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Les couilles sur la table, un livre de Victoire Tuaillon. Premières parties

Affiches aperçues ce 10 juillet 2022, sur les quais entre la gare d’austerlitz et la gare de Lyon. Photo©️Franck.Unimon

Les couilles sur la table un livre de Victoire Tuaillon Premières parties

 

 C’est ma première surprise partie

 

Il s’agit d’une espèce de pieuvres qui ne lève jamais l’ancre et que l’on retrouve partout où il peut y avoir des hommes sur la Terre. De multiples fois millénaires, transportée, ballotée, sous diverses latitudes, y compris dans les pires conditions, elle a connu l’âge de pierre, du fer, du bronze, du nucléaire et, désormais, celui du réchauffement de l’atmosphère.

 

Très fragile, sans volonté propre,  elle peut néanmoins s’imposer à celle des autres et se faire bienfaitrice, réconfortante, ou, au contraire, envahissante et destructrice.

 

Nous parlons bien d’une paire de couilles. S’il y en avait une seule peut-être que l’Histoire serait-elle différente. Mais habitué depuis ma naissance à en avoir deux, je n’ai pas envie d’essayer de finir ma vie avec une seule. Deux couilles, un jour, deux couilles, toujours.

 

Nos couilles seraient et sont des grandes prédatrices, agissant et disparaissant, en plein jour comme par temps de brouillard. Et, Victoire Tuaillon, avec cet ouvrage (publié en 2019), a décidé de se lancer dans l’étude de cette espèce particulière à laquelle beaucoup d’hommes sont rattachés comme bien des femmes peuvent être très rattachées à leur poitrine ou à leur chevelure.

 

J’ai entendu parler de Victoire Tuaillon et de ce livre en lisant Réinventer l’Amour de Mona Chollet qu’une collègue, Chamallow, m’a prêté il y a quelques mois. Un livre que j’ai eu plaisir à lire et à propos duquel j’ai écrit ensuite. ( J’ai lu Réinventer l’Amour de Mona Chollet ). 

 

Pour son ouvrage, Réinventer l’Amour, Mona Chollet a fourni un très gros travail de recherche et de réflexions et donne, aussi, une abondante bibliographie. Dont cet « objet » de Victoire Tuaillon que j’ai d’abord emprunté à la médiathèque puis finalement acheté afin de pouvoir le lire tranquillement.

 

Depuis, Warda, une collègue à peu près du même âge que Chamallow, m’a appris avoir déjà offert ce livre à plusieurs hommes qui l’ont ensuite remerciée. Sans qu’elle-même n’ait jamais lu une seule ligne de cet ouvrage. Warda, si tu lis cet article, sache donc que ce clin d’œil est pour toi. Je pense que tu sauras te reconnaître car tu m’avais demandé, amusée « Tu crois que je ne sais pas lire ?! » lorsque j’avais tenu à te prévenir que mon article sur le livre de Mona Chollet, Réinventer l’Amour, est « très » long. J’espère que tu as pu le lire, depuis. Warda n’est pas ton vrai prénom. Peut-être Nabilla….

 

Je ne connaissais pas du tout Victoire Tuaillon avant de lire Réinventer l’Amour de Mona Chollet. Alors que dans l’univers « féministe », Victoire Tuaillon compte parmi les jeunes auteures dont le travail engagé est d’importance. Victoire Tuaillon avait trente ans lors de la parution de son livre Les Couilles sur la table, en 2019. En 2019, j’avais 51 ans et, à ce jour, malgré mes prétentions et aspirations artistiques et littéraires, je n’ai pas publié un seul livre. Donc, bravo, aussi, pour avoir réussi à être publiée !

Pub aperçue à la gare St Lazare en juin ou juillet 2022. On parle de parfum, mais ça fait un peu penser à une orgie, non ? Et puis, une pub pour un parfum qui s’appelle Diesel, alors que le prix de l’essence et du diesel a augmenté depuis la guerre en Ukraine, ça fait un peu drôle. Même si c’est une coïncidence. Photo©️Franck. Unimon

Les Couilles sur la table a d’abord été un podcast décliné en plusieurs épisodes. Victoire Tuaillon l’explique au début de son livre. Je n’avais jamais entendu parler de ce podcast bien que devenu un adepte des podcast : ( La Clinique de l’Amour ( version courte)

 

Je trouve que l’écoute d’un sujet que l’on a cherché et choisi est bien plus « éducatif » et nourrissant que lorsque l’on se laisse attraper puis gaver comme des oies par des fleuves ininterrompus d’images sans but.

 

Actuellement, plus de 70 gigas de podcast m’attendent sur mon smartphone sur divers sujets. Mais je ne connaissais pas celui de Victoire Tuaillon. Et, lorsque j’ai fait la réservation de son livre dans une des médiathèques où je suis inscrit, j’ai eu le plaisir de voir la surprise monter sur le visage des trois bibliothécaires ( une femme et deux hommes) en leur donnant le titre, tout en ayant pris soin, au préalable, avec le sourire, de m’excuser pour ce que j’allais dire.

Juin ou juillet 2022, Paris. Photo©️Franck.Unimon

 

Victoire Tuaillon explique aussi au début de son livre que certaines personnes ont été choquées par ce titre et le lui ont en quelque sorte reproché. Je sais qu’il faut trouver un titre accrocheur pour attirer un public et que, régulièrement, nos instincts de voyeur (femme et homme) sont sollicités par différents média. Mais le titre Les Couilles sur la table m’a surtout et me fait surtout sourire et plutôt rire. Peut-être parce-que j’aime assez l’humour noir ( Desproges, la bonne époque de Dieudonné, Blanche Gardin, Fabrice Eboué, Thomas N’Gigol, le philosophe Cioran, le réalisateur Jean-Pierre Mocky, le réalisateur Joao César Monteiro, l’auteur Jean-Patrick Manchette…) autant comme spectateur, lecteur que comme auteur.

Peut-être parce-que, dès mon enfance, j’ai eu recours à la dérision et à l’autodérision.

 

 

Pour autant, je refuse de me voir comme un « féministe ».

 

Je ne suis pas féministe

 

Je ne suis pas féministe et je m’aperçois maintenant que quelques unes des personnalités que j’ai citées plus haut sont sûrement diversement appréciées dans le milieu féministe :

 

Jean-Pierre Mocky ? Qui avait pu se targuer de ne s’être jamais masturbé. Et qui, ouvertement, avait pu revendiquer le droit de pouvoir « baiser » dans une interview !

Mais il est vrai que Mocky était très provocateur.

Ces photos de pubs montrant des femmes dénudées sont bien-sûr là pour refléter la façon dont nous sommes constamment entourés de certaines images qui, même si, elles semblent ne pas nous toucher ont sans aucun doute une incidence sur nous ( femmes ou hommes). La couverture de l’hebdomadaire Le Point et son titre peut s’appliquer à cette normalisation de la nudité publique féminine. Nudité supposée être là pour attester de la « libération » de la femme…. ces images de femmes dénudées sont supposées me flatter. Elles me flattent. Mais pas comme un être humain. Plutôt comme si j’étais un gentil chien-chien et que, régulièrement, on me caressait le museau ainsi que ma paire de couilles….avec des images. Pour continuer de me tenir en laisse. Photo©️Franck.Unimon

 

 

J’ai aussi quelques doutes sur le féminisme d’un Cioran. Peu, importe, je ne suis et ne me sens pas féministe. Au moins pour ces raisons :

 

Même si, aujourd’hui, je « sais » qu’en France, tous les trois jours, une femme meurt sous les coups de son conjoint ; que des femmes sont bien souvent les principales victimes de viols ( pas uniquement lors des guerres comme en Ukraine depuis plusieurs mois), qu’à travail égal, les femmes touchent un salaire moindre que les hommes ; que les femmes sont bien plus surchargées, que les hommes, lorsqu’elles se mettent en ménage, par ces travaux invisibles que peuvent être les tâches ménagères, l’éducation des enfants, la cuisine, la présence émotionnelle….

 

 

Je suis évidemment désolé d’apprendre ces faits, ces chiffres, et je suis contre ces injustices.

 

Pourtant, je ne suis pas féministe.

Je trouve cette photo aussi aguichante que comique pour son caractère caricatural. Paris, près de la Gare du Nord, juillet 2022. Photo©️Franck.Unimon

 

 

Même si je suis plus proche de ma mère que de mon père. Et que dès l’enfance, celle-ci, ainsi que mon père, m’ont mis à contribution pour faire la vaisselle, pour aller faire des courses. Pour garder et emmener à l’école ma petite sœur et mon petit frère nettement plus jeunes que moi. Même si, en Guadeloupe (j’aime raconter cette anecdote), à Pointe A Pitre, ma mère m’avait envoyé lui acheter une paire de collants. Ce que j’étais allé faire, comme d’autres courses auparavant, et que tout cela m’apparaissait parfaitement normal jusqu’à ce que certaines personnes, dans la rue, alors que je marchais, commencent à me regarder « bizarrement » :

Le sac en plastique dans lequel je transportais mon achat était transparent. Et, un jeune homme (j’avais environ 18 ans, je crois) se baladant là-bas avec une paire de bas était susceptible d’être un makoumé (un pédé). Ce qui, au pays du Zouk, des plages de rêve et du soleil, est plutôt une tare.

 

 

Je ne suis pas féministe même si, depuis des années, maintenant, j’évolue dans un milieu professionnel dans lequel j’ai souvent été entouré par une majorité de femmes. Dont certaines ont pu et sont mes supérieures hiérarchiques. Et, lorsqu’il a pu m’arriver d’avoir certains conflits avec quelques unes d’entre elles (collègues ou supérieures hiérarchiques), c’est, selon moi, plus en raison de leur personnalité que de leur appartenance au sexe dit féminin. Actuellement, où j’évolue dans un milieu professionnel majoritairement masculin, c’est avec quelques collègues masculins que j’ai quelques désaccords et conflits : ceux-ci me reprochent…de manquer de couilles. Je serais trop gentil, trop doux et incapable de me défendre tout seul.

Il y a quelques semaines, j’ai posé l’ouvrage de Victoire Tuaillon, bien en évidence, en m’asseyant à la table  dans la salle à manger du service, près d’un de ces collègues ( alors assis) qui estime que je manque de couilles pour le travail que nous faisons….

Ce collègue, je le sais, par réflexe, a jeté un coup d’œil sur la couverture et le titre.Sans rien dire. Toujours sans rien dire, quelques secondes plus tard, il s’est levé et a quitté la pièce.

Peut-être, un jour, apprendrai-je que ce collègue, par ailleurs plutôt réputé pour être un «homme à femmes » et qui aime raconter certains de ses exploits sexuels, qui a aimé me raconter certains de ses exploits à l’époque (l’année dernière) où nous étions « amis »,  a peu goûté ma petite provocation. C’est pourtant un mec très cool et très souvent souriant en général. Pour la galerie.

Couverture des Inrockuptibles dans lequel on peut trouver, aussi, des suggestions de lectures telle celle du livre « Les Argonautes » de Maggie Nelson que je n’ai pas encore lu.

 

Je ne suis pas féministe même si, en apprenant que j’allais être père d’une fille, née depuis, à aucun moment, je ne me suis catastrophé en me disant :

 

« Quel malheur ! Une fille ! Qu’est-ce que je vais pouvoir en faire ?! ».

 

Il est pour moi parfaitement normal d’avoir commencé à montrer à ma fille certains petits gestes d’Aïkido, de lui avoir acheté une paire de gants de boxe, des protèges tibias et un protège dents, et, certaines fois, de m’amuser à me battre avec elle.

 

 

Je ne suis pas féministe même si, visiblement, il a pu arriver que certaines amies femmes puissent se confier à moi. Et, même s’il a pu arriver ou peut sans doute encore arriver que l’on se demande, voire que l’on me demande, si je suis homo. Et je ne me sens pas insulté en particulier par ce genre de question. Mais plutôt amusé.

 

Je ne suis pas féministe même si je n’ai jamais été un « queutard » ou un de ces hommes capables d’embobiner une femme ou de jouer un rôle devant elle afin de pouvoir me vider les couilles et, ensuite, me glorifier auprès d’autres hommes de ma dernière « conquête ».  Si, bien-sûr, je trouve bien des femmes désirables et que j’ai des besoins affectifs et sexuels, je ne comprends pas la satisfaction que je pourrais tirer à recourir à des stratagèmes pour « lever » une fille.

 

Ce n’est pas une position morale de ma part. Je ne me dis pas forcément que c’est « vilain » ou « pas beau ». Ou « pas bien ». Mais simplement :

 

Que ce n’est pas moi. Que cela ne me correspond pas….à moins de me retrouver sur une île déserte, ou enfermé dans un ascenseur ou un endroit clos pour une durée indéterminée. Là, je veux bien croire que je puisse trouver spécifiquement désirable celle qui se trouvera avec moi. La sexualité se réduisant alors totalement à une sorte d’incantation ou de forme d’échappatoire en vue de tenter de se soustraire, de manière éphémère, aux barreaux de notre vaine condition humaine.

 

En dehors de ces circonstances extrêmes, je crois qu’il faut avoir la personnalité qui va avec, lorsque l’on est un séducteur ou un queutard « certifié ». On a une image particulière à donner de soi, un rôle à tenir, dès lors que l’on est un « sex machine ». Afin de vendre du rêve à celles et ceux qui ne demandent qu’à croire à cette arnaque et à essayer d’attraper ce rêve factice qui va, de toute façon, leur échapper. Et c’est ce qui, précisément sans doute, va les attirer et leur procurer excitation et adrénaline.

 

Je me sens incapable, mais aussi non volontaire, pour être comme le personnage de Tony ( très bien joué par l’acteur Salim Kechiouche) dans le film Mektoub, my love : canto uno ( sorti en 2018) du réalisateur abdellatif Kechiche.

Pourtant, le personnage de Amin (joué par l’acteur Shaïn Boumedine) censé être le véritable personnage principal du film ainsi que le double du réalisateur, m’exaspère pour son incapacité manifeste à séduire. Ou, d’abord, à vivre. Il est là, avec son sourire constant, dominé par les événements. Peut-être qu’il m’exaspère parce qu’il me ressemble un peu trop et que je sais, par expérience, que le gentil garçon poli, doux, sympathique, passif et « romantique » est plutôt voué à rester le spectateur puissant et impuissant de ses amours.

 

Paris, juin ou juillet 2022. Photo©️Franck.Unimon

 

Je ne suis pas féministe tout simplement parce qu’aujourd’hui, en 2022, cela fait « bien », cela fait « hype », « branché », « cool », « Yes ! »,  » Super ! »  et  engagé de se dire féministe.

