
StĂ©phane Bourgoin et lâinimaginable
Il convient plutĂŽt dâavoir entendu parler de lui avant la pandĂ©mie du Covid et dây avoir survĂ©cu mentalement et physiquement pour avoir lâidĂ©e ou lâambition de savoir â Ă peu prĂšs- qui est StĂ©phane Bourgoin.
Et aussi de lâavoir cru.
Aujourdâhui, ce mercredi 21 janvier 2026, sa page wikipĂ©dia le prĂ©sente comme « auteur français spĂ©cialisĂ© dans le cinĂ©ma bis et les faits divers criminels ». Cependant durant Ă peu prĂšs une trentaine dâannĂ©es, de 1990 Ă 2020, il fit autoritĂ© en France en matiĂšre de tueurs en sĂ©rie.
StĂ©phane Bourgoin fut dâailleurs un formateur apprĂ©ciĂ© de la gendarmerie Nationale. Il anima des dĂ©bats Ă la suite de projections de films. Il fut au centre dâĂ©vĂ©nements consacrĂ©s aux tueurs en sĂ©rie auxquels des Magistrats et des Inspecteurs de Police participĂšrent. OĂč des livres et des bandes dessinĂ©es consacrĂ©es aux tueurs en sĂ©rie y furent vendus ou dĂ©dicacĂ©s. Je me rappelle par exemple de cet Ă©vĂ©nement organisĂ© dans le 13Ăšme arrondissement de Paris, prĂšs des anciens frigos de Paris devenus des rĂ©sidences dâartistes, oĂč fut entre-autre prĂ©sent un inspecteur de Police qui avait croisĂ© Richard Durn, un de mes anciens camarades du lycĂ©e de Nanterre, aprĂšs sa tuerie Ă la mairie de Nanterre en 2002. ( voir l’article Au LycĂ©e ).
Je me souviens de la projection du film Lâetrangleur de Boston rĂ©alisĂ© en 1968 par Richard Fleischer, non loin de lâuniversitĂ© de Jussieu. Et de ce groupe de femmes, plutĂŽt dans la trentaine, belles, qui, sitĂŽt le film terminĂ© sâĂ©tait levĂ© et avait subitement quittĂ© la salle de cinĂ©ma avant que ne commence le dĂ©bat animĂ© par StĂ©phane Bourgoin. Je ne me rappelle pas du dĂ©bat.
Je me rappelle aussi de cette sorte de colloque organisĂ© dans une des salles du SĂ©nat en prĂ©sence de journalistes, de gendarmes, de proches de victimes mais aussi du juge Gilles Latapie qui avait jugĂ© le tueur en sĂ©rie Michel Fourniret. Colloque auquel jâavais pu assister parce-que StĂ©phane Bourgoin, Ă©galement prĂ©sent, mâavait proposĂ© de venir voire mâavait permis dây accĂ©der. Jây avais Ă©changĂ© quelques mots avec une jeune gendarme, Ă peine la trentaine, qui adressait Ă StĂ©phane Bourgoin une estime inĂ©branlable.
Lorsquâen 2009, je me rendis pour la premiĂšre ou la seconde fois Ă ce qui Ă©tait alors « sa » Librairie, la Librairie du 3ĂšmeĆil, rue Montholon, dans le 9 Ăšme arrondissement de Paris, câĂ©tait pour lâinterviewer. Journaliste cinĂ©ma bĂ©nĂ©vole pour le mensuel papier Brazil, jâavais proposĂ© Ă mon rĂ©dacteur en chef, Christophe Goffette, un dossier sur les tueurs en sĂ©rie.
Le projet Ă©tait que plusieurs de mes collĂšgues journalistes cinĂ©ma et moi, nous Ă©crivions une centaine dâarticles sur des films « de » tueurs en sĂ©rie en y ajoutant mon interview de StĂ©phane Bourgoin.
StĂ©phane Bourgoin Ă©tait alors- pour moi- une rĂ©fĂ©rence. Et il Ă©tait Français, visible Ă Paris, ce qui Ă©tait plus pratique pour le rencontrer que sâil avait vĂ©cu aux Etats-Unis ou au Botswana.
Il Ă©tait celui qui, Ă la suite du meurtre de son ancienne fiancĂ©e aux Etats-Unis en Ă©tait venu, Ă la fin des annĂ©es 70, à « sâintĂ©resser » aux tueurs en sĂ©rie. Bien avant que le sujet et des films tels que Le Silence des agneaux ou Seven ne deviennent des « succĂšs » cinĂ©matographiques et Ă©conomiques.
