n’importe quoi de ces formidables moyens de rencontres ou s’en sert pour profiter de certaines personnes vulnérables.

 

Les affinités et un engagement constant dans une activité commune facilitent bien mieux les rencontres que les sites de rencontre, de mon point de vue. Je me suis donc demandé si j’allais croiser quelqu’un que je connaissais à Survival Expo. Quelqu’un que j’étais incapable de « soupçonner » de penser à la fin du monde en quelque sorte.

 

Et qui pourrait être cette personne ? J’étais un peu curieux de savoir.

 

Dans le métro, ligne 14, ce dimanche 22 Mai 2022. ©️Franck.Unimon

 

Mais je n’ai rencontré personne, parmi mes connaissances. Ce qui, évidemment, ne signifie rien du tout. Pour commencer, nous avons pu nous rater. Ensuite, il est des sujets sensibles ou tabous que l’on aborde avec certaines personnes seulement lorsque l’on se sent « en sécurité » avec elles. Lorsque l’on est assuré qu’elles ne nous condamneront pas moralement :

Il y a des personnes vaccinées contre le Covid qui ont pu être très virulentes envers des personnes refusant de se faire vacciner contre le Covid.

 

Il peut y avoir des personnes très virulentes contre tout ce qui a trait, de près ou de loin, au survivalisme. Et, pourtant, sans aller jusqu’à rêver d’une patrie militaire et totalitaire, je crois qu’apprendre un peu de « survivalisme » serait très utile à beaucoup.

 

Parce-que le survivalisme revêt plusieurs aspects. Et, je crois que Survival Expo et l’exposition Vivre Autonome, avec leurs 180 exposants, donne une idée de cette diversité.

 

Une diversité de survivalismes

 

Une diversité si étendue que, par moments, devant certains stands au Survival Expo, je me suis demandé si je devais rire ou me désespérer.

Survival Expo Paris 2022. Photo prise ce samedi 21 Mai 2022. ©️Franck.Unimon
Au Survival Expo Paris 2022, ce samedi 21 Mai 2022.

 

 

A l’exposition Vivre Autonome, ce samedi 21 Mai 2022, un des stands de la librairie permaculturelle.

 

 

Parce-que le « pire » est envisagé au Survival Expo, alors, certains stands vous proposent des solutions au « pire ». Cela commence, dès le début de Survival Expo par plusieurs exposants d’armes blanches : des couteaux. On comprend tout de suite que la vie va se jouer à ça. Au couteau près. Au fait d’avoir un ou plusieurs couteaux sur soi afin de défendre sa peau. Car c’est d’abord à ça que je pense en voyant ces couteaux. A un combat à couteaux tirés.

Au Survival Expo Paris 2022, ce samedi 21 Mai 2022. ©️Franck.Unimon

 

 

 

 

Au lieu de penser au fait qu’un couteau peut aussi servir à construire, à sculpter, à cueillir, à manger ou à toute autre activité humaine nécessaire. Et pacifique.

 

Mais voir dans ces couteaux, avant tout des armes de mort, ne m’empêche pas de voir parmi eux de très belles pièces ! Couteuses, mais belles !

Le concepteur des couteaux montrés précédemment. Au Survival Expo Paris 2022, ce samedi 21 Mai 2022.

 

Des projections personnelles

 

 

Et puis, cette appréhension et cette forme de peur, en même temps que cette attirance, que je ressens devant ces couteaux, corps étendus, accessibles et tranchants, reflète très bien l’être humain. Capable d’inventions extraordinaires. Comme capable, aussi, de faire le pire avec ces inventions extraordinaires. L’imagination de l’être humain, dans l’horreur comme dans le bénéfique, est probablement sans limites.

D’autres oeuvres du même coutelier forgeron, au Survival Expo Paris, ce samedi 21 Mai 2022. ©️Franck.Unimon

 

Tout est possible avec l’être humain. Tout semble possible, en tout cas. Et, ce sera peut-être, finalement, ma principale réserve et prudence à propos de l’événement Survival Expo car je n’ai pas tout vu ni tout entendu, car cela est impossible :

 

Cet événement donne et vend des idées, des outils, des « armes » ( également des arcs et des lances-pierres), des techniques et des moyens divers, vêtements et matériels résistants et performants, des informations sur l’alimentation et  autres apprentissages convaincants  pour survivre et devenir un peu plus autonomes.