 

Je ne remets aucunement en cause, par contre, le féminisme de Victoire Tuaillon. J’écris simplement, à ma manière, que je n’ai pas envie de rejoindre toutes ces personnes pour lesquelles se dire « féministe », « cool », « ouvert », « tolérant » ou « gay friendly » sont principalement des expressions qui font joli. Ce sont peut-être des affirmations très sincères. Et puis, dans les faits, ces mêmes personnes prétendument « féministes », « cool », « ouvertes », « tolérantes » ou « gay friendly » peuvent se montrer beaucoup moins « open » que d’autres personnes a priori estimées comme très conservatrices ou de « l’ancien régime ».

 

Cette réclame pour un promoteur immobilier a bien été prise en juillet de cette année 2022 dans la ville de Cormeilles en Parisis, à une vingtaine de kilomètres de Paris, une ville pas particulièrement en retard sur son époque ! On notera néanmoins le côté assez vieux jeu dans ces rôles dévolus à la femme et à l’homme sur l’affiche.

 

Je veux bien passer pour quelqu’un de « l’ancien régime », de « old school », de « traditionnaliste » ou pour quelqu’un de « rigide » et « paternaliste ». De toutes façons, je suis sans doute un peu tout ça. Et même davantage. 

 

 

J’aime dans le film de Ken Loach, Raining Stones (réalisé en 1993) ce passage où un prêtre, absout Bob, catholique pratiquant, un père au chômage, culpabilisé, parce qu’il a utilisé de l’argent qui ne lui appartenait pas afin de pouvoir offrir à sa fille une très belle robe pour sa communion. Si le réalisateur Ken Loach, en tant que communiste, est sans doute athée, j’ai envie de croire que de tels prêtres puissent exister ou ont existé. Pourtant, au départ, on pourrait penser que n’importe quel prêtre catholique (ou d’une autre religion), devant une telle situation, aurait dénoncé ce père à la police ou contraint Bob de rendre la robe de sa fille au vendeur.

 

Certainement que des prêtres catholiques ont aussi aidé certaines femmes à avorter clandestinement au vu des circonstances dans lesquelles elles sont tombées enceintes. Et, je ne parle pas, ici, de femmes qui auraient été ou ont été les maitresses consentantes ou forcées de certains prêtres. Même si ces femmes existent ou ont existé.

 

 

Et puis, je ne suis pas féministe, parce-que, d’une certaine manière, je revendique presque le fait d’avoir été ou d’être, parfois, ou souvent, ou quelques fois, encore, le beauf, le lourdaud, le mec décrit dans l’ouvrage de Victoire Tuaillon.

 

Je revendique presque le fait d’avoir été ou d’être, parfois, ou souvent, le beauf, le lourdaud, le mec pénible

 

 

Les hommes « féministes » ou qui se disent comme tels sont un peu trop parfaits pour moi. Un peu trop artificiels. Un peu trop beaux pour être vrais. Un peu trop « bios ».

 

 

Ces hommes ont le droit de se croire irréprochables et impeccables concernant les droits des femmes. Des femmes ont le droit de trouver ces hommes « féministes » exemplaires. Sauf que, moi, en pratique, je ne crois pas à cette exemplarité de tous les instants. De même que je ne crois pas que les femmes « féministes » soient, elles mêmes, exemptes de certaines contradictions ou exemplaires en toutes circonstances.

 

Dans son ouvrage, Victoire Tuaillon évoque bien certaines de ces contradictions rencontrées chez certaines femmes féministes. J’ai néanmoins l’impression qu’il est deux ou trois sujets qui sont oubliés dans son ouvrage, très documenté, que j’ai aimé lire.

 

Même si certains passages de son ouvrage sont plutôt à charge pour un « homo erectus » beauf comme moi.

Si je prends à la lettre ce que je vois, je pourrais croire qu’en prenant les bus 56 et 96, mais aussi en me rendant dans la rue J-P Timbaud, que je vais tomber sur ces plages où de jeunes et charmantes femmes s’étirent. En sortant du métro, je n’ai rien trouvé de cela. Une nouvelle fois, je me suis fait avoir…. Photo prise dans le métro à Paris, en juillet 2022. ©️Franck.Unimon

 

Plusieurs couches, plusieurs étapes et plusieurs strates chez l’ homme, pour vous, spécialement, les filles :

 

 

Pour conclure cette première partie de mon article, je dirais que je ne suis pas féministe et revendique presque le fait de faire partie, certaines fois, ou souvent, des mecs lourds parce-que je sais, aussi, que je suis différent de celui que j’ai pu être :

 

 

On est un homme différent selon que l’on vit chez papa et maman, que l’on est puceau, que l’on se regroupe entre garçons pour parler des filles qui nous attirent mais que l’on on a aussi plus ou moins peur de rencontrer dans l’intimité. C’est alors, à se demander, qui a le plus peur de se faire violer….

 

On est un homme différent selon que l’on a la possibilité, ou non, de discuter avec des personnes plus âgées que soi, mariées, divorcées, infidèles ou non.

 

On est un homme différent selon que l’on a connu quelques histoires d’amour, que l’on ait été amant d’une femme mariée et récemment maman, ou non.

 

On est un homme différent selon que l’on décide de rester uniquement dans un milieu hétéro cloisonné ou que l’on accepte, à certains moments, de s’en affranchir un peu pour rencontrer d’autres personnes différentes de nos « habitudes ».

 

On est un homme différent selon que l’on est célibataire, que l’on vit en célibataire chez soi pendant plusieurs années, que l’on a du mal à s’engager ou que l’on vit marié, sous le même toit que quelqu’un d’autre, avec ce quelqu’un d’autre avec lequel, après en avoir discuté et un peu hésité, on décide de devenir parent.

 

J’ai connu et continue de connaître ces différentes étapes. Ces différentes strates de moi-même me font avoir, je crois, un certain regard sur l’ouvrage de Victoire Tuaillon. Ce regard peut être féministe ou plus ou moins beauf.

Paris, juillet 2022 sans doute. Photo©️Franck.Unimon

 

Par exemple, Victoire Tuaillon, au départ, me fait sourire :

 

Aujourd’hui, il est très facile de trouver sur le net des photos de personnes un peu connues. On peut aussi avoir besoin de se faire une idée de la personne dont on va lire l’ouvrage.

A voir une photo ou deux de Victoire Tuaillon, à deviner aussi un peu ses aptitudes pour l’humour, et tout en songeant, toujours, au titre de son ouvrage Les Couilles sur la table, je suis tombé sur une de ses photos où on la voit, souriante, charmante, avec sa poitrine qui a commencé à m’opérer la tête.

 

Voilà le beauf ou le mec lourdaud en moi. Celui que les féministes, dont Victoire Tuaillon, en ont assez de se coltiner. Et, je les comprends dans une certaine mesure.

 

Je ne suis, hélas, et ne serai jamais que le 157 000ème homme ou garçon à m’émouvoir ou à faire des commentaires sur cette particularité de son anatomie.

 

Pourtant, quoi de plus « simple » et de plus « normal » que de remarquer ce caractère sexuel secondaire avantageux que constitue, aussi, cette belle poitrine ? Serait-il plus normal, plus sain et plus sincère de faire comme si on ne l’avait pas remarqué ?

 

C’est un des sujets, à propos duquel, en tant que beauf, mec lourdaud ou autre adjectif défavorable à la gente masculine, j’ai beaucoup de mal avec les féministes qu’ils soient hommes ou femmes.

Alors, Victoire Tuaillon, si elle ou d’autres, prennent très mal mes propos concernant sa poitrine, ne me fait plus sourire. Mais me fait peur. Même si, dans les premières pages, elle se veut rassurante et affirme :

 

« J’aime les hommes ».

 

 

Voici ce qu’il en est pour la première partie de cet article que j’ai préféré couper afin qu’il soit plus facile à lire.

 

Franck Unimon, ce dimanche 24 juillet 2022.

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self-défense/ Arts Martiaux Survie

Le Dojo de Jean-Pierre Vignau

Jean-Pierre Vignau, à l’entrée du Fair Play Sport, ce 5 juillet 2022. Photo©️Franck.Unimon

Le Dojo de Jean-Pierre Vignau

 

Jean-Pierre Vignau, 77 ans, Maitre d’Arts Martiaux, et en particulier de Karaté, est une des personnes les plus libres que je connaisse. Mais pour cela, il lui faut un dojo.

 

Le dojo est un jardin. On y cultive celles et ceux qui sont volontaires pour venir y prendre racine en tant qu’élèves auprès d’un Maitre. Lorsque l’on a la possibilité et la chance d’avoir un Maitre disponible et qui nous accepte.

 

Dans un commerce, on « trouve » et on achète des outils, des produits ou des objets. Certains sont utiles et indispensables. D’autres pas.  Il est des outils dont il faut aussi apprendre à se servir et d’autres qui se révèlent défectueux.

 

Un Maitre est le contraire d’un commerce : Dans un commerce, tout est fait pour nous donner envie de tout acheter ou de vouloir « toujours » plus. Un Maitre, lorsqu’on le rencontre, a déja commencé à faire une grosse partie du tri. Et, il réserve ce qui est utile ou selon lui indispensable à ses élèves selon ce qu’il a compris d’eux afin qu’ils vivent au mieux dans le monde qui les entoure.

Couverture du journal « Le Parisien » du lundi 4 juillet 2022.

 

Je crois aussi que l’on choisit son Maitre. On choisit le commerce, le bling-bling, la carrière, la carotide, la vitrine ou le souffle. On peut réussir plus ou moins à concilier le tout mais, selon moi, un Maitre, c’est au minimum un souffle. Un souffle qui perdure et qui sert de socle alors que d’autres s’évaporent ou disparaissent.

 

Il y a des Maitres de l’abîme. Il ne faut pas hésiter à le penser ou à le dire. Puisque, de toutes façons, ils et elles existent. Ces Maitres de l’abîme, ainsi que leurs intermédiaires, ont leurs attraits et peuvent être irrésistibles. Qu’ils nous séduisent ou qu’ils soient fort présents en nous. Car l’être humain est multiple.

 

Dans le journal « Le Parisien » de ce 4 juillet 2022.

J’ai choisi Jean-Pierre Vignau pour ses vies. Pour son âge. Pour sa personnalité. ( Sensei Jean-Pierre Vignau : ” Mon but, c’est de décourager !” ) Pour son souhait de donner  à ses élèves de quoi se défendre sans s’illusionner. Pour ses cours du matin. Pour aller à Paris, moi qui n’ai été qu’un banlieusard de passage à Paris depuis ma naissance.

 

Cela fait soixante ans que Jean-Pierre Vignau est dans les Arts Martiaux. Et plus de vingt ans qu’il a ce dojo, le Fair Play, à Cité Champagne, dans le 20ème arrondissement de Paris. Auparavant, il avait eu un autre dojo, plus grand,  dans Paris. Plusieurs de ses élèves, présents avec lui depuis plus de dix ans, m’en ont parlé.

 

La pandémie du Covid nous a beaucoup fait parler depuis plus de deux ans. Et même lorsque l’on se tait à son sujet, elle réapparait. Elle, aussi, est un Maitre à sa façon et fait le tri ou nous oblige à le faire. Ces deux années de pandémie, nous a expliqué Jean-Pierre, ont fait chuter le nombre de pratiquants et d’adhérents. A 4500 euros le loyer, multiplié par deux ans, Jean-Pierre a à s’acquitter d’une somme proche de 100 000 euros. Il ne les a pas.

Annonce immobilière vue dans Paris ce 27 juin 2022. Photo©️Franck.Unimon

 

 

Jean-Pierre a donc dû annoncer il y a quelques semaines aux enfants à qui il enseigne que le dojo allait devoir fermer. Certains de ces enfants en ont parlé à leurs parents. Les mères de ces enfants ont entrepris des démarches pour empêcher cette fermeture.

 

Photo©️Franck.Unimon

 

Jean-Pierre n’est pas le seul Maitre d’Arts Martiaux concerné par ce risque économique. Avant lui, Maitre Léo Tamaki, avait dû trouver un autre lieu pour continuer d’enseigner ses cours d’Aïkido. Et, j’étais allé le voir enseigner l’année dernière, lors d’un stage d’été l’année dernière dans ce nouveau lieu d’enseignement : le Dojo 5. ( Dojo 5 ).

Les conséquences économiques de la pandémie du Covid (et, depuis six mois, de la guerre en Ukraine) ont aussi fait augmenter le prix d’un certain nombre de matières premières telles que le blé, la farine, le  pétrole,  mais aussi le papier…

 

Avant hier, Jean-Pierre m’a appelé pour me prévenir que son dojo, le Fair Play, serait fermé demain matin. Pour dépôt de bilan.  Et qu’il m’informerait dès qu’un autre endroit aurait pu être trouvé pour pratiquer de nouveau.

 

Un dojo est un endroit qui ne parle pas ou qui ne parle plus à beaucoup de gens. Le mot est aussi étranger donc extérieur à l’expérience de la vie courante de beaucoup de personnes. J’imagine donc que parmi les personnes qui ont pu passer devant ces banderoles ou qui ont lu cet article du journal Le Parisien, que cette « histoire » de dojo qui ferme évoque au mieux quelques souvenirs de judo ou de karaté dans l’enfance ou l’adolescence (« j’ai fait du judo ») ou qu’il est estimé qu’il y a des sujets plus prioritaires. Tels que le manque de personnel dans les hôpitaux ou dans les écoles publiques.

 

Si c’est le cas, en tant qu’infirmier en soins psychiatriques et en tant que père d’une enfant encore scolarisée dans une école publique, je peux témoigner du fait que pratiquer un Art martial auprès d’un Maitre contribue à la salubrité publique. C’est sans doute ignoré ou oublié mais pratiquer un Art Martial auprès d’un Maitre ne se résume pas à faire des gestes ou à répéter des formules comme on peut faire machinalement un certain nombre d’actions dans sa vie courante.

 

Finalement, si nous nous sentons de plus en plus oppressés et opprimés, c’est aussi parce-que ferment des endroits où une certaine liberté est accessible. Et que nous sont de plus en plus accessibles des endroits et des moyens où nos libertés sont supprimées.

 

Selon les circonstances et les étapes de notre vie, un dojo a des vertus complémentaires avec une médiathèque, une école publique, un lieu de soins ou d’action sociale et culturelle, un club de sport, une salle de danse, un cours de musique ou de dessin…

 

Soit des endroits où l’on apprend, où l’on se remet, où l’on s’éduque, où l’on se rencontre et où l’on vit.  

Photo©️Franck.Unimon

 

Franck Unimon, ce jeudi 21 juillet 2022.

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Cinéma

La vie de ma mère-un film de Maïram Guissé

La vie de ma mère, un film de Maïram Guissé.

 

La vie existe ailleurs que sur notre planète Terre. Quelle que soit sa forme, sa force, sa finalité, sa mémoire ou sa présentation.

 

Il y a quelques jours, grâce au télescope James Webb envoyé depuis Kourou, en Guyane, à plus de un million de kilomètres de la Terre, nous avons pu regarder des photos inédites de galaxies datant de 13 milliards d’années. Des scientifiques et des journalistes nous ont expliqué à quel point cette prouesse technologique, résultat d’une coopération internationale, était exceptionnelle. Et ce qu’elle va ou pourrait nous apprendre concernant la création de notre univers, où se trouve la Terre, mais aussi concernant notre propre existence.