Son « trauma » originel, « le meurtre » donc de sa fiancĂ©e, couplĂ© Ă son aptitude combattive voire hĂ©roĂŻque Ă le surmonter en devenant un spĂ©cialiste des tueurs en sĂ©rie ainsi que son Ă©rudition, son accessibilitĂ© ou sa simplicitĂ© mais aussi son humour noir me lâavaient rendu plutĂŽt « sympathique ». Tout en sollicitant en moi des mannes dâempathie qui ne demandaient sans doute quâĂ sâexprimer. Devant moi, dans sa librairie, en 2009, jâai vu StĂ©phane Bourgoin ĂȘtre Ă©mu, presque aux larmes, Ă me parler un peu de son ancienne fiancĂ©e amĂ©ricaine assassinĂ©e par un tueur en sĂ©rie une trentaine dâannĂ©es plus tĂŽt.
StĂ©phane Bourgoin apparaissait aussi un peu ou beaucoup comme une espĂšce de guide solide et rassurant devant ces expĂ©riences dĂ©finitives et effroyables ou le sol mais aussi le socle de certaines de nos certitudes et croyances morales et humaines se retirent. Face Ă cette apothĂ©ose des horreurs dont les ĂȘtres humains sont capables et quâil leur est impossible dâattribuer Ă des forces extĂ©rieures, immigrĂ©es, surnaturelles ou divines, StĂ©phane Bourgoin offrait une prĂ©sence persistante, une vie, une rĂ©sistance modĂšle et apparemment inusable. Il apportait Ă©galement des rĂ©ponses que lâon ne trouvait pas dans les livres. Car il avait du vĂ©cu. Il Ă©tait la vigie qui nâavait pas peur dâobserver toutes ces morts dont on prĂ©fĂ©rait se dĂ©tourner.
En plus dâĂȘtre un des pionniers Ă propos des tueurs en sĂ©rie, il avait aussi pour lui dâĂȘtre plutĂŽt bon pĂ©dagogue ou vulgarisateur. Il Ă©tait aussi trĂšs autodidacte. Il Ă©tait donc celui qui avait pu «rĂ©ussir » en dehors des processus scolaires et universitaires.
Et cela était admirable.
Ajoutons Ă cela que la possibilitĂ© de lâaborder revenait, aussi, Ă accĂ©der Ă une certaine forme dâauto-gratification narcissique et sociale. Puisque rencontrer StĂ©phane Bourgoin Ă©quivalait Ă rencontrer Ă la fois une personne assez mĂ©diatisĂ©e mais aussi une sommitĂ© dans son domaine. Un homme qui avait vendu un certain nombre dâexemplaires de ses livres sur les tueurs en sĂ©rie et qui avait son Ă©mission tĂ©lĂ©visĂ©eâŠ
En 2009, le jour de cette interview en deux parties que lâon pourra trouver Ă la fin de cet article, jâĂ©tais donc journaliste cinĂ©ma bĂ©nĂ©vole pour le mensuel papier Brazil. J’aspirais Ă me reconvertir comme journaliste professionnel. Je souhaitais encore -aussi- devenir acteur professionnel de cinĂ©ma en passant plutĂŽt par des expĂ©riences théùtrales professionnelles.
Cependant, socialement, Ă©conomiquement et intellectuellement, je vivais grĂące Ă mon mĂ©tier dâinfirmier en psychiatrie et en pĂ©dopsychiatrie depuis un peu plus dâune quinzaine dâannĂ©es.
Nous pouvons affirmer que jâĂ©tais encore dans une certaine quĂȘte de moi-mĂȘme alors que jâallais, en la personne de StĂ©phane Bourgoin, rencontrer un homme certes un peu plus ĂągĂ© que moi, mais qui, surtout, lui, Ă©tait Ă©tabli dans ce quâil faisait au point dâĂȘtre reconnu Ă©conomiquement, mĂ©diatiquement et socialement pour cela. Et cela, depuis plusieurs annĂ©es.
Dâautre part, jâĂ©tais amateur de polars. Et, jâavais alors dĂ©butĂ©- ou arrĂȘtĂ©- de suivre au bout dâune annĂ©e- une « formation » en criminologie dans un institut, lâIHECRIM, dont le fondateur et dirigeant Ă©tait Laurent Montet. Laurent Montet, que StĂ©phane Bourgoin me dĂ©crivit – avec lâassurance de celui qui avait pour lui la lĂ©gitimitĂ© de sa pratique – comme une sorte dâaffabulateur dangereux et incompĂ©tentâŠ.
Ce qui fut dâailleurs confirmĂ© environ dix ans plus tard, soit en 2019, quand Laurent Montet fut condamnĂ© pour escroquerie avec interdiction dâenseigner. NĂ©anmoins, durant cette « formation », d’une annĂ©e suivie Ă lâIHECRIM, des professionnels, des psychologues, des policiers ou autres, Ă©taient venus faire cours. Patrick Dils y Ă©tait venu tĂ©moigner. Ainsi quâun des proches des disparus de Mourmelon. Et parmi les nombreux Ă©tudiants que nous avions Ă©tĂ© (plusieurs centaines) avaient figurĂ© un certain nombre de policiĂšres et policiers, dâĂ©tudiants en Droit et en psychologie ainsi que quelques personnes aspirant Ă devenir profileuses ou profileurs. JusquâĂ une lycĂ©enne dont le but Ă©tait de pouvoir « rencontrer » un jour Michel FourniretâŠ.