 

Au Survival Expo Paris, ce samedi 21 Mai 2022. ©️Franck.Unimon

 

Mais il  manque peut-être à ce genre d’événement l’apprentissage d’une certaine conscience de soi et du monde qui nous entoure. Il y manque peut-être le fait d’apprendre, aussi, à vivre, d’un point de vue relationnel, émotionnel, sociétal, culturel dans une certaine indulgence et confiance avec soi-même comme avec les autres.

 

Un des stands de livres de la librairie Permaculturelle dans l’exposition  » Vivre Autonome », ce samedi 21 Mai 2022.

 

C’est ce que certaines personnes vont appeler, en le raillant, le « Vivre ensemble » qui a échoué ou qui est ou serait impossible.

 

Je ne vais pas, ici, revêtir une soutane et commencer à prêcher avec des propos tels que « Soyons tous frères et sœurs » ou me déposer une perruque de hippie sur la tête et parler de fleurs et d’amour comme dans les années 70. Nous sommes en 2022 et ce genre de discours, même s’il peut convenir à certaines personnes, a évidemment ses limites en matière de résultats devant certains faits indésirables ou inquiétants.

 

Lorsque je parle « de conscience de soi et du monde qui nous entoure » je repense à  mon appréhension et à ma forme de peur, en même temps que de mon attraction, pour ces couteaux que j’ai vus étalés sur des stands, dès le début de l’exposition :

 

 Je me rends compte qu’il s’agit de mes projections personnelles. De mes propres appréhensions et peurs. Au cas où ces couteaux se retourneraient contre moi. Voire, au cas où, pris de folie, moi, je prenne un de ces couteaux et plante quelqu’un ensuite avec.

 

Si l’être humain est capable de tout, vu que son imagination semble avoir peu de limites,  imagination qui lui a permis d’évoluer et d’être encore présent sur Terre en 2022, un être humain est donc largement capable de prendre un couteau posé sur une table devant lui et d’en disposer contre autrui. Ou, un de ces couteaux effilés peut très bien servir contre lui.

 

 Alors, que, concrètement, tous ces couteaux présents, ne vont pas, d’un seul coup, alors que je m’approche d’eux, s’envoler et me transpercer le corps jusqu’à ce que mort s’ensuive. Personne, et si cela devait arriver un jour, ce serait exceptionnel, ne va décider à me planter avec un de ces couteaux. Juste parce-que c’est moi. Et que ces couteaux sont là, à disposition.

 

Au Survival Expo Paris 2022, ce samedi 21 Mai 2022. ©️Franck.Unimon

 

Et, lorsque j’ai quitté le Survival Expo, je ne crois pas qu’il y ait eu d’incident d’agression ou de sang avec tous ces couteaux exposés.

 

Notre façon de percevoir notre environnement et de le considérer comme hostile et hautement dangereux ne dépend pas uniquement de critères et de signes objectifs :

 

Guerre en Ukraine, réchauffement climatique, augmentation du prix de l’essence, chômage, augmentation des incivilités.

 

Notre façon de percevoir notre environnement et de le considérer comme hostile et hautement dangereux dépend aussi de notre sensibilité personnelle et émotionnelle.

 

Et l’on peut tout aussi bien  se sentir en danger dans une simple salle de concert, une simple salle de cinéma ou dans le rayon bonbons et chocolat d’un supermarché. Même sans avoir été victime directe ou indirecte d’un attentat ou d’une prise d’otage dans ce genre d’endroit.

Au Survival Expo Paris 2022, ce samedi 21 Mai 2022. ©️Franck.Unimon

 

 

Et, je m’inquiète donc, aussi du fait, que dans un événement comme Survival Expo, on nous donne accès à un certain nombre de moyens, de techniques, de défenses et de solutions en cas de grand danger, ce qui est très bien. Sans insister sur l’importance du nécessaire tri à faire entre nos projections personnelles et la situation que l’on vit dans les faits dans l’immédiat.