 

Alors que notre planète se réchauffe, car nous continuons de la détruire dans ses différentes matières, et que nous semblons bander toutes nos forces afin de mieux attirer notre propre déclin, il semblerait que nous n’ayons peut-être jamais été aussi proches de connaître l’origine du tout premier souffle qui nous a fait advenir sur Terre. Mais il nous faudra attendre avant d’éprouver cette confirmation scientifique. Car il est prévu que durant vingt ans le télescope James Webb prenne cinq photos par jour.

Nous serons peut-être tous morts ou au bord de l’extinction lorsque James Webb nous fera parvenir les photos résolvant l’énigme de la Création. Des photos que pourront observer avec étonnement ou indifférence les milliards de mythologies de vers auxquels nos cadavres auront donné naissance ainsi que les diverses espèces végétales, animales ou minérales- et toutes les autres- qui nous auront survécu et qui se passeront très bien de nous.  

 

Pourtant, avant que ne nous parviennent ces clichés, j’affirme déjà que la vie existe ailleurs que sur notre planète Terre. Car il faut faire partie de l’espèce humaine pour être incapable de voir certaines évidences : Pour croire ou imaginer que nous serions les seuls  à « exister ».

Si, aujourd’hui, la vie ailleurs que sur Terre, n’a pas encore été démontrée, c’est tout simplement parce-que nous ne savons pas regarder où nous ne savons pas où et comment regarder. Comme depuis toujours. Le peu que nous savons de l’histoire de l’Humanité sur Terre me pousse à de telles certitudes :

 

L’histoire de l’Humanité est faite de plus de massacres, de génocides, de pillages, de carnages, de viols et de destructions que notre mémoire ne peut en rassembler. Souvent parce-que des êtres humains ont estimé ou estiment que d’autres existences, humaines ou autres, devaient leur céder toute la place.

 

Il n’y a pas un jour où un être humain, soit par négligence ou par souhait, n’en pousse un autre vers son dernier souffle.

L’expression «  L’homme est un loup pour l’homme » m’apparaît finalement beaucoup trop indulgente pour définir certaines des caractéristiques de notre espèce.

 

On croit que je digresse ? Que cette longue introduction n’a rien à voir avec le film La vie de ma mère de Maïram Guissé consacré au portrait de sa mère ?!

La mère de la réalisatrice Maïram Guissé avec celle-ci et une partie de son équipe technique, lors du tournage au Sénégal.

 

Combien de fois, déjà, avons-nous pu lire ou entendre, à propos de certaines vedettes de cinéma, des expressions telles que :

 

« Le cinéma vous aime » ; « La caméra l’aime » ; « Il ( ou elle) a une très belle cinégénie » ; « Elle (ou) il éclaire toute la ville » ?!

 

Depuis des années, je suis un cinéphile parmi des millions en France, pays où je suis né et ai toujours vécu à ce jour. La France est un pays plutôt bien doté dans le monde en salles de cinéma mais aussi en variété de films :

 

Il est beaucoup de films que l’on peut encore aller voir, plutôt facilement, dans certaines salles de cinéma françaises alors que ces mêmes films sont invisibles ou inaccessibles ailleurs. Et, comme beaucoup de cinéphiles, je me laisse faire ou prendre par un certain nombre de productions dans lesquelles se trouvent des « vedettes » ou des « futures étoiles montantes » que le cinéma « aime » ; que la caméra « aime » et qui, bientôt, ou pendant des années, capteront beaucoup d’attention tandis qu’en dehors de leur cercle et de leurs regards, l’amnésie, l’ignorance et l’anonymat continueront de conditionner la charpente des cercueils dans lesquels des quantités astronomiques de gens partiront se faire « aimer ».

 

Photo prise dans le métro parisien quelques jours avant la sortie du « nouveau » film de super-héros que j’irai sans doute voir comme d’autres films avant lui. Un film que je n’aurai aucune difficulté à trouver dans une salle de cinéma : Ce mercredi 20 juillet 2022, lorsque je suis allé voir à Paris, à l’UGC les Halles, le film  » As Bestas » réalisé par l’Espagnol Rodrigo Sorogoyen, le film  » Thor Love and Thunder » y était projeté dans deux salles une semaine après sa sortie. Photo©️Franck.Unimon

 

 

Si l’on s’en tient à certains critères du cinéma que nous connaissons et que l’on voit le plus,  je pense au cinéma qui est le plus souvent et le plus facilement montré et distribué, un film comme La vie de ma mère de Maïram Guissé n’a aucune raison ou pratiquement aucune chance de se trouver devant nous, un jour.

 

Lors du tournage de  » La vie de ma mère » de Maïram Guissé, au Sénégal.

 

 

Je dois à un mail envoyé par la société de distribution SUDU Connexion le fait d’avoir entendu parler de La Vie de ma mère il y a deux ou trois jours. 

Pendant un an, j’ai été abonné au Média panafricain bilingue Français/Anglais  Awotele qui parle de ce cinéma que l’on voit « moins » :

Celui d’Afrique et de la Caraïbe et des Outremers. 

Awotele, édité par Sudu Connexion, parait trois fois par an. Après avoir couvert les journées cinématographiques de Carthage ( en Tunisie); le Fespaco ( au Burkina Faso) et le Durban International Film Festival ( en Afrique du Sud).Trois festivals de cinéma qui se déroulent en Afrique. Les films qui y passent sont ensuite distribués au compte gouttes en occident.

Awotele nous donne et nous montre donc des nouvelles d’un monde estimé comme peu « cinégénique » par les grands distributeurs qui nous approvisionnent régulièrement en oeuvres cinématographiques comme certaines régions du monde, ou du pays, peuvent être approvisionnées en riz, en lait, en méthodes de pensées, en oeuvres humanitaires et sanitaires. Ou en effectifs industriels, militaires ou policiers. 

Mais j’ai négligé et néglige la lecture d’Awotele. Je me comporte vis à vis du Média Awotele comme d’autres lorsqu’ils veulent se mettre au régime, à faire du sport à ou à arrêter de fumer :

Je prends des résolutions que j’ai beaucoup de mal ensuite à transcrire par des actes. Puis, je me sens coupable. Puis, j’oublie que je suis coupable de négligence. Car c’est tellement  facile, aussi, de se laisser guider-et conditionner- par les mêmes regards et éclairages familiers.

 

Maïram Guissé, un jour, s’est faite à peu près la même remarque. Mais en sens inverse. Un jour, nous raconte Maïram Guissé en voix off, dans son La Vie de ma mère, Maïram Guissé a regardé sa mère et s’est alors demandée :

 

Mais, qui est-elle ?

La mère de la réalisatrice Maïram Guissé dans  » La Vie de ma mère ».

 

 

Le réalisateur David Lynch, en partant de cette même question, nous parachuterait dans une autre atmosphère que Maïram Guissé. Parce-que la démarche identitaire est différente. La façon de se répondre est différente.

 

 

Maïram Guissé est une femme, noire, d’origine Sénégalaise, issue d’un milieu social modeste, née en France, et qui a toujours principalement vécu en France. Le Sénégal est une ancienne colonie française. Les réponses dont avait besoin Maïram Guissé en faisant son La Vie de ma mère ne pouvaient être que différentes de celles perçues par un David Lynch qui, en outre, avant de devenir réalisateur, avait un parcours, je crois, dans le milieu artistique. Le cinéma, pour Lynch, était un média ou un moyen d’expression sûrement moins sacralisé, plus abordable, que pour Maïram Guissé au départ :

Lynch s’est sûrement senti plus légitime que Maïram Guissé pour décider un jour de prendre une caméra et pour voir ce que « ça faisait ». Et ce que l’on pouvait raconter avec une caméra. Rien que cette attitude change tout dans la façon que l’on a d’aller vers une caméra comme de s’en servir. On peut soit se sentir libre de faire et de filmer ce que l’on veut avec une caméra ou avoir l’impression de devoir porter le marteau de Thor ainsi que toutes les responsabilités, et uniquement elles, qui vont avec.

Je ne crois pas que David Lynch, ou d’autres réalisateurs reconnus, se sentent tenus par le Devoir lorsqu’ils « font » un film. Alors, qu’à mon avis, il y a une forme de sentiment de Devoir dans ce qui a amené la réalisation de La Vie de ma mère. Même s’il y a pu y avoir, aussi, du plaisir à faire le film ( je persiste à écrire « film » alors que La Vie de ma mère est officiellement présenté comme un documentaire).

 

Qui aurait pu réaliser ce film, assorti de ses réponses, dont Maïram Guissé, et d’autres, avait envie et besoin ?

 

La Nasa ? La Comédie Française ? La banque la Société Générale ? Banque où, pendant vingt ans, la mère de la réalisatrice va aller faire le ménage dans l’une de ses agences, sans être remerciée pour quoi que ce soit lors de son départ à la retraite.

 

Une scène de  » La vie de ma mère » de Maïram Guissé.

 

Le fait d’être noir, « mais » d’origine antillaise, m’a bien sûr aidé à m’identifier rapidement à cette histoire, de sa mère, que nous raconte Maïram Guissé. Mais ce qu’elle raconte dans son La Vie de ma mère se trouve aussi dans des familles chypriotes, portugaises, asiatiques ou tout simplement bretonnes, normandes, alsaciennes, basques ou corses. Comme chez des pratiquants catholiques, juifs, bouddhistes, animistes ou musulmans. Sauf que ces histoires ne figurent pas dans les scripts de la Nasa, de la Comédie Française, des films dont on « parle beaucoup », ou dans les publicités des banques qu’il s’agisse de la Société Générale ou d’autres.

 

 

Qu’est-ce qui rend « ciné-génique » la mère de Maïram Guissé ? Sa seule personnalité ?

 

Il est vrai que la mère de la réalisatrice apparaît être une femme plus que robuste et déterminée. Durant le film, on n’entend pas parler de « burn out », de fatalisme ou de pessimisme, de colère ou de rancune. Malgré six enfants. Malgré des conditions de vie économique plutôt modestes. Malgré le fait d’avoir quitté le soleil natal, près de la mer, la famille mais aussi la musique et une grande maison au Sénégal, soit plutôt une certaine forme de liberté et de légèreté, que l’on a troquée pour un appartement exigu  dans une cité ; dans une région – à Canteleu, en Normandie, du côté de Rouen- et un pays ( la France) où il n’y a que des blancs, une autre musique, une autre religion dominante, d’autres façons de bouger sur la musique mais aussi dans la vie, d’autres façons de regarder les autres, de parler….

Le film  » La vie de ma mère » de Maïram Guissé.

 

Je me suis un petit peu amusé à penser à certaines de ces stars de cinéma, « qui prennent la lumière » et que « le cinéma aime », à la place de la mère de la réalisatrice. Avec un seau et une serpillère à la main. Avec six enfants dans un pays étranger et dans un appartement exigu. Avec un mari, qui, pendant des années, refuse qu’elle trouve un travail car il a peur qu’il la quitte ensuite…..

Scarlett Johansson. Isabelle Huppert. Adèle Exarchopoulos. Juliette Binoche. Vanessa Paradis. Léa Seydoux….

 

Ce que j’écris est bien sûr injuste pour elles ainsi que pour tous/toutes les autres (femmes comme hommes). Ce que j’écris est sans doute aussi très raciste. Mais c’est moins injuste et moins raciste que toutes ces absurdités dont on fait des vérités qui nous sont imposées à coups-répétés- de :

 

 « La caméra l’aime », « il (ou elle) est tellement ciné-génique ». Sans oublier, aussi, et peu importe que l’acteur ou l’actrice soit noir(e) ou arabe, l’insupportable :

 

« C’est l’un des acteurs (ou l’une des actrices) le/la plus doué(e) de sa génération ».

 

Quelle génération ?!

 

Lorsque l’on regarde et admire constamment telle actrice ou tel réalisateur, il en est combien d’autres que l’on empêche d’exister ou que l’on néglige depuis des générations ?!

 

La Vie de ma mère est un film qui parle de beaucoup de personnes, sans doute la majorité d’entre nous, femmes, hommes, quelles que soient nos origines, notre couleur de peau et nos croyances et qu’une minorité de personnes verra.

 

 » La vie de ma mère » de Maïram Guissé.

 

Parce-que cette forme de vie-là, on ne sait pas la voir. Où on ne veut pas la voir. On la considère peu glamour. On estime que cette vie-là n’a rien à nous apprendre alors que, souvent, beaucoup ou tout part de ce genre, de ce type de vie-là. Y compris parmi les futures « stars » ou « vedettes » qu’une caméra va tant aimer plus tard alors que, sans doute, parmi leurs propres ascendants et ancêtres, certains ont pu être négligés, déclassés, humiliés, opprimés ou exterminés. Comme tant d’autres. Parmi d’autres.

 

Plus nos moyens technologiques deviennent performants et plus il semble que nous voyions et percevions de moins en moins notre environnement.

 

Mais aussi ce que nous sommes. Au delà de la forme. 

 

Pour une espèce comme la nôtre, émotionnellement, intellectuellement et psychologiquement  myope, presbyte, astigmate ou tout simplement autiste, aveugle – et sourde !-  un film comme La Vie de ma mère fait partie des films-remèdes. Mais il faut des médecins clairvoyants et reconnus pour le prescrire. Un traitement long et répété. Des endroits où délivrer le remède sur une durée longue. Et des malades conscients qu’ils ne vont pas (toujours) bien, qui décident de consulter, et qui, ensuite, vont accepter de prendre et suivre leur traitement- comme l’indique l’ordonnance- dans une salle ou ailleurs.

La réalisatrice Maïram Guissé assise à côté de sa mère, devant la mer au Sénégal dans  » La vie de ma mère ».

 

Pour recevoir son traitement, Le film est disponible du 29 juin jusqu’au 30 septembre 2022 sur France. Tv

 

Franck Unimon, ce dimanche 17 juillet 2022. (amélioré le 20 et le 21 juillet 2022). 

 

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Photos Vélo Taffe

Vélo Taffe dans Paris 7-10 juillet 2022

Photo©️Franck.Unimon

Vélo taffe dans Paris 7-10 juillet 2022

 

Après avoir réécouté le groupe Massive Attack en concert au Danemark en 2006, j’ai découvert aujourd’hui l’artiste Hoshi avec son album Sommeil Levant.