Cela pour commencer Ă dire que la criminologie (qui ne se rĂ©sume pas uniquement aux tueurs en sĂ©rie) attire diffĂ©rents profils de personnes, lĂ©gitimes et moins lĂ©gitimes, scrupuleuses et moins scrupuleuses, averties et moins averties, et quâil est nĂ©cessaire dâapprendre Ă faire le tri avant de sây engager.
Et, je lâai un peu mieux compris durant la pandĂ©mie du Covid. Lorsque jâappris, par hasard, que certains des bobards de StĂ©phane Bourgoin avaient Ă©tĂ© dĂ©busquĂ©s :
Celui-ci avait Ă©tĂ© convaincu de mensonge – comme un sportif de haut niveau peut ĂȘtre convaincu de dopage- par un collectif se prĂ©nommant 4Ăšme Ćil Corporation.
Ensuite, des mĂ©dia plus traditionnels mais aussi plus officiels avaient vĂ©ritablement fait leur travail et confirmĂ© les conclusions apportĂ©es par 4Ăšme Ćil Corporation.
La premiÚre réaction de Stéphane Bourgoin ? Nier et menacer de représailles judiciaires. Puis, il avait dû se résigner à reconnaßtre ce qui lui était reproché :
Il nâavait jamais Ă©tĂ© Footballeur de haut niveau. Sa « fiancĂ©e » amĂ©ricaine assassinĂ©e nâavait jamais existĂ©. Il nâavait pas rencontrĂ© 70 tueurs en sĂ©rie ( ou davantage) comme il lâavait affirmĂ© mais beaucoup moins. Il sâĂ©tait attribuĂ© les compĂ©tences dâexperts officielsâŠ.il nâavait jamais Ă©tĂ© formĂ© par le FBIâŠ.
Aujourdâhui, cette petite liste de mensonges entre amis de StĂ©phane Bourgoin me fait rire. Mais je peux rire parce-que, malgrĂ© mon admiration devant StĂ©phane Bourgoin, celui-ci nâa jamais Ă©tĂ© pour moi une figure parentale. Je ne lâai jamais perçu non plus comme « un frĂšre » ou un « ami » avec lequel jâai pu avoir le sentiment de partager une peine commune.
Et si jâavais continuĂ©, aprĂšs nos rencontres, Ă aller de temps Ă autre sur son site comme Ă revenir sur des sujets relatifs aux tueurs en sĂ©rie, ce fut par intermittence. Voire, jâavais sensiblement dĂ©crochĂ© lĂ oĂč, lui, restait fondu dans les rails. Ainsi, peu aprĂšs la parution du livre Utoya de Laurent Obertone, paru en 2013 aux Ă©ditions Ring, StĂ©phane Bourgoin, plutĂŽt enthousiaste, mâavait demandĂ©- sans doute lors de cet Ă©vĂ©nement organisĂ© prĂšs des anciens frigos de Paris dans le 13Ăšmearrondissement de Paris- si je lâavais lu !
Jâavais alors notĂ© le visible dĂ©calage entre lui qui semblait carburer constamment Ă ce genre de rĂ©gime lĂ oĂč je procĂ©dais beaucoup plus par intermittence. A ce jour, du reste, je nâai toujours pas lu lâouvrage de Laurent Obertone mĂȘme si je me suis un peu informĂ© sur Anders Breivik et suis allĂ© voir le film rĂ©alisĂ© en 2018 par Erik Poppe. voir ( Utoya, 22 juillet ) .
StĂ©phane Bourgoin avait/a dâindiscutables connaissances Ă propos des tueurs en sĂ©rie.
Mais apprendre ses mensonges mâinterpella beaucoup. Et ce fut une nouvelle leçon, dĂ©stabilisante, que je reçus « de » ou via StĂ©phane Bourgoin.
Lâ une des premiĂšres leçons marquantes que jâavais reçue de StĂ©phane Bourgoin avait Ă©tĂ© que jâĂ©tais un grand benĂȘt Ă propos des tueurs en sĂ©rie. Moi, qui me croyais « prĂ©parĂ© » et au fait de la psychologie des tueurs en sĂ©rie « grĂące » Ă mes quelques annĂ©es dâexpĂ©rience en psychiatrie et en pĂ©dopsychiatrie. « GrĂące » Ă mon intĂ©rĂȘt et Ă mes quelques lectures sur le sujet.
Je nây connaissais rien.
Câest StĂ©phane Bourgoin qui mâa appris que les tueurs en sĂ©rie Ă©taient rarement psychotiques.
Je nâavais jamais rencontrĂ© de tueurs en sĂ©rie dans les services oĂč jâavais travaillĂ©. Et ces tueurs en sĂ©rie hommes â ou ces femmes- se distinguaient des quelques patients ou patientes qui auraient pu un petit peu leur ressembler.