 

Un simple regard peut parfois nous sembler animé de mauvaises intentions alors qu’il ne n’est pas. Et, sur-réagir et penser que survivre rime uniquement avec le fait de se sentir tout puissant, toujours prêt, protégé, barricadé et baraqué parce-que l’on est suréquipé, surentraîné, sur-préparé est selon moi une erreur de perception qui nuit ou peut nuire, en partie, au survivalisme.

 

Sans doute vais-je écrire, ici, un gros mot beaucoup plus grave que le terme « bouseux ». Mais j’ai l’impression que le survivalisme, cela consiste, aussi, beaucoup à posséder, malgré tout, une certaine capacité à rester…optimiste. Et lucide sur ce que l’on vit mais, aussi, sur ce que l’on ressent.

Au Survival Expo Paris, ce samedi 21 Mai 2022. ©️Franck.Unimon

Je n’invente rien en écrivant ça. Lorsque je repense à quelques récits extrêmes que j’ai pu lire ( de rescapés de camps de concentration, d’expériences sportive extrêmes ou de certaines opérations militaires), je retiens aussi, que, tout en persévérant dans leurs efforts pour se sortir d’une situation très difficile, bien des survivants, ont réussi ou avaient réussi, à maintenir en eux une certaine vitalité d’optimisme voire de bonne humeur. Que ces survivants soient seuls ou en compagnie d’autres personnes.

 

Au Survival Expo Paris 2022, ce samedi 21 Mai 2022. A l’arrière plan, avec la vendeuse, le stand de vêtements de la marque AKAMMAK que j’ai alors découverte et qui m’a fait une très bonne impression. ©️Franck.Unimon

 

 

Je n’ai pas eu l’impression que cet aspect de l’optimisme et de la bonne humeur, même s’ils étaient présents lors de la manifestation Survival Expo Paris 2022, aient beaucoup été énoncés, comme faisant partie des éléments essentiels à avoir avec soi ou près de soi, en cas de catastrophe ou de péril imminent. Et, je rajouterais que certaines personnes sont sans aucune doute extrêmement capables et habiles pour survivre, pour s’adapter, pour mettre en pratique bien des techniques ( de chasse, de soins, d’habitat etc…) mais que vivre avec elles pourrait aussi être un calvaire. Il n’y a qu’à penser, par exemple, à ces grands aventuriers ou à ces grands marins très expérimentés, qui, lorsqu’ils se mettent ensemble pour réaliser une expédition ou une course, ont tout ce qu’il faut, en théorie, pour réussir. Et qui, finalement, sont incapables de vivre ensemble et de s’accorder.

Au Survival Expo Paris, ce samedi 21 Mai 2022. Une conférence sur l’alimentation. Il m’a fait plaisir de voir qu’une des personnes du public portait un tee-shirt sur lequel on pouvait lire des noms de rappeurs tels que Damso. ©️Franck.Unimon

 

 

Evidemment, cette partie de mon article doit beaucoup au fait que, dans ma vie personnelle et professionnelle, je suis beaucoup attaché à une certaine compréhension « psychologique » de mon expérience humaine comme de mon environnement.

 

Ma façon « psychologique » de chercher à comprendre ce que je vis et ce que je vois a bien sûr ses limites : Trop intellectualiser. Trop chercher le pourquoi du comment au détriment de l’efficacité et du résultat.

 

Alors que lorsque l’on a faim, froid ou soif, ou que l’on a très peur et très mal,  ou que l’on se retrouve suspendu, retenu par ses deux mains, avec les pieds suspendus au dessus d’un vide de vingt mètres, on cherche avant tout par quel moyen concret, le plus rapide et le plus sûr possible, cesser d’avoir faim, froid ou soif ou très mal ou très peur et se sortir ou se faire sortir de ce vide. Dans ces situations, on sera plus que content de s’être entraîné ou équipé comme il se doit afin de survivre ou d’avoir été en compagnie d’un expert ou d’une experte, cette personne fut-elle, par ailleurs, insupportable,  imbuvable ou l’exact opposé de la plus grande partie de nos valeurs et de nos idéaux.