 

Je suis tombé sur son album dans la médiathèque de Cormeilles en Parisis il y a plusieurs jours. Je n’étais pas pressé de l’écouter. Je ne « connaissais » pas Hoshi. Aujourd’hui,  après avoir commencé à écouter son album, je crois que l’on peut vraiment dire qu’en France, les artistes ont rompu avec cette tradition de la peur de la danse. Ils n’ont plus peur d’associer l’émotion au « corps » de la danse. On me dira que cela fait maintenant au moins une bonne vingtaine d’années que c’est comme ça. Mais je ne l’avais peut-être pas compris jusqu’à cet album de Hoshi. Même si je « connais » des artistes comme Jain, Angèle, Aya Nakamura et ai entendu parler de Christine And the Queens, Ronisia… pour ne parler que de quelques artistes féminins. Il y a bien sûr beaucoup d’autres artistes musicaux français « actuels » à citer en ce moment. Mais ces derniers jours, j’ai beaucoup réécouté les titres Mission Speciale et Evenement ( Les Ambassadeurs) et Hommage aux Disparus ( Les Frères Dejean), des groupes haïtiens pourvoyeurs de la musique Kompa davantage connus dans les années 70-90. Une musique particulièrement engageante pour qui l’a connue enfant, sait l’écouter et…la danser.

 

Dans cet album d’Hoshi, j’aime sa sincérité, sa virtuosité verbale, et ses arrangements musicaux dans des titres tels que Amour Censure ; Fais Moi Signe ; Medicament. Mais aussi les titres Sommeil Levant ; Marche ou Rêve ;

Par moments, sa voix a quelques airs de Stromae ( le titre Ita Vita…). Cependant, Hoshi a bien sa propre voix.

C’est aussi en écoutant son album Sommeil Levant que cet article est rédigé. Avant de pouvoir m’occuper plus tard de l’article sur le livre Les Couilles sur la table de Victoire Tuaillon, terminé il y a plus d’une semaine maintenant. Je m’attends à ce que l’article sur ce livre de Victoire Tuaillon soit long. Plutôt que le bâcler, je préfère disposer de la latitude nécessaire pour l’écrire. Pour patienter, on peut déjà lire l’article sur le livre de Mona Chollet :

J’ai lu Réinventer l’Amour de Mona Chollet .

 

Ou regarder les photos de cet article ci. Je les ai prises à Paris entre le 7 et ce 10 juillet 2022.

 

J’ai aussi prévu d’écrire un article sur les Cinquante ans de Marmottan ( c’était en décembre dernier !), service spécialisé dans le traitement des addictions. 

Franck Unimon, ce dimanche 10 juillet 2022.

 

Photo©️Franck.Unimon

 

 

 

Photo©️Franck.Unimon

 

 

Photo©️Franck.Unimon

 

 

Photo©️Franck.Unimon

 

Bd Raspail, Paris. Photo©️Franck.Unimon

 

Rue de Rivoli. Photo©️Franck.Unimon

 

Chantier, près du Spot 13, ce dimanche 10 juillet 2022. Paris 13ème. Photo©️Franck.Unimon

 

Au Spot 13, ce dimanche 10 juillet 2022. Photo©️Franck.Unimon

 

Au Spot 13, ce dimanche 10 juillet 2022. Photo©️Franck.Unimon

 

Photo©️Franck.Unimon

 

Entre la Gare d’Austerlitz et la gare de Lyon. Photo©️Franck.Unimon

 

Photo©️Franck.Unimon

 

 

Photo©️Franck.Unimon

 

Dans le jardin des Tuileries ce dimanche 10 juillet 2022. Photo©️Franck.Unimon

 

 

Dans le jardin des Tuileries, ce dimanche 10 juillet 2022. Photo©️Franck.Unimon

 

 

Au Spot 13, ce dimanche 10 juillet 2022. Paris 13ème. Photo©️Franck.Unimon
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Au Palais de Justice Vélo Taffe

Hier, ce mercredi 29 juin 2022, jour du verdict des attentats terroristes de Novembre 2015 à Paris

Paris, ce mercredi 29 juin 2022, le matin, avant 7 heures, près de la gare St Lazare. Photo©️Franck.Unimon

Hier, ce mercredi 29 juin 2022, jour du verdict des attentats terroristes de Novembre 2015 à Paris

 

Hier était un jour spécial. Celui du verdict des attentats terroristes islamistes à Paris du 13 novembre 2015 à Saint-Denis (ville de banlieue proche de Paris) devant le Stade de France lors d’un match de Foot amical ; dans plusieurs rues des 10 ème et 11 ème arrondissements de Paris sur des terrasses de café et de restaurants ; en plein concert dans la salle de concert Le Bataclan qui se trouve aussi dans le 11ème arrondissement de Paris.

 

Je travaillais de nuit dans le 18ème arrondissement de Paris, près de la Porte de Clignancourt, lors de ces attentats du 13 novembre 2015. Je me rappelle encore un peu de cette nuit. Dans un de mes journaux intimes, j’avais écrit un peu à propos de cette ambiance de mort dans Paris qui avait duré quelques temps à cette période. A ce jour, je n’ai pas encore recherché ce journal intime. Mon blog n’existait pas à cette époque.

 

Hier, ce mercredi 29 juin 2022, je travaillais de 8h à 20 heures dans mon nouveau service depuis un peu plus d’un an, maintenant. Je n’ai pas pu me rendre au tribunal de la cité pour assister à ce verdict. Pas plus que je n’ai pu me rendre à une seule audience de ce procès qui avait pourtant démarré le 8 septembre 2021. Alors que cela avait été mon intention.

 

Deux ou trois fois, je suis allé au tribunal de la cité afin « d’assister » à ce procès (comme pour le procès de l’attentat de Charlie Hebdo où je m’étais rendu à une seule audience au nouveau tribunal de Paris) des attentats de novembre 2015.

Au tribunal de la cité, j’ai pu assister à une partie de l’audience d’un tout autre jugement  (Extorsion en bande organisée : Des hommes dans un garage et les avocats de la Défense) . Mais concernant le procès des attentats du 13 novembre 2015,  à chaque fois, je suis « mal » tombé. Y compris ce jour où l’audience avait été reportée car Salah Abdeslam, le principal accusé, avait attrapé le Covid.

 

Lorsque je l’ai pu, j’ai lu ce que j’ai pu trouver concernant ce procès : en grande partie, le récit fait chaque mercredi dans Charlie Hebdo

Mais j’ai aussi pu écouter quelques podcasts ou lire sur le sujet des attentats islamistes de ces dernières années en France ou sur le fanatisme islamiste d’une manière générale. J’ai aussi écouté quelques témoignages de victimes d’attentats de novembre 2015.

Sans être autant impliqué que les victimes, leurs proches, les associations de victimes d’attentats, les accusés et les complices de ces attentats, mais aussi les professionnels de la justice, de la sécurité, et les journalistes qui ont « suivi », « traité » ou se sont chargés de ce procès, je me suis senti et continue de me sentir concerné par ces attentats de novembre 2015 ainsi que par ces actes et ces situations qui peuvent leur ressembler ou s’en approcher. ( Panser les attentats- un livre de Marianne KédiaRicochets-Un livre de Camille EmmanuelleL’instinct de vie , Helie de Saint Marc par Laurent Beccaria, Sans Blessures Apparentes, Utoya, 22 juillet, Journal 1955-1962 de Mouloud Feraoun, Qu’un sang impur…    .Interview en apnée avec Abdel Raouf Dafri  ,   ). 

D’où la raison de cet article aujourd’hui, même si je n’ai assisté à aucune audience de ce procès qui a totalisé « 148 journées de débats » (page 2 du journal Le Parisien de ce mercredi 29 juin 2022, article de Pascale ÉGRÉet de Timothée BOUTRY).

 

Vélo Taffe :

 

Paris, vers la Place Vendôme, ce mercredi 29 juin 2022 au matin. Photo ©️Franck.Unimon

 

Depuis un peu plus d’un an maintenant, je me rends et repars de mon travail avec mon vélo pliant en passant par la Gare St Lazare par laquelle j’arrive en train depuis la ville de banlieue où j’habite.

Le plus souvent, je passe par le boulevard Raspail. Mais hier matin, j’ai eu à nouveau envie de passer par la rue de Rivoli. Ce qui m’a amené, ensuite, au Boulevard St Michel, et, avant cela, à tomber à nouveau sur ce barrage de véhicules de police que j’avais déjà aperçues, en passant à vélo, lors d’autres audiences de ce procès. J’ai pris le temps de m’arrêter pour faire quelques photos. J’ai aussi pu entendre un cycliste, descendant assez vite du Boulevard St Michel, crier en se rapprochant :

 

« Mais ils nous emmerdent avec ces barrières ! ».

 

 

Paris, ce mercredi 29 juin 2022, vers 7 heures du matin, vers le tribunal de la Cité. On peut remarquer l’enseigne Le Soleil D’or, au fond, à droite. Photo©️Franck.Unimon

 

On parle quelques fois de la barrière de la langue pour expliquer certains malentendus ou des relations difficiles. Mais, là, il s’agissait d’une toute autre barrière. Cela fait neuf mois que dure ce procès. Et cet homme, vraisemblablement un habitué de ce trajet, pressé d’arriver à sa destination, ne pouvait et ne voulait pas consacrer quelques minutes supplémentaires (cinq ou dix selon qu’il décide de mettre à pied à terre pour redevenir piéton et longer les barrières ou pour prendre un itinéraire bis) afin de permettre la conclusion de ce procès pour des événements qui nous avaient diversement touchés en 2015…..

Qu’est-ce qui est le plus horrible et le plus meurtrier ? Les actions terroristes préméditées, multipliées et impitoyables de 2015 ou la façon de penser de ce cycliste ?

Dans les faits, ce cycliste n’a tué personne et n’est responsable, a priori, de la mort de personne. Peut-être même exerce-t’il la plus grande mesure de son temps à sauver des vies de par le métier qu’il exerce. C’est peut-être un garde du corps. Un chirurgien chevronné. Un pompier. Un infirmier de pointe. Un homme qui part veiller sa mère ou sa grand-mère très malade. Ou un livreur de sang rare et réputé pour être l’un des plus rapides de Paris.

 

 

Ne pas juger

 

 

En revenant hier d’un transfert dans un hôpital du 18ème arrondissement pour mon travail, j’ai écouté un podcast sur le sujet du Crack. Les addictions font partie des « sujets » par lesquels je me sens concerné. D’ailleurs, j’ai toujours mon article à faire sur les 50 ans de Marmottan fêtés l’année dernière ( le 3 décembre 2021 !) à la salle de concert de la Cigale.

 

Dans les faits, nous sommes tous concernés par le sujet des addictions mais nous sommes encore plus que nombreux à l’ignorer pour différentes raisons  qui ont à voir soit avec une certaine désapprobation morale ou avec, tout simplement, notre méconnaissance grandiloquente de ce qu’est une addiction ou de ce que peut être une addiction.

Dans ce podcast de 59 minutes où interviennent entre-autres, Alain Morel, psychiatre et directeur de l’association Oppelia, mais aussi Karim, un des travailleurs pairs mais aussi quelques consommateurs, il est aussi rappelé que pour aider et travailler avec des personnes addict, il est nécessaire de Ne pas juger.

Photo prise à Marmottan, lors des journées portes ouvertes du 4 et du 5 décembre 2021. Installation réalisée pour cette circonstance. Photo©️Franck.Unimon

 

J’avais déjà entendu ça mais aussi été le témoin de cela. A Marmottan ou dans les services de psychiatrie adulte et de pédopsychiatrie où j’ai pu travailler.

 

Depuis mes débuts d’infirmier en psychiatrie il y a bientôt trente ans, j’ai été amené à rencontrer, au moins dans les différents services où j’ai travaillé, différentes sortes de profils de personnes des plus « sympathiques », des plus « tristes » aux plus « antipathiques » et « exaspérants », des plus « faciles » aux plus « difficiles » et, cela, aussi face à des publics âgés de 3 ou quatre ans. Puisque mes expériences en pédopsychiatrie m’ont aussi amené à rencontrer, avec mes collègues éducateurs ou autres, des enfants de trois et quatre ans et leurs parents.

 

A moins de se barricader derrière de la paperasse, derrière son écran d’ordinateur, derrière son téléphone ou des sms, derrière un bureau et des logiciels ; derrière des protocoles ; derrière des phrases et des pensées toutes faites et définitives ; derrière des chiffres, des murs, des peurs, des certitudes absolues ; derrière des collègues, des portes de prison et des traitements ; ou derrière des cohortes d’intermédiaires et de serviteurs dont la fonction est de dévier, de différer, de diluer ou de faire disparaître l’expérience de la rencontre directe, instinctive et imprévisible, le métier d’infirmier en psychiatrie et en pédopsychiatrie fait partie de ces métiers où les rencontres répétées ont des effets immédiats et prolongés, superficiels et profonds, sur les différents interlocuteurs.

On se heurte où l’on se comprend. On s’apaise ou l’on se blesse. On se confronte où l’on trouve un accord ou un compromis. Peut-être tout de suite, peut-être plus tard. Peut-être très difficilement. Ou jamais.

 

Je peux donc dire que j’ai un peu d’expérience pour ce qui est des rencontres « difficiles » dans ma vie professionnelle et sans doute dans ma vie personnelle. Pourtant, hier, en entendant cette recommandation dans le podcast consacré aux addictions, à nouveau, je me suis demandé :

 

 Comment fait-on pour « Ne pas juger ? ».

 

Puisqu’il arrive un moment, où une situation, où nous parvenons au bout de la chaine de nos forces morales et personnelles et où le jugement, la désapprobation et la condamnation morale s’expriment d’eux-mêmes au travers de notre être :

 

Devant une action, un fait avéré, dont nous sommes le témoin, la victime, le lecteur, le « spectateur » contraint ou le confesseur. Et cette action, ce fait avéré, ou cette proposition, décide « viscéralement » pour nous de ce que nous ressentons.

 

Et cela, malgré nos efforts d’intelligence et nos tentatives de raisonnement. Malgré nos intentions officielles et sincères « d’ouverture » et de tolérance.

 

Une entreprise inhumaine.

 

Ne pas juger, d’une manière générale, dans la vie courante, m’apparaît donc être une action assez surhumaine. Ou, plutôt….inhumaine.  Et je vais le dire comme je le pense : je pense que, quotidiennement, nous passons une grande partie de notre temps à juger nos semblables et à nous juger nous mêmes. Et la justice que nous rendons aux autres ainsi que celle que nous pouvons nous rendre aussi à nous mêmes mais aussi à nos proches me paraît assez souvent, assez facilement, approximative, inexacte, pour ne pas dire, assez énigmatique. Et peut-être même, certaines fois….quelque peu fantomatique.

 

Et qu’ont fait, pendant des mois, depuis le mois de septembre 2021, des professionnels de la Justice, mais aussi des victimes des attentats (et leurs proches) de novembre 2015, les associations de victimes, les accusés et les complices des accusés mais aussi tous ceux qui ont assisté régulièrement à ce procès ?

 

 

Juger.