« Face » aux tueurs en sĂ©rie, jâĂ©tais une de ces innombrables personnes qui, aprĂšs sâĂȘtre familiarisĂ©e un peu dans un domaine, principalement de maniĂšre thĂ©orique ou en tant que spectatrices ou observatrices, sâimagine suffisamment compĂ©tente. Un peu comme si aprĂšs ĂȘtre allĂ© assister quelques dimanches Ă des courses de chevaux Ă lâhippodrome de Longchamp, je mâĂ©tais persuadĂ© dâĂȘtre capable non seulement de distinguer parmi tous les autres Le cheval capable de gagner le Grand Prix mais aussi dâen ĂȘtre le meilleur jockey possible.
A lire certains commentaires sur internet, jâai aussi vu quâun certain nombre de personnes qui se croyaient amies avec StĂ©phane Bourgoin ou qui faisaient partie de ses admiratrices ou admirateurs ont Ă©tĂ© beaucoup déçues ou trĂšs en colĂšre.
Je les comprenais.
Pendant des annĂ©es, StĂ©phane Bourgoin leur avait servi un personnage. Je nâai fait partie dâaucun groupe en particulier attachĂ© aux Ćuvres et aux dĂ©placements de StĂ©phane Bourgoin mais il semble que certaines personnes aient Ă©tĂ© des habituĂ©es. Et que certaines des actualitĂ©s de StĂ©phane Bourgoin rythmaient en quelque sorte leurs vies.
Jâai bien sĂ»r aussi pensĂ© Ă ces personnes qui lâavaient « connu » au travers de cette association de victimes de proches de tueurs en sĂ©rie. Et Ă la blessure traumatique ou personnelle que cette trahison avait pu constituer pour elles.
Pour ma part, je nâai pas ressenti de colĂšre. Et je ne me suis pas davantage refugiĂ© ou protĂ©gĂ© par le sarcasme Ă lâencontre de StĂ©phane Bourgoin. A la place, dans ce que jâai pu lire comme commentaire dĂ©sapprobateur â bien-sĂ»r, je nâai pas lu tous les commentaires relatifs Ă StĂ©phane Bourgoin aprĂšs sa « chute »- je me suis « Ă©tonnĂ© » quâil semble exister si peu dâexamen de conscience parmi celles et ceux qui sâĂ©taient faits « avoir ».
Tant mieux pour celles et ceux qui, comme jâai pu le lire, affirmaient sâĂȘtre toujours mĂ©fiĂ©s de StĂ©phane Bourgoin. Mais ce qui mâa marquĂ© câest dâavoir « vu » ou « lu » si peu de personnes sâinterrogeant quant au fait quâelles avaient pu se faire berner. Alors quâavant StĂ©phane Bourgoin, il y a dĂ©jĂ eu bien dâautres mystificateurs et mystificatrices beaucoup plus cĂ©lĂšbres :
Bernie Madoff, Christophe Rocancourt, Elizabeth Holmes, GrĂ©gory ZaouiâŠ.
On peut aussi plus simplement penser Ă ces personnes qui se sont inventĂ©es des proches victimes lors des attentats terroristes de 2015âŠ.
On peut Ă©galement penser Ă nâimporte quel dealer, proxĂ©nĂšte ou simplement Ă un agent commercial qui embobine celle ou celui Ă qui il/elle veut vendre du « rĂȘve ».
On peut penser Ă certains gourous.
On peut évidemment opter pour juger moralement Stéphane Bourgoin et se contenter de ce jugement.
Mais si cet article nâa aucune intention dâinnocenter StĂ©phane Bourgoin., il nâa pas plus lâintention de le condamner davantage. Parce quâil a suffisamment Ă©tĂ© dĂ©montrĂ© quâil avait menti. Parce-quâil nâest plus aujourdâhui dans la lumiĂšre comme auparavant.
Mais aussi parce-que je crois quâil est possible dâapprendre quelque chose de certaines des supercheries de StĂ©phane Bourgoin.
Cet article a donc principalement pour but, pour moi, et celles et ceux qui le souhaitent, dâessayer de dĂ©celer a posteriori ce qui, non seulement, mâa conduit Ă boire comme du petit lait ce quâavait pu me dire StĂ©phane Bourgoin lorsquâil mentait devant moi ou dâautres â car il a aussi dit des vĂ©ritĂ©s- mais ce qui aurait pu, peut-ĂȘtre, me/nous rendre un peu suspicieux Ă son Ă©gard.
Cette dĂ©marche est personnelle, subjective, et thĂ©orique. Car, dans la vraie vie, le « charme » des mystificatrices et des mystificateurs agit lors de certaines pĂ©riodes de notre vie et sans doute selon le contexte oĂč lâendroit oĂč nous les rencontrons. Et il nâexiste pas de camĂ©ra, d’arbitres, de juges de ligne, ou de possibilitĂ© de ralenti, comme lors des matches de Foot ou de Tennis, pour revoir une sĂ©quence de la partie afin de voir sâil y a eu faute en vue de donner une pĂ©nalitĂ© ou dâexclure celle ou celui qui a enfreint les rĂšgles.
