Projection de presse

» Posted by on Déc 12, 2019 in Cinéma | 0 comments

Projection de presse

 

 

                                           Projection de presse

 

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, il est très rare que je me rende à la projection de presse d’un film, un bon mois avant sa sortie en salles, avec l’une des sœurs du réalisateur. Habituellement, je n’ai pas de lien personnel direct ou indirect avec les auteurs et les acteurs de ces films que je vois à part le fait d’avoir pu croiser , quelques fois, quelques unes ou quelques uns d’entre eux . Cette fois-ci, c’est différent.  

Le film, Qu’un sang impur…sortira le 22 janvier 2020. Il a été réalisé par Abdel Raouf Dafri qui s’est fait connaître en tant que scénariste des films Un Prophète ( 2009), Mesrine ( 2008) mais aussi, par exemple, pour la série Braquo ( à partir de 2011). Je parle ici des œuvres cinématographiques auxquelles il a participé et que j’avais vues à leur sortie. Ma préférence va à Un Prophète  (j’aime le cinéma d’Audiard depuis Regarde les hommes tomber) et aux deux Mesrine.

Quinze ans plus tôt, peut-être plus, j’ignorais qu’un jour je serais dans cette situation. Pourtant, maintenant que ça me revient, j’ai déja connu ce type de situation un peu invraisemblable :

Deux fois en faisant un stage dans le service de réanimation où ma mère travaillait comme aide-soignante. Une fois aux urgences psychiatriques, en voyant débarquer en tant que patient, un de mes amis de promo qui m’avait raconté sa fuite de l’Iran après une marche éprouvante guidée par un passeur. Une autre fois encore, dans un service d’hospitalisation psychiatrique, où infirmier intérimaire, j’étais tombé nez à nez avec un de mes anciens camarades de lycée, également patient, alors qu’une collègue infirmière titulaire,  devant les images télé de la guerre du Golfe et de Saddam Hussein avait lancé :

“Mais qu’ils leur foutent une bombe !”. 

 

 

Je reproche à la série Braquo – que j’ai aimée regarder- son côté un peu trop « clinquant » (pourtant, j’aime les films d’Oliver Marchal) mais aussi d’être arrivée après la série Police District.  Police District est une très bonne série française  que très peu de personnes connaissent (comme la série Engrenages) alors qu’elle était passée en clair à la télé sur M6, je crois, et qu’elle était une bien meilleure gravure sociale que Braquo. Peut-être parce qu’Hugues Pagan, le scénariste de Police District, est d’abord un très bon auteur de polars après avoir été flic. J’ai découvert très récemment, par hasard, qu’Hugues Pagan était né en Algérie. Ou peut-être l’avais-je oublié…

 

Tout cela, je l’écris pour moi- comme tout ce que l’on écrit d’ailleurs- parce-que cela me fait du bien et que j’en ai visiblement besoin même si, fondamentalement, ça n’apporte rien a priori. Sauf, peut-être, pour reparler du hasard de la vie. Je suis aussi très attaché au hasard. Et, comme le dit le marabout Papa Sanou au jeune « faussaire » Armand (dans le très bon film, Seules les bêtes de Dominik Moll, actuellement en salles) :

 

«  Le Hasard, il est plus grand que toi ! ».

 

 

Une scène du film ” Qu’un sang impur…” avec, au premier plan, l’acteur Steve Tientcheu, la jeune “Chahida”, l’actrice Lyna Khoudri, l’acteur Johan Heldenbergh, l’actrice Linh-Dan Pham puis l’acteur Pierre Lottin.

 

 

Il est très rare aussi qu’en me rendant à une projection de presse, je sois autant en avance (d’une bonne demie heure) et que je m’entretienne un petit peu avec une directrice de casting puis avec un programmateur de salles de cinéma :

 

« Comment devient-on directrice de casting vu qu’il n y a pas d’études spécifiques ? ».

  • Au départ, je travaillais dans la prod comme assistante de production puis un réalisateur m’a demandé de m’occuper de son casting….