 

 

Bien-sûr, comparer la démarche qui consiste à essayer d’aider une personne addict à se sortir de son addiction de la démarche qui consiste à juger des terroristes et des complices de ces terroristes peut choquer, mettre très en colère et pousser à se demander si je suis complètement con ou dégénéré ! Et si c’est le cas (si en lisant cet article, on se demande déja si je suis complètement con ou dégénéré) , cela (me) démontrera déjà avec quelle facilité, encore une fois, nous pouvons être jugés –et rapidement dépréciés- par nos semblables dès que nous pensons de manière un peu différente. Et, tant pis, si par ailleurs, sur d’autres points très sensibles, nous sommes du même avis qu’eux :

 

Puisque ce qui importe à celles et ceux qui jugent et veulent être des juges expéditifs, c’est d’obtenir des autres qu’ils soient exactement sur la même ligne qu’eux.

 

Photo prise ce mercredi 29 juin 2022, le matin, avant 7 heures. Photo ©️Franck.Unimon

 

 

Ne pas regarder

 

En rentrant chez moi ce matin, j’ai croisé une jeune femme plutôt jolie. Sans doute influencé par ma lecture récente de l’ouvrage féministe Les couilles sur la table de Victoire Tuaillon sur lequel j’écrirai un article dès que je le pourrai, je me suis senti un peu coupable en regardant cette jeune femme. Comment regarder quelqu’un sans l’incommoder ? Comment passer à côté de quelqu’un sans pour autant faire montre d’une indifférence fausse qui, elle aussi, interdit d’emblée toute possibilité de rencontre mais, aussi, lorsqu’une attention est bienveillante, une certaine forme de reconnaissance ?

 

 

J’ai croisé cette jeune femme deux fois en quelques minutes.  La seconde fois, j’ai « évalué » que cette jeune femme devait être adolescente. Elle devait avoir 16 ans ou 17 ans. Et je me suis rappelé qu’une jeune personne devient adolescente ou s’aperçoit de son adolescence lorsque des hommes adultes la remarquent particulièrement et la regardent dans la rue avec une autre attention que celle que l’on peut porter aux enfants lorsque l’on les regarde (exception faite des pédophiles).

 

Ce matin, après avoir croisé cette jeune femme, je me suis dit que certaines jeunes femmes se mariaient ou se mettaient sans doute en couple très vite, et devenaient mères aussi très vite, espérant, aussi, se protéger du regard sexuel des hommes sur elles. Puisque devenir mère, cela peut, plus ou moins (car bien des contre-exemples existent), désexualiser un corps, voire le rendre un peu sacré. Sans oublier que la présence des enfants peut rendre l’acte sexuel ou sa probabilité plus difficile. Le corps est déjà dévoué à l’action de s’occuper des enfants.

 

Le mariage ou le couple peut être pour certaines femmes une protection contre les regards des hommes sur leur corps. Quel que soit ce qu’exprime le regard des hommes, d’ailleurs. Il n’y a pas que le soleil qui donne des coups. Certains regards aussi.

 

Il y a des regards d’hommes qui mettent mal  à l’aise. Je peux aussi en parler- un peu- en tant qu’homme qui a pu être regardé par d’autres hommes. En tant qu’homme hétéro se retrouvant une fois ou deux en minorité dans un lieu clos (un théâtre, l’appartement d’un copain homo) et regardé, par plusieurs homos. Ce qui m’avait permis, un tout petit peu, de manière très superficielle, d’avoir un aperçu de ce que peuvent vivre- ou ressentir- des jeunes femmes et des femmes tous les jours lorsqu’elles croisent des hommes. Dans les transports en commun. Au travail. En faisant les courses. Au volant de leur voiture. En rentrant chez elles. En faisant du sport.

 

 

Certaines femmes s’accommodent plutôt bien de ces regards et de la diversité de ces regards. D’autres femmes vivent et ressentent beaucoup plus mal ces regards et ces expériences de regards.

 

Quel est le rapport de cette histoire de « regard » avec ce procès des attentats de novembre 2015 ?

Paris, vers le tribunal de la cité, ce mercredi 29 juin 2022, aux alentours de 21h. Photo ©️Franck.Unimon

 

Lors de ce procès qui a duré neuf mois, des femmes et des hommes, de différents « bords », de différents âges, de différents horizons, de différentes croyances et confessions, de différentes sexualités, professionnels de justice, victimes, proches de victimes, associations de victimes, accusés, complices de ces accusés, journalistes, « spectateurs » ont passé une grande partie de leur temps à se juger, à se jauger et à…se regarder.

 

Que l’on n’essaie pas de me faire croire, malgré les faits incontestés et incontestables (les attentats, l’horreur des attentats) que tout le monde, pour ce procès, dans ce procès et par ce procès, est venu – et parti- avec les mêmes armes pour ces expériences qui consistent à juger, être jugé (que l’on soit accusé ou victime ou témoin) et à être regardé.

 

 

Et que l’on n’essaie pas de me faire croire que tout le monde, au cours de ce procès, mais aussi lors de toute autre procès, a bénéficié et bénéficie des mêmes armes pour exprimer et vivre ces expériences qui consistent à être victime, accusé,  témoin, être jugé et regardé, mais aussi écouté et interrogé par une audience, par un public…..

 

 

Une aventure titanesque

 

Dans son livre Cette Nuit, La Mer est noire  qu’elle avait co-écrit peu de temps avant sa mort accidentelle en hélicoptère, et paru en 2015 après sa mort, la navigatrice Florence Arthaud, qui n’avait pourtant pas beaucoup froid aux yeux, raconte qu’elle n’a jamais pu oser regarder Eric Tabarly qu’elle admirait. A propos d’une des traversées de celui-ci en solitaire, elle ajoute qu’il avait, tout seul, piloté un bateau qui, « normalement », nécessite la présence de 13 ou 14 hommes ! On parle bien-sûr, ici, de 13 ou 14 marins (femmes ou hommes) aguerris. On ne parle pas, ici, d’une promenade d’une demie heure en bateau mouche sur la Seine.

 

Pour moi, qui reste un regard extérieur parmi d’autres, ce procès des attentats de novembre 2015 à Paris a nécessité des efforts encore bien plus invraisemblables et violents que ceux, pourtant hors normes mais aussi hors forme humaine,  alors accomplis par Eric Tabarly. Ou par d’autres navigateurs, femmes ou hommes, qu’il s’agisse de Florence Arthaud elle-même ou de Ellen Macarthur lors de leurs courses en solitaire.

 

 

L’une des plus brutales différences est que les victimes et les proches des victimes, comparativement aux navigatrices et navigateurs, n’ont pas choisi d’être les proies de cette  violence. Comme elles et ils n’ont pas choisi les rôles de victimes et de proches de victimes qui ont découlé de cette violence terroriste.

Les traversées qu’ont à connaître les victimes, leurs proches, et celles et ceux qui les côtoient ne s’arrêtent pas une fois que le retour au port a été effectué. Car ce port s’est déplacé. L’aiguillage interne qui permettait, auparavant, plus ou moins, de faire en sorte que l’expérience extérieure et immédiate, s’accordait plutôt bien avec l’expérience intérieure, n’existe plus ou a été bousillé. Le temps et les distances ne sont plus les mêmes qu’auparavant. La sensibilité, aussi. Pour ces victimes, et leurs proches, il est devenu beaucoup plus difficile de s’accommoder du quotidien comme « auparavant ».

 

Les terroristes, eux, ainsi que leurs complices, ont choisi et prémédité leur action jusqu’à un certain point. Ils étaient volontaires. Pendant plusieurs mois, des années, les terroristes se sont entraînés, « transformés » et ont préparé leur « épopée ». Pendant des mois ou des années, dans cette partie d’échecs et mat, il avaient plusieurs « coups » d’avance. Sur les victimes. Sur les Autorités. Sur le plus grand nombre. Sur nous tous.

 

Mais si ces accusés se sont finalement retrouvés dans ce procès et jugés, cela signifie, aussi, qu’ils ont fini par se faire rattraper. Généralement, on dit des accusés- et de leurs complices- qu’ils se sont faits « rattraper » par la Justice. Mais ce n’est pas uniquement par la justice. Ils se sont aussi faits ici rattraper (hormis ceux qui se sont faits tuer ou se sont suicidés) par leur appartenance au genre humain « commun » ou dit-universel. Par leur finitude.

Sortes de navigateurs meurtriers  de leurs idées, qui se sont crus totalement libres, les terroristes et leurs complices, sont redevenus des terriens qui doivent se rendre compte qu’ils n’étaient pas aussi libres qu’ils ont voulu le croire.  Qu’ils vivent dans le même monde que leurs victimes et les proches de leurs victimes. Mais aussi dans le même monde que les services de police qui les recherchaient.

 

Dans leur imaginaire, ces terroristes et ces complices, n’avaient sans doute par prévu de devoir se retrouver face tous ces gens dans ce genre de circonstances et pour cette durée :

 

Des victimes, des proches de victimes, des associations de victimes, des juges, des avocats, des journalistes et des spectateurs qui les ont regardés, qui les ont jugés et qui les ont interrogés.

Ce mercredi 29 juin 2022, à Paris, aux alentours de 21h. Dans l’arrière champ, au delà du véhicule de police, on peut peut-être apercevoir un joueur de violon. Je me rappelle qu’après l’attentat du Bataclan, un homme était venu à vélo avec son piano portatif afin de jouer sur les lieux de afin d’essayer d’adoucir les événements en expliquant « Je n’ai pas les mots ». Hier soir, je me suis demandé si ce joueur de violon était présent pour les mêmes raisons. Photo©️Franck.Unimon

 

On a beaucoup parlé du silence de Salah Abdeslam et du silence d’autres accusés. Mais ce silence, ou plutôt, cette barrière du silence, si elle a empêché la « rencontre » ou la « communication » n’a pas empêché ces accusés d’entendre, d’écouter ou leur conscience d’être active. Après ce procès, il est possible que certains de ces accusés changent un peu de point de vue concernant la légitimité de leurs actes.

 

Et, au pire, si le psychopathe peut se réjouir de la souffrance de ses victimes mais aussi de celle des proches des victimes, et de la couverture médiatique dont il a « bénéficié », il a aussi ses souffrances personnelles. Et ses « triomphes » (ici, les attentats et leurs victimes) contiennent aussi ses défaites. Même si, du point de vue des victimes, de leurs proches et de celles et ceux qui les défendent, les souffrances du psychopathe terroriste sont bien-sûr secondaires :

 

Les souffrances des victimes des attentats et de leur entourage sont bien-sûr prioritaires.

 

Deux extrêmes opposés :

 

Les victimes des attentats terroristes et leurs auteurs sont deux extrêmes opposés. La rencontre s’est faite et se fait dans la douleur pour les victimes et leurs proches.

 

Pour les terroristes et leurs complices, leurs « cibles » n’existaient pas. C’étaient des inconnus sans aucune valeur. Ou, au contraire, des « valeurs » qu’ils ont eu plaisir à saccager car ces « valeurs » étaient des vies qu’ils ne pourraient jamais obtenir ou comprendre. Donc, autant les détruire.

 

Lorsqu’ils se sentent investis par un droit « souverain » ou « divin », les êtres humains peuvent accomplir le meilleur ou le pire au détriment d’autrui. Là, avec ces attentats terroristes, nous sommes dans le « pire ». Comme lors de l’esclavage, des camps de concentration, comme lors de n’importe quelle guerre ou génocide ou de n’importe quelle forme d’exploitation ou de torture d’un être humain.

 

Il « suffit » que des êtres humains se sentent largement supérieurs ou largement inférieurs à d’autres et « en droit » de se faire justice pour que le pire puisse arriver.

« Normalement », une démocratie permet d’éviter ça : que trop de personnes se sentent largement supérieures à d’autres mais aussi que trop de personnes se sentent trop  inférieures par rapport à d’autres.

 

Ce procès a été une justice différente de celle des terroristes. Une Justice institutionnalisée, avec d’autres règles, d’autres lois, d’autres protocoles.

 

Mais il y a deux sortes de « vaincus » devant cette Justice. Les victimes, leurs proches et les associations de victimes. Ainsi que, peut-être aussi la Justice et l’idée que l’on s’en fait dans une Démocratie.

 

Car les accusés font aussi partie des vaincus : Si les accusés étaient restés libres ou avaient réussi à imposer leur Justice, ils n’auraient pas été jugés. Ils auraient été célébrés comme des héros malgré leurs meurtres. L’horreur est aussi dans ce constat.

 

Ce constat, on va vite passer dessus car imaginer ça est insupportable. Comme de devoir imaginer que ces terroristes, et leurs complices, sont des êtres humains comme nous :

 

« Les juges ont cherché une vérité dans ces événements et même la part d’humanité des accusés » (l’éditorial de la journaliste Marie-Christine Tabet dans le journal Le Parisien, de ce mercredi 29 juin 2022, page 2).

 

Lorsque je traduis cette phrase, je comprends que les accusés ne font pas partie de l’espèce humaine. Car lorsque l’on est un être humain, on ne fait pas ce qu’ils ont fait. On ne dit pas ce qu’ils ont dit. On ne pense pas comme ils pensent.

Donc, avec un tel raisonnement, si la peine de mort existait encore en France en juin 2022 (alors que la France se vante de faire partie des pays qui ont aboli la peine de mort), ces accusés, aujourd’hui, en 2022, seraient exécutés. Comme ils ont exécuté et contribué à faire exécuter les victimes des attentats. L’expression « Œil pour œil, dent pour dent » est donc toujours en cours et au coeur de nos mœurs. Sauf que contrairement aux accusés qui ont tué, nous, nous «prenons » sur nous officiellement en quelque sorte. Je me demande alors :

Pour combien de temps ?

 

Pourtant, même si on hait ces accusés, leur humanité est indiscutable. Et c’est ça qui est insupportable :

Devoir regarder quelqu’un en face, le détester ( je détesterais sans doute celle ou celui qui a tué un de mes proches comme cela est arrivé pour les victimes des attentats de novembre 2015 : tuer par surprise, comme des lapins de fête foraine,  des civils désarmés et non entraînés….), lui souhaiter le pire. Et devoir admettre, que cela nous plaise ou non, malgré tout, que cette personne-là, est aussi humaine que nous. Et que l’on ne peut rien changer à cette humanité. A part, si l’on y arrive, ce que l’on ressent vis à vis de cette personne mais aussi de nous-mêmes.

 

 

Les verdicts :

 

Je n’ai pas encore appris les verdicts des accusés. Hier soir, lorsque je suis rentré du travail, je suis à nouveau passé près du tribunal de la cité entre 20h30 et 21h et j’ai vu que le procès n’était pas encore terminé.

 

Paris. Au loin, on peut apercevoir La Défense, ce mercredi 29 juin 2022, aux alentours de 21h. Photo©️Franck.Unimon

 

J’ai été marqué, hier, par la belle journée que c’était. Il faisait chaud. Dehors, dans Paris, les gens étaient souriants, vêtus légèrement, s’amusant. En short, jambes nues, les caractères sexuels secondaires bien en vue. C’était l’été.

 

Il y avait ce contraste entre ce qui se passait à l’intérieur du tribunal et ce qui se passait dehors devant et autour de moi. Rien à voir. A nouveau deux extrêmes opposés comme tous les jours. D’un côté l’insouciance et l’ignorance. De l’autre, la souffrance et la sentence.