 

La capacité d’être « rustique » ou de savoir être « rustique » fait aussi partie des aptitudes nécessaires à la survivante et au survivant, à ce que j’ai pu lire ou un peu vérifier.

 

On peut remplacer le terme « rustique » par « bouseux » ou « nature » ou « cash », sans aucun doute. Comme on peut, aussi, les mélanger avec des termes comme « intellectuel », « culture », « être bon vivant ». Il s’agit de trouver le bon dosage qui convient pour celles et ceux avec qui l’on se trouve, lors de la situation de survie, ainsi que pour…la paix de notre âme.

Au Survival Expo Paris, ce samedi 21 Mai 2022. ©️Franck.Unimon

 

 

Vers une conclusion de mon expérience à Survival Expo

 

Comme on le comprend, il y aurait beaucoup à dire sur cette double exposition, Survival Expo et Vivre Autonome. Et, je suis très loin d’avoir tout vu et tout entendu comparativement à ce qui s’est déroulé durant les trois jours de cet événement. 

 

D’abord, je pensais que deux heures me suffiraient pour découvrir ces deux manifestations. J’ai finalement eu besoin des trois heures depuis mon arrivée. Et, encore ai-je été un peu obligé d’abréger ma visite car l’exposition allait fermer. Il allait être 19 heures.

 

Si j’ai bien vu des hommes qui pourraient correspondre au profil « hommes de 35-40 ans », « cadres supérieurs », je ne peux pas en être certain. Car un statut de « cadre supérieur » ne se lit pas sur les gens. Ensuite, j’ai été plutôt marqué par le côté « sortie familiale » de l’événement. Certaines personnes sont venues avec leurs enfants d’une dizaine d’années.

Au Survival Expo Paris 2022, du côté de l’événement Vivre autonome, ce samedi 21 Mai 2022. ©️FrancK.Unimon

 

L’exposition « Vivre autonome », ce samedi 21 Mai 2022. ©️Franck.Unimon

 

Dans l’exposition  » Vivre Autonome », ce samedi 21 Mai 2022. ©️Franck.Unimon

 

Dans l’exposition Vivre autonome, ce samedi 21 Mai 2022. ©️Franck.Unimon

 

 

 

Du côté de l’exposition Vivre Autonome, où l’on parle de permaculture, de tout ce qui a trait à l’intérieur d’une maison, de lectures, de manière « amusante », il y avait beaucoup plus de femmes. Lesquelles étaient quand même plus minoritaires dans la partie Survival.

Au Survival Expo Paris 2022, ce samedi 21 Mai 2022. ©️Franck.Unimon

 

Je n’ai pas pu assister aux démonstrations de Krav Maga. Car j’étais alors occupé dans les stands, à discuter ou à découvrir certains produits. Mais j’ai écouté avec attention l’un des intervenants, Romain Carrière, qui, en sueurs et souriant après sa démonstration, expliquait avec pédagogie et humour, à des parents venus avec leurs enfants en bermuda, et n’ayant vraiment pas l’allure de grands sportifs, qu’il fallait «saturer de coups » son agresseur. Ce qu’il disait m’a paru plein de bon sens.

 

J’ai été agréablement surpris par la bonne ambiance générale de Survival Expo Paris et de Vivre autonome. J’insiste à nouveau sur ce point. Qu’il s’y soit trouvé des bouseux ou non. Qu’il y ait eu des complotistes ou non au sein du public.

A l’exposition Vivre Autonome, ce samedi 21 Mai 2022. ©️Franck.Unimon

 

On aurait pu s’attendre à côtoyer des personnes haineuses et agressives durant toute la visite. Cela a plutôt été le contraire. J’ai rencontré soit des commerciaux attentifs à leur clientèle (Jusqu’à proposer de véritables promotions sur certains articles). Soit des personnes souhaitant discuter avec d’autres personnes. Tel cet homme tenant à m’expliquer le travail de l’association Tripalium qui permet à des jeunes en décrochage scolaire  d’un lycée PIL ( Pôle Innovant Lycéen) de découvrir le travail du bois en apprenant à fabriquer des éoliennes.