Il faut dĂ©jĂ avoir en soi une inclinaison, une vulnĂ©rabilitĂ©, une proximitĂ© ou une disponibilitĂ© toute personnelle pour un « sujet » pour prĂȘter attention Ă ce qui se rapporte Ă sa « thĂ©matique » quâil sâagisse des tueurs en sĂ©rie ou dâune nouvelle poussette rĂ©volutionnaire pour bĂ©bĂ©s qui vient de sortir et que l’on souhaite acquĂ©rir.
La premiĂšre fois :
Les premiĂšres fois nous influencent beaucoup. Quâelles soient dĂ©sagrĂ©ables ou entrainantes.
Je nâen nâai plus la certitude mais avant de venir interviewer StĂ©phane Bourgoin, il me semble que je mâĂ©tais prĂ©sentĂ© une premiĂšre fois dans sa librairie. Vraisemblablement aprĂšs lâavoir eu au tĂ©lĂ©phone.
Alors que jâĂ©tais encore Ă quelques centaines de mĂštres de sa librairie, ce jour-lĂ , jâavais aperçu lâacteur Simon Abkarian. Celui-ci, seul, debout, attendait Ă une station de bus.
La scĂšne Ă©tait assez insolite et drĂŽle. Il Ă©tait lĂ , devant moi et non sur un grand Ă©cran de cinĂ©ma, avec lâair dâattendre depuis un moment.
JâĂ©tais allĂ© lui dire quelques mots comme l’on va porter des fleurs. Des mots dâadmiration. Il Ă©tait plutĂŽt prĂȘt Ă discuter mais je nâavais pas plus de propos en stock.
Jâavais ensuite trouvĂ© StĂ©phane Bourgoin seul dans sa librairie, fournie de livres. Jâavais Ă©tĂ© trĂšs agrĂ©ablement surpris par sa disponibilitĂ© et sa simplicitĂ©. Son amabilitĂ©. Sa « franchise » ou ce que jâavais pris comme tel. Et lorsque je mâĂ©tais Ă©tonnĂ© devant lui de son accessibilitĂ©, il mâavait rĂ©pondu, trĂšs dĂ©tendu, quâil Ă©tait assez courant dans le monde anglo-saxon dâagir de cette façon.
Je nâai jamais rien achetĂ©, je crois, dans la librairie de StĂ©phane Bourgoin. Je ne me suis jamais fait dĂ©dicacer quoique ce soit par lui non plus. Par contre, je suis revenu le voir une ou deux fois, peut-ĂȘtre trois dans sa librairie qui, certaines fois, pouvait ĂȘtre fermĂ©e en raison de ses dĂ©placements professionnels.
Les éventuelles réserves :
Une seule fois, jâai entendu un de mes collĂšgues journalistes du mensuel Brazil Ă©mettre des rĂ©serves concernant lâhistoire de la fiancĂ©e amĂ©ricaine assassinĂ©e de StĂ©phane Bourgoin.
Cet ancien collĂšgue, Alex Masson, souvent â trĂšs bien- renseignĂ©, trĂšs critique, trĂšs cultivĂ©, avait fait sa remarque sans sâattarder. Et, moi, qui Ă©tais tout content dâavoir pu rencontrer et de pouvoir revoir Le grand StĂ©phane Bourgoin, spĂ©cialiste des tueurs en sĂ©rie, jâavais prĂ©fĂ©rĂ© ne rien faire de cette remarque. Pourtant, si je mâen rappelle encore aujourdâhui, cela signifie bien quâelle mâavait un peu tirĂ© lâoreille mais pas suffisamment. Parce-que pour moi, il avait Ă©tĂ© inconcevable de voir StĂ©phane Bourgoin autrement que comme celui dont la fiancĂ©e avait Ă©tĂ© assassinĂ©e par un tueur en sĂ©rie : Je m’Ă©tais fait Ă cette histoire. Elle me convenait et j’en avais fait « mon » histoire. J’avais bien saisi le bĂąton de relais que m’avait passĂ© l’athlĂšte du mensonge. Voire, ce bĂąton de relais, ce mensonge que je prenais pour une vĂ©ritĂ© donc, apportait sans doute, tant que je le tenais, du moins le croyais-je et l’espĂ©rais-je, une certaine importance Ă ma propre existence.
Cela ne transparait pas dans cette interview audio en deux parties que jâavais faite de StĂ©phane Bourgoin dans sa librairie fin 2009 et que lâon trouvera Ă la fin de cet article, mais lorsque jâavais Ă©voquĂ© la profileuse Sud Africaine Micki Pistorius dont il nous parle dans son livre Profileuse, jâavais aperçu une lueur dâagressivitĂ© dans les yeux de StĂ©phane Bourgoin. Cela avait durĂ© quelques secondes. Deux, trois. Ce fut suffisamment long pour trancher avec lâintensitĂ© de son regard jusqu’alors.