 

 

Franck Unimon, ce jeudi 30 juin 2022.

 

 

 

 

 

 

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Musique

Un suicide

Camaret, juin 2022. Photo ©️Franck.Unimon

 

Un suicide

Polyglotte et voisine, elle est allée parler au bitume cinq étages plus bas. Sa langue était inconnue. La traduction ne s’est pas faite. 

 

La nouvelle m’est arrivée quelques heures plus tard après une nuit de travail. La porte de mon appartement à peine ouverte, ma fille m’a parlé d’un « accident ». Plus discrètement, ma compagne m’a parlé de « suicide ».

 

On repense à la dernière fois avant la bifurcation vers « l’accident ». Bien-sûr, rien ne pouvait laisser supposer que. Et même si….

 

Sortie de son, vol sans ailes, arrêt brutal de la routine, le suicide orchestre nos souvenirs. Puis, inspirés ou non, c’est à nous de jouer.

 

Ma fille continuait de jouer plus loin. Après avoir dit une ou deux fois « C’est triste », il m’a fallu plus de dix minutes dans les toilettes pour retrouver un peu de volonté. Ma compagne semblait avoir eu le temps de digérer l’événement. Sans doute en discutant avec deux autres voisines également sollicitées par la police.

 

Ces derniers temps, je réécoute beaucoup deux titres du groupe haïtien Les Ambassadeurs :

 

Evénement et Mission Spéciale.

 

Dans ces deux titres, qui datent des années 70-80, la musique Kompa du groupe  Les Ambassadeurs est un harnachement de vie avec lequel (comme d’autres groupes haïtiens de cette « époque ») il chante aussi son attachement à  son île natale, Haïti, recouverte par la dictature militaire et politique, pays qu’il avait dû quitter.

 

Cette musique me rappelle ces soirées antillaises où, d’abord enfant, mes parents m’ont emmené : baptêmes, mariages, communions…

Souvent dans des grandes salles où beaucoup de gens dansaient sur des titres de plus de cinq minutes.

Pour moi, ce monde était une routine et aussi un spectacle. Une routine disparue en quittant l’enfance en France. C’était avant le Zouk de Kassav’ ( https://vimeo.com/586837210 ;  Jacob Desvarieux ) à partir du milieu des années 80.

 

Mais la vie ne se regarde pas et ne s’admire pas dans les vitrines. Elle s’apprend, se traduit et se danse. Celles et ceux qui affirment le contraire parlent la langue des dictateurs. ( Enfant de la France/ Enfant de la Transe ). 

 

Après les titres Evénement et Mission Spéciale, dans notre appartement, j’ai mis du Dub avec des titres du groupe bordelais Improvisators Dub.

 

Puis, pour finir, au casque, le titre Hommage aux Disparus du groupe haïtien Les Frères Dejean.

( merci à ma cousine Janine pour m’avoir fait parvenir de Guadeloupe via mon frère il y a quelques années ces titres – et d’autres- des groupes Les Ambassadeurs et Les Frères Dejean).  

 

Franck Unimon, ce samedi 25 juin 2022.

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Théâtre

Au Théâtre du Soleil ce samedi 16 avril 2022 : l’île d’Or

 

 

Au théâtre du Soleil, ce samedi 16 avril 2022 pour « L’île d’Or ». Photo ©️Franck.Unimon                  

 

Au théâtre du Soleil ce samedi 16 avril 2022 : L’île d’or

 

Le Théâtre du Soleil est une planète dont j’avais entendu parler il y a plus d’un quart de siècle.

Je l’avais approchée sans l’atteindre. Le parc floral, l’été, et ses concerts (je me rappelle d’un très bon concert de Chucho Valdès). La caserne militaire où, appelé, j’étais un peu passé avant d’être affecté à l’hôpital militaire Bégin. Le centre équestre de la cartoucherie de Vincennes.

 

Il fallait réserver rapidement. Les places partaient très vite. J’habitais dans une banlieue éloignée et opposée.

 

Des noms stratosphériques, des noms magiques, sont « accolés » au Théâtre du Soleil. Ariane Mnouchkine, Hélène Cixous, Philippe Caubère, Simon Abkarian et beaucoup d’autres.

Le passé, le présent et l’avenir y sont composés comme dans une musique de Sun Ra.

 

Il y a bientôt une dizaine d’années, j’avais lu L’Art du Présent, le livre d’entretiens d’Ariane Mnouchkine avec la journaliste Fabienne Pascaud.

 

 

Pour un spectateur, pour un comédien, pour un auteur, passer par le soleil de ce théâtre, c’est entrer dans un lieu qui a résisté et résister peut-être aussi un peu avec lui.

 

A la lave de l’amnésie, de la destruction, de la dépression et du fatalisme.

 

Pour cela, il faut traverser Paris, capitale et astre culturel, ou s’en extraire. Pour venir à Vincennes. En voiture, en navette, à pied depuis la gare du RER A, voire en bus ou à pied. Je ne l’ai pas vérifié mais peut-être que le théâtre du Soleil a tenu à s’implanter hors de Paris avec un esprit d’engagement qui similaire à celui du théâtre des Amandiers, à Nanterre, lors de sa création ou dans certains mouvements proches de l’antipsychiatrie. 

 

Au Théâtre du Soleil, ce samedi 16 avril 2022. Photo ©️Franck.Unimon

 

Pour cette première fois au Théâtre du Soleil, j’avais emmené ma fille avec moi. Depuis Argenteuil, nous avons pris nos vélos, le train puis le RER. Il faisait beau.

 

Devant le Théâtre du Soleil, à gauche, en blanc, Ariane Mnouchkine après la représentation ce samedi 16 avril 2022. Photo ©️Franck.Unimon

 

 

 

J’ai dû m’y prendre à trois fois pour cette première fois. D’abord, il a fallu remettre notre venue à une autre date. Trop de cas de Covid parmi les comédiens en janvier m’avait-on appris ? Est-ce que je voulais reporter notre venue ou être remboursé ? On reporte. Je suis né à Nanterre où, jusqu’à mon adolescence, j’ai grandi à quelques minutes à pied du théâtre des Amandiers devant lequel je suis passé d’innombrables fois en le regardant comme un endroit qui m’était complètement exogène. Même si, en classe de 3ème, avec notre prof de Français de 3ème, je suis entré une fois dans le théâtre des Amandiers pour aller voir Combat de Nègres et de chiens, j’ai raté toutes mes rencontres avec le théâtre des Amandiers. Quarante ans plus tard, je n’allais pas rater ma rencontre avec le Théâtre du Soleil.  

 

Au théâtre du Soleil, ce samedi 16 avril 2022. Photo ©️Franck.Unimon

 

La fois suivante, ma fille était invitée à l’anniversaire d’une ses copines. Nous n’allions pas la priver de cette fête pour cette « surprise ». Une « surprise » dont elle ne connaissait rien. Plus de trois heures. Un ou deux entractes. Un peu un pari. Il y a des surprises d’accès plus « facile».

J’ai fait confiance à l’endroit et au jeu. A la mise en scène. Au spectacle. A mon envie ou à ma « folie ». 

 

Sur place, nous avons trouvé dehors un public qui  m’a semblé être constitué d’habitués. Autant celui venu pique-niquer ou se distraire en famille que pour se restaurer ou pour assister à la représentation.

 

A l’intérieur, cela a été la surprise de voir les comédiennes et les comédiens se préparer.

Je ne peux pas parler de ce que j’ai vu sur scène. Mais je suis content d’être venu.

 

Au Théâtre du Soleil, ce samedi 16 avril 2022. Avec Emmi. Photo ©️Franck.Unimon

 

 

Et si j’ai mis autant de temps pour montrer ces photos, c’est parce-que j’ai voulu bien les choisir. Je ne suis pas sûr, ce soir, d’y avoir réussi mais j’espère qu’elles parleront pour moi.

 

Au Théâtre du Soleil, ce samedi 16 avril 2022. Photo ©️Franck.Unimon

 

 

Au Théâtre du Soleil, ce samedi 16 avril 2022. Emmi découvre les comédiennes et les comédiens en pleine préparation. Photo ©️Franck.Unimon

 

 

Au Théâtre du Soleil, ce samedi 16 avril 2022. Photo ©️Franck.Unimon

 

 

Au Théâtre du Soleil, ce samedi 16 avril 2022. Photo©️Franck.Unimon

 

 

Au Théâtre du Soleil, ce samedi 16 avril 2022. Photo ©️Franck.Unimon

 

 

Au Théâtre du Soleil, ce Samedi 16 avril 2022. Photo ©️Franck.Unimon

 

 

Au Théâtre du Soleil, ce samedi 16 avril 2022. Photo ©️Franck.Unimon

 

 

 

Au Théâtre du Soleil, ce samedi 16 avril 2022. Photo©️Franck.Unimon

 

 

Au Théâtre du Soleil, ce samedi 16 avril 2022. Photo©️Franck.Unimon

 

 

Au Théâtre du Soleil, ce samedi 16 avril 2022. Photo ©️Franck.Unimon

 

 

Au Théâtre du Soleil, ce samedi 16 avril 2022. Photo ©️Franck.Unimon

 

 

Au Théâtre du Soleil, ce samedi 16 avril 2022. Photo©️Franck.Unimon

 

 

 

 

Au Théâtre du Soleil, ce samedi 16 avril 2022. Photo ©️Franck.Unimon

 

 

 

Au Théâtre du Soleil, ce samedi 16 avril 2022. Emmi avec Ariane Mnouchkine, après la représentation. Photo©️Franck.Unimon

 

Franck Unimon, ce vendredi 17 juin 2022.

 

 

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Croisements/ Interviews

Ligne 56

Baguette de pain au charbon actif de la boulangerie Utopie. On dirait une pirogue. Photo ©️Franck.Unimon

Ligne 56

 

Initialement, ce n’était pas mon chemin. Pour rejoindre la Gare du Nord depuis la place de Nation, j’avais d’abord prévu de prendre le RER. Puis, j’ai pensé au bus. J’ai trouvé celui de la ligne 56. Il a fait très beau, aujourd’hui. Sauf que dans le bus, les gens étaient énervés. Des femmes, principalement. Il y avait un certain nombre de poussettes avec des enfants. Des personnes en fauteuil, aussi. Tout le monde voulait prendre le bus et aller quelque part. 

Une place assise s’est libérée assez vite devant moi. Je me suis installé en sens inverse de la circulation. Et j’ai sorti mon baladeur. J’ai cherché un titre de U-RoyControl Tower. J’avais envie d’aller ce soir au concert de Zenzile et de High Tone ( Zentone )à l’Elysée Montmartre. J’ai aimé plusieurs titres de leur album. Je les ai déja vus séparément en concert.

 

Je n’ai pas trouvé U-Roy. Je me suis rabattu sur le titre Why de Tikiman/ Paul St Hilaire. Mais cela n’a changé grand chose :

 

« Ne soyez pas raciste ! ». Cela faisait des années que je n’avais pas entendu ce genre de phrase. Celle qui, pour certaines personnes, est rapide à attraper et à lancer dès qu’on les contredit ou contrarie. 

 

« Au lieu de parler, vous feriez mieux de conduire » a continué la même dame. Pour développer ensuite : « Sinon, vous allez faire un accident… ». Puis, dans le bus, à destination du chauffeur, elle a répété cette phrase quatre ou cinq fois comme un mantra  » Vous allez faire un accident ». Comme si elle l’espérait. Comme si les autres personnes autour d’elles ne comptaient pas. 

 

Le chauffeur est resté calme. Comme il l’avait annoncé à plusieurs reprises, son terminus est arrivé à la station Strasbourg/Magenta.  Il n’y avait pas eu d’accident. Tout le monde est descendu. 

Je suis allé voir le chauffeur, alors qu’il continuait de répéter, professionnellement, que cet arrêt était terminus. Et qu’un autre bus, qui, lui, irait jusqu’à la Porte de Clignancourt, allait arriver dans trois minutes. Il tenait à ce que tout le monde ait bien entendu l’information.

Lorsqu’il a remarqué que j’étais près de lui et que j’attendais, il s’est tourné vers moi. Je lui ai dit :

« Félicitations pour votre sang-froid ! ».

Il m’a répondu :  » Ah, merci ! Je ne sais pas ce qui se passe….je connais bien cette ligne et je ne sais pas pourquoi les gens sont énervés comme ça ».

 

J’ai marché jusqu’à la gare de l’Est. En m’approchant, j’ai reconnu l’acteur Alex Descas, de dos. J’ai continué de marcher et j’ai hésité. 

Vous ne connaissez pas l’acteur Alex Descas ? Il est le futur dictateur Mobutu dans le film Lumumba de Raoul Peck. Son apparition à la fin du film, après l’assassinat de son « ami » Lumumba était glaciale. 

Alex Descas a aussi joué dans plusieurs films de Claire Denis. Vous ne le trouverez pas dans le dernier Top Gun avec Tom Cruise. Alex Descas a aussi joué dans Volontaire (2018) de Hélène Fillières. 

 

C’est la seconde fois que je croise Alex Descas par hasard dans Paris. La première fois, c’était avant l’existence de mon blog, près du centre Pompidou, non loin d’une salle de cinéma, le MK2 Beaubourg. Là, c’est à la gare de l’Est. Qu’est-ce que je fais ?

 

J’attends un peu. Puis, alors qu’il se dirige vers la gare de l’est et me dépasse, je me rapproche doucement :

« Bonjour, Monsieur Alex Descas… ».

Il s’arrête. C’est bien lui. Il me salue comme si nous nous étions déja vus. Alors qu’il est impossible qu’il se souvienne de moi. 

Il m’écoute patiemment. Je lui explique que j’aimerais bien faire son portrait pour mon blog. Sur le principe, il semble partant. 

Donc, je lui demande :

« Alors, comment on fait ? ». 

Il me répond de contacter son agent, me donne son nom, m’apprend qu’il sera absent durant quelques semaines. 

Il s’agit maintenant de ne pas trop l’importuner. Mais, avant de le laisser, je lui demande s’il accepte que l’on fasse une photo, ensemble. Il accepte facilement. Les smartphones, aujourd’hui, permettent facilement de se photographier avec quelqu’un. 

L’acteur Alex Descas et moi, ce mercredi 1er juin 2022, à la gare de l’Est. Avec nos lunettes, on pourrait presque croire que nous sommes de la même famille. Photo©️Franck.Unimon

 

Après le deuxième cliché, je lui dis :

« Vous êtes plus beau que moi ! ».

Il commence à répondre :

« Ce n’est pas une question d’être beau… ». Puis, il comprend que je le taquine.

Alors qu’il tire sa valise à roulettes, je lui souhaite un bon voyage. Il me tape sur l’épaule amicalement avant de s’en aller.

 

Rachida Dati

Article issu du journal « Le Parisien ».