 

Sur les Champs-Elysées, ce mardi 10 décembre 2019, après la projection de ” Qu’un sang impur…”

 

Il est aussi très rare qu’en pleine période de grève – très suivie- des transports et d’autres corps de métier, pour protester contre la réforme des retraites décidée par le gouvernement, je discute (toujours avec cette même directrice de casting) de la façon de se rendre (à pied) depuis le 18ème arrondissement de Paris jusqu’à cette projection de presse près des Champs Elysées. A l’entendre, cela lui avait pris trente minutes. Pour avoir effectué le trajet après la projection de Qu’un sang impur… (j’ai mis un peu plus de 90 minutes en prenant mon temps), je me demande encore par où elle est passée et à quelle allure elle marchait, elle qui m’avait dit avoir pris son temps.

 

 

Le programmateur de salles de cinéma, lui, m’a fait le plaisir de me dire que le nom de mon blog, balistiqueduquotidien, lui était familier. Je l’ai fait répéter. A moins d’être très connu ou de savoir attirer des milliers de vues, je crois que le blogueur est une espèce de très courte durée (deux ou trois ans) ou un exploité du clavier performant ses actions sur les réseaux sociaux plus de douze heures par jour, sept jours sur sept. Pour ma durée de vie en tant que blogueur, ma deuxième année a débuté fin octobre, début novembre. Et cela fait à peu près deux semaines que je n’ai rien produit sur mon blog. Deux semaines d’absence sur le net- même s’il est rare que je m’absente aussi longtemps- c’est très long. Mais j’avais d’autres priorités. D’autres conduits vers la vie dont il m’a fallu tenir compte. Et puis, je me rappelle ce matin ce proverbe que je crois asiatique :

 

« Le temps ne respecte pas ce qui se fait sans lui ». 

 

Je ne sais pas encore si ce genre de proverbe s’accorde très bien avec une carrière accomplie de blogueur ou d’artiste. Je ne suis pas très pressé de le savoir même si je trouve par moments que je donne beaucoup de mon temps – et de mon envie- à mon blog et que les retombées, hormis un plaisir immédiat, me semblent encore abstraites :

 

Je suis très très loin des « royalties » des dix mille vues. Je me méfie de plus en plus de cette très forte addiction ou compulsion sociale qui nous pousse à participer (même si j’y contribue également)  quotidiennement à cette activité étrange qui consiste à avoir « besoin » de recueillir son pain quotidien en nombre de « j’aime », de « like »,  de commentaires, de MMS, de mails ou de sms afin de nous sentir, « bien », « mieux » ou « un peu moins seuls ».

 

La spontanéité, bien-sûr, c’est très bien. Dans la vie comme sur le net et via les sms et les MMS. Mais il est néanmoins encore difficile pour moi- même si j’ai bien repéré deux ou trois cliniques qui font ça très bien apparemment- de me transformer en pieuvre et d’étendre mes multiples tentacules en même temps sur le clavier et dans mes diverses actions quotidiennes, personnelles et professionnelles. Aussi, pour l’instant, n’ai-je pas d’autre possibilité que de continuer de prendre mon temps lorsque j’écris pour mon blog et ailleurs. Et d’écrire long. Car inutile de s’installer dans le déni:

 

Si j’aime faire certains raccourcis dans la vie comme dans mes articles, j’écris long pour le net et pour toutes ces personnes qui veulent divorcer rapidement de la lecture leurs yeux à peine posés sur le corpus d’un texte. Moi-même, il est bien des journaux que je lis en zig-zag en me concentrant sur certains articles qui m’attirent d’abord. Et, je sais que j’ai déja plus de livres- et de dvds- à lire et à regarder chez moi que de vie restante.

 

Le caractère personnel de la projection de presse de Qu’un sang impur compte pour moi, je crois, parce que, d’une manière générale, blog ou pas blog, sms ou pas sms, internet ou pas internet, sœur de réalisateur ou pas sœur ( “passeur” ?) de réalisateur, projection de presse ou pas projection de presse, je suis attaché à ce qu’il y a de personnel dans la vie  comme je suis attaché au hasard. On peut le louer. On peut le contester. Je sais pour ma part que je ne suis pas le plus doué en stratégie (je n’ai même pas pensé à donner le nom de mon blog à la directrice de casting ! ), en calcul, comme en économie quels que soient mes atouts. Et c’est peut-être pour ces raisons que je publierai mon article ( j’en ai écrit les premières lignes) sur Qu’un sang impur bien avant sa sortie en salles. Soit ma façon, aussi, d’être spontané et de laisser le hasard décider.

 

Franck Unimon, ce jeudi 12 décembre 2019

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