Vu quâil venait de me dire que Micki Pistorius, dĂ©sormais, se consacrait exclusivement Ă la criminalitĂ© en « col blanc » et non plus aux tueurs en sĂ©rie, jâen avais alors dĂ©duit quâil reprochait Ă celle-ci dâavoir abandonnĂ© la chasse aux tueurs en sĂ©rie. Comme sâil avait considĂ©rĂ©- sans le dire explicitement- qu’elle avait baissĂ© dans son estime en quelque sorte….
Jâai appris par la suite sans doute grĂące au travail de 4Ăšme Ćil Corporation quâil avait surtout beaucoup pompĂ© sur les enquĂȘtes de Micki Pistorius pour ses Ă©crits. Et cette lueur « dâagressivitĂ© » que jâavais aperçue Ă©tait peut-ĂȘtre une forme dâaviditĂ© ou de jalousie. Car Micki Pistorius Ă©tait une vĂ©ritable inspectrice Ă©mĂ©rite reconnue.
Mais bien-sĂ»r, il mâĂ©tait alors impossible de pouvoir dĂ©duire tout ça dâune simple lueur dans le regard qui plus est chez un homme que je connaissais uniquement au travers de son image publique. Et que jâadmirais.
Un autre aspect mâavait intriguĂ© chez StĂ©phane Bourgoin :
Lorsque je lui avais demandĂ© sâil avait dĂ©jĂ consultĂ© un thĂ©rapeute, celui-ci, imperturbable, mâavait dĂ©clarĂ© quâil nâen nâavait jamais rencontrĂ©. LĂ aussi, je me suis fait berner par cette illusion dâinvulnĂ©rabilitĂ© qui semblait Ă©maner de lui. Moi-mĂȘme, Ă cette Ă©poque, il est possible que je nâavais alors jamais consultĂ© de thĂ©rapeute (ce qui a changĂ© depuis). Et chaque personne ayant ses limites, je mâĂ©tais alors imaginĂ© que celles de StĂ©phane Bourgoin lui permettaient de se dispenser de voir un thĂ©rapeute malgrĂ© lâunivers mortifĂšre quotidien qui Ă©tait le sien. Il est des personnes qui ne supportent pas la vue du sang ou certains symptĂŽmes hallucinatoires et dĂ©lirants par exemple alors que, rĂ©guliĂšrement, des soignants sont au contact du sang, des selles, de maladies ou de certains troubles psychotiques sans que cela leur occasionne obligatoirement des cauchemars.
Jâai donc cru ou ne demandais quâĂ croire que StĂ©phane Bourgoin avait la capacitĂ© dâendosser comme de « digĂ©rer » ce quâil passait son temps Ă ingurgiter et Ă regarder Ă propos des tueurs en sĂ©rie. Aujourdâhui, je « « sais » bien sĂ»r que tout cela Ă©tait non seulement une devanture mais aussi uniquement une question de temps avant que son « travail » ne le dĂ©truise en partie.
Sa page WikipĂ©dia, toujours, mâa informĂ© aujourdâhui que le pĂšre de StĂ©phane Bourgoin avait une double vie que celui-ci nâa dĂ©couvert quâaprĂšs ses vingt ans. La page WikipĂ©dia prĂ©cise quâaprĂšs cette dĂ©couverte, StĂ©phane Bourgoin a commencĂ© Ă sâinventer une autre vie.
Je « savais » aussi que StĂ©phane Bourgoin avait Ă©tĂ© un Ă©lĂšve « mĂ©diocre ». Jâavais plutĂŽt oubliĂ© que son pĂšre mais aussi son grand-pĂšre avaient Ă©tĂ© Polytechniciens. Je « savais » quâavant de faire le nĂ©cessaire pour devenir un « spĂ©cialiste » des tueurs en sĂ©rie, que StĂ©phane Bourgoin avait essayĂ© de faire carriĂšre dans le cinĂ©ma aux Etats-Unis. Soit une façon de rĂ©ussir sa vie et de sâillustrer si cela avait marchĂ©. Mais ça nâa pas marchĂ©.
Avec le temps, la prĂ©sentation physique de StĂ©phane Bourgoin sâest dĂ©gradĂ©e. Je repense Ă ces images vidĂ©os oĂč on le peut le voir, rĂ©pondant Ă une interview avec une trĂšs mauvaise dentition. On peut ĂȘtre simple et peu coquet sans pour autant se nĂ©gliger Ă ce point dâautant que StĂ©phane Bourgoin, en principe, nâĂ©tait pas dans le besoin financiĂšrement.
Pour moi, rĂ©trospectivement, ce manque de soin de StĂ©phane Bourgoin pour son image, signifie quâil a trĂšs vraisemblablement Ă©tĂ© mĂ©prisĂ©, voire maltraitĂ©, au moins par son pĂšre.