 

 

Rachida Dati force mon admiration pour sa capacité à s’imposer en politique. Elle ne m’est pas sympathique. Je lui reconnais des aptitudes hors normes dans cet univers très particulier de la politique. Elle est quand même celle qui avait réussi à effrayer François Fillon alors qu’il était encore Premier Ministre, lorsque celui-ci avait envisagé de se présenter pour devenir maire d’un des arrondissements prestigieux de Paris ! Peut-être l’arrondissement dont Dati est désormais la maire. Le 6ème ou le 7ème.

 

De toutes les femmes nommées Ministre par Nicolas SarkozyDati est, je crois, la seule à s’en sortir. Même si Valérie Pécresse ne s’en sort pas trop mal, surtout après ses résultats aux dernières Présidentielles. Car j’ai vu que, ça y’est, Pécresse avait réussi à rembourser ses dettes dues aux élections Présidentielles. Elle a « reçu » plus de trois millions d’euros de dons pour rembourser ses dettes. Elle s’est quand même très bien débrouillée. Et cela signifie, pour moi, qu’elle survivra. Et si elle survit, cela veut dire qu’elle fera mal à quelqu’un, à un moment ou à un autre. Comme Dati.

 

Cet article trouvé dans le journal Le Parisien m’a très vite interpellé car Dati avait choisi Anne Hidalgo pour ces dernières élections Présidentielles.

En lisant les propos de Dati concernant Anne Hidalgo, je me suis dit :

 » Dati, c’est vraiment un serpent ! ». A part, bien-sûr, envers Nicolas Sarkozy. On dirait qu’en dehors de celui-ci  ( Nicolas Sarkozy ) ou de celle ou de celui qu’il « soutient » ou « protège » que Dati a carte blanche pour étriller qui bon lui semble. Pour moi, Dati fait partie des psychopathes qui ont réussi. Elle injecte, sans hésiter, une dose robuste de venin à Anne Hidalgo qui pourrait décimer une écurie. 

Je sais que Dati cherche à bâtir la mise à mort, au moins politique, d’Hidalgo. Mais je me demande aussi si Anne Hidalgo persiste à rester parce-qu’extrêmement rigide. Et orgueilleuse. Ce qui ferait, aussi, de Dati une commentatrice lucide.

Si c’est le cas, ce serait un nouveau tour de magie stratégique de plus de celle-ci si elle parvenait, une fois Hidalgo partie, à devenir maire de Paris à sa place. Car on dirait que personne ne pourrait lui tenir tête pour devenir maire de Paris. A part peut-être….Valérie Pécresse

 

Utopie

Pain de la boulangerie Utopie. Photo©️Franck.Unimon

 

C’est un nom bien choisi pour une boulangerie. J’avais arrêté d’y aller. Et puis, en lisant un article récemment sur la fabrication artisanale du pain, j’ai réentendu parler de la boulangerie Utopie. C’était sur mon trajet de métro, ce mardi. Alors, j’y suis retourné. Je ne connaissais pas ce pain. Je l’ai goûté ce matin. Très très bon. Je reviendrai.

 

Franck Unimon, ce mercredi 1er juin 2022. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Addictions

Au bâtiment 21 avec Pierre Sabourin et Claude Orsel

Depuis le pont d’Argenteuil, ce 29 Mai 2022, au matin. Photo ©️Franck.Unimon

 

              Au bâtiment 21 avec Pierre Sabourin et Claude Orsel

 

La semaine dernière, le groupe de Rap PNL (aucun rapport a priori avec la Programmation Neuro Linguistique )  a joué plusieurs jours de suite au Palais Omnisports de Bercy. Après avoir écouté cinq titres de leur album Dans la Légende (sorti en 2016), j’ai changé de Cd pour leur préférer celui de Kool Shen, Sur le Fil du rasoir qui, bien que daté (sorti également en 2016), m’a offert deux titres que j’ai réécouté :

Déclassé et Debout.

Auparavant, le titre Ska du Cap de Marion Canonge, sur son album Mitan (sorti en 2011) m’avait beaucoup parlé. De même que la sincérité à peu près infaillible de Diam’s dans son album Brut de Femme (sorti en 2003) ainsi que dans ces quelques minutes que j’ai regardées de son interview récente par le journaliste Augustin Trapenard à propos de son documentaire sur sa carrière et sa vie, projeté cette année au festival de Cannes, festival- présidé cette année par l’acteur Vincent Lindon– qui s’est terminé ce samedi 28 Mai.  

 

 

Mais, il m’a néanmoins fallu écouter l’album solo du pianiste cubain Bebo Valdès (sorti en 2005) – et peut-être aussi débuter la lecture de Notre corps ne ment jamais d’Alice Miller (paru en 2004)- pour me décider à raconter un peu le séminaire Psychothérapies, Psychanalyse et Addictions ( P.P.A) Transfert et Contre Transfert  proposé un samedi ( ou deux ?) par mois  par Claude Orsel.

 

A moins que ce ne soit, tout simplement, le fait d’avoir discuté la veille ou l’avant veille, avec un de mes cousins, dont l’ex beau-père a été condamné, à plus de 60 ans, à 12 ans de prison, pour agression sexuelle sur l’une des filles de sa compagne. Cela fait deux ou trois fois, maintenant, qu’alors que nous discutons de tout autre chose, que mon cousin a « besoin » de faire allusion à  son ex-beau père, qui, désormais, est en prison pour ces faits. Lui, qui se donnait en exemple. Mon cousin a du mal à l’admettre, mais, plus de trente ans après avoir atteint sa majorité et être parti vivre chez lui, il en veut encore à son ex-beau père. Quelques années plus tôt, avant tout « ça », avant cette condamnation, mon cousin m’avait un jour répondu, sûr de lui :

« Tout ça, c’est le passé ». Comme s’il avait tiré un trait. Un trait ?! Le voici, le trait tiré par mon cousin, cela fait deux ou trois fois, maintenant, en à peu près deux ans, qu’il faut qu’il mentionne, à un moment ou à un autre, le fait que son ex beau-père est en prison…

J’ai de quoi comprendre. J’ai été, là, enfant, chez lui. Si son ex- beau-père avait toujours été gentil – ou indulgent plutôt- avec moi, j’avais aussi été quelque peu témoin de certaines humiliations qu’il lui avait infligées. Et, j’ai au moins à peu près un souvenir d’un jour où mon cousin, à dix ou douze ans, s’était démené pour se faire aimer de cet homme qui soufflait le chaud et le froid dans cette maison. Mais, moi, je n’étais pas directement concerné par cette tyrannie. Et puis, ça me dispensait de celle de mon propre père, à la maison, alors, je n’avais pas à me plaindre….

Rue de Rivoli, Paris, le 29 Mai 2022 vers 20h50. Photo ©️Franck.Unimon

La dernière fois que j’avais vu l’ex-beau père de mon cousin, c’était, par hasard, à la Défense, il y a à peu près dix ans. Il ne vivait plus avec ma tante, la mère de mon cousin, depuis des années. Il  allait bien. Il vivait avec quelqu’un d’autre. Peut-être avec celle dont la fille, ensuite, s’est plainte d’agressions sexuelles…

 

L’invité de Claude Orsel, ce samedi 19 Mars 2022, c’était Pierre Sabourin. Son nom me disait quelque chose. Je savais que c’était quelqu’un d’important. Mais c’était flou.

 

Pierre Sabourin, psychiatre et psychanalyste, a cofondé, il y a trente ans, le Centre des Buttes Chaumont. Dans ce centre, on reçoit des victimes d’inceste et on « s’occupe » des violences intrafamiliales et des thérapies familiales.

 

Inutile de dire que durant toute  mon enfance et mon adolescence, jamais les mots «psychiatre » et « psychanalyste » n’ont été prononcés devant moi par quelqu’un de la famille, ou un proche, faisant autorité ou d’à peu près respecté. Au mieux, « la psychiatrie », ça allait avec la folie de celle ou de celui qui avait mal tourné. Et c’était tout ce qui pouvait nous y attendre, à la limite :

Nous retrouver du côté des fous. En quelque sorte ensorcelés par cette croyance, notre destin était ainsi scellé. Mais, chez moi, nous ne pensions pas à la psychiatrie de toute façon. Ou alors, un peu en secret, plus tard, lorsque ma mère évoquerait le fait que mon père était devenu fou au moment de partir faire son service militaire. Mais cela restait un mystère. On pouvait donc devenir fou comme ça ou après avoir été ensorcelé. Comme on attrape un rhume….

Dans l’hôpital Ste Anne, Paris 14ème, ce samedi 19 Mars 2022 au matin. ©️Franck.Unimon

 

Ce samedi 19 mars 2022, un peu avant 9h30, pour assister à ce séminaire à l’hôpital Ste Anne, à Paris, dans le 14 ème arrondissement, il y avait presque autant de monde qui attendait devant le bâtiment 21 qu’au festival de Cannes ou avant un des concerts du groupe PNL.  

 

Il faisait neuf degrés. Il faisait donc, un peu frais.

 

Bien que Claude Orsel ait appelé l’hôpital, avant son arrivée, ce samedi matin, l’entrée du bâtiment 21 était toujours close à notre arrivée.

 

Claude Orsel est né en 1937. Praticien depuis les années 60, il est l’un des  pionniers, en France, dans le traitement des addictions. C’est seulement depuis deux ou trois ans, que j’ai commencé à rencontrer Claude Orsel. En cherchant à me former aux addictions. En tant que soignant.

La première fois que je me suis rendu aux séminaires qu’il organise, Monique Isambart est venue raconter son parcours ainsi que cette époque où, avec Claude, et d’autres, ils s’étaient occupés de patients toxicomanes, à l’Abbaye, en 1969, dans les beaux quartiers de St-Germain des Prés. Deux ans avant que Olivenstein ne crée Marmottan dans le 17ème arrondissement. Je ne connaissais pas du tout l’Abbaye. Je connais un petit peu mieux Marmottan. J’y ai même fait quelques remplacements en tant qu’infirmier. Marmottan a fêté ses cinquante ans à la Cigale en décembre de l’année dernière. J’y étais mais je n’ai pas encore pris le temps d’en rendre véritablement compte dans un article. ( pour patienter, on peut lire Les cinquante Temps de Marmottan). 

 

Ce samedi 19 Mars 2022,  j’ai été admiratif de voir comme Claude Orsel et Pierre Sabourin ont pris ce contretemps, dehors, avec légèreté ; discutant, attendant avec nous que l’on vienne nous ouvrir. Et, pour cela, se mettant au soleil avec nous pour se réchauffer un peu. Ils n’étaient pas à ça près. A plus de 80 ans ! Après tant d’années à percevoir des histoires dans tous les sens mais aussi à vivre des expériences cliniques de fond….

 

Nous pouvons supposer que toutes les portes de ce bâtiment auraient été ouvertes avant même l’arrivée du groupe PNL ou de n’importe quelle vedette du festival de Cannes.  Nous pouvons aussi supposer que Claude Orsel et Pierre Sabourin ont dû en rencontrer, des célébrités. Tant dans le monde du spectacle que de la clinique et de la pensée. Mais ce samedi 19 mars 2022, j’ai sûrement été plus contrarié que l’un et l’autre que l’on nous fasse autant attendre pour accéder à l’intérieur de ce bâtiment. Eux deux semblent avoir à peine remarqué l’incongruité de notre « sort ». Et puis, cela ne valait pas la peine de s’attarder sur ce genre de détail.

 

Par terre, avant d’entrer dans ce bâtiment 21, j’ai aperçu un article de Georg Simmel : Les grandes villes et la vie de l’esprit.

 

En tout, dans la salle, nous étions huit en incluant Claude Orsel. Quatre femmes et quatre hommes, dont une patiente de Claude Orsel. Ce n’est pas la première fois qu’un patient ou une patiente de Claude Orsel vient assister à ce séminaire. Je le souligne car je suis habitué, dans mon travail, à ce que patients et soignants soient séparés.

 

Pierre Sabourin et Claude Orsel se sont connus en Troisième et en Seconde. Pierre Sabourin a un ou deux ans de plus que Claude Orsel.

 

D’emblée, Pierre Sabourin, encore debout dans la salle, nous a interrogé à propos des transgenres. « C’est une question à laquelle on n’est pas habitué ».

 

« J’ai envie de prendre un peu de testostérone » a pu dire une jeune patiente.

 

Le terme « maltraitance » n’existait pas dans le vocabulaire lorsque Claude Orsel et Pierre Sabourin faisaient leurs études de médecine.

 

Direct, voire assez directif, avec la volonté sans doute de trancher afin d’aller à l’essentiel, Pierre Sabourin nous recommande certains ouvrages :

 

La violence impensable, « Introuvable » nous dit Sabourin.

 

Quand la famille marche sur la tête qu’il a co-écrit avec Martine Nisse, autre cofondatrice, avec lui, du Centre des Buttes Chaumont.

 

Sandor Ferenczi, un pionnier de la clinique

 

Puis, Sabourin nous recommande « trois livres sans complexe » :

 

Mort de honte, la BD m’a sauvé dans lequel Serge Tisseron raconte son viol par sa mère.

 

Le Consentement de Vanessa Springora.

 

La Familia Grande de Camille Kouchner.

 

Asnières sur Seine, ce 29 Mai 2022, au matin. Photo©️Franck.Unimon

 

 

Dans le Petit chaperon rouge de Charles Perrault, «  les loups les plus doucereux sont les plus dangereux » nous dit Sabourin. Mais, aussi, «  la menace de mort est toujours présente dans les incestes » :

 L’auteur(e) de l’agression menace soit la victime de mort ou de se suicider si elle parle pour dénoncer.

 

Sabourin évoque « l’effet hypnotique » de la menace de mort sur les victimes. Et poursuit :

« Le médecin doit être le défenseur de l’enfant ». Le médecin a devoir de signalement s’il constate un danger pour l’enfant dans son entourage.

 

Sabourin parle de Marceline Gabel, ancienne secrétaire de Serge Lebovici, psychiatre et psychanalyste, décédé. Celle-ci a écrit des livres.

 

Il est fait mention du numéro 154 de la revue Coq-Héron (revue scientifique d’orientation psychanalytique crééé en 1969).

 

Sabourin recommande le livre Dans la maison de l’ogre- quand la famille maltraite ses enfants de Bernard Lempert, « Une merveille d’écriture » selon Pierre Sabourin.

 

Sabourin explique :

 

« L’absence d’amour entraîne l’absence de don qui amène la dette ».

 

Sabourin parle ensuite, chez la victime de « l’autosacrifice de sa propre intégrité de pensée pour sauver ses parents ».

 

Je découvre que Sabourin connaît très bien des cliniciens hongrois. Ainsi, il est capable de nous donner l’orthographe exacte de Boszormenyi-Nagy Ivan, psychiatre qui a écrit l’ouvrage Invisible Loyalties.

 

Sabourin recommande de relire :

 

 Sándor Ferenczi, un pionnier de la clinique 

 

Totem et Tabou de Freud

 

« La loi de Lacan, c’est la loi du langage » nous dit Sabourin. « On fait appel à la police quand la loi symbolique n’a plus d’effet ».