A l’exposition « Vivre Autonome », ce samedi 21 Mai 2022.

 

Dans l’exposition « Vivre Autonome », ce samedi 21 Mai 2022. L’association Tripalium. ©️Franck.Unimon

 

Une éolienne construite par l’association Tripalium, ce samedi 21 Mai 2022. ©️Franck.Unimon

 

Peut-être que le fait de pouvoir exposer librement, et formellement, certaines peurs et inquiétudes, mais aussi de pouvoir exprimer le recours à une certaine violence a permis aussi cette détente.

 Je n’ai pas remarqué de stands de ventes d’armes à feu. Ce qui rappelle une des grandes différences entre la France et les Etats-Unis en matière de législation de ventes d’armes. Aux Etats-Unis, j’imagine qu’un Survival Expo comporte une ribambelle de stands d’armes à feu sophistiquées à portée du public.

 

J’ai ensuite croisé une personne que je ne connaissais pas. Avec laquelle j’ai ensuite repris contact par mail et qui m’a rapidement répondu. Puis qui a très vite réagi à la première version (deux fois plus courte ! ) que je lui ai envoyé de cet article et m’a également fait part de certaines remarques (  à propos du terme « bouseux »), suggestions et informations dont je le remercie à nouveau.

Au Survival Expo Paris 2022, ce samedi 21 Mai 2022. ©️Franck.Unimon

 

Au Survival Expo Paris, ce samedi 21 Mai 2022. ©️Franck.Unimon

 

L’exposant de ces tentes de toit de voiture, au Survival Expo Paris 2022, ce samedi 21 Mai 2022. ©️Franck.Unimon

 

L’autre grande surprise, pour moi, de Survival Expo Paris a été la tente de toit de voiture ! Un bon véhicule de camping coûte cher et il s’agit ensuite de l’entretenir. Pour le peu que j’en sais, on achète un véhicule de camping afin de s’en servir régulièrement. Autrement, c’est un gouffre financier. On peut s’acheter une tente de toit de voiture pour 2000 euros, échelle comprise. Selon ses dimensions, si celles-ci ne dépassent pas le rétroviseur, on fait du bivouac. Si ses dimensions dépassent le rétroviseur, on entre dans la catégorie camping.

Le confort est au rendez-vous, avec un matelas confortable, quel que soit le type de tente de toit choisi.

Pour descendre la tente du toit, le vendeur m’a confirmé qu’il fallait être « deux » car celle-ci pèse 100 kilos en moyenne. Pour l’instant. Car on peut penser que ces tentes de toit seront par la suite conçues dans des matériaux plus légers.

 

Je croyais que ce genre de produit existait depuis longtemps :

 

 «Depuis quatre ans » m’a répondu le vendeur.

 

Je croyais qu’avec leur succès, selon moi, inévitable, que le prix de ces tentes allait augmenter. Non, selon le vendeur : « à cause de la concurrence…. ».

 

 

En quittant Survival Paris Expo, j’ai retrouvé la Porte de la Villette. Mais aussi une autre forme de survie qui commençait à se concentrer sur les trottoirs. Une femme d’une quarantaine d’années sollicitait les passants pour faire la manche. Je n’ai pas pu m’empêcher de penser que c’était pour s’acheter du crack. De l’autre côté de la rue, à quelques mètres de la salle de concert le Glazart, il y avait un paquet d’hommes. Ils étaient moins nombreux, trois heures plus tôt, alors que je me dirigeais vers le  Survival Expo.

 

Il était un peu plus de 19 heures et peu à peu, la nuit, allait tomber. Je me suis dit que la nuit, dans cet endroit de Paris, devait montrer un tout autre monde.  Un monde qu’assez peu de personnes venues au Survival Paris Expo n’avait envie de connaître.

 

 

 

Franck Unimon, ce lundi 23 Mai 2022.