A mon avis, consulter un ou une thĂ©rapeute serait revenu pour StĂ©phane Bourgoin, sâil sâĂ©tait vraiment engagĂ© dans sa thĂ©rapie, Ă non seulement devoir voir en face toute cette maltraitance et ce mĂ©pris au moins paternel mais aussi la mĂ©sestime voire le dĂ©goĂ»t quâil avait de lui-mĂȘme. Et puis, il aurait moins pu sâautoriser à « enjoliver » sa vie dâexpert spĂ©cialiste en tueurs en sĂ©rie comme il lâa fait : Il aurait fait une dĂ©pression ou, voire, aurait peut-ĂȘtre fait une tentative de suicide rĂ©ussie ou non.
Mais ça, câest aussi trĂšs facile Ă Ă©crire et Ă supposer a posteriori.
Une autre particularitĂ© relationnelle mâa plusieurs fois Ă©tonnĂ© :
Jâai dĂ©crit StĂ©phane Bourgoin comme plutĂŽt sympathique, accessible, simpleâŠ.
Pourtant, malgrĂ© cette forme dâadmiration que jâavais pour lui, malgrĂ© certains intĂ©rĂȘts qui pouvaient ressembler Ă des « points communs » avec lui, malgrĂ© lâhumour dont il pouvait ĂȘtre capable, jâai pu mâĂ©tonner, aprĂšs lâavoir rencontrĂ© plusieurs fois, de continuer de me sentir extĂ©rieur Ă lui.
Si certaines personnes, parmi ses admiratrices et admirateurs, ont eu le sentiment ou lâillusion de devenir ses amis, je nâai jamais ressenti ça. Sans me mĂ©fier pour autant de lui, il subsistait entre nous une certaine rĂ©serve quâil mâĂ©tait impossible de mâexpliquer.
Sur internet, jâai pu lire que certaines personnes le soupçonnaient dâĂȘtre Ă©galement un tueur en sĂ©rie. Je nây ai jamais vraiment cru. Ce que je crois par contre, câest quâil a eu, vĂ©ritablement, assez peu dâamis, mĂȘme avant dâĂȘtre « dĂ©masquĂ© ». Et ce qui est, «troublant » lorsquâil sâexprime dans lâinterview Ă propos de ces tueurs en sĂ©rie qui mentent lorsquâils sont interviewĂ©s ou lorsquâil les critique parce-que ceux-ci manquent dâempathie pour leurs victimes, câest de savoir aujourdâhui quâil a lui-mĂȘme eu les mĂȘmes comportements durant des annĂ©es.
Bilan narcissique :
De la mĂȘme maniĂšre quâil existe un bilan carbone des activitĂ©s humaines, on peut estimer quâil en existe aussi un bilan narcissique.
Ma vanitĂ©, ajoutĂ©e Ă ma crĂ©dulitĂ© et Ă une certaine forme de vulnĂ©rabilitĂ© mâont amenĂ© Ă me rapprocher dâune personnalitĂ© comme StĂ©phane Bourgoin.
En réécoutant cette interview en deux parties que jâai faite de lui dans sa librairie fin 2009, je remarque quâil se livre peu finalement. Ses rĂ©ponses sont rĂŽdĂ©es ou prudentes. A plusieurs reprises, ses projets Ă©pousent des sujets pour lesquels je viens d’exprimer un intĂ©rĂȘt. Le seul moment oĂč je le trouve vĂ©ritablement spontanĂ©, câest vers la fin de lâinterview â qui dure un peu plus dâune heure- lorsquâil donne son avis sur les jeux vidĂ©os. Si, Ă lâĂ©poque, jâavais trouvĂ© trĂšs sensĂ©s ses arguments et ses inquiĂ©tudes vis-Ă -vis des jeux vidĂ©os, aujourdâhui, en le réécoutant, je mâaperçois quâil Ă©tait aussi rĂ©trograde. Car rĂ©sumer les jeux vidĂ©os comme il le fait- mĂȘme si ceux-ci peuvent avoir pour certaines personnalitĂ©s des effets dĂ©lĂ©tĂšres- est le propre dâun homme â dĂ©jĂ -dĂ©passĂ© par son Ă©poque :
Bien que je mây connaisse encore trĂšs peu en jeux vidĂ©os, le peu dâintĂ©rĂȘt catĂ©gorique dĂ©clarĂ© par StĂ©phane Bourgoin pour eux est le propre dâun homme qui les rejette en bloc dâune maniĂšre trĂšs conservatrice. Et, finalement, passer son temps Ă parler de celles et ceux qui donnent la mort, de maniĂšre rĂ©pĂ©tĂ©e, câest, peut-ĂȘtre, demeurer un passager et un observateur privilĂ©giĂ© dâun passĂ©, dâune peur ou dâune souffrance bloquĂ©e plutĂŽt que de lâavenir.