 

Sabourin nous recommande la lecture de Le Petit homme-coq de Sándor Ferenczi.

 

Est-ce en parlant de Le Petit homme-coq de Ferenczi et/ou de Le petit Hans de Freud que Sabourin parle « d’identification à l’agresseur » ?

 

Il est demandé à Sabourin quels sont quelques uns des signes qui peuvent faire penser qu’un enfant a été abusé. La réponse de Sabourin :

 

Lorsque l’enfant se masturbe tout le temps, tape, frappe, tripote les gens…

 

 

Un dessin d’enfant peut être une preuve clinique et peut être envoyé au procureur.

 

Autrefois, l’enfant était le « domaine » de la femme et de la mère. Il y avait une grande importance de la nounou.

 

« Le silence structure les familles » nous dit Sabourin. « Du ciment dans lequel on met les pieds ? » remarque une des participantes du séminaire.

 

 

«  La Terre a marché sur un certain nombre de mensonges » nous dit Claude Orsel.

 

Sabourin nous recommande l’ouvrage Le Mystère Freud, psychanalyse et violence familiale de Giovanna Stoll et Maurice Hurni, aux éditions L’Harmattan.

 

 

Sur le site de la sécurité sociale, depuis quelques mois, une attention est portée en matière de prévention sur les 1000 premiers jours de l’enfant est-il dit lors de ce séminaire.

 

« La haine de l’amour ». Cette expression est employée par quelqu’un toujours lors de ce séminaire mais j’ai oublié l’auteur(e) de cette expression. 

J’ai parlé de l’artiste et chanteuse réunionnaise, Ann O’Aro, abusée par son père et qui en parle dans son premier album ( Ann O’Aro). Quelques personnes ont pris ses « références ». 

Cependant, je ne connaissais aucun des ouvrages cités par Sabourin. Et n’en n’avais, et n’en n’ai encore lu aucun. Je connaissais Ferenczi, Freud et Tisseron de nom. J’ai peut-être lu un ouvrage  ou deux de Tisseron

Sabourin m’a toutefois confirmé que le livre Le Berceau des dominations de Dorothee Dussy, livre dont j’avais entendu parler récemment, et que je venais de commander, est à lire.

Sabourin me confirme aussi que, souvent, lorsque des professionnels de la Santé se retrouvent face à une situation d’inceste qu’ils se demandent en quelque sorte :

« Pourquoi, c’est tombé sur moi ?! ». Tant ces professionnels peuvent être désemparés devant ce genre de situation. Je ne me sens pas particulièrement à l’aise, personnellement, devant des situations d’inceste que je pourrais rencontrer au travail. 

L’inceste ( au même titre, sans doute, que la pédophilie, mais pour d’autres raisons) est une « particularité » de la clinique qui peut désarmer ou égarer bien des professionnels de la Santé. 

Je comprends que la pratique d’un Pierre Sabourin ou d’un Claude Orsel repose, aussi, sur un armement intellectuel « lourd ». Armement ou ossature dont je suis dépourvu, contrairement sans aucun doute à plusieurs des autres participantes et participants de ce séminaire. Sur les 8 personnes présentes ce samedi 19 Mars 2022, 6 sont des thérapeutes (psychothérapeutes, psychanalystes, psychiatres), 1 est une patiente. Je suis infirmier en psychiatrie et en pédopsychiatrie. Je lis mais assez peu ces ouvrages cités par Sabourin. Et je ne suis pas formé à la psychanalyse. 

 

Il faudrait aussi parler de la moyenne d’âge des participantes et participants. J’aurai 54 ans, cette année. L’ensemble des participantes et participants m’a semblé plus âgé que moi en moyenne de quelques années. Certaines des participantes connaissent Claude Orsel depuis vingt, trente ans, voire davantage.

 

La psychanalyse, un peu comme l’Aïkido, a perdu de sa reconnaissance médiatique. Son nombre d’adhérents diminue. En plus, il s’agit d’une discipline difficile à « maitriser » comme à intellectualiser.

Il lui est préféré des « protocoles » ou des techniques présentées comme plus rapides à utiliser, plus efficaces et aux résultats plus concrets.

Je sais que lire et la théorie ne font pas tout. On peut être très « bon » en théorie ou pour un travail administratif. Et être complètement inadéquat pour la pratique. Pourtant, lorsque la psychanalyse est servie par des personnes comme Pierre Sabourin ou Claude Orsel, il me semble plus difficile de la contredire ou de la déshériter.

 

Le prochain séminaire proposé par Claude Orsel se déroulera ce samedi 4 juin 2022 avec Patrick Declerck qui vient d’écrire Sniper en Arizona.

 

J’aurais d’autant plus voulu être présent que Patrick Declerck – formé à la psychanalyse- avait donné un cours à ma promotion. Il me reste des souvenirs de son intervention. C’était il y a plus de trente ans. A la fin des années 80, en pleine épidémie du Sida, à l’époque où François Mitterand était Président de la République. L’hôpital de Nanterre s’appelait peut-être encore la maison de Nanterre. 

 

Mais je serai en stage avec mon club d’apnée, ce samedi 4 juin.

Rue de Rivoli, Paris, 30 avril 2022. Photo ©️Franck.Unimon

 

Franck Unimon, ce mercredi 1er juin 2022.

 

 

 

 

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Les Portes ouvertes des Frigos de Paris ce dimanche 22 Mai 2022

Devant les Frigos, le 12 Mai 2022. ©️Franck.Unimon

 

Les Frigos, ce 12 Mai 2022. ©️Franck.Unimon

 

Les Frigos, le 12 Mai 2022. ©️Franck.Unimon

 

 

Les Frigos, le 12 Mai 2022. ©️Franck.Unimon

 

 

Les Frigos, le 12 Mai 2022. ©️Franck.Unimon

 

 

Les Frigos, le 12 Mai 2022. ©️Franck.Unimon

 

 

 

Les Frigos, ce dimanche 22 Mai 2022 vers 18h. ©️Franck.Unimon

 

 

 

Les Portes ouvertes des Frigos ce dimanche 22 Mai 2022

Un des documents affichés que l’on peut voir à un des étages des Frigos ce dimanche 22 Mai 2022.

 

 

Pareil au document ci-dessus.

 

 

Idem.

 

 

Idem. Je confirme le fait que ce lieu est très cinématographique.

 

Je suis retourné aux anciens Frigos de Paris, dans le 13ème arrondissement de Paris, ce dimanche 22 Mai 2022 parce-que, quelques jours plus tôt, le 12 Mai, j’ai raté un bus.

 

Et que j’ai pris le suivant avec B… un des artistes résidents depuis une vingtaine d’années. Après son père. Lequel B… m’a parlé de ces portes ouvertes du 21 et du 22 Mai 2022.

 

J’étais venu la première fois aux Frigos au début des années 90. Un camarade de la Fac de Nanterre m’avait parlé de ses studios de répétition de musique. Un camarade plutôt sympathique mais aussi étonnant, peut-être mythomane. Néanmoins, ce qu’il m’avait dit des Frigos m’avait donné envie d’y aller.

 

La ligne 14, ce dimanche 22 Mai 2022. ©️Franck.Unimon

 

J’habitais encore à Cergy-Pontoise. J’étais descendu à la station de métro du Quai de la gare. La ligne 14 du métro n’existait pas. Les lieux m’avaient épaté avec leurs grosses portes de frigo. Leur atmosphère. J’avais trouvé un lieu qui sortait des contours de l’ordinaire. Je m’étais alors senti moins lisse, moins scolaire. Même si je ne savais pas quoi faire de cette « découverte » qui n’en n’était pas une pour d’autres.

 

Néanmoins, content de moi, j’y avais emmené ma copine de l’époque. Laquelle, intimidée, m’avait dit :

 

« C’est bon, tu as réussi ton coup. Ça me fait peur. Maintenons, partons ! ». C’était en 1992 ou en 1993.

 

Puis, il y a un peu plus de cinq ans, je me suis approché à nouveau des anciens Frigos de Paris. Lesquels, entretemps, m’avaient semblé plus inaccessibles qu’au début des années 1990.

 

Sauf lorsque j’avais appris que Stéphane Bourgoin, alors encore spécialiste français incontournable des tueurs en série (en 2020, il fut confondu pour plusieurs de ses mensonges ) y organisait, sous les voutes, près des anciens Frigos de Paris, un événement relatif à ce sujet. 

C’était après la parution du livre Utθya, en 2013, de Laurent Obertone « consacré » à la  tuerie de masse commise en Norvège, à Oslo et sur l’île d’Utθya, par Anders Breivik en 2011. Je me rappelle de Stéphane Bourgoin évoquant ce livre devant moi avec un certain enthousiasme et de mon embarras : je ne l’avais pas lu malgré mon « intérêt » pour la criminologie et alors que je l’avais interviewé (Stéphane Bourgoin) deux fois deux ou trois ans plus tôt.

 

J’avais trouvé les salles des voutes des anciens Frigos de Paris très bien ajustées à l’événement, question ambiance. Une nuit cinéma y avait même été organisée. Durant l’une des journées de cet événement consacré aux tueurs en série, je me rappelle de certains intervenants, dont un magistrat. Et d’un inspecteur de police qui avait croisé Richard Durn, auteur de la tuerie de la mairie de Nanterre, lors d’un conseil municipal,  après son arrestation. J’avais connu Richard Durn au lycée de Nanterre et j’avais passé quelques moments avec lui. Je me souviens assez bien de lui. ( Au Lycée ).

Dans les voutes proches des frigos, des livres et des bandes dessinées avaient également été mis en vente avec possibilité de dédicace. Dont Mon ami Dahmer de Derf Backderf. Cela devait être en 2013 ou 2014.

Pour un peu toutes ces raisons, retourner ce dimanche 22 Mai 2022 aux anciens Frigos, revenait aussi à retourner dans mon passé.

 

 

Plusieurs des artistes rencontrés, visités, ce dimanche, étaient déja résidents aux Frigos lors de ma première venue au début des années 90. C’est en discutant un peu avec eux que je l’ai appris. Car ce dimanche 22 Mai, pas de tueur en série ou d’odeur de poudre lorsque j’arrive. Une ambiance agréable. Plusieurs personnes sont attablées, dehors, dans la cour intérieure pavée et prennent un verre. Mais je ne peux pas m’asseoir avec elles. Puisque j’arrive plus tard que prévu et je ne sais pas combien de temps il me reste pour « entrer » dans les Frigos. En passant, je vois que j’ai raté un concert de Rap mais aussi une prestation de poésie.

Si le public que j’aperçois est assez féminin, on vient aussi à ces portes ouvertes en famille. La veille, je suis allé au Survival Expo Paris 2022. Ce qui m’a amené à venir seulement ce dimanche.J’ai envisagé de venir le matin avec ma fille mais les devoirs pour l’école ont pris plus de temps que prévu. Et puis, je me suis demandé si cet endroit lui conviendrait. Oui, il aurait pu convenir car j’ai croisé quelques parents avec leurs enfants.

J’arrive sur la fin de ces portes ouvertes. Il est près de 18h et j’ai le plaisir d’apprendre que cela se terminera à 20H. J’appréhendais que cela ne s’arrête plus tôt.

 

Si je passe d’abord par le premier et le second étage, j’opte ensuite assez rapidement pour monter (par les escaliers, plutôt que par l’ascenseur qui fonctionne) le plus haut possible. Au 4ème et au 5ème étage.

 

Comme il y a un peu de visiteurs et qu’il fait beau, au mois de Mai, je ne ressens pas cette atmosphère inquiétante que j’avais trouvée la première fois où il faisait sombre ou nuit, alors que pas grand monde ne circulait dans les escaliers et les couloirs.

Les photos qui arrivent ne suivront pas toujours avec exactitude la chronologie de ma visite ce dimanche 22 Mai 2022. 

 

©️Franck.Unimon

 

 

©️Franck.Unimon

 

 

©️Franck.Unimon

 

©️Franck.Unimon

 

Ici, j’ai reçu gracieusement des conseils concernant le montage. ©️Franck.Unimon

 

©️Franck.Unimon. La suite de la photo précédente. On peut voir qu’il est alors 18H50. Il reste un peu plus d’un heure. Il y a 5 étages à monter ( je me suis passé de l’ascenseur) et je ne sais pas combien d’ateliers sont ouverts.

 

 

 

L’artiste Marquat, peintre et sculpteur. ©️Franck.Unimon

 

 

Sculptrice, céramiste, peintre, Isabelle Mouedeb est également art-thérapeute et pédagogue. J’ai été particulièrement attiré par ses sculptures en céramique pour lesquelles elle utilise  » deux techniques principales : le raku et l’enfumage. Sur un prospectus qu’elle m’a remis, ces deux techniques, que j’ai découvertes, sont expliquées. Il n’y a rien d’étonnant dans le fait que la technique du Raku m’ait plu puisque je suis amateur de thé japonais et avais ramené de mon voyage au Japon une tasse de thé en céramique sans aucun doute fabriquée avec cette technique.

Les oeuvres au premier plan sont d’Isabelle Mouedeb. ©️Franck.Unimon

 

Oeuvres d’Isabelle Mouedeb. ©️Franck.Unimon

 

 

Oeuvres d’Isabelle Mouedeb. ©️Franck.Unimon

 

 

 

 

©️Franck.Unimon

 

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©️Franck.Unimon

 

©️Franck.Unimon

 

Saint Chaffray est sculpteur. ©️Franck.Unimon

 

 

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Oeuvres de Saint Chaffray. ©️Franck.Unimon

 

 

Oeuvres de Saint Chaffray, sculpteur. ©️Franck.Unimon

 

 

Traits d’humour de l’artiste Sacha ©️Franck.Unimon

 

 

L’artiste Sacha. ©️Franck.Unimon

 

©️Franck.Unimon

 

 

La voisine d’à côté. ©️Franck.Unimon

 

 

Oeuvres de l’artiste peintre France Mitrofanoff. ©️Franck.Unimon

 

 

France Mitrofanoff m’a proposé de me prendre en photo devant ses oeuvres. Je ne pouvais pas refuser. Photo faite par France Mitrofanoff.

 

 

©️Franck.Unimon

 

 

©️Franck.Unimon

 

 

 

 

 

 

 

La galerie de l’Aiguillage. ©️Franck.Unimon

 

 

La galerie de l’Aiguillage.

 

 

Photo d’Alain Lepagnot dans les étages.

 

 

 

 

 

Dans la galerie de l’Aiguillage.

 

 

 

Fresque POP Graffiti par JO DI BONA réalisée en 12h Live Sans solvant ni Produit toxique Exposition Mars 2017 AIGUILLAGE Photo ce dimanche 22 Mai 2022, ©️Franck.Unimon

 

 

 

 

 

Photo ©️Franck.Unimon

 

 

A droite, Patrik  » T » Thouroude, à gauche, au piano, Patrizio. ©️Franck.Unimon

 

©️Franck Unimon, ce mardi 24 Mai 2022