En percevant aujourdâhui StĂ©phane Bourgoin comme un homme conservateur, je mâavise que mĂȘme sans ses mensonges, il aurait fini par ĂȘtre dĂ©passĂ© et Ă©cartĂ©. Ne serait-ce que pour des raisons dâimage et dâesthĂ©tique :
Les tueurs en sĂ©rie continueront de fasciner et dâinquiĂ©ter. Mais la forme compte. Le site de StĂ©phane Bourgoin, assez « rudimentaire », aurait eu besoin dâun vĂ©ritable rafraichissement. Cela, il y serait parvenu en se faisant aider par des personnes compĂ©tentes et plus jeunes que lui. Lors de cet Ă©vĂ©nement dĂ©diĂ© aux tueurs en sĂ©rie prĂšs des anciens frigos de Paris dans le 13Ăšme arrondissement de Paris, je me rappelle que de jeunes femmes proches de la trentaine, assez mignonnes, lâassistaient. Je crois me souvenir que lâune dâentre elles Ă©tait Ă©tudiante en psychologie ou peut-ĂȘtre psychologue diplĂŽmĂ©e.
Mais il reste que lorsquâil apparaissait Ă lâĂ©cran pour ses Ă©missions, StĂ©phane Bourgoin nâĂ©tait pas cinĂ©-gĂ©nique. On le suivait parce quâil faisait rĂ©fĂ©rence et aussi parce quâil Ă©tait sans doute la seule alternative Ă Christophe Hondelatte, lequel a neuf ans de moins que Bourgoin nĂ© en 1953. Or, lâĂąge aussi est un redoutable tueur en sĂ©rie lorsque lâon passe Ă la tĂ©lĂ©.
Autocritique :
Admirer StĂ©phane Bourgoin, le savoir socialement-publiquement- reconnu et pourvu dâune autoritĂ© en termes de trĂšs hautes compĂ©tences dans son domaine, mâa prĂ©disposĂ© Ă certaines faiblesses et limites.
Au dĂ©but de l’interview, je donne la date et le mois mais je manque de rigueur en omettant de mentionner l’annĂ©e. En réécoutant cette interview, je dĂ©duis que nous sommes alors en 2009 d’aprĂšs une remarque de StĂ©phane Bourgoin qui prĂ©cise que cela fait trente ans exactement qu’il s’intĂ©resse aux tueurs en sĂ©rie depuis 1979.
En réécoutant cette interview, je me « reproche » de ne pas avoir interrogĂ© StĂ©phane Bourgoin sur son Etat civil. Je me suis adressĂ© Ă lui comme sâil Ă©tait nĂ© adulte. Ce qui Ă©tait sans doute son objectif. Occulter tout ce qui avait trait Ă son enfance.
Je me « reproche » aussi de ne pas lâavoir interrogĂ© sur sa conception de lâĂ©ducation. Alors que je savais quâil avait un fils. Cela mâaurait peut-ĂȘtre permis de lâinterroger sur son rapport personnel Ă la violence. IdĂ©alement, jâaurais aimĂ© avoir pensĂ© Ă lâinterroger sur son histoire avec la violence. Car nous avons tous notre histoire personnelle, notre hĂ©ritage, avec la violence. Mais, sans doute me suis-je autocensurĂ© devant lâannonce du « meurtre » de sa fiancĂ©e amĂ©ricaine. Et quâil mâa Ă©tĂ© impossible de lui parler de son histoire avec la violence alors que je le voyais comme un homme toujours en deuil.
Je me « reproche » dâĂȘtre passĂ© trop vite sur Micki Pistorius.
Par moments, on mâentend assez peu dans lâinterview. Mais ce qui est remarquable, câest que StĂ©phane Bourgoin, lui, parle suffisamment fort. Comme on le comprendra en lâentendant, cette interview Ă©tait en partie prĂ©parĂ©e mais aussi assez improvisĂ©e par moments. Et, je crois que StĂ©phane Bourgoin, parfois, a dĂ» se demander ce que je lui voulais.
Dans lâensemble, nĂ©anmoins, je suis assez satisfait de cette interview. Et si je publie cet article, seulement aujourdâhui, avec une photo et cette interview de StĂ©phane Bourgoin, câest parce-que je nâavais pas Ă©tĂ© assez inspirĂ© pour le faire jusquâalors. DĂ©butĂ© le mercredi 21 janvier 2026, je termine cet article ce vendredi 23 janvier 2026 vers 0h30. MĂȘme si cet article n’a peut-ĂȘtre pas de vĂ©ritable fin comme dans bien des sĂ©ries.
PS : Le dossier Tueurs en sĂ©rie nâa jamais Ă©tĂ© publiĂ© par Brazil car le journal a arrĂȘtĂ© dâĂȘtre publiĂ© avant sa rĂ©daction. Et ce nâĂ©tait pas du fait de StĂ©phane Bourgoin.
L’interview en deux parties de StĂ©phane Bourgoin ce 28 octobre 2009 est ici :
1Ăšre partie.
2Ăšme partie.
Franck Unimon, ce vendredi 23 janvier 2026